‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 78 sur 183 · DE SAINT-PAUL, A MILAN · texte numérisé non relu

DE SAINT-PAUL, A MILAN

Saint François Je prie de lui renvoyer le P. Fulgence.

Révérendissime Père en Jésus-Christ, ^ Le Père Fulgence allant à Milan, cHrgé des instances que je vous ai recommandées par ma den re lettre , il n'est pas nécessaire que je donne aujourd'hui c ^tres détails ; si par * C'est-à-dire la ville d'Annecy. — « leis

In Annessi, 14 aprile 1617.

Reverendissimo Padre in Cristo off., Andando il P. di Fulgenzio costi per le cose, le quali io con i'ultima mia raccomandai a V. P. Rev. non è necessario che adesso

basard il survenoit audit Religieux quelque tentation de rester là, pour Famour de Dieu, que votre paternité n'y consente pas. Dans le commencement il faut de la persévérance et de la stabilité dans les Pérès qui ont bien appris la lan"-ue, et ont acquis ralTcction nécessaire au maniement des affaires. Après avoir imploré vos prières je suis,

DeV. P. R.,

L'humble et dévoué frère et serviteur en J.-C,

François, Evêque de Genève.

LETTRE'

A MADAME LA COMTESSE DE SAN SECONDO , NÉE DE CHALLANt.

Saint Françoi<5 lui envoie les- Règles des Sœurs de la Visitation , et l'entretien, de l'approbation que l'on sollicite à Rome de Sa Sainteté.

Annecy, 25 avril 1017.

Madame ,

Rien que je n'aye pas le bonheur d'estre connu de vous, si est ce que je ne laisse pas de reconnoistrc en vous les qua-

*' L'original en appartient au monastère de la Visitation de Pignerol. CoTt la 214* inédite de Biaise.

dica altra cosa, se non clie se pcr sorti, cccorresse qualclie tentazione ad ello padre di restar la, \wv •nu? d'iddio V. P. non consenta, perché in questo principioè neccssaria la perseveranza e stabilité de Padri l'i quali han già imparata la lingua et l'atta la santa amicizia necessaria al maneggio délie cose. E con questo implorando le orationi sue, resto di V. P. Ueverendissima,

UuiTiile e devoto corne iVatello e servilorc in CUnsto, Francesco, -Vescovo di Ginevra.

lilés par lesquelles vous mérités d'estre lionriorée de tous ceux qui font profession de Fhonneur, dequoy madame la baronne de Giez, ma cousine, se rendra, je m'asseure Jiien, ma caution. May s laissons cela à part. Le sujet de vostre lettre qu'il vous a pieu de m'escriro, me tesmoigne assés que vous avés dédié vostre amour à Dieu, et que faut-il davantage pour m' obliger à vous dédier mon service? je le fay ilonc de tout mon cœur, et à Madame la signera dona Gènevra, bénissant la bonté souveraine de N. S. qui par ses celestes attraits vous a donné de si désirables affections. Or voyla les Règles delà Visitation , esquelles néanmoins on n'a pas estendu les derniers articles, parceque ils comprennent des formulaires assés longs, et qui ne regardent pas tant les actions communes des seurs, comme les particulières formes et cérémonies dont on use en leurs réceptions seulement, May s si vous les désirés encor, je vous les envoyeray au premier advis que vous m'en ferés donner, comme encor les prattiques des règles , qui est une besoii4,rie à part, bien qu'après iout cela il faut que vous sachiés, que les Règles sont à Rome oii l'on sollicite pour réduire cette Congrégation en Religion, et peut-estre que S. S. fera adjouster quelque chose, ce que je ne pense toutefois pas devoir eslre chose d'importance, puysque, comme nous escrit celuy qui a l'affaire en main, il n'y a point d'autre difficulté sinon pour le regard de l'Office que les Messieurs qui ont l'intendance de cela veulent estre le grand office du Bréviaire, et nous désirerions que cette Congrégation ne fut obligée qu'au petit Office, afiin qu'elle courmuast à le chanter avec la gravité, distinction, tranquillité, et pour le dire en un mot, avec la sainteté que ces âmes le prononcent maintenant; et pour obtenir cette grâce nous employons la faveur de Monsieur l'Ambassadei \r, qui avec le nom de Madame la S"* Infante, fera à mon advis reiiscir heureusement l'affaire, en quoy la signora dona Gène vra n'a pas peu de crédit. Cepen-

dant vives et Tune et l'autre toutes en Dieu, hors lequel la vie est une mort, et auquel la mort est une heureuse vie. Que si vous me faites la faveur de demander a Sa DivinC Majesté une pareille grâce pour moy, ce sera m'obUger dfe plus en plus à vouloir estre pour jamais, Madame ,

Vostre plus humble, et très affectionné serviteur en N. S.,

LETTRE

A S. A. CHARLES EMMANUEL l'', DUC DE SAVOIE.

Saint François informe S. A. des débordements scandaleux du doyen de Sallanche qui, étant prêtre, conduit des militaires, et il prie S. A. de le renvoyer à sa résidence.

Anneci, 26 avril 1617.

