‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 60 sur 145 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

Qne saint François DE SALES mit dans re monastère du Puits-d'Orbe, Ordre de Saint-Benoît , lorsqu'il s'y transporta vers le 25 du mois d'août 1608, par ordre du Pape, pour y établir la réforme. (Auguste de Sales, tome II, page 22.)

I. Quant à la closture, il est requis, dit-il, que nul homme n'entre dans le Chœur, ny dans le Cloistre , ny dans le Dortoir des Religieuses, sinon pour les causes que les Confesseurs , Médecins , Chirurgiens , Charpentiers et autres peuvent entrer aux Monastères les plus reformez, c'est à dire quand la vraye nécessité le requiert. Les femmes neantmoins y pourront entrer aussi par tout, mais non pour coucher dans le Dortoir.

IL Les Religieuses pourront sortir dans l'enclos du Monastère , pourveu qu'elles sortent pour le moins deux ensemble , et qu'elles n'entrent point dans les logis où habitent les Prestres , Receveurs et autres hommes , attendu qu'il ne peut y a^'oir aucune nécessité de ce faire , et tousjours quelque sorte de danger. Elles pourront aussi sortir du Monastère aux champs et pourmenades qui sont autour d'iceluy pour leur récréation , pourveu qu'elles soyent au moins la moitié ensemblement, sans se séparer les unes des autres.

III. Mais quant à entrer et demeurer au Chœ' y des Religieuses pendant que l'on y faict l'OfEce , il ne le i!:^ut permettre qu'à quelques femmes de respect.

IV. Et pour les visites des parens, amis, et autres qui voudront voir les Religieuses, il faudra députer quelque chambre hors le Cloistre , en laçLuelle telle visite puisse estre

faici'i-, où neantmoins les Religieuses n'aillent point qu'acconipignées de deux autres pour la bienséance. Le jardin ;]);o('!ie du logis de Madame l'Abbesse peut servir à cela, et l'eiilise du costé de l'autel, selon la diversité des occurrences, en observant toujours la bienséance de n'estre seules en un lieu, bien qu'elles parlent seules à ceux qui les viennent voir, pendant que celles qui viendront avec elles s'entretiendront à part ffv<^c toute modestie.

V. Quant à la sortie des Religieuses aux maisons de leurs proches et autres lieux , il seroit requis qu'elle fust du tout retranchée; mais cela semblant trop dur à quelques unes, il faut pour le moins que ce soit le plus rarement qu'il sera possible , puis que telles sorties ne se font guieres sans une notable distraction d'esprit, et murmuration de ceux qui les voyent dehors , et que les parens mesmes desireroyent que ieuis Religieuses demeurassent en paix dans leurs Monastères, ainsi que quelques uns ont librement dict.

VI. Il seroit requis qu'il y eust un Confessional en quelque lieu visible dés le Chœur, ou qui fust mesme dans le Chœur, et que ce Confessional fust faict en sorte que le Confesseur ne vist point les Dames qui se confessent, ny elles luy, pour plusieurs raisons. Il faut ester l'autel qui est dedans le Chœ.ur, et tirer tout au long une séparation entre le Chœur et le maistre autel , qui soit faicte à colomne de bois ou de fer, et où il y ayt une porte, par laquelle ou les Religieuses puissent sortir pour se présenter è la Gûnimunion , ou le Prestre puisse entrer pour la leur porter dans le Chœur, sinon que la séparation fust faicte en sorte que les Religieuses «e disposans en rang le Jong d'icelle, le Prestre puisse les communier commodément entre les colomnes ; ce qui sembleroit plus séant et propre, et fort. aisé pour la gravité de l'action , commi'aussi il sembleroit plus propre et plus séant que le Confessionallust mis en sorte que les. Dames fussent en iceluy dedans le Chœur «t le Confesseur dehors, comme il

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■se peut faire , et qu'il se faict en tous les Monastères bien reiglez. Or cela sera si l'on faict le Confessionnal en l'un des deux bouts de la séparation.

VIL II est requis qu'il se fasse une Prieure, laquelle, comme lieutenante de l'Abbesse, soit obeye ny plus ny moins que l'Abbesse en l'absence d'icelle; et, pour la faire, il est expédient que les Religieuses en fassent élection, et que l'i^btesse l'accepte et confirme pcar telle. Que si les Religieuses n'en vouloient point faire d'élection, l'Abbesse la pourroit establir sans cela. Or il la faut choisir telle que les Religieuses ^yent sujet de luy obéir et de Thonorer. Elle tiendra tousjours le premier rang après l'Abbesse, en l'absence de laquelle toutefois elle ne se mettra pas en sa place , mais en la première après celle de l'Abbesse.

VIIÏ. Le Chapitre ou Calenae se doit tenir tous les vendredis do l'année , si la solemnité de quelque feste occurrente n'empesche, et lors il faudra s'assembler le jour précèdent. On lira quelque chapitre ou article desReigles, ou mesme de quelque livre qui traicte de la discipline religieuse ; puis on conférera par ensemble des défauts et manquemens qui se seront commis es offices et observances régulières, si on en a remarqué, et des moyens d'y remédier, avec toute la f-ha* l'ilé qu'il sera possible.

IX. Quant aux pensions, toutes sont exhortées de les remettre à la disposition de la Supérieure, qui moyennant cela aura somg de faire fournir à toutes les nécessités de celles qui les remettront; et quant à celles qui ne voudront pas les remettre présentement , il faudra attendre que Dieu les en inspire*

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