‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 51 sur 183 · VII · texte numérisé non relu

VII

fi$2L: OPUSCULES

Il y a un autre motif qui m'engage à vous écrire : j*ai à vous recommander M. Rodolphe, fils du sieur Jean de Duugen, votre diocésain, qui , le premier, m'a fait naître l'envie de rendre mes devoirs à votre révérendissime Seigneurie ; car^ au grand nombre de choses qu'il publie d'elle, et dont il assure qu'elle est très-digne, il ajoute, Monseigneur, qu'encore que ses concitoyens fussent très-^'ttachés à leurs princes*, leur ville a l'obligation à votre vigilance de ce qu'elle n'est point tombée sous la puissance des ennemis , nonobstant tous les stratagèmes inouïs dont on a usé pour corrompre leur fidélité ; parce que votre éloquence, que Ton peut bien nommer une trompette évangélique , bien différente de celles au son desquelles tombèrent les murs de Jéricho , est cause que les murailles et les fortifications de Bois-le-Duc subsistent aujourd'hui dans leur entier.

Cet honnête homme , qui a autant à cœur d'imiter que d'admirer vos vertus, étant sur son départ, me fit connoître que si je lui donnois une attestation de la vie qu'il a menée parmi nous, pour vous la présenter , cela lui seroit d'un fort

1 Les ducs de Brabaut.

Accedit et alia scriptionis causa, commendandi scilicet dominum Rodulphum, filium Joannis à Dunghen, tuas Diœcesis virum, qui et ipse primus Revereiidissimœ Paternitatis vestraî colendœanimum injecit, cùm inter multas laudes, quibus te dignum sœpè pra;dicat, hanc adjiceret, multam quidem suorum civium erga Principes suos devotioncm, tuâ tamen prœsertim opéra effectum quôd urbs illa toties tam inusitatis quoqi-'" «Iratagematibus tentata, in hostium potestatem nondùm venisset; i./ud nimirùm tuum esse eloquium, ac \im diceiid\, ut ciim buccinœ clangore mûri Hierichuntini sinl eversi, lubsB tucB evangelicai sonitu Boscoducensia mœnia et propugnacuia sarta tecta hucusque permanserint.

Cùm ergô discessurus addidisset hic tuarum virtutum cultor, existimare se , si aliquod vitœ suœ apud nos laudabiliter actœ testimo- JÛum ad te deferret, plurimùm hoc illi in omni vitœ génère subsidii

grand secours , dans quelque situation qu'il pût se trouver; je n'ai pu lui refuser ce plaisir et cette marque de mon amitié dans cette conjoncture, après l'avoir tant caressé pendant qu'il étoit ici. C'est pourquoi je vous le recommande de la manière la plus forte , et avec tout le zèle dont je suis capable.

II a vécu pendant près de trois années dans la maison et à la table d'un très-illustre et très-excellent homme , messire Antoine Favre, président de Genevois; il a joui de ses entretiens, et a reçu ses leçons. Je vous laisse à penser, Monseigneur, s^il a projBté avec un si habile homme, et avec quel soin il s'est appliqué à la jurisprudence et aux belles-lettres : mais ce que j'estime le plus, sans comparaison , c'est qu'il a embrassé avec ferveur tous les exercices de la piété et les devoirs de la religion , en sorte que vous le verrez revenir avec une provision de toutes sortes de vertus, et comme >un navire chargé d'une riche cargaison.

Je ne doute pas, Monseigneur, que cela ne vous fasse un très-grand plaisir, et que vous n'accordiez très-volontiers vos bonnes grâces à un homme qui mérite tant d'être aimé. Cependant , si mon suffrage peut ajouter quelque chose à

allaturum; ego^ pro eâ quâ prœsentem complexus sum amicitiâ, non potui quin ei discedenti hoc amoris oflicium Uibens impendereiSkc^ «umque tibi , quanto possum studio, commendarem.

