DES PRODUITS JOURNALIERS DES PRINCIPALES FONTAINES ARTÉSIENNES CONNUES
Bélidor citait déjà dans sa Science de Vingénieur, une fontaine artésienne située au monastère de Saint- André, à une demi-Heue d'Aire en Artois, dont l'eau s'élevait à 3 mètres et demi au-dessus du rez-de-chaussée , et qui fournissait près de 2 tonneaux d'eau par minute.
J'ignore ce qu'il faut entendre par tonneau. Il m'est donc impossible de transformer en mètres cubes l'évaluation de Bélidor.
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Le puits artésien que MM. Fabre et Espériquette ont foré , à Bages , près de Perpignan, dans une propriété de M, Durand, donne 2,000 litres d'eau par minute.
Le puits jaillissant que M. Degousée a foré à Tours, dans le quartier de cavalerie, jaugé à près de 2 mètres de hauteur au-dessus du sol, donne 1,110 litres d'eau par minute.
Parmi les nombreuses fontaines artésiennes jaillissantes qui existent en Angleterre, celle, à ma connaissance, d'où il sort la plus grande quantité d'eau, est la fontaine de la fabrique de cuivre laminé de Merton, en Surey; cette quantité est de 900 litres par minute.
Le puits artésien jaillissant, dont Rivesaltes est redevable aux lumières de son conseil municipal et à l'habileté de MM. Fabre et Espériquette, fontainiers- sondeurs, donne 800 litres d'eau par minute.
Un puits artésien près de Lillers (département du Pasde-Calais) , à la profondeur d'une quarantaine de mètres, donne 700 litres d'eau par minute.
Un puits artésien foré par M. Degousée en 1836, à la Ville-aux-Dames, près de Tours, et dont la profondeur est de 105 mètres, dégorge à la surface plus de 5 mètres cubes d'eau par minute. L'eau de ce puits est destiné à mettre en mouvement trois tournants d'un moulin à farine.
Un puits artésien foré également à Tours en 1839 par M. Mulot, à la profondeur de 213 mètres, donne k mètres cubes par minute, et fait tourner la roue hydraulique d'une filature à l'imitation d'un puits plus ancien dont nous avons déjà parlé (chap. xvu, p. 466).
Par la méthode si ingénieuse que nous avons décrite
m LES PUITS FORÉS.
précédemment (chap. xjii, p. 455), M. Fauvelle a foré à Preignes, près de Vias (département de THérault), un puits artésien d'une profondeur de 51 mètres, qui fournit 663 litres d'eau par minute.
L'alimentation de Venise en eau a reposé jusqu'à ces dernièl^es années sur les eaux pluviales recueillies dans 144 citernes publiques, dans 1990 citernes particulières, à quoi il faut joindre ce que de nombreuses barques allaient prendre journellement dansla Sériole, canal de dérivation de la Brenta. De 1815 à 1830, le gouvernement autrichien fit faire de nombreux essais pour obtenir, au moyen de sondages, des eaux artésiennes. Les difficultés de l'opération provenant de la présence de sables fluides dans les couches à traverser, rendirent ces tentatives infructueuses. Toute espérance était perdue, lorsque M. Degousée, après avoir étudié attentivement le régime des eaux dans la contrée, proposa de faire l'opération à ses riaques et périls.
Le contrat fut conclu le 1*' février 1846. Les équipages de sonde partirent de Paris en mai ; en août, les travaux commencèrent sur la place Santa-Maria-Formosa. Au bout de six mois, l'eau jaillissait au-dessus du sol d'une profondeur de 61 mètres. Au bout de neuf mois, un autre forage, creusé à la même profondeur, déversait sur la place Saint-Paul, à 4 mètres de hauteur au-dessus du sol, une nappe d'eau du volume de 250 litres par minute. Plusieurs autres succès non moins éclatants furent obtenus par rhabile ingénieur.
On voit par ces exemples quelle immense ressource présentent les puits artésiens dans les pays les plus divers.
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