V. A. aifm qu'il luy playse de plus facilement incliner sa
clémence et donner sa grâce à celuy qui, ayant la paix avec
sa partie par cet accommodement, et le pardon de Dieu pai:
la contrition et confession , n\a plus à rechercher que la
remission de la peyne, que Y. A. seule luy peut ouctroyer,
et que la debonaireté d'icelle luy fait espérer. Et moy ^e con<^
tinuë à reclamer la divine bonté pour le parfait bonheur de
xostre A., de laquelle je suis,
Monseigneur,
Très humble, très fidèle et très obéissant orateur
et serviteur,
François, Evesque de Genève."
* L'autographe en existe aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 130* inédite de la collection-Biaise.
xcm.
LETTRE
A M. PESHAYES.
Grands témoignages d'amitié du saint Evêque à M. Deshayes, et d'estime pour un Père prieur des Feuillants. Il parle d'un mariage rompu. M. de Charmoisy à Chambéri perd son second lils, lillenl du Saint. M. l'évèque de Montpellier doit passer îe Carên)e prochain à Paris. Saint François ne peut obtenir d'y aller. M. Deshayes guéri d'une grande maladie.
11 juillet 1611.
Monsieur,
Hier seulement, que ce digne porteur le Père Prieur des Feuillens m'arriva, je receus la lettre que vous m'escrivistes par luy-mesme le 17 avril. C'est tous-jours avec mille joyes que telz tesmoignages de vostre bienveuillance m'adviennent; et quoy que vos lettres soyent vieilles en date, elles me donnent néanmoins des contentemens nouveaux : mais je voy en celle-cy que vous avés longuement esté sans en avoii des miennes. J'advouë synceremeut mes fautes : mais cellecy, elle n'est pas mienne, ains des porteurs: car je sçai bien que tous-jours, quand je puis, je vous escris de mes nouvelles , non seulement parce que vostre désir a tout pouvoir sur ma volonté , mais aussi parce que ma volonté a perpe* tuellement ce désir de vous parler comme il m'est possible^ de parler de vous, et de vous ouyr, ou voir parler à moy.
Je ne r*^fuse pourtant pas l'amiable offre que vous me faites de ne changer jamais ni varier en l'amitié que vous me portés, soit que je vous escrive, ou que je ne vous escrive point. Non, Monsieur, je vous en supplie, ne variés jamais
1 Tirée du monastère de la Visitatiou de la ville de Rouen. C'est la 238* dr la collection-Blaisû.
eu celte affection que vous avés pour moy; car croyés qu'aussi, soit que j'escrive, comme jeferay, Dieu aydant, ou que je n'escrive pas, je ne varieray jamais en la résolution que j 'ay faite d'estre à j amais hom me très veritablemen t vostre, et tout vostre sans reserve ni exception. Je parle le langage de mon cœur, et non pas celuy de ce tems. Or, selon mon sentiment , c'est ^out dit quand je dis que je suis tout vostre, et peu dit si je dis moins que cela.
Ce Père, que j'honnorois des-ja bien fort pour les fruits que j'avois veus de son esprit, m'a lié à son amour et respect d'un lien indissoluble, quand j'ay conneu en luy un si grand assemblage d'érudition , d'entendement , de vertu , de pieté, et entre ses vertus l'estime qu'il fait de la vostre , et du bien de vostre conversation : car c'est une des maximes plus entières de mon ame, que j'iionnoreray quiconque vous honnorera, et cheriray quiconque vous chérira.
Que de bruit, que de vaines espérances, que de vrayes afflictions avons-nous eues!... mais, grâces à Dieu, nous voicy maintenant avec grande apparence de tranquillité. Nous avions longuement attendu quelle issue prendroit le traitté si longuement entretenu du mariage de madamoiselle d'Anet et de nostre monsieur : mais, à ce qu'on nous a dit, nous n'en devons plus rien attendre , puis que tout en est cassé; et Dieu veuille que certaines nouvelles espérances qu'on nous propose soient plus asseuréesque celles que nous venons de perdre n'ont esté.
Nostre M. de Charmoisi est à Chamberi il y a quelques jours, où je luy ay envoyé la nouvelle de \a perte de so» second fîlz, mon filleul. Je croy qu'il la ressentira ; ayant car retiré son cœur de la Cour, il l'avoit mis en sa femme, ses enfans et ses amis.
Je me resjouis que M. de Montpellier soit à Paris le Caresme suivant, à jouyr de la douceur de vostre présence, à laquelle croyés que j'aspire souvent, mais pour néant.
puis que ayant plusieurs fois fait demander congé à son Altesse de pouvoir aller faire un Caresme en vostre ville , je n'ay sceu jusques à présent l'obtenir, ni mesme autre res- | ponse, sinon qu'il y falloit penser : mais nul ne me sçauroit empescher que d'esprit et de cœur je n'y sois journellement auprès de vous, à vous honnorer, chérir et embrasser de toutes mes forces.
Madame la Marquise de Menetry me fait trop de grâce de je ressouvenir de moy, et encor plus de désirer que j'aille là. Je suis son très humble serviteur, et porte singulière révérence à son mérite : mais d'aller là, je n'en puis rien dire, sinon que ce sera quand je pourray ; mais de sçavoir quand 1 je pourray, il n'est pas en mon pouvoir.
M. d'Hormelet, qui va petit à petit achevant le petit reste de sa vie, a désiré que je vous asseurasse de son humble ^ affection. Sur tout, je vous asseure de la mienne, et vous souhaittant toute prospérité, je suis, Monsieur, vostre, etc.
Monsieur, j'ay loué Dieu , quand on m'a fait sçavoir de | Lyon que vous estiés guery d'une grande maladie avant que ^'aye sceu que vous on ayés esté atteint. Dieu vous conserve* ^t je m'en resjouis avec Madame vostre femme , de laquelle Je suis de mesme humble serviteur.
LETTRE