‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 75 sur 183 · SUR LA SŒUR ELISABETH DE GOUFFIER · texte numérisé non relu

SUR LA SŒUR ELISABETH DE GOUFFIER

Qui désire de voir annuler sa profession.

Il faut bien faiçe entendre , comme non seulement avant que de faire la profession elle protesta de la force et violence que sa mère Iuy faysoit , et que par cette crainte seulement J et non de volonté , elle faysoit la dil;e profession, qu'elle desiroit estre déclarée nulle eu tems et lieu , dont il y a acte par deux notaires.

Mays aussi despuis elle a protesté devant plusieurs personnes de qualité à diverses fois, qu'elle ne se tenoit nullement pour religieuse et ne vouloit Testre. Mais la crainte dé sa mère durant, elle n'ose se retirer ni procurer ses expéditions.

Item, comme ce qu'elle s'est esloîgnée de sa mère, Iuy à donné liberté de recourir à la justice du saint Siège.

Que Tabbesse du Paraclet est une grande dame, qui tieni grand train et le monastère en lieu champestré qui nerecon* noist aucun Supérieur, de sorte que si la suppliante alloit là) elle seroit forcée et par sa meie naturelle et par l'abbesse d'y demeurer. Et empescherons-nous la vérification de ses alle-^' gâtions , laquelle se fera mieux , plus solidement et plus ■ fecileraent par l'ordinaire du lieu oii elP est.

1 L'original en appartenoit autrefois à feu monseigneur ITEvêquc d'Aosïe^ * C'est la 3iae lettre inédite de la collectiou-Biaise. Foyçz la Noie î-étrûspec^wé'^ de la page précédente.

524 01'USCUT.F.S

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LETTRE

A MADAME DE CHANTAL

On parle d'ériger un nouveau monastère de la Visitation ; il s'en réjouit, e] en donne avis à madame de Chantai, à laquelle il témoigne en même temps son aflectiou.

9 février 1617.

Ce billet va dire à ma 1res chère Mère, que je chéris son cœur comme mon ame propre. On commence fort à parler d'une Visitation , et le passage de nostre bon Père Prédicateur en a grandement reveillé l'appétit, et nous verrons que ce sera. J'ay commencé aujourd'huy, aussi heureusement que jamais je fis, les prédications *, hormis que sur le milieu j'ay pensé estre un peu enroué. Mon cœur a mille bons désirs de bien servir le divin amour. Que vous puis-je dire davantage, ma très chère mère, sinon que vous demeuries tous-jours en ce céleste exercice auquel Dieu vous a si souvent et puissamment invitée? Vous aurés la bonne Madame du Chatelard , que je chéris fort dequoy elle a si bien conservé son affection : elle aura sans doute besoin de soin et de support. Je Fescriray à nos seurs de Moulins , ma très chère mère, n'en doutés point. Or sus, qu'à jamais le nom du Seigneur soit sanctifié en nostre cher cœur ! Amen, h salue chèrement nos Seurs; et si Madame la Comtesse est \à, je la salue très particulièrement, et mes chères filles, qui

* Tirée do second monastère de la Visitation de la ville de Rouen. C'est la 888* de la collection-Biaise; l'autographe en est conservé chez les Dames de la Visitation du second couvent Sainte-Marie de Rouen.

< Saint François prêchoit cette année le Carême à Grenoble, y ayant prêché f A Vent précédent.

sont les siennes. Vous sçavés aussi de fpielle affection je salue ma lille de la Flechere; mais ma pauvre chère seur Marie-Aymée, je n'en dis rien : c'est ma fille tout aymée, et madamoiselle de Chantai aussi 3st ma cliere fille. Je suis, vous le sçavés vous-mesme, certes, tout vostre.

lettre'

A S. A. CHARLES-EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE. Saint François recommande à S. A. M. de Charmoisy.

Grenoble, 3 mars 1617.

Monseigneur,

V. A. ayant fait l'honneur à M. de Charmoysi de non seulementremployer,maysaussiaggréer son service, jusques à luy vouloir asseurer la charge qu'il avoit exercée, je supplie très humblement vostre bonté , Monseigneur, de luy l'aire jouir du fruit de cette grâce; en quoy bien que je sois son parent, je ne me relascherois pas de le recommander si librement , si je ne voyois que cet honneur ne luy peut meshuy manquer, sinon avec beaucoup de perte de sa réputation auprès de M. Le Grand de France, M. d'Alincourt, st plusieurs autres seigneurs du voysinage qui ayant sceu, et luy ayant tesmoigné de se resjouir, que V. A. l'en vouloit gratifier, attribueroyent le manquement à quelque degoust qu'il eut donné depuis en l'exercice de cet office , lequel ju reste je m'asseure qu'il fera dignement et au gré de S. A. et de la vostre. Monseigneur, si elle l'y establit; je prie Dieu qu'il accroisse de plus en plus ses bénédictions sur Y. A., à

1 L'original en appartient aux Archives de la Cour de Turin. C*«st U 208*

inédite de Biaise.

Jî26 OPUSCULES

la quelle je fay très humblement la révérence, et sn:.-. ni-

finiment,

Monseigneur,

Très humble , très obéissant et très iiJcL; orateur et serviteur,

Fka.ncois, Evesque de Genève.

CLXVlï.

LETTRE

A MADAME DE CUANTAL.

Sur la dévotion des habitants de Grenoble,

Grenoble, 12 mars 1G17.

Ce ne sera qu'un ])illet, ma très chère Mère, que vous recevrés anjourd'huy de moy; Dieu me partage en mille choses, et ne laisse pas de me tenir dans Id. sainte unité (|ue sa main a fait entre nous. Je ne vis jamais un peuple plus docile que celuy-ci ni plus porté à la pieté; sur tout les Dames y sont très dévotes ; car icy, comme par tout ailleurs, les hommes laissent aux femmes le soin du mesnage et de la ievotion. Douze des prem; vs de la ville se sont rendues Ties filles, et travaillent pour establir icy une Mayson de aostre petite Yisitation. Monseigneur l'Evesque et MM. du Parlement n'y tesmoignent aucunes respugnances, ni moy mcun empressement; quoy que, à vous dire le vray, je 'désire cette Mayson, parce que j'espère que Dieu en sera glorifié. Je vois en sa providence les moyens propres à l'exe-

' Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservd au ino- ■^nastere de la Visitation de Pignerol. C'est la 9,ii«; inédite de lùaise.

<'ution de ce projet, et néanmoins je n'ay point encor le jnouvement intérieur d'en faire l'ouverture. Il faut attendre, prier et espérer, et sur tout nous bien humilier devant Sa Divine Majesté.

GLXVIir.

LETTRE

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