‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 110 sur 183 · A UN GENTILHOMME SON AMI · texte numérisé non relu

A UN GENTILHOMME SON AMI

Saint François lui propose de faire nommer le prieur de Mesme aumônier da madame la Princesse de Piémont. Il l'entretient également de plusieurs autres affaires.

2 juin 1620.

Yoyla M. de Rouer qui va pour le procès que sa mayson a en ce païs-là. Outre le double lien d'alliance que nous avons avec luy , la grand' assistance qu'^. Madame de Brescreu fit à feu mon frère, ainsy que mon frère le Chevalier m'a raconté, nous oblige à le servir es occurrences. Il vous dira comme M. Fornand s'en (va) aujourd'huy ou demain au

plus tard pour suivre la voye de toute Troys ou quatre

se présenteront pour le canonicat, entre lesquelz, ce me semble, M. du Crest, qui est docteur, est tout à mon gré, et pour l'extérieur et pour l'intérieur. Mais je ne sçai ce qub Messieurs du Chapitre feront * Pour avoir un Aumosnier de Madame, j'ay jeté lej yeux sur M. le prieur de Mesme , tout reformé, qui a bien estudié, qui parle bien, a très bonne mine , et a des moyens , et qui à mon advis tiendra fort bien cette place,, et nous en sera obligé et toute la ville de La Roche; je ne sçai pourtant encor s'il le voudra, mais je le sçauray bientost ; son grand-pere estoit noble, c'est à dire le

* L'original en est conservé au monastère de la Visitation de Turin. C'est la 256e des lettres inédites de la collection-Biaise.

fut fait, et si , il n'est point boisteux nî pointilleux. Je le tîs député du Clergé au Sinode, et despuys surveillant du quartier, de quoy il m'a sceu tant de gré que je pense qu'il mérite d'estre avancé. Outre que je nesçai oii jetter ma veûe, tous nos ecclésiastiques de bonne naissance estant ou tarés au corps et au maintien, ou de peu d'intelligence, ou trop vieux ou sans talent pour cette charge en laquelle nostre Maistresse veut avoir des gens de bonne sorte. Or, (juant à M. Faure , je croy qu'il se contentera d'avoir l'honneur et le tiltre sans aller au service, Messieurs ses frères s'estant accordés à le luy persuader. Pour celuy qui est à Paiis, en vérité ilz auront bien tous les autres talens , mays je croy que la constance luy manqueroit et seroit dans peu de tems dans une dangereuse liberté qui luy serviroit de reproche et à n^ûs, le passé nous ayant assés appris ce qui se doit présager pour l'advenir. Mais nous acheminons le plus que nous pouvons l'eschange de son bénéfice avec un autre qui est posse^^é par un autre changeant affin qu'il puisse revenir et le ter ps nous fera sages.

Mon frère et ma seur de Cornillon ont un désir extrême que M. ^--^ ^uré de Régnier venant à mourir comm' il semble qu'il àc ---^Àw-^ dans peu de jours , M. François Baudri qui est mailler; • jt vicaire, leur voysin, et qui a plusieurs bonnes petites conoxiions, eut la nomination, estimant que le bon M. Pergod qui est procureur de M. Argentier en nommeroit peut estre quelqu'aotre. Pour cela , s'il se peut bonnement , il faudroit prier mondit si^^ur Argentier de faire une lettre à moy par laquelle en cas que le dit messire François se ^treuvast capable et désiré par les paroissiens, onleprelerast, attendu que despuis plusieurs années en ça, il fait elFectivement la charge de curé, exhortant, adminisiranl les sacremens et catéchisant, et en somme suppléant le devoir du curé qui à cause de son mal ne le peut faire. Quand vous 'desirerés M. Rolland et messire Noé, vous les aurés. J'ay veu

In lettre do IM. Bevhiii qui ne m'a point estonné, au contraire je l'eusse esté extrêmement si estant Savoyars et gens de bi^n nous n'eussions point esté enviés en une si heureuse laveur de nos Princes. La victoire demeure à ceux qui treuy^ent la place, et faut demeurer en paix. J'ay receu la lettre de S. A. par laquelle elle me comuiande de ne rien mouvoir au fait de M. Perret jusques à ce que je luy aye donné âdvis de ce qui m'en semble. Or ne sçai qu'escrire, sinon que si S. A. veut continuer le dessein d'employer ces prébendes pour Thonon et Evian ou la Bonneville, il faut qu'elle les treuve vacantes, et, que l'on face solliciter à Rome tout ce qu'il faut pour faire retiscir le projet. Je m'essayeray donc d'escrire aujourd'liuy à sa dite Altesse, mais elle ne m'entendra pas si Monseigneur le Prince ne luy remet en mémoire le sujet.

