AUX MAGISTRATS DE LA VILLE DE SALINS
L'archevêque de Besançon n'ayant pas jugé à propos de permettre qi"^- notre Saint vînt prêcher le carême à Salins, les Magistrats de cette ville s'excusèrent auprès du saint évêque de Genève , qui leur fit la réponse suivante.
Annecy, le 3 février 1610.
Messieurs,
Ayant appris par messieurs les eschevins de vostre ville, qui ont pris la peyne de venir icy, ce que vous leur avés confié pour me dire, il ne me reste que de vous prier de croire que, je conserveray chèrement en mon ame Taffection avec laquelle je vous avois dédié les prédications que vous avés désirées de moy pour ce Caresme, lesquelles je veux contr'eschanger en autant d'oraysons que je feray pour 1» bonheur de vostre ville. Dieu soit donc à jamais vostre prolecteur, et je suis en luy de tout mon cœur, Messieurs^ i vostre, etc. . . ^
« tirée du monastère de la Visitation de la ville de Salins, C'est la 19'^'- ;1» la culleclion-Blaise.
Lxvirr.
LETTRE
l\ lui donne avis que la congrégation de la Visitation est sur le point de s'établir, et il lui demande qu'il songe à lui amener sa fille.
8 février 1610.
Monsieur mon cher frère,
Je vous donne advisque, par la divine miséricorde, le tems de la Visitation s'approche ; je veux dire qu'en fin nos conclusions sont prises, et que nous attendons à ce printems Madame de Chantai pour commencer nostre petite congrégation , à laquelle vous sçavés que le saint Esprit a destiné vostre fille, que je tiens pour mienne. Il m'est tombé ce matin dans l'esprit, pensant à elle, que c'est singulièrement à son ame que s'addressent les paroles de l'Espoux sacré : debout , hastez-vous , mon amie ^ ; car en fin amie, c'est son nom, et l'Espoux l'appelle par son nom propre. Dites donc à cette chère fille amie qu'elle vienne de bon cœur nous treuver.
Mais, mon cher frère, soyés généreux ; dites-luy vousmesme quil faut qu'elle oublie son peuple et la maison de soîipere ^; car elle s'en souviendra fous-jours devant Dieu^ qui est notre père commun. Tenés donc nostre chère fille preste pour nous l'amener aussi tost après Pasques j car nous espérons commencer environ ce tems-là.
* Tirée de la Vie de la mère de Blonay, par Ch.-Aug. de Sales. C'est la 199* de la collection-Biaise.
* Surge, propera, arnica mea. Cant., U, 10.
» OblivisGiere populum tuum et dornum patris tui. Ps. 2JLIV, 11.
i 56 OPUSCULES
LETTRE