‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 3 sur 99 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DES PHARES CHEI LES AlfCIEllS

Los matrins, les ingénieurs et les artistes se sont occupés, à différentes reprises, avec beaucoup de zèle, de l'importante question de l'éclairage des côtes ; mais mal-

h^ireosement on rfa donné que fort peu de publicité aux résultats de leurs travaux ; aussi serait-il très-difficile de tracer une histoire à la fois exacte et détaillée des améliorations successives par lesquelles les phares otit été amenés à Tétat où nous les voyons aujourd'hui. Les renseignements qui nous sont parvenus sur les nombreux établissements de ce genre qui existaient chez les Grecs et chez les Romains, sont uniquement relatifs à (a hauteur, à la forme et à ta solidité des édifices, qui, le phis souvent, étaient construits en pierres blanches, afin qu*ils pussent servir de signal le jour. A Pouzzoles, à Ravenne, par exemple, les monuments étaient magnifiques, mais ils péchaient par Tappareil optique. Tout ce que Ton savait faire, c'était d'allumer au sommet de chaque tour des feux qui ne jouissaient pas d'une intensité constante, et qui souvent même s'éteignaient par la négligence des gardiens. Quelques historiens parient, il est vrai, d'un grand miroir que Plolémée Évergète fit placer sur la tour d'Alexandrie, et qui était destiné à observer les flottes ennemies; mais les exagérations ridicules dont le récit de ces auteurs est accompagné, nous est un sûr garant qu'ils n'auraient pas négligé de parler des autres propriétés de ce miroir, si jamais on avait eu l'idée de s'en servir conmie réflecteur.

Nous n'avons donc aucune donnée exacte ni sur la nature ni sur la vivacité des feux que les anciens allumaient sur leurs phares, et qui, le soir, devaient avertir les navigateurs de l'approche desécueîls, ou leur indiquer l'entrée des ports; à plus forte raison îgnorons- Boos si l'on s'était occupé des moyens de diversifier les

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feux; attention du reste peu importante dans les naers resserrées que parcouraient les navigateurs grecs , mais sans laquelle un phare est quelquefois plus nuisible qu'utile à ceux qui viennent d'exécuter un voyage de long cours : aussi les modernes se sont-ils occupés de bonne heure de la solution de cette partie du problème. C'est dans la vue de diversifier les feux qu'on reconmiandait, par exemple, d'allumer du charbon de terre dans un phare, d'alimenter le feu du phare voisin avec du charbon de bois, et de n^employer que du bois sec dans le signal qui suivait ces deux-là ; mais ce moyen est très-impar- Cait : des nuances de couleur ou d'éclat aussi fugitives que celles de ces divers feux , doivent disparaître à de grandes distances, ou être modifiées par une foule de circonstances atnK)sphériques. La lumière claire et blanche du bois sec, par exemple, peut acquérir, en traversant un brouillard même léger, une teinte rouge beaucoup plus foncée que celle dont jouit naturellement la flamme du charbon de terre.

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