‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 155 sur 183 · DU PAPE CLÉMENT XI · texte numérisé non relu

DU PAPE CLÉMENT XI

l)îen que nous devons employer tous nos efforts, afin que Yous reteniez constamment la manière de vie très -parfaite que vous avez embrassée , et que vous ne cessiez d'y croître ^t de vous y avancer jusqu'à un jour parfait. C'est à vous donc à-présent que nous parlons , c'est vous que nous exhortons , fruits choisis de sainteté ; non pas tant pour user à votre égard de notre puissance, que pour vous témoigner l'affection que nous vous portons ; non pas que nous appréhendions qu'il ne nous revienne de vous quelque chose de fâcheux, mais parce que plus votre gloire est sublime, plus nous devons être soigneux de votre persévérance, et appréhender davantage les embûches du méchant esprit tentateur. Nous voici déjà aux approches de la centième année depuis que votre Ordre a été institué par S. François de Sales, et pourvu de Constitutions admirables en sagesse, discernement et suavité. Pendant tout ce temps -là votre Ordre s'est si fort accru , et sa splendeur s'est tellement répandue dans l'Eglise de Dieu, que l'on compte jusqu'à cent quarante-sept Monastères qui ont été fondés, ainsi que nous l'apprenons; ce qui fait voir clairement la sainteté de l'Institut que vous professez, par les grands accroissements que la honte de Dieu lui a accordés, aussi bien que l'odeur des ver-

rationem constanter retineatis, et lu ea magis magisque procedatis usque ad perfectam diem. Vos itaque modo alloquimur^ vos adhortamur, affeclione potiùs quàm potestate, electa gerraina sanclitatis, moïï quôd adversi aliquid suspicemur de vobis, sed quia quô sublibïiior gloria vestra est, eô etiam major esse débet nostra et de perse- \^ntia vestra sollicitudo, et de nequissimi tentatoris infestatione Cormido. Centesimus jam appropinquat anuus ex quo Ordo vester à tlmctissimo Prœsule Francisco Salesio institutus et Constitutionibus gapienliâ, discretione, ac suavitate mirabilibus instructus fuit. Intereà temporis illius splendor in Ecclesia Dei tantùm illuxit, ut ad centum supra quadraginta septem Munasteria, sicut accepimus, propagatus jam sit. Unde manifesté deprelieiiditur et sauctilas instituti, quod prolitemini, dum ipsi divina Boiiitas felicia adeô contulit incre-

L'Sf) DTPLÔl\rE

tus Chrétiennes, que tant vous, que celles qui vous onf précédées ont répandue de tous côtés; ayant engagé par là ]e.s Nations du monde Chrétien à favoriser et recevoir votre dit Institut, par un effet de la bénédiction du Seigneur. Au reste, cette heureuse extension de votre Ordre, et cette réputation de vos vertus, quia été portée si loin, demande fortement de vous que vous vous efforciez de conserver la grandeur et la gloire d'un si grand nom, pour le plus grand honneur de Dieu ; ce qui ne peut arriver plus sûrement de votre part, qu'en observant diligemment les Constitutions salutaires et les avis que vous a donnés votre saint Fondateur, qui vous frayent un chemin assuré, facile et uni à la perfection Chrétienne ; et en prenant bien garde de ne laisser glisser aucune nouveauté dans votre Ordre, qui soit contraire aosdites Constitutions et avis, ou bien qui puisse affoiblir aucunement vos pieuses coutumes , et la discipline que vous avez observée jusqu'à présent; en quoy vous ne manquerez point de recourir suivant le besoin à l'autorité des Ordinaires des lieux sous la juridiction desquels vous aurez été établies. Car nous

menta, et Christianarum virtutum odor^ tijm ex ils qu8B vos praecesserunt, circumquaque diflusus, dùm tam multae per catholicum orbem iiationes ad illud fovendum, et suscipiendum , benedicente Domino, illectse sunt. Cseterùm hœc ipsa Ordinis vestri felix propagatio , hœc ipsa virtutum vestrarum fama longé latèque diffusa, magnoperè à vobis exigit, ut tanti nominis dignitatem^ et laudem tueri ad majorem Dei gloriam, omni adhibilo studio contendatis; quod*rion aliàs certiùs assequi potestis, quam si saluberrimas Constitutiones et Mo* nita vobis à sancto Institutore relicta^ quibus ad Christiauam perfeo tionem iter tutum, expeditum, ac planum sternitur, diligentissiml custodiatis, et quàm maxime caveatis^ ne quid unquam novi in vos, Ordinemque vestrum irrepat, quod vel eisdem Constitutionibus, et Monitis adversari, vel etiam pias consuetudines , et observatam hao tenus disciplinam ulla ex parte labefactare posse videatur. Quâ in tQ, ubi oportuerit, Ordinariorum localium, quorum jurisdictioni subestis, opem iniDlorare nequaquàm prsetermitletis; futurum entra

îîffp. ;^ .'op onn fiance qu'ils îir manqueront point de vous

^ecv M>f<^inent et avec joie dans toutes vos nécessités,

•et ( ! >^orte qu'il n'arrive aucun changement dans

vot ■ • 'ans la suite des siè'*'es, ainsi que nous leur re-

-coni»' . -ns par ces présentes, i comme 1er Ordres Religien- 'erjt dévotement lent année séculaire, il est juste