Oli \ mon Dieu ! quel bonheur si on peut restablir le service de sa Divine jMajesté en toutes ces provinces ; mays pour Ripaille, et pour la congrégation de Thonon, il n'est pas grand besoin que de l'authorité de S. A., car en l'un il n*y a personne et en l'autre on ne change rien, la bulle de Clément ordonnant que cette congrégation soit des prestres de l'Oratoire. Et quant à la commission que Monseigneur le Nonce a pour la visite de la sainte Mayson, s'il me l'envoyé, tous-jours faudra- il que S. A. en soit advertie; car cette Mayson dépend tellement des bienfaitz de sa dite Altesse, que sans le concours de son authorité mal aysément pourroit-on rien faire effectivement. Il seroit donc besoin que Ton sceut ad quos fines * la dite commission tend, et en communiquer avec Monseigneur le Prince; que s'il le treuvoitbon, <»n pourroit par après me l'envoyer, et je l'executerois selon la nécessité ou l'utilité. J'ay un désir extrême de servir M. Pernet, mesme en la mauvaise affaire que son cousin a avec ce soldat; et y ay des-ja mis la main par l'entremise de M. de Mesme, qui a fort heureusement gaigné

* A quel but.

sur ledit soldat qu'il se contentera de ses despens ; la difficulté n'estant plus que sur la quantité, laquelle je voy estre^ fort grande par la liste que j'en ay tirée, et de laquelle, si je ne puys maintenant , au premier jour je vous envoyeray copie. Et ce qui m'oste encor plus Tesperance de pouvoir servir M. Pernet en son désir, qui est digne de luy et du soin charitable qu'il a de ceux qui luy appartiennent, c'est que son cousin M. le Chanoine a ses appréhensions si fortes qu'il croit que sa partie a grand tort et luy en doit de reste , combien que m'estant enquis le plus que j'ay peu de la vérité, je trouve que c'est tout au contraire, et que ledit sieur chancelier Pernet a excédé fort scandaleusement, et que le bon M. Rogex l'a traité avec un respect duquel la partie a grandement à se plaindre. Mais qui le luy pourra persuader? En somme je m'essayeray en cett' occasion de tesmoigner à M. Pernet que ses recommandations ont tout pouvoir sur moy. Vous pouvés penser de quell' affection j'honnore M. de Pezieu ; et comme je regarde en vérité toute cette Mayson là tout ainsy que si j'avois le bien d'estre F un des frères, certes j'estimerois Madame de Beaufort l'une des plus heureuses femmes du monde, si elle s'estoit mariée avec luy. Mais il n'y a moyen de le servir en cela par lettres, car d'un costé je suis engagé dés il y a long-tems pour Monsieur de Saint-Agné, frère de M. de Luçei. Et d'autre part je sçai que les lettres n'ont nul pouvoir sur l'esprit de cette damoyselle qui est si pleine de considérations , qu'il faut parler et de présence l'esclaircir des répliques que son esprit luy fournit. Je verray néanmoins de quel biays je pourray prendre quelque occasion de servir ce cher frère utilement et efficacement par l'entremise de mes amis et par toute sorte de bons offices. Mais je vous supplie qu'il me pardonne si je ne luy escris pour ce coup; car je n'en puis plus. Monseigneur de Gramer l'aisné me prie pour sa vénerie. J'ay receu le paquet du P. gênerai des Fueillans. Nous attendons

nos PP. BarnaLites et M. le premier Président pour ces f estes. Nostre seur Marie pourra venir quand il luy plaira. Hier, la très bonne Madame de Granieu arriva et sera icy ces deux jours suivans , ce n'est pas sans parler de vous avec affection. Dieu par sa bonté vous conserve,

Mon très cber frère, mon ami.

P, S. M. de Briscieu a désiré que le curé de Bellecombe l'accompagnast, et je n'ay pas eu grande difficulté à le luy accorder; car jusques à ce que ce curé change d'humeur, son absence sera plus utile que sa présence.

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LETTRE '

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