‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 41 sur 183 · A M. DE SAINTE-CATHERINE · texte numérisé non relu

A M. DE SAINTE-CATHERINE

Il le prie de faire avertir mademoiselle de Blonay de se rendre à la

Visitation,

28 novembre 1611.

Monsieur Parlât est substitué pour aller à Aix. Je vous prie de faire tenir les présentes à M. de Blonay, et luy escrire que s'il luy plait que sa fille vienne sans attendre le retour de madame de Chantai, elle sera la bien-venuë ; ce que je dis, parce que Madame de Chantai peut-estre ne viendra pas avant Noël , puis qu'elle est résolue d'achever et demesler toutes ses affaires avant que de revenir, affin de n'avoir plus sujet de distraction.

Je vous prie de faire la commission que je vous laisse, et de dire à M. de Chastillon qu'il face pour les reconnoissances selon qu'il m'escrivoit.

J'envoye à Madame d'Allemand un livre, selon que je luy ivois promis.

Je prie Dieu qu'il vous bénisse , et me recommande à vos prières. Vostre, etc.

* Tirée du monastère de Sainte -Marie de la ville d'Aix. Cest la 247* de It -collection-Biaise.

XGV.

LETTRE

A S. A. CHARLES-EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.

Saint François supplie S. A. de faire sortir de prison le si'^Mr ChapperoU;

Chambéry, 26 mars 1612.

Monseigneur,

V. A . est suppliée par le sieur Chapperon de luy vouloir donner la délivrance de la prison , en laquelle il se treuve présentement ; et parce qu'en divers voyages qu'il a fait par deçà, je n'ay jamais recouneu en luy qu'un esprit franc, candide et vrayement chrestien, et que d'ailleurs plusieurs bons Religieux et gens de bien de cette ville m'ont conjuré de le secourir de ma très humble intercession auprès de V. A. Ser.; je la supplie en toute révérence , qu'il luy playse accorder laditte délivrance , tant en considération de l'innocence du pauvre prisonnier, que les Pères Capucins attestent n'avoir aucunement coopéré à la sortie du Père Bonaventure, seul sujet apparent de son emprisonnement, qu'en faveur de ce saint tems de Caresme , auquel le divin Agneau d'innocence a si bonteusement délivré nos âmes coulpables de la perdition ; Y. A. fera sans doute une justice charitable en cela, pour laquelle Dieu accroistra les recompenses qu'il luy a préparées. Je prie continuellement cette souveraine bonté qu'il luy playse combler de ses grâces V. A. S., et suys inviolablement. Monseigneur,

Rostre très humble , très obéissant et très fidèle serviteur et orateur, François, Evesque de Genève.

* L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 137* inédite de la coUectiou-Blaise,

DE S. FRANÇOIS IjE SALES. 205

LETTRE

A UN AMI

Monsieur,

Ce porteur, qui est filz d'un très bon père, et lequel est de mes meUleurs amis, n'a pas voulu retourner à Paris, sans vous rapporter de mes lettres comm' il m'en avoit apporté des vostres, estimant que comm' il désire, il vous en seroit plus aggreable. Je luy suis fort obligé de cette bonne pensée, fondée, sur la créance qu'il a de la parfaitte bienveuillance laquelle comm' elle m'est fort honnorable , elle m'est aussi fort douce et aymable. Il vous dira toutes nos nouvelles qui, à mon advis, consistent en ce que nous n'en avons point. Pour moy je tire chemin en ce Caresme , aiïin de me retirer dans mon nid soudain après Pasques ; j'ay pensé avoir l'honneur de voir mons'. le card. de Mantotie à son retour, mays on nous dit quil prend le chemin d'Ailemaigne. On avoit aussi donné du bruit du passage de mons^ le Duc d'Espernon , mais il s'esvanoùit aussi. Quant aux mariages vous sçavés quen tems de Caresme ce n'en est pas la sayson : aussi n'en dit-on plus mot. Nous attendons le passage du S"" de Granier, qui nous dira, ce quil aura pris d'argent sur vostre faveur, et soudain Dieu aydant je l'envoyeray voulant meshuy donner commencement, à la satisfaction

> C'est la 825* {al. 816) de Biaise, mais on l'y trouvera fort altérée. La date de celte lettre étoit restée inédite jusqu'ici : l'autographe en est précieusement conservé au couvent de Sainte-Marie de la Visitation de Reims, où on a pris soin de l'encadrer sous verre. Au bas du cadre on a écrit ces mots : Lettre écrite de la main de St. François de Salle, Celui à qui elle étoit adressée sembleroit être M. Deshayes.

