‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 52 sur 183 · A MONSIEUR DE SAINTE -CATHERINE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE SAINTE -CATHERINE

Monsieur,

Mais je vous remercie infiniment de la douceur avec laquelle vous recevés mes intentions qui en vérité ne sont que sincères, et de servir nostre commun maistre. Mays cesttrop dit entre nous qui a mon advis nous connoissons trop bien Tun Tautre, pour avoir besoin ni dexcuses ni de paroles en

' Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de Pignerol. C'est la 165^ inédite de la collection-Biaise»

* Editée par M. Bonnetly, Annales de philosophie chrétienne, octobre 1854^ W* série, tom. X, pag. 310 et suiv,

telles occurrences. Jay receii la lettre de monseigr. le cardinal Borghesio, et on ne touche nullement au procès despuis vostre despait. Monseigneur le Nonce me commanda de luy dire au vray Testât présent du monastère de Talloyre ce que j'ay fait tant quil ma esté possible. Cest maintenant a la Providence de Dieu de decretter, et a nous d'attendre en paix et révérence ce quil luy plaira de faire reuscir avec résignation de nostre volonté en la sienne très sainte. Jescris pour l'affaire de (M.^"*") de Gouffier une lettre au caidinal Bellarmin un autre au cardinal Lauto qui sont deux colonnes de mes espérances pour toutes les affaires de deçà et la 3* a la congrégation de Vesain. Celle du grand car. Bellarmin est fort ample et peut estre trop, vous pourres sil vous plait en extraire un mémorial pour présenter au cardinal Lauto et a la cong^". Que si Dieu gratifie cette bonne ame, je pense quil sera a propos de faire commettre ou Monseigneur de Maurienne ou monsieur l'abbé d'Abondance , ou vaoy , Dis junctim ita ut uno non procedente alius procédât. Par le premier Dieu aydant je vous escriray pour la Visitation des églises des apostres et vous envoyeray lestât de cette église. A Thonon Ion est appaysé et on (n'a) plus de mal qu'a Cernens. Nous avons reçu les indulgences cum summo applausu et ces bonnes Dames vous en sont infiniment obligées ainsy que nous vous dirons a vostre retour. Puisque vous me parlez du P. Monet je vous prie de le saluer de ma part et par son entremise, le P. Richeome et vous suppliant de ne pas perdre courage en l'affaire de (M.*"^) de Gouffier. Je demeure de tout mon cœur Monsieur vre plus humble très aff"^ confrère

F. E. DE Genève.

XXVII janvier 1614.

Au bas de la page : Verte folium. Au revers la lettre se continue : « Il faudra donq bien, observer ces troys points. Le 1" de D taire que l'on commette z/z istis partibus. Altero che quesla i> sig^^ vi et si retruova cento leghe lontana del Paracleta

» di debole complessione e che nel Paracleto si fece li primo » sforzo, et si farebbe por il secondo la Seg^^ abbadessa » essendo potentiss^. » La 2 cest que il faut que lad^ (D/"") de Gouffier soit délivrée de l'obligation de sa profession affin que selon son désir elle puisse estre receue en congrégation de la Visitation laquelle bien que ce ne soit pas une 'jeligion formelle est néanmoins une mayson de fort bonne discipline et propre pour cette personne, puisqu'elP est d'ailleurs de si petite complexion quelle ne pourroit porter l'austerite ni de sainte Claire ni des Carmelines ni dautres religions formelles esquelles ont fait des grandes veillées des grandes abstinences et autres mortifications et aspretes cor^ porelles qui requièrent une entière santé. Le 3 il faut bien honnestement remonstrer qu'au Paraclet ces dames ont toutes leurs maysons a part et madame labbesse aussi avec des trains d'hommes et de femmes sans règle sans clausure sans méthode ni discipline quelconque. Le reste se verra dans les lettres qua cette intention je vous envoyé ouverte. Mit te sapientem et volentem et nihil dicas. Tenes conte des portz car tout sera rambourse Dieu aydant ; encor quen la lettre de la cong^° je parle quil serait plustost expédient de changer le vœu, néanmoins je sçai bien que cela ne se fait pas mais cest pour monstrer la nécessite de cette ame , a laq uelle il seroit expédient de plus tôt changer le voeu que de la laisser sans remède. Vous mesnagerez le tout car jay escrit a la haste et a cause du passage du courrier et en langage que je ne possède pas trop bien. Je ne sçai sil seroit point expédient de faire voir mes lettres au Père Benedetto Justiniani. Vous (considererés) le tout avec la grâce de Dieu que je vous souhaite de tout mon cœur. Amen,

Sur la marge :

Pour M. de Syrvinges qui pourroit obtenir une licence quil demeurast extra monasterium cela suflûroit. Monsieur

levesqiie de Mascon luy promet de lassister de ses recoinniaiidaLions. Il y a une lettre d*i M. labbe d'Abondance au P. Benedetto Justiniani en faveur de Fallaire de (M/"^) de Gouftiei. Mais il faudra sil vous plait Tinstruire et l'employi^r ps occurrences. Cest un Père fort courtoys et qui comme je pense pourra beaucoup.

L'adresse porte :

A Monsieur Monsieur de S*® Catherine.

On y a ajouté la date de la réponse. R. 18 feb. 1614.

lettre'

DE s. FRANÇOIS DE SALES A M. LE COMTE DE TORNON A TURIN, Le Saint le félicite sur l'accueil et les bonnes grâces qu'il reçoit du Prince.

10 mars 1614.

