‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 77 sur 99 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

PROFONDEURS DES FONTAINES ARTÉSIENNES LES PLUS REMARQUABLES EXiCUTÉBS DE MAIN D'BOMME

J'ai déjà cité (chap. m, p. 267) , les trous de sonde à Taide desquels les Chinois vont chercher les eaux salées, dans la province de Kia - ting - fou , jusqu'à la profondeur de 584 mètres; mais comme l'eau n'y jaillit pas, on ne peut pas ranger ces trous dans la catég(»rie des fontaines artésiennes proprement dites.

La septième nappe d'eau trouvée près de Saint-Nicolas-d'Aliermont (chap, v, p. 297), était à la profondeur de 333 mètres* Elle remonta jusqu'à la surface. Comme on cherchait, non de Teau, mais du charbon de terre, les travaux furent abandonnés. Il n'en est pas moins vrai qu'on avait créé par là, sans le vouloir, un immense puits artésien dont l'eau venait de plus de 300 mètres de profondeur.

Un trou de sonde foré à Genève jusqu'à la profondeur de 225 mètres (chap. ix, p. 39&), n'a pas rencontré de nappe liquide ascendante.

LES PUITS FORÉS. i75

.Près de Paris, à Suresne, dans la campagne de M. Rothschild, MM. Flachat ont poussé un sondage, déjà commencé par M. Mulot, à la profondeur de 215 mètres. Ce sondage est entré de 175 mètres dans la craie. On s'est arrêté, alors qu*il n'y avait peut-être plus qu'une vingtaine de mètres de la formation crayeuse à traverser, pour atteindre la nappe d'eau. Il est vivement à désirer que l'opération soit reprise.

La fontaine de Chewick, dans le parc du duc de Northumberland, jaillit à la hauteur de plus d'un mètre ati-dessus du sol, et vient de la profondeur de 189 mètres.

La fontaine la plus profonde du département du Pasde-Calais, est située entre Béthune et Aire. Ses eaux jaillissent à 2". 6 du sol, et viennent de la profondeur de 150 mètres.

Le puits foré, d'un produit si remarquable, situé à la caserne de cavalerie de Tours, est alimenté par une nappe d'eau que M. Degousée est allé chercher à la profondeur de 133 mètres. Les eaux d*un autre puits, terminé en 1834 dans la manufacture de soie de M. Champoiseau, viennent d'une profondeur de 140 mètres.

J'ai cité précédenunent les j)uits si profonds de New- Salzwerck et de Mondorff qui pénètrent dans le sol jusqu'à 644 et 730 mètres (chap. ix, p. 393 et 396). Malgré leurs grandes profondeurs, ces deux puits ne descendent pas en valeur absolue dans des couches plus enfoncées dans la terre que les sables verts d'où viennent les eaux du puits de Grenelle. Comme l'a remarqué mon illustre confrère» M. Élie de Beaumont, c la profon-

deur de 548 mètres à laquelle le puits artésien de TAbat; toir de Grenelle a été poussé par M. Mulot, mérite d'être enregistrée parmi les merveilles de l'industrie humaine. On n'a que bien rarement pénétré dans la masse solide du globe terrestre à une profondeur aussi grande audessous de la surface des mers. La plaine diluvienne de Grenelle, au niveau de laquelle le puits artésien est ouvert, se trouve, d'après la nouvelle carte de France, à 31 mètres au-dessus de la mer : ainsi le puits artésien descend à 517 mètres au-dessous de la surface de l'Océan» Le fond du puits artésien se trouve d'après cela beaucoup au-dessous du fond des mers les phis voisines de nous ; car la Manche ne présente que vers son entrée des profondeurs de 100 mètres, et il faut s'éloigner de près de 50 lieues des côtes de Bretagne pour trouver dans le golfe de Gascogne des profondeurs qui aillent seulement à 300 mètres, i

Page 1