Jam triennium ferè in domo ac contubornio illustrù et clarissîmi viri Antonii Fabri, ducalùs Gebennensis prœsidis^ vixit, menscB ■ejusdem etsermonis ac disciplinajparticeps : quo toto tempore mitto quanta cura jurisprudentiam et Htteras coluerit; sed quod apud me caput est , pietatis et religionis officia semper diligentissimè amplexus est , ut nunc redeuntem sicut omni virtutum et pietatis geûere onustam navim institori& vide^e liceat,

Quod et tibi, Reverendissime Pater, gratissimum fore non ambigo, €t bomiûi» plurimùra diligendi causam per se acceptissimam. Si quid tamen ad hsec meum adjicere potest suûragium^ iliud spoutè

J44 ^.'USCIJLES

ceb cotiskicratioiis, je le lui donne avec la plus grande jois du monde, et je supplie en même temps votre révérendissinid Seigneurie de croire très-fermement que je suis dévoué à son service en tout ce qu'il lui plaira de m'ordonner.

Je prie Dieu qu'il vous donne une santé parfaite, et qu'il vous soit toujours propice. Je vous conjure de me recommander aussi à sa miséricvjrde dans vos saintes prières animées de la plus ardente charité. «

J'ai l'honneur d'être , etc.

lettre'

DE S. FRANÇOIS DE SALES A M. l'ÉVÊQUE DE MONTPELLlEft. Il s'excuse de ne pouvoir prêcher à Toulouse.

10 janvier 1614,

Je vous vais rencontrer en esprit au passage que vous devés faire à Lyon : et ces quatre paroles vous asseureront, s'il vous plait, que s'il m'estoit aussi aysé de me porter moy-mesme sur le lieu en effet, comme il l'est à ce porteur, vous me verriés plein de joye et d'amour, le plus empressé de tous autour de vous. Il n'y a remède ; il faut accommoder nos souhaits à nos nécessités , d'où qu'elles viennent.

* Tirée du monastère de la Visitation du faubourg St.-Jacques. C'est la 30S de la collection-Biaise.

ac lubens confero ; et me tibi , reverendissime Pater, tuisque omni-^ bus rationibus ac voluntatibus addico.

Benè vale , et Christum habeto propitium, meque ilUus miseri» cordiee precibus pro tuâ charitate coacilia.

J'av fonte ma vie grandement prisé la ville de Tholose, fion pour sa grandeur et noblesse, mais, comme dit saint Chrysostome de son Constantinople, à cause du service de Dieu gui y est si constamment et religieusement maintenu.

Et pensés, Monseigneur, de quel cœur je voudrois les «ervir ; mais vous sçavés mes liens, que rien jusques à présent n'a peu rompre. S'il vous plait donc, respondés à la demande <ju'ilz vous ont faite de moy. Je vous supplie très humblement de leur faire sçavoir que ce n'est ni faute d'estime que je face de leurs mérites, ausquelz je ne sçaurois jamais corres[)ondre, ni faute de pouvoir que vous avés sur moy, qui suis très entièrement vostre, mais faute de pouvoir que j'aye moy-mesme sur moy-mesme, que je ne seconde pas leurs désirs, plus honnorables cent fois pour moy que je ne devrois prétendre.

Au demeurant. Monseigneur, quand vous serés avec le grand et le parfait amy, resouvenés-vous par fois de moy ; car ce m'est un playsir incomparable de m'imaginer que ne pouvant jouir du bonheur de vostre présence, je ne laisse pas de vivre en vostre bienveuillance de tous deux. J'escris sans loysir, mais plein de l'invariable affection que j'ay d'<istre sans lin, Monseigneur, vostre, etc.

CXVIU.

LETTRE

A MADAME DE CHaNTAL.

Saint François lui annonce son départ pour Chambéry.

Annecy, 25 janvier 1614.

Voyci le jour de mes adieux, car je dois partir demain pour aller à Chamberi où le Recteur des Jésuites m'attend et me dit recevoir ces cinq ou six jours de Caresme prenante Je pretens de me revoir par tout, et de remettre toutes le^ pièces de mon cœur en leur place.

/\A/^/^/vrv•^y^/^•^y^•^-r\•\•^y^yv^yv^•^y^/^^

LETTRE

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