‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 72 sur 145 · A UNE DAME · texte numérisé non relu

A UNE DAME

(L'autographe en appartient à madame la comtesse de Pampara,

née Demaria, à Turin.)

Ordre donné par S. François de Sales d'ôter du chœur de Téglise les bancs-

de femmes.

Annessy, 22 novembre 1012»

Il est vray que nous fîsmesun décret il y a environ trois..., ma tres-chere fille , que tant qu'on pourroit » on osteroit les bancs à femmes des chœurs de toutes les églises, parce que cela est juste , bien séant , et conforme aux anciennes coustumes des Chrestiens. Mais il ne fut pas dit, ni ne le devoit estre, que les femmes n'entrassent pas au chœur : car,, pour plusieurs occasions il est raysonnable qu'elles y entrent,, pourveu que ce soit avec la modestie que la sainteté du lieu requiert. Prenez-donc discrettement la place pour vos prières qui vous sera plus propre, pourveu que ce soit sans banc, car je ne voudrois pas que vostre banc fust auprès de l'autel à cause de la messeance. Vous sçavez bien qu'en cette ville et en nostre office le plus solemnel , les femmes se mettent bien dans le chœur et aux treilles.

La bonne madame de Chantai se va remettant, mais fort foiblement, elle fut hier à la messe et à l'exhortation. Elle a un cœur admirable envers Dieu, et vous chérit parfaitement.

La petite congrégation va croyssant , ce semble , en vertu * C'est la 151» parmi les lettres inédites de la collection Biaise.

comme en nombre des filles; nous avons accommodé lesiïffer^nds du cher rrt&vy et beau-pere au mieux que nous avons sceu. Il est mieux d'avoir moins et de Favoir en paix,. Dieu vous bénisse , ma tres-ehere fille , et je suis en luy,

Vostre plus humble et tres-affectionné serviteur,

FiàANçois , Evesque de Genève,

► A/VVNA

LETTRE

Saint François demande les ordres de S. A. avant de punir l'abbé de La Tour, son ambassadeur, pour avoir battu M. Berthelot.

Annecy, 4 mars Î615.

Monseigneur,

Sur les plaintes qui me furent faites de M. FaLbé de la four, à raison des bastonnades qu'il avoyt données au sieur Berthelot, la grandeur du respect que je doys à V. A. me suggéra de ne point entreprendre de justice sur la personne dudit sieur abbé , puis qu'il estoit ambassadeur ordinaire de V. A., et n'estoit icy que par manière de passage, et de jour à jour en attente de retourner à l'exercice de son ambassade 2. Maintenant, V. A. pourra voir les informations prises à charge et descharge dudit sieur abbé, que ce porteur a en main , et me donner sur cela ses commandemens , ausquels j'obeyray avec la fidélité qui me fait incessamment supplier Dieu pour la prospérité de V. A., de la quelle je suis,

Monseigneur,

Très humble, très obeyssant, très fidelle servite';? et orateur^'

François, Evesque de Genève.

* L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 152* des lettres inédites de la collection Biaise.

» L'abbé de La Tour avait été ambassadeur de S. A. à Madrid , ensuite son envoyé à Milan.

LETTRE

n lui maTidc le déplaisir qu'il avoit reçu de ce qu'on avait accusé M» de Charmoisy, l'un de ses parents, d'avoir conseillé de donnera une autre personne (£S coups de bâton, et de ce que pour ce'a l'accusé eut ordre de sortir de la ville , et de ce qu'un des frères du Saint fut impliqué dans cette affaire, et pensa être mis en prison.

Annecy, 28 mai 1613.

Monsieur,

Yous verres, je m'asseure , par la lettre que M. de Charmoisy vous escrit, comme dés le départ de M. de Charmoisy, il a receu le desplaysir de se voir comme banny de cette ville par un expiez commandement que S. A. luy a fait de s'en retirer et de ne plus y venir, sur l'impression la plus fausse du monde , que M. de Nemours a receuê de la part de quelques calomniateurs, que les bastonnades données au sieur Berthelot avoient esté conseillées par M. de Charmoisy, dont mondit sieur de Nemours a entrepris le ressentiment si chaudement, que nous en sommes tous estonnés.

Et peu s'en faut que l'un de mes frères, chevalier de Malte , n'ayt esté ordonné à la prison, bien que tout le tems de la querelle il fut avec moy à Sales, seulement parce qu'il est grand amy du sieur abbé de Talloircs, et qu'il Tavoit fort visité après les bastonnades. Or néanmoins j'espère que dans peu de jours tout cela se passera, et monseigneur de Nemours, selon sa bonté, sera marry d'avoir fait faire du mal à M. de Charmoisy , et d'en avoir désiré à tant

» Tirée du monastère de la Visitation de la ville de Rouen. C'est la 291* {plias 278 e) de la collection Biaise.

d'autres ses plus fidèles et affectionnés serviteurs et sujets^ Mais cependant il faut que madame de Charmoisy tienne bonne contenance , et ne fasse nulle sorte de plaintes qui puissent venir à la connoissance de M. Jacot; ains que , luy parlant, elle tesmoigne une grande asseurance que la bonté de son Altesse et de monseigneur de Nemours regardera i^ientost favorablement son mary, et sera offensée contre ceux qui luy ont voulu procurer du mal. Ce que je vous dis, Monsieur, parce que vous pourries mieux dire à cette bonne dame comme elle se devra comporter quejenesauroisle luy escrire, bien que je luy en touche un mot.

Enfin tout nostre Caresme s'est passé en nostre petite ville à nous défendre presque tous des calomnies qu'on jettoit indifféremment sur le tiers et le quart , à raison de ces misérables bastonnades. Eussé-je pas esté mieux, si mon bonheur eust permis l'effet de vostre volonté , et que j'eusse presché en vostre chaire , et jouy de la douceur de vostre conversation, et de. la présence de M. vostre Evesque qui est là?

J'espère dans le mois partir pour Turiu, où je feray tout ce qui me sera possible affin d'avoir ma liberté pour l'année suivante ; car le désir du bien que j'attens de vostre veuë^ et du rencontre de tant de gens d'honneur qui, pour vostre considération me recevront en vostrec conversation , est extrême dedans mon cœur. La volonté néanmoins de Dieu en soit faite, et iuy plaise vous combler de toute sainte et vraye félicité avec Madame vostre chère digne compagne et toute vostre Mayson. C'est le souhait perpétuel, Monsieur, de vostre, etc.

Monsieur, j'escris en sursaut; c'est pourquoyje ne vous envoyé pas les papiers du compte faif; entre mes frères et les agents de madame la duchesse de Mercoeur , comme je feray bien tost, puis que vostre bonté s'estend à vouloir en recevoir la peine.

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LETTRE

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