M. MILLETOT, CONSEILLER DU ROI AU PARLEMENT DE BOURGOGNE
Le saint prélat lui recommande le bon droit de son Eglise. Il lui -jonne ave^ toute la gracieuseté possible des nouvelles de M. de Charmoiây, qui étoit près de venir demeurer à Annecy avec son épouse, et qui avoit été fait grand-maître de l'artillerie de Savoie par M. le prince de Piémont. 11 le prévient qu'il doit prêcher à Grenoble Tannée suivante.
Annecy, 12 avril 1617.
Monsieur mon frère ,
C'est maintenant pour mon Eglise, et que puis-je dire d& plus alFectionné ? que j'implore vostre fraternelle faveur, et croy qu'elle me sera facilement accordée, sur tout quand vous aurés ouy la remonstrance que ce porteur vous fera,. par laquelle vous verres que le brevet dont il s'agit est non seulement fondé sur la pieté , mais encor, si je ne me trompe, sur la justice. Je vous supplie donq très humblement,, Monsieur mon frère, de nous estre ardemment propice.
Vous me demandiés l'autre jour, par la dernière lettre que j'ay eu le bien de recevoir de vous, des nouvelles de M. de Charmoysi, mon parent; en quoy vous tesmoignés vostre bon et beau naturel, et cet Jaonneste Chevali^'r vous en sera grandement obligé quand il le sçaura, ce qui sera dans peu de jours, que luy et sa femme viendront en cette ville, puisque Monseigneur le Prince de Piedmont, i^yant reconneu en cette dernière occasion sa valeur et suffisance es choses de la guerre , l'a créé grand-maistre de l'artillerie de
» Tirée du monastère de la Visitation de Rouen. C'est la 391^ de la coUection-Blaise ; l'autographe en est conservé encore aujourd'hui chez les Dame» 4e la Visitation du second couvent Sainte-Marie de Rouen.
cet Estât, et depuis a esté embrassé et caressé sans mesure par Monsieur le duc de Nemours, qui Tinvita de venir en cette ville» et le traitta très honnorablement : en fin il n'est (tel ) que d'estre gens de bien.
Je suis engagé encor pour Tannée suivante» à Grenoble. Monsieur le mareschal d'Esdiguieres l'ayant demandé à son Altesse, qui Fa volontier accordé. Veuille la bonté divine m'y rendre fructueux ! Et il falloit bien rendre ce compte de moy-mesme à Monsieur mon frère, que j'honnore de tout mon cœur, et auquel je suis très humble frère et serviteur, etc.
LETTRE
A SA PATERNITÉ LE PÈRE GÉNÉRAL DE LA CONGRÉGATION DES PRÉTREt