‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 148 sur 183 · DE LA FIN POUR LAQUELLE GESTE CONSTITUTION A ESTÉ INSTITUÉE · texte numérisé non relu

DE LA FIN POUR LAQUELLE GESTE CONSTITUTION A ESTÉ INSTITUÉE

Plusieurs filles et femmes divinement inspirées, aspirent bien souvent à la vie Religieuse , qui toutes , ou par imbécillité de leur complexion naturelle, ou pour estre desjà afîoiblies par l'aage , ou enfin pour n'estre pas attirées à la pratique des austeritez et rigueurs extérieures , ne peuvent pas entrer es Religions esquelles on est obligé à de grandes pénitences corporelles, comme sont la pluspart des Congrégations reformées qu'on voit par deçà : et par ce moyen sont

gregationis Visitationis B. Mariae Yirgiiiis^ Ordinis S. Augustini , Nobis nuper exponi fecerunt , quôd aliàs boïiîB memoriaî Francis(\'.s Episcopus Gebennensis , pro prospero earumdem Monialium statu atque gubernio, de mandate fœl. rec. Pauli Papae V praedecessoris nostri , infrà scriptas Constitutiones fecit j tenoris subsequentis videlicet.

conlraintes de s'arrester parmy le tracas ordinaire du monde, exposées aux continuelles occasions de pécher , ou du moins de perdre la ferveur de la dévotion. En quoy certes elles sont dignes de grande compassion : car qui ne plaindroit, je vous prie , une ame généreuse , laquelle , désirant extrêmement de se retirer de la presse de ce siècle pour vivre toute à Dieu, ne peut neantmoins le faire faute d'avoir un corps assez fort, une complexion assez saine , ou un aagt assez vigoureux : îa poursuite qu'elle voudroit faire pour acquérir une plus grande sainteté , demeurant ou empeschée , ou retardée par le manquement de la santé ?

Affin donc que telles âmes eussent désormais quelque a&seurée retraite en ces contrées de deçà , cette Congrégation a esté érigée , en sorte que nulle grande aspreté ne puisse divertir les foibles et infirmes de s'y ranger , pour y vacquer à la perfection du divin amour. Ensuitte de quoy on pourra premièrement recevoir les veufves également comme les filles, pourveu que si elles ont desenfans, elles en soient bien et légitimement deschargées , et qu'elles ayent suffisamment pourveu à leurs affaires, selon qu'il sera jugé expédient par le Père spirituel , et autres personnes de qualité, sur l'advis desquels on se puisse reposer, affin d'oster aux gens du monde toute occasion de murmurer, autant que faire se pourra, et de destourner l'inquiétude que l'ennemy a accoustiuné de donner par le soin inutile et indiscret qu'il suggère aux veufves, des choses qu'elles ont laissées au monde.

On pourra secondement recevoir celles qui, pour leur aage, ou pour quelque imbécillité corporelle, ne peuvent avoir accès aux Monastères plus austères, pourveu qu'elles ayent l'esprit sain et bien disposé à vivre en une profonde humilité, obeyssance, simplicité, douceur et résignation : neantmoins on excepte celles qui seroient atteintes de quelque mal contagieux, comme de lèpre, escroûelles, et autres semblables : ou qui auroient des infirmitez si pressantes, qu'elles fussent

tout à fait incapables de suivre la Règle et les exercices ordinaires de la Congrégation»

Tiercement, celles qui seront de bonne et forte complexion , y seront receuës comme appellées de Dieu au secours et soulagement des infirmes, et tout ainsi que les foibles jouyront du fruict de la santé des robustes, les robustes jouyront réciproquement du mérite de la patience des imbec*:lles; et alïin quêtant les unes que les autres, puissent tousjours avoir accès à ceste Congrégation , la Supérieure prendra soigneusement garde à ce qu'on n'y introduise ny directement , ny indirectement aucunes austeritez corpOLclles , outre celles qui y sont maintenant , qui puissent eslre d'obligation ou de coustume générale. A quoy le glorieux Père S. Augustin a visé , marquant si cordialement en la Règle le support des infirmes, et tesmoignant assez par là, qu'il veut que les infirmes soient receuës et qu'à leur considération on n'amplifie point les aspretez. Et semble que selon la parabole , il fasse entrer en Testât religieux, comme au festin nuptial de l'Espoux céleste, non seulement les sains et gaillards, mais aussi les infirmes , boiteux , et aveugles , en sorte que sa maison se remplisse d'invitez.

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