CHAPITRE VIÎI
tBMPÉRATtJRfi DR. L*BAD DBS FONTAINES ARTÉSIENNES
De toutes les questions scientifiques qui ont été agitées depuis quelques années, une des plus curieuses est certainement la question de savoir si le globe terrestre conserve encore quelques traces de sa cljaleur d'origine. Fourier a ramené la solution de ce grand problème de philosophie naturelle, à une observation très-simple; il a prouvé, en effet, que si la terre recevait toute sa chaleur du soleil , la température de ses couches serait dans chaque climat , la même à toutes les profondeurs accessibles, et, de plus, qu'on la trouverait égale à la température moyenne de la surface. Or, les observations faites dans une multitude de mines étaient en désaccord avec ces résultats. Ces observations cependant n^avaient
pas entratné toutes les convictions. Une galerie de mine se présentait à quelques esprits, comme une sorte de laboratoire dans lequel des actions chimiques donnaient lieu sans cesse à de grands dégagements de chaleur. On argumentait aussi de la présence des ouvriers, des flambeaux allumés, de détonations de poudre, etc., etc., et quoique des calculs minutieux eussent montré combien toutes ces causes de perturbations réunies étaient insuffisantes pour expliquer les phénomènes, on s'obstinait à rester dans le doute. Une observation que je fis en octobre 1821 , pendant que de concert avec MM. Colby, Rater et Mathieu, je rattachais, par des opérations géodésiques, les côtes de France et d'Angleterre, me mit sur la voie d'une solution du problème à Tabri de toute objection. Je trouvai la température des sources qui jaillissent aa pied de la falaise du cap Blanc-Nez, notablement plus élevée que la température moyenne des eaux du puits voisin du Montlambert.
La détermination de la température des fontaines artésiennes jaillissantes s'offrit, dès ce moment, à ma pensée comme un sujet de recherche plein d'intérêt; il me parut que les eaux de ces fontaines ne pourraient manquer, surtout en les supposant un peu abondantes, d'arriver au jour avec le degré de chaleur que possèdent les couches intérieures, ordinairement horizontales , entre lesquelles elles se trouvent renfermées. En tout cas, il n'était pas douteux que , dans un même pays , si la terre avait une chaleur propre, et c'était là précisément l'objet en discussion, le maximum de température devait s'observer dans les eaux provenant des sources les plus
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profondes. Aussi depuis près de SO ans, je n*aî pas cessé dQ recueillir par moi-même ou à Taide de mes amis, des documents therihomélrîques qui se rattachent d*une nwinière aussi directe à l'histoire de notre globe. Je vais en présenter le résuipé dans un chapitre spécial. On verra qu'en tout lieii la température des fontaines artésiennes est supérieure à la température de la surface, à raison d'un degré centigrade pour chaque 20 à 30 mètres de profondeur.