A MONSEIGNEUR GISBERT*, ÉVÊQUE DE B0IS-LE-*«9C
Le Saint lui témoigne le désir d'entretenir avec lui un commerce d'amitié
par lettres.
Entre 1602 et 1614.
Monseigneur ,
Il n'y a personne qui ne sache que c'étoit l'usage des anciens prélats de l'Eglise, de s'écrire mutuellement des lettres, et vous le savez mieux que qui que ce soit. On ne sauroit assigner d'autre cause à cette pratique, sinon la charité qu'avoient ces saints personnages les uns pour les autres , ce lien de la perfection que la distance des lieux ne sauroit jamais rompre.
» C'est la 637« de la collection-Biaise, et la 19^ du livre I*f des anciennes éditions.
* Gisbertus Masius, suivant les savants auteurs de la Gallia Christiana, occupa le siège de Bois-ie-Duc depuis le 7 mars 1595, jusqu'au 11 juillet de l'an 1614 qu'il mourut. C'est donc avant cette dernière époque et postérieurement à l'année 1602, première de l'épiscopat de saint François de Sales, que cette lettre a dû être composée.
Ostendit quanta sibi cum episcopo Buscoducensi similitudo intercédât, et
amicum quempiam commendat.
Quàm fuerit in usu inter priscosillos Ecclesise pastores scriptionis epistolarum officium, nemo sariè est qui nesciat^ et tu, Reverendissime Pater, id omnium minime ignoras : charitas mutua sola scribendi causa , cujus sacrum perfectionis vinculum nulla locorum distantia solvit.
Dl£ S. l'UANÇOIS DE SALES. 241
Cette seule raison, qui étoit Tunique motif Je nos pères, m'a paru plus que suifisante pour entretenir avec votre lévérendissime Seigneurie ce pieux commerce; cTau tant plus qu'il y a entre nous une union particulière, fondée non-seulement sur la dignité ecclésiastique dont nous sommes également revêtus , mais "ucore sur l'affection compatissante qui naît des disgrâces dont nous sommes tous deux atteints, quoique à l'inverse l'un de l'autre.
Il est vrai , Monseigneur, que nos peines procèdent d'un même principe, savoir des hérétiques : mais au lieu que vous jouissez de votre seule ville épiscopale, qu'encore ils ticmnent assiégée , et où vous êtes renfermé , à ce qu'on dit, sans en pouvoir sortir; moi, au contraire, je possède presque tout mon diocèse , à l'exception de ma ville dont ils ne me permettent pas l'entrée. S'il y a quelque différence entre l'exil et la prison, ce sont toujours deux maux aussi insupportables l'un que l'autre , et qui me donnent lieu de faire cette réflexion : c'est, Monseigneur, que, d'après les j^rincipes de l'Evangile, je vous dois des visites, et que vous me devez l'hospitalité. Je pense donc que, si je vous salue et vous visite par lettres, la seule manière qui soit en mon pouvoir, vous me recevrez de bon cœur, et vous m'embrasserez avec joie.
Eaergô mihi prima causa scriptionis satis esse visa est. quœ majoribus uiiica propemodùm esse solebat; pra^sertim cùm non tantùm dignitatisecclesiasticœ, sed etiam afflictionis (contrario licet génère), commun inné conjungamur.
Nam tu quidem, Reverendissime Domine, ab haereticis, ut audio, obsidione conclusus, civitate solâ potiris : ego contra, ab haBreticis 'îxclusus, solâ propemodùm careo civitate. Dissimile , sed non inae- ^uale malum, exilium et carcer, ut me tibi jure christiano visitationis, te mibi hospilaiitatis officia persolvere sit aequum. Me ergô tu, quo possum modo, per lilteras nimirùm salutatus, laetis, opinor, excipies oculis, et pro tua charitate complecteris