‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 2 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

UTILITÉ DES PHABE8

Les personnes étrangères à Tart nautique sont toujours saisies d^une sorte d'efiroi lorsque le navire qui les porte^ très-éloigné des continents et des tles, a pour uniques témoins de sa marche les astres et les flots de TOcéan. La vue de la côte la plus aride, la plus escarpée, la plus inhospitalière, dissipe comme par endiantement les craintes indéfinissables qu'un isolement absolu avait inspirées, tandis que, pour le navigateur expérimenté, c'est près de terre seulement que conmiencent les dangers»

n est des ports dans lesquels on n'entre jamais sans pilote ; il en est peu dans lesquels, même avec ce secours, on se hasarde à pénétrer de nuit^; aussi de tout temps a-t-on senti le besoin d'avertir, par des signaux de feu

i. CBtnrre poBthame.

VL— ui. i

% LES PlIARBS.

bien visibles, les navigateurs du voisinage de la terre. Il faut que chaque navire aperçoive le signal d'assez loin pour qu'il pui^e trouver dans des évolutions praticables les moyens de se maintenir à quelque distance du rivage jusqu'au moment de Tapparition du jour. Il n*est pas moins désirable que les divers feux qu'on allume dans une certaine étendue des côtes ne puissent pas être confondus, et qu'à la première vue de ces signaux hospitaliers le navigateur qu'un ciel peu favorable a privé pendant plusieurs jours de tout moyecp assuré de diriger sa route, sache quel est le port, quel est le fleuve qui va lui donner asile.

Pendant longtemps les signaux auxquels on a donné le nom de phares et de fanaux ont été de simples feux 4ti (atHe^ de bois ou de charbon; mais tout le monde coofirend que la faible lumière qui émane de ces feux doit s'affaiblir par voie de divergence avec une extrême rafndflé:; cette lumière, à mille mètres de distance, est un milUon^d&fois plus faible qu'à la distance d'un mètre. Un jour, om aura peine à croire que le phare d'Edystone, ce inmttimenK de l'habileté de Smeaton, n'a qu pendant longtemps i son sommet qu'un certain nombre de chandelles ailuHéeSi

Page 1