<jue, iMns'jU'' vo'^s arrivez à ce t<n'me, vouC rendiez à Dieu, très] H ' >r fiès-grand, d'humbl-s et abondantes actions de ^iaf('> p.» î; h«s bienfaits que vous en avez reçus, et que par iies prières ti os -ardentes, vou.^ obteniez de sa miséiicorde qu'il n^siaure et vivifie en vous l'esprit de votre saint Fondateur, particulièrement en ce temps-ci, et imprime plus fortement dans vos cœurs cette sentence , qui est comme un abrégé de toute la sagesse chrétienne, et qu'il avoit toujours dans l'esprit et dans la bouche ; à savoir que tout ce qia n'est pas pour l'éternité , n'est que vanité : que de plus , il vous accorde hénignement une excellente participation des vertus Chrétiennes , un véritable mépris des biens temporels , et un désir parfait et efficace des choses divines; qu'il éclaire de

omninô confidimus, ut quod ipsis per bas nostras Litteras enixè injungimus, necessitatibus vestris prompto alacrique animo semper adsint, et ne quid ullo saeculorum decursu, ulla temporum varietate in vobis immutetur, diligenter ac strenuè curent. Jam verô ipsa saîcularisanni celebratio, quaein Regularibus Ordinibus insignis imprimis habetur, religiosoque ac solemni cultu peragi consuevit, à vobis \eliementer exposait, ut collata hactenùs Ordini vcstro a Deo Optimo Maximo ingentia ^ene^lcia, devoto gratoque ap'rao recolentes, humi- Ves illi ac uberrimas agatis gratias, et enixi^ .iccuratisque precibu? xfleffabilem ejus clementiam obsecretis, ut hoc maxime tempore Fuit datoris vestri spiritum in vobis iiistauret atque vivificet, dictumque illud, Christianae sapientisB compendium^ quod ipse ore. semper ac mente repetebat , scilicet : Quidquid pro œiernitate non est, vanitas est, altissimè cordibus vestris iniigat j uberem insuper Christianarum virtutum accessionem , verum temporalium bonorum contemp- 4uni, divinarum rerum perfectum, et efUcax desiderium, vobis mi-

plus en plus votre entendement; qu'il enflamme votre volonté; qu'il purifie vos corps, et sanctifie vos âmes; afin que ne vous occupant jamais que de ce qui concerne le Seigneur, vous soyez saintes de corps et d'esprit, et qu'après avoir triomphé ici-bas de la chair dans votre chair même, vous méritiez de recevoir la couronne de justice, que le divin Epoux a préparée dans le ciel à tous ceux qui combattent pour la piété. Voilà ce que nous vous souhaitons de tout notre cœur ; et pour présage de cette félicité si avantageuse , nous vous accordons , chères Filles en Jésus-Christ, la Bénédiction Apostolique. Donné à Rome à Sainte-Marie-Majeure, sous l'anneau du Pêcheur, le vingt-deuxième jour de Juin mil sept cent neuf, l'an neuvième de notre Pontificat.

f Le Gard. Gozzadini.

sericorditer largiatur; intellectum prseterea vesfrum magis magisque illuminet, voluntatem inflammet, corpus emundet, animam sanctificet; quatenùs ea tantùm, quae Domini sunt, perpétue cogitantes, sanctœ sitis corpore et spiritu, et post prœclaros, quos hîc agitis, de carne in carne triumphos, coronam justitise qu3B légitime certanti— bus reposita in cœlis est, à divino sponso recipere mereamini. Hane plané ex animo vobis optamus, atque precamur, ac in ejusmodi felicitatis auspicium vobis, dilectœ in Christo Filise, Apf ^toiicam Benedictionem amanter impertimur. Datum Romœ apud Sanctam Mariam Majorem, sub annule Piscatoris, die 22 junii 1709, Pontificatûsfiostri nono anno.

t Ulissesdos Gard. Gozzadinus.

LETTRE m M»' DE CHANTlt*. 583

LETTRE

DE SAINTE JEANNE-FRANÇOISE FRÉMIOT DE CHANTAL AUX RELIGIEUSES DE SA CONGRÉGATION.

Vive Jésus.

Mes très chères Filles ,

Nous avons ramassé quelques points qui ont esté omis des Constitutions par les copistes, ainsy que nostre Bienheureux père dit luy-mesme ; car m'escrivant à Paris en 1 622 , il me dit : «Voila nos Constitutions que je ne puis prendre le loysir de revoir. Il y a plusieurs fautes. Il faut que tout ce que je fais se ressente de mes empressemens et accahlemens ordinaires. » Et à feu ma S' M. Jacqueline Favre, ce bon père luy escrivit les paroles suivantes : ce J'envoye nos y jiuvres chères Constitutions. J'ay admiré combien les copistes ont fait d'omissions et de fautes assés notables; mais j'espère les reparer au livret des advis. » C'estoit le Coustumier qu'il nommoit ainsy. Il me semble donc bien qu'ils soyent adjoustez au derrière des Constitutions.

Dieu nous fasse la grâce, mes très chères Sœurs, de le» bien observer. Amen.

Sœur Jeanne-Françoise Fremiot.

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