‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 1 sur 183 · AU SUJET DU MYSTÈRE DE LA RÉPROBATION DES MÉCHANTS · texte numérisé non relu

AU SUJET DU MYSTÈRE DE LA RÉPROBATION DES MÉCHANTS

Prosterné aux pieds de saint Augustin et de saint Thomas, le cœur disposé à ignorer tout le reste, pourvu que je con-

> Tirée du !!• vol. du Procès de la canonisaiion de S. François de Sales, pag. 190, et du Ve vol., p. 644 du même procès, où le chanoine Gard et le P. de Coëx, prieur de Talloires, déclarent sous la foi du serment l'avoir copiée sar l'autographe même du Saint. Nous empruntons ces détails, à la Vie de S. François de Sales, composée par M. le Curé ^^ Saint-Sulpice, tom. I, p. 46 4it suiv. ; mais le savant auteur nous permettra de douter, malgré sa propre opinion, que S. François de Sales ait composé cette pièce dans la dix-septième année de son âge; car comment aurait-il pu dire à cette époque ; Quœ scripsi? Ce qui ne signifie pas assurément les principes que j'ai extraits de ces saints docteurs, comme l'a trop librement traduit M. le Curé de Saint-Sulpice, mais les principes que j'ai posés par écrit (savoir apparemment dans le Traité de i'amour de Dieu, liv. IV, c. 7), comme nous avons cru le devoir traduire -Dous-même. En attendant que nous puissions cnn^"lter le Procès même de la

Ad pedes S. Augustinî et ThornsB provolutus, paratusomnia ignotijfe ut illum sciam qui est scientia Patris, Çhristum crucifUum, VII. i

noisse Jésus-Christ crucifié, qui est la science du Père; Ineii que je tienne pour véritables les principes que j'ai posés par écrit, puisque je ne vois rien qui puisse me donner sujet d'en révoquer en doute la vérité ; cependant , comme beaucoup de choses échappent à ma vue , et qu'un mystère si haut est trop éblouissant pour pouvoir être fixé et vu à fond par mes foibles regards, si plus tard le contraire de ce qui me paroit vrai se montiuit à moi, ce qui, je l'espère, n'arrivera jamais, si je sa vois (ô Seigneur Jésus, éloignez de moi ce malheur), si je savois être condamné à l'enfer par cette volonté que saint Thomas suppose en Dieu, pour faire ressortir sa justice envers le pécheur, je courberois ma tête sous la sentence du Très-Haut , et je dirois du fond de mon cœur avec le Prophète ; Mon âme ne sera-t-elle 'pas soumise à Dieu? Oui, Père céleste, puisqu'il vous a plu qu'il en fût ainsi , que votre volonté s'accomplisse. Et dans l'amertume de mon ame, je répéterais si constamment les mêmes paroles.^, que Dieu, changeant l'état de mon âme et sa sentence tout à la fois, fîniroit par me répondre : Aie confiance, mon fils,

cûftonisatim » nous présumons quê cette protestation de S. François de Sales date de son voyage fait à Paris en 1619, plutôt que de ses études faites en> cette mênïé vilïe'én 1S84.

quanqiiàm quse scripsi non dubito tera, quia nihil video quod de eorum veritate solidam possit facere dubitationem ; cùm tamen non omnia video, et tara reconditum mysterium est clarius quàm ut fixé ab oculis meis nycticoracis inspici possit, si posteà contrarium appareret (quod nunquàm futurum existimo), imo si me damnatum (quod absit , Domine Jesu ) scirem voluntate quam in Deo ponit Thomas i ut ostenderet justitiam suam ; Ubentpr obstupescens et suscipiens altissimum Judieem , post Prophetam dicerem : Nonne Deo subjecta erit anima mea ( Ps. LXl^ 29?) Amen , Pater, quia sic placitum est ante te , fiât voluntas tua ( Matth., XI, 26, et VI, 10 ); et hoc in amaritudine animai meœ toties dicerem, donec Deus mutans vitam meam et sententiam suam responderet mihi : Conlide, fili, nolo

