A MADAME LA PREMIÈRE PRÉSIDENTE DE SAVOIE
Saint François lui parle de la réception de deux Sœurs, et de la patience nécessaire dans les tribulations de la Tie.
25 janyier 1616.
Ma Fille,
C'est tout couramment que je vous escris.
J'iray ce soir voir madame de Chantai qui guérit fort lentement, sur tout des jambes et des bras, et qui vous bayse très affectueusement les mains, pour conférer avec elle sur la réception de la fille dont vous m'escrivés, de laquelle les bonnes qualités ne sont pas de peu de considération.
Nous verrons aussi la chère grande fille qui est certes fort aymable et le cœur gauche de M""* de Chantai. J'ay dit il f a des-ja quelque tems à madame Pergod que je voulois estre son trésorier doresenavant ; bien que je désire que mon office
* L'original en est conservé au monastère de la Visitation de Pignerol. C'est la 202e inédite de la coUection-Blalse.
finisse bientost par la vente de cette mayson laquelle me sembleroit utile, plus que la conservation, pourveu qu'elle se vendisx à bonnes enseignes; mais il n'en faut pas fair" grand bruit.
Maires cbere Fille , je vous vois, ce me semble, bien enfoncée dans ime multitude d'embarassemens que la grandeur du mesnage où vous estes vous met sur les bras; mais, Ua très chère Fille, il faut tant plus appeler N. S. à nostre f^de et reclamer sa sainte assistance , alïin que ce travail Çae vous devés supporter luy soit aggreable, et que vous fembrassiés pour son honneur et gloire.
Voyés, ma chère seur, que nos jours sont courts, et que par conséquent le labeur que nous y avons ne peut estre long, et que moyennant un peu de patience nous en sortirons avec honneur et contentement, car nous n'aurons point de si grande consolation à la fin de la journée que d'avoir ; )eaucoup travaillé et supporté de peynes.
Bon jour, ma très chère Seur, aymés fîdellement ce frère il serviteur qui est tout vostre,
François , Evesque de Genève.
P. S. Je vous remercie très humblement de la marmotte.
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