20f> OPUSCULES

de tant de devoirs pécuniaires que je vous ay, car quant anx autres , je ne pourray ni ne voudray jamais en estre quitte ayant un ratreme playsir d'estre par obligation ce que je suis si absolu, nent par inclination, c'est

Monsieur

V" très humble fidèle Ser'.

Franxois Ev, de Genève.

xxviii mars 161 «2 à Cbaniberi.

Je ne cesse ray jamais de recommander à N. S. la prospérité de vostre mayson , et suis très humble serviteur de Madame la mère de famille , d'icelle ; que je salue de toute mon affection monsieur le premier président Favre, me tient icy en consolation en parlant souvent de vous selon mon désir.

XGVII.

LETTRE

A S. A. CHARLES-EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE, Sur la mort de M. de Lambert, et sur le choix de son héritier^

Chambéry, 29 mars 1612.

Monseigneur,

Ayant rendu quelque sorte d'assistance à feu M. de Lambert en Textremité de sa vie pour la consolation de son ame, selon ma vocation, il m'a conjuré de présenter cette supplication très humble à V. A. C'est, Monseigneur, qu'il vom playse lay continuer l'honneur de vostre bienveuillance. cincor après son trespas , comm' à un serviteur fidèle et an cien de V. A. qui, en la vie et en la mort, n'avoit rien eu de

* Tirée du registre des lettres de saint François de Sales , conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 188® wé^lQ de la collection-Blaias.

plus entier en son ame que la très humble obéissance qu'il devoit à vostre couronne; et que ne pouvant plus exercer cette sienne affection en ce monde , il avoit fait choix du fils aisné du sieur de Chenex pour le nommer son héritier, affîn qu'avec ce peu de biens qu'il luy laisse, il puisse estre eslevc et nourry en la vertu et en la puissante inclination du ser^ vice de V. A., à laquelle, outre son originaire devoir, le nom et les armes de Lambert qu'il luy ordonne de porter, la rendront absolument hipothequé et consacré. Ensuite de quoy il supplioit aussi très humblement V. A. de recevoir ce sien héritier sous la protection de sa bonté , et de l'avoir en recommandation particulière, aiFin que, croissant à l'ombre de cette faveur, il devienne ^.his capable de pratiquer un jour le service de V. A. auquel il a esté dédié. M'estant donq rendu dépositaire de ces derniers souhaits de ce bon defunct, je rendis mon depost à V. A. à laquelle il estoit adressé, la conjurant, par sa propre bonté , de départir ce bonheur à ce jeune gentilhomme, pour ne point rendre vain le contentement que celuy qui l'a fait son héritier prenoiten l'extrémité de ses jours , en l'espérance qu'il avoit que V. A ne lesconduiroit* point en cette très humble supplication que je luy fais maintenant de sa part. Et tandis, continuant les vœux que je dois et fay pour la prospérité de V. A., je demeure,

Monseigneur,

Vostre très humble , très obeyssant et très fidèle orateur et serviteur,

François, Evesque de Genève.

* Lesconduiroit, c'est-à-dire, l'éconduiroit. Assez habituellement sair* François de Sales omettoit dans ce qu'il écrivoit les apostrophes et les accents. Cette observation servira en même temps à expliquer les défectuosités de la lettre précédente, où nous nous sommes attaché scrupuleusement ^ reproduire tous les mots tels que nous le^ avons trouvés écrits.

XCVIÎI.

LETTRE

A MADAME DE CHANTAL

Avis sur le travail. Il l'entretient de quelques affaires,

Yolis pouvés bien travailler dedans la maison aujourd'huy et demain , pourveu que personne n'y entre d'estrangers , sinon M. Grandis, M. Roget et la petite seur. Et bien que quelqu' autre entrast, vous pourries néanmoins bien travailler en ces besoignes qui sont pour l'Eglise.

Je ne pensois nullement escrire à Paris, mais puisque vous l'avés désiré, j'escris à Monseigneur de Bourges. Si pour chose du monde je le puis, je vous iray voir demain, si moins tout au pis, j'iray dire vostre messe samedy. Toutes les après dinées de ces trois jours sont assignées en appointement. Mon Dieu, ma chère Fille, que je vous souhaitte de perfections! et que de courage et d'espérance j'ay maintenant en cette souveraine bonté et en sa sainte Mère, que nostre vie sera toute resserrée en Dieu avec Jésus- Christ , pour parler avec nostre saint Paul !

Bon jour, ma chère Mère; le bon jour à nos filles toutes et aux malades à part, y comprenant la grande chère fille, pasle au visage, mais comme j'espère vermeille de cœur eu l'amour céleste. Bon jour de rechef, ma très chère Mère, ma fille vrayement mienne.

* L'original s'en conserve au monastère de la Visitati m d'Annecy. G'e&k la 139» inédite de la coilection-Blaise.

XCÎX.

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