VI
Je vous salue mille et mille fois es entrailles de la miserîeoràe de nostre Seigneur, auquel je vous supplie de me recommander continuellement avec toute vostre chère et vertueuse Compagnie.
Vostre plus humble en N. Seigneur,
F. Ë. de Genève^
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LETTRE*
A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Sur le fruit spirituel que les Pères Barnabites ont recueilli à Annecy, et sur Tunion à leur couvent des prieurés de Silingre et de Saint-Clair.
Annecy, 29 février 1616.
Monseigneur,
II y a deux ans que , par commandement de V. A., les Pères Barnabites ont esté receus en cette ville pour la direction du collège, et ne se peut dire combien de fruit spirituel ils y ont fait , et en toute cette province , qui a donné un grand sujet à tous les gens de bien , de souhaiter plus ardemment toute sorte de prospérité à V. A., de la quelle l'authorité nous a prouveus de ce bonheur : mais, Monseigneur, puisque la providence de Y. A. a planté ce bon arbre fruitier en cette province , c'est à elle-mesme de Tarrouser, afin que, par la grâce de Dieu , il puisse croistre. Le collège est extrêmement pauvre pour la grandeur des charges qui y sont, et si on ne le secourt par addition de quelques revenus , ces bons Pères y vivront avec tant d'incommodités,, que non seulement ils n'y pourront pas faire le progrés que leur pieté et les nécessités de ce païs requi-'-ront.... Or les moyens de leur accommodement seront fort aysés, pour peu qu'il plaise à V. A. d'affectionner cet saint œuvre : car nous^^ avons icy deux prieurés ruraux, dont le plus grand n'excède
1 L'original en appartient à M. François Benoit d'Auvergne, prêtre séculier de la congrégation de l'Oratoire à Turin. C'est la 179^ des lettres inédites de^
tacoUection Biaise.
pas la valeur de cent ducats annuels , par l'union desquels ce collège seroit fort soulagé, ^t ce qui est plus considérable, comme ces prieurés seroyent utiles à Fentretenement de ces Pères, ces Pères seroyent réciproquement extrêmement îitiles à Fentretenement des prieurés, qui comme la pliipart des bénéfices réguliers de co pais, s'en vont -u ruines, quant aux choses temporelles devant les hommes, et quant aux services spirituels devant Dieu , qui sans doute en est grandement offencé. Et non est qui recogitet corde. L'un- de ces prieurés s'appelle ^ilingre, et l'autre Saint-Clair, tous deux à une lieuë d'icy, fort propres à l'intention que je représente à V. A., laquelle je supplie très humblement, et sous Fadveu de sa bonté, je la conjure par Famour qu'elle porte au service de Dieu et de l'Eglise, et parla paternelle affec tion qu'elle a envers ce pais, de vouloir estroitement embrasser et presser le bien de ce pauvre collège , qui est au cœur de la Savoye et vis k vis comme antagoniste de celuy de Genève , et qui est la première retraitte que cette vénérable Congrégation des Pères Barnabites a en deçà les monts sous les favorables auspices de V. A. , la quelle en aura beaucoup de gloire en ce monde entre les serviteurs de Dieu , et en l'autre encor davantage entre les Anges et les Saints de Paradis. Cependant sur cet heureux présage , je fay très humblement la révérence à V. A. comme estant ,
Monseigneur ,
Son très humble et très obeyssant orateur «t serviteur ,
François, Ev. de Genève,