VN/N/N/N/V/W
LETTRE
Le Saint fait connoître les raisons pour lesquelles les Religieuses de la Visitation ne disent pas le grand office, mais seulement celui de Notre-Dame. Il ajoute que cela est compensé par beaucoui- d'exercices spirituels.
Mon révérend Père,
L'affaire des Dames de la Visitation à Rome consiste en ce point : qu'il playse à sa Sainteté leur permettre de n'estre point obligées à dire le grand Office, pour les raisons suivantes :
Premièrement, il n'y a nation au monde où les femme? prononcent si mal le latin qu'en celle de France , et notani" ment icy; et seroit presque impossible de faire bien apprendre la prononciation de tout le grand Otfice, là où il seroit bien aysé de la leur apprendre pour k petit Office de uostre Dame, comme elles le prononcent en effet fort bien dés a présent.
Secondement, en cette Congrégation on désire recevoir les filles de petite complexion, et lesquelles, faute de forces corporelles, ne peuvent estre receues es religions plus austères.
» C'est la 386e ^q la coUection-Blaise, et la 11» {aliàs 5e) du livre VI dea anciennes éditions.
Or, celles qui sont obligées au grand Office, si elles le veulent dire distinctement et posément , ne le peuvent faire sans effort ; et si elles le veulent dire viste et couramment, elles se rendent ridicules et indevotes. C'est pourqucT il est plus convenable que celles-cy, qui, faute de forces corporelles, ne le pourroient pas dire posément, ne disent que le petit Office.
Troisièmement, il y a exemple à Paris, où les seurs de sainte Ursule , Religieuses des trois vœux solennels , ne disent que le petit Office.
Quatrièmement, les seurs de la Visitation font plusieurs exercices spirituels qu'elles ne pourroient pas faire en disant le grand Office.
Je pensois vous marquer les autres points ; mais je me resouviens que le Père Procureur gênerai les a bien au long, il ïdM que je vous die que les Reigles dont on demande l'approbation sont toutes conformes à la Reigle de saint Augustin, hormis en la clausure absolue, que saint Augustin n'avoit point establie, à laquelle néanmoins les seurs se veulent astreindre, selon le sacré Concile de Trente. Peut-estre que le Saint Siège commettra quelqu'un de deça^ quelques prélats de Religions et autres Théologiens, pour les revoir, corriger et appreuver.
Je ne voy pas qu'il soit besoin de vous adverlir d'autre chose sur ce sujet, sinon que, quant au Monastère de cette ville, attendu que l'Eglise d'iceluy est consacrée sous le tiltre de la Yisitation de nostre Dame et du glorieux saint Joseph, il seroit désirable que l'on obtinst indulgence pieniere pour ce jour-là, et pour les jours des tiltres des autres Maysons et Monastères de cette Congrégation , outre l'indulgence du jour de la Visitation, qui est le tiltre gênerai de la Congrégation.
Monseigneur de Lyon est là, auquel s'il plait de favoriser Tatfaire, il peut infiniment en cela. Or, je croy qu'il luy
.plaira, puisqu'il a en sa ville métropolitaine une Mayson de la Visitation, où. Dieu est grandement honnoré.
Mais, mon révérend Père, il faut trai'tter toutes choses •doucement et avec circor spection ; ce que je dis, parce que quelques ecclésiastiques austères et exacts en leurs personnes ont rendu quelques signes qu'ilz n'estoient pas satisfaits dequoy en cette Congrégation il y avoit si peu d'auste- Tité et de rigueur de peynes : mais il faut tous-jours regarder à la fin, qui est de pouvoir recueillir les filles et femmes débiles, soit en aage, soit en complexion.
Je désire encor obtenir une lettre de la Congrégation des Evesques à moy et au Clergé de ce Diocèse , par laquelle il me soit enjoint d'ériger un séminaire de ceux qui prétendent à Testât ecclésiastique, où ilz puissent se civiliser es cérémonies , à catéchiser et exhorter , à chanter, et autres telles vertus cléricales ; car , quant aux petits enfans , nous en avons de reste qui veulent estre ecclésiastiques, et qui n'estudient pour autre fin. "
Or, je désire que le Clergé ait part à la lettre, afïïn qu'on puisse imposer pour cela quelque petite cotisation sur les bénéfices. Le Concile de Trente sutïiroit ; mais pour le faire valoir plus efficacement, la susdite lettre seroit requise. Je «uis vostre, etc.
Note rétrospective,
Nous allons réparer un double oubli commis dans les pages pitîcé» dentés, où la Lettre à madame de Chantai du 24 août 1608 auroit dû. être insérée, page 146, dans son ordre chronologique^ et le Mémoire sur la sœur Elisabeth de Gouflier venir, page 249, immédiatement ^ la suite de la lettre à M. de Sainte-Catherine , avec laquelle ce mémoire a un rapport évident.
Nous profitons de cette occasion pour avertir nos lecteurs que la lettite au président Favre rapportée, page 264, sous la date approximative du 4 mars 1615, d'après Ch.-Aag. de Sales, fait double emploi avec cette même lettre donnée, page 302, avec sa véiitable date du 6 mais 1616', d'après l'autographe qui peut en être encore aujourd'hui conservé au monastère de la Visitation de Pignerol.
LETTRE
A MADAME LA BARONNE DE CHANTAL. \\ la prévient de sa prochaiiie arrivée à Autun.
A Mont Cents, le 2i4 aoust 16;08,
Hors voy es à VOS portes, ma chère Fille, parce que Thibaut ma dit qu'avec beaucoup dalfection vous vouTiez estrie ad-' vertie un peu devant nostre arrivée, j'ay voulu vousaggreer et pour cela je lay fait partir trois heures avant nous. Or sy ma chère Fille, vous lavois-je pas escrit que je serois environ la feste du grand St. Louys? Je vous porte mon esprit plein de désir de servir le vostre et faire tout le bien que nous pouvons faire. Environ les trois heures je vous verray Dieu aydant car en passant je veux bayser les mains de monsieur vostre bon evesque, et voir nos Capucins, l'église catJiedrale et ce qu'il faut que je voye en vostre Autun , alïin que je ne
i Communiquée par M. l'abbé Thomas. C'est la 28« parmi les nouvelles lettres inédites de la collection-Biaise.
soys pas contraint d'y retourner. Dieu soit tous-jours avec BOUS, ma chère Fille. C'est îuy qui me rend sr uniquement vostre. Fr., E.
Mémoire'