1 J5umm% p. \f q. XXlll^ art j^ ad 3um.

je ne veux pas la mort du pécheur , mais plutôt sa vie; les morts, ni tous ceux qui descendent dans l'enfemo, me loueront pas; je t'ai fait pour ma gloire , mon fils , comme tout le reste des créatures; je ne veux que ta sanctification, et je ne hais rien de tout ce que j'ai fait. Pourquoi ton âme est-elle triste, et pourquoi te troubles-tu ? Espère en Dieu , et promels-toi que tu chantei^as encore ses louanges; il est ton Sauveur et ton Dieu. Tu ne descendras point en enfer, mais tu monteras sur la montagne de Dieu, tu entreras dans la tente du Dieu de Jacob. Ton état nest point un état de mort; ce nest quun sommeil, c'est une épreuve qui tournerai la gloire de Dieu, Cou/rage donc, chétif serviteur, bien indigne, il est vrai, mais pourtant y^c^è/e, puisque tu asespéré en moy , en te confiant, comnie tu l'as fait, en ma miséricorde; et puisque tu m'as été fidèle en peu de chose, savoir dans la disposition de me glorifier dans ta reprol/ration même, supposé que ce fût mon bon plaisir, je t'établirai dans une graiide abondance de biens. Puisque tu as bien voulu servir à faire éclater mes perfections en endurant , s'il le falloit , la rude expiation de tes fautes ; comme il n'en résulteroit qu'une

mortem peccatoris , sed magis ut vivat ( Ezech., XXIII, H ) : non mortui laudabunt me, neque omnes qui descendunt in infernum {Ps. CXIIl, 17 ) : te, fili, ut caetera omnia, propter memetipsum feci ( Prov., XV, 4- ) : non est voluntas mea nisi sanctiPicatio tua ( i Thessal , IV, 3 j : nihil odit anima mea eorum quœ feci ( Sap., XI, 15 ). Quare tristis est anima tua, et juare conturhat te? Spera in Deo, quia adhuc ei confiteberis ; Saiutare vultûs tui ot Deus tuiif est (Ps. XLIL 6 et 7 ). Non descendes in infernum, sed ascendesad montem Dei , ad tabernaculum Dei Jacob ( Isai., II, 3 ). Non es moiw luus , sed dormis ( Matth., IX, 21 ) : infirmitas haec non est ad moN tem , sed ut conversus glorifiées Deum ( Joan., Xï , 4. ) Euge, serve parve, indigne quidem, sed fidelis, quia sperasti in me, confidens de misericordiâ mea; et quia in pauca, scilicet in glorificando me per damnationem, si ità mihi placeret, fuisti fidelis, super multa te constituam; et quia voluisti manifestare nomen meum etiam pa-

foible gloire pour moi qui n'aime pa^ â condamner, maïs plutôt à sauver selon toute la force de mon nom, je te constituerai dans une éternelle félicité, pour que tu m'y glorifies bien mieux en chantant mes louanges. Je l'ai juré par moimême : puisque tu as mis ton cœur dans la disposition d'être immolé à ma justice, et que tu ne i' es point épargné toimême, je te bénirai à jamais et je te ferai entrer dans la joie de ton Seigneur, — A ces bonnes paroles de mon Dieu , je devrois encore ne répondre que par la même conformité, telle que je la témoignois tout à l'heure, à la volonté divine : Oui, dirois-je de nouveau, Père céleste, puisque cela vous plaît , qu'il en soit ainsi ; mon cœur est également disposé, et à souffrir pour vous, et à se réjouir pour la gloire de votre nom. 0 Jésus, Je suis devant vous comme la brute qui ne comprend rien : Seigneur, soyez toujours avec moi. Qu'il me soit fait selon cette parole divine : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais sa conversion et sa vie. En votre nom donc, j'élèverai mes mains vers votre sanctuaire. Ainsi soit-il, ô Jésus, ô Marie !

tiendo, si opus esset, quandoquidem in eo parva est magnificatio et glorificatio nominis mei^ qui non sum damnator, sed Jesus^ super multa te constituam, ut beatitudine tua laudes me, in quâ multa est gloria nominis mei ( Matt., XXV, 21 ). Per memetipsum juravi , quia fecisti hanc rem, id est , prœparasti cor tuum in obsequium justitiœ meœ, et non pepercisti tibi, benedictione perpétua benedicam te ( Gen.,XV, 22), ut litres in gaudium Domini tui (Matt., XXV, 21). Née tùnc aliter responaere deberem quàm priùs : Amen , Pater, quia sic placitum est antetej paratum cor meum ad pœnam propter te, paratum cor meum ad gloriam propter nomen tuum. Jesu , quasi jumentum factus sum coram tej et ipse, Domine, sissemper mecura. ( Ps. LXXII, 30) : Fiat mihi secundùm verbum tuum ( Luc, I, 28 ) : Nolo mortem peccatoris, sed magis uteonvertatur et vivat. In nomine ergô tuo, levabo nianus meas in sancta (Ps. CXXXIII, 3). Amen, Jesu l Maria !

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