A UNE DAME
Le Saint s'excuse de ne pouvoir répondre, par l'occasion qui se présente à lui, que d'une manière très-succincte ; il donnf- des nouvelles de la santé d'une cousine, qui est meilleure, et d'une autre personne qui est en danger. Il fait la recherche d'un prédicateur pour Rumilly.
26 janvier 1616.
Il faut respondre courtement, ma très chère Fille, puisque ce porteur m'a pris entre plusieurs affaires que je ne puis laisser. Je m'estois mis en chemin pour aller voir la chère cousine, mais il ne me fut possible de passer les bornes en ce tems, à cause de la nouvelle neige qui y estoit tombée. Or, maintenant elle est du tout hors de danger, à ce que m'escrivit avant hier M. de Vallon. Dieu en soit loué, à la gloire <luquel je m'asseare qu'elle destinera encor plus ardemment le reste de sa vie. Je me resjouis aussi beaucoup de ce que vous me dites de la chère nièce , car tout en est bon , et croy bien que M. du Ghastolard aura plus de peine de s'eschapper. Nous nous verrons quand il plaira à N. S. nous en donner la commodité, et à moi cette particulière consolation. Je suis en peine de treuver un predicatenr à propos pour Rumilly, puisque nos Pères Capucins n'en ont point, et qu'on y est un peu délicat. Je ne sçai si nous pourrions avoir quelque jésuite de Chambery. J'en escriray demain un mot au P. Recteur. Si moins, nous en prendrons ici quelqu'un, car nous en avons d'assés bons, pourveu qu'on ne fust pas si
* Communiquée par M. Gossin, ancien conseiller à la Cour royale de Paris. •C'est la 10« des nouvelles lettres inéditfx de la collection-Biaise.
DE S. FRANÇOIS DE» SALES. 3f)î
ilouillet comme l*on est en ce tems, auquel tant de p^ens seavent bien dire et fort peu bien faire. Vives toule à Dieu, ma très chère Fille, et chérisses tous-jpurs fortement mon jme qui vous est toute dédiée , comme je suis sans fin vostre plus humble et tout affectionné serviteur et com|>'^
Fr., Ev. de Gen.
LETTRE