A MADAME DE LA F LÉCHER E
Bainl François lui parle de la saiilé de M. de Chariiiûisy et de quelques
autres aflaires.
Yous n'aurés pas si tost monsieur de Charmoisy, ma très cliere Fille, car il est si galleux et plein de foroncles qu'il ne peut bouger. Or, Dieu vous aydera en tout, sans doute, {)uisque vous avés toute vostre confiance en luy. Monsieur Bonfils est à Chaml)eri. Le p. re commissaire vous escrit la ci jointe, par laquelle vous veri'és ce qu'il désire. Je croy bien qu'il se pourra faire que madamoiselle de Chantai vienne quand on vestira madaaioiselle Davise, et seroit à propos de iaire la vetie, mais je n'ai point veu nostre mère depuis vostre départ qu'une seule fois à la messe, et je luy parleray et vous advertiray assés à tems. Elle fait prou, la pauvre chère mère, et je croy qu'on Ta mise de hier à l'essay pour commencer tous les exercices. Je ne receus que hier bien tard vostre lettre et celle de Monsieur de Mont-Saint-Jean; et des-ja l'autre jour que nostre mère me le iitsçavoir, je luy escrivis en un billet ce qu'il me semble estre à propos de respondre, et je croy qu'elle vous l'aura communiqué. Je vous escris par cette mauvaise commodité qui me presse sans merci.
Dieu soit à jamais au milieu de vostre cœur, ma très chère fille.
* L'original s'en conserve dans lès Archives de la Visitation d'Annecy. C'est la 162e inédite de la collection-Biaise.
LETTRE