Je VOUS remercie tous-jours, parce que tous-jours vous me favorisés, et je vous remercieray encor tous-jours, parce que je ne veux estre tout a fait ingrat ni je ne puis autrement t'Bsmoigner que je ne veux pas Festre. Je loue Dieu de Theu- Feux retour de leurs Altesses et du contentement que vous recevés de leurs faveurs qui sont données à vostre zèle pour vostre service, et dont vous avés rendu de si bonnes preuves CI devant. Vous me rendes trop glorieux , Monsieur, de me promettre l'honneur de la bienveuillance de ce rare ambassadeur de Dieu, qui a si bien trailté des alfaires célestes à saint

* Communiquée par M. Cervetti, juge à Moucalvo. C'est la S' îles p.ouviu'le.t lettres inédites de la collection-Biaise.

Jean, le Caresme passé, et de me faire espérer la veiië de son

Ajo del Christiano, livre qui, par le nom de son aulheur et;

par son titre, ne promet rien moins que la perfection de son

espèce. Cependant vous nous laissés entre l'attente et la

crainte de vostre retour soudain et de vostre plus long séjour.

Comme que ce soit , Dieu vous comble de prospérité avec

Madame ma cousine, et tout ce qui vous est plus cher, et

j'ay l'ordinaire honneur, Monsieur, d'estre vostre très humble

serviteur.

Franc., ev. de Genève.

CXXÏ.

LETTRE

DE S. FRANÇOIS DE SALES A M""® DE LA FLÉCHÈRE. Nouvelles de choses temporelles.

Annecv, 13 juin 1614.

Ce billet escrit à Pimpourveu vous saluera, ma très chère Fille, de la part de mon ame, qui ayme parfaitement la vostro en nostre Seigneur. Je n'ay eu nul moyen de respondre à vos lettres jusques à présent. Mercredy nous allons faire le baptesme du petit neveu , et la grande nièce se porte beaucoup mieux.

Nous pensons y avoir Monsieur et Madame de Charmoysi ; car, encor que mon frère ne le sache pas, estant néanmoins tous les deux à Dalmaz , pour les noces de mademoiselle de Dalmaz , il y a de l'apparence qu'ilz viendront à Prêtez , où Mant, il n'y auroit pas de l'apparence de ne les suppléer

^ Commiimquée par M. de La Garde, auditeur des comptes. C'est la ai'^-» de la collection-Blaise,

pas. principalement parce que nous n'avons encor point vea la chère cousine.

Or sus , cependant allés hien doucement sur le pavé de Chamberi à la sollicitation de vostre affaire; mais je dis bien {oucement, car c'est l'importance.

Madame nostre seur de Bons est à la Visitation, mab je ne l'ay encor point veuè. Madame de Creville pense estre Teceuë le jour de la Visitation. Salués, je vous prie, de tout mon cœur nostre seur Madame de Bressieu, et M. de la Valbonne, et M. d'Aguebelette. Je suis sans fin tout vostre ea nostre Seigneur.

LETTRE

A MONSIEUR LE COMTE DE TORNON

Sur le duc de Nemours, et sur la réimpression de l'ouvrage de Y Introduction

à la Vie dévote,

S août 1614.

l^Ionsieur ,

J'ay donné en main propre de Monseigneur le duc de Nemours les deux lettres que vous m'aviés adressées , comme je feray tous-jours fort exactement tout ce qui sera de vos volontés et en mon pouvoir. Au demeurant je suis icy auprès de ce Prince comme n'y estant pomt, d'autant que la multitude des affaires que cette levée d'armée luy donne, m'empesche de pouvoir si souvent jouir de l'honneur de sa présence , comme peut-estre je ferois en une autre sayson.

Laissant à part le vieil enseignement - Episcopum in cau^

1 L'original en appartient à madame ia marquise de Camerano; née de Tornon. C'est la 167^ inédile de la collection-Biaise.

lis, non in auîis invenîre par est; si vous venés assés tost pour le treuver icy , vous verres que je ne bru si e point mes ayslerons à ce flambeau. Je ne nie pas certes , que le favorable tesmoignage que vous rendes à ce pauvre petit livret de V Introduction , ne m'ayt grandement encouragé, et plus en vérité , que celuy de plusieurs grands personnages qui, sans me connoistre , me l'ont beaucoup recommandé par lettres. Je le revoy maintenant, parce qu'on le reimprime en petit volume , et j'y treuve une infinité de fautes, partie de l'imprimeur, partie de l'autbeur , que je corrige tendrement, ne voulant pas, s'il se peut, qu'on connoisse sensiblement autre changement que celuy de la correction de l'imprimeur.

Monsieur du Noyeret a esté grandement consolé d'avoir sceu , selon vostre désir , la souvenance que vou " avez eue de iuy en m'escrivi^iit. Je suis après à desmeler le reste de son affaire dont je ne puis venir à chef, ayant deux rudes parties au conseil secret de sa Grandeur.

Ces bonnes dames de la Visitation escrivent à Madame ma cousine d'une petite ambition qui leur est venue, en la quelle pourtant elles regardent à la gloire de nostre Seigneur. Pour moy quant à présent , je n'en ay point de plus grande que d'estre fortement advoué de vous.

Monsieur , et d'elle ,

Très humble , très affectionné serviteur ,

François , Evesque de Genève.

P, S . M. aes Portes a vostre lettre et le contentement d'avoir plus heureusement terminé son affaire qu'il ne pensoit.

DE S. FRANÇOIS DE SALES. 2j3

LETTRE

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