Monseigneur,

V. A. est protectrice de la discipline ecclésiastique, et la regardant en cette qualité, je luy remontre que le doyen de Sallanche, nommé Ghoysi, vient parmi ce pays faire des levées des gens de guerre, et tant deçà comme delà les montz, profane furieusement sa profession ecclésiastique et Tordre de prestrise qu'il a, par mille mauvais et scandaleux deporlemens, indignes mesme d'un soldat desbauclié; mays le bon est qu'avec cela il obtient subrepticement et par sur- ^prise des lettres de S. A., par lesquelles elle commande au IChapitre de Sallanche de le faire jouir des fruitz de sa pre-

• L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 21 5* inédite de la collection-Biaise.

bende comme s'il estoit résidant, ce que V. A. sçayt trop mieux estre contraire au droit divin ecclésiastique et civil : ^i néanmoins il ne laisse pas de presser e't molester ledit Chapitre, abusant ainsy du nom et de Tauthorité de S. A.^ laquelle sans doute n'a point de telles intentions : puisque mesme cet homme ne la sert nullement à sesdespens, et n'est pas capable de luy faire aucun service qui mérite aucune considération spéciale, n'estant non plus bon soldat que bon prestre. Qui me fait recourir à la Providence de V. A., alïin qu'il luy playse de renvoyer ledit Choysi à sa résidence, pour y rendre son devoir, et déclarer que sans cela il ne peut recevoir ni demander les fruitz de sa prébende, et que ce n'est pas la volonté de S. A. qu'on se départe des loix et constitutions ecclésiastiques. Il importe que cette insolence en cette sorte de personnes soit reprimée. Cependant je ne cesseray jamais de souhaiter toute sorte de parfaite prospérité à V. A,, demeurant à jamais,

Monseigneur,

Son très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

François , Ev. de Genève,

334 OPUSCULKS

CLXXîlI.

LETTRE

UE S. FRANÇOIS DE SALES AU DUC DE SAVOIE. II lui demande lu grâce d'un criminel,

Thonou, 7 juillet 1617.

Monseigneur,

Je demande très humblement pardon à vostre Altesse, si en un tems auquel elle est environnée de tant d'affaires de conséquence, je prens la confiance en sa douceur, de luy présenter celte supplication , à laquelle je suis forcé par le devoir, que ceux de ma condition ont de compatir aux misérables, et soulager les désolés, lors mesme qu'ilz sont abandonnés de tout autre secours.

Apres donq avoir bien sceu que l'estrange accident arrivé au sieur N. estoit procédé de malheur, plustost que d'aucune malice ou délibération ; voyant qu'en une si extrême tribulation il recouroit à moy , pour obtenir par ma trèshumble intercession Facces aux pieds de vostre Altesse, je ne Tay peu ni voulu esconduire , de peur d'offenser celuy qui jugerales vivans et les morts, selon l'assistance qu'ilz auront faite aux affligés; puisque mesme les deux personnes qui ont esté les plus touchées en ce desastre, semblent conspirer au désir de la consolation de celuy auquel il est arrivé : car [a fille ne souhaitte rien tant que d'avoir son père, puisqu'elle a perdu sa mère.

Et quant à monsieur N., soit qu'il ait eu compassion de ce père et de cette fille , soit qu'il ait esté animé de ce divin es-

* C'est la 398e de la coUect.-Blaise, et la 52e \^aL 43"^) du liv. I" desanc. éJit.

DE S. FRANÇOIS DE SALES. Ji3s> ",

prit qui nous fait vouloir le bien de ceux qui ii«^us font dut mal , il a des-ja protesté qu'il ne vouloit procurer aucune, punition , ni faire partie.

^ Reste l'œil du public, qui , je m'asseurc, reg^ardera avec édification la grâce d'un liomme qui a tant de raysons et de justes excuses; ainsy que vostre Altesse jugeru bien, si elle commande que rapport luy soit fait de cette desaventure,,, selon qu'il en résultera des procédures de justice.

Et partant , Monseigneur , la faveur que vostre Altesse fera à cette calamiteuse famille , sera esgalement ornée de justice et de miséricorde, qui sont les deux aisles sur lesquelles l'aggreable renommée des bons Princes vole et au ciel et en terre, parmi mille bénédictions et de Dieu et des hommes.

Playsù donc à vostre debonnaireté, Monseigneur, de tendre sa main secourable à ce pauvre désolé, et d'excuser la liberté avec laquelle je luy propose cette bonne œuvre ; protestant que c'est avec toute la très humble révérence que je dois à vostre Altesse, àlaquelleje souhaitte le comble de toute sainte prospérité, demeurant à jamais. Monseigneur, son très immble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur, etc*

lettre'

A M. DE BERULE, EN LA CONGREGATION DE l'oRATOIRE A PARIS.

Le Saint lui offre un riche prieuré pour y fonder un établissement d'Oratoirei

Monsieur,

J'ay bien sujei de vous remercier très humblement pour r offre qu'il vous a pieu de me faire par lentremise de moii-

» Celte pièce remarquable étoit restée inédite jusqu'ici ; l'autographe , muni

336 OPUSCULEb

ïieur de Forax Mays jattens de vous rendre ce devoir^ jiisqnes a ce que ie sache si i' auray occasion de me prévaloir de la grâce quil vous plait me faire. Cependant vous sçaves comme ie pense quelle estime iay tous-iours faite de vostre cong«'* ^ pour cela des qu'il a pieu a Dieu par sa bonté de la faire esclorre , iay tous-iours désiré d'en avoir une mayson en ce diocèse , ce que ie nay sceu faire jusques a présent qu'a mon advis ie puis reuscir de ce dessein. Cesten une ville, ou nous aurions un prieuré de huit cens escus dor de revenu fort liquide leglise toute faite et presque ameublée, et le lieu beau, amené, près de Genève et Losanne ; et auquel on vit presque pour néant cest a dire a fort bon marché ; Reste qu'il vous plaise de me faire sçavoir si vous voudries accepter le parti , et si nous pourrions avoir dabord huit prestres, puisque la fondation requiert cela; et si il se pourroit pas faire que Tun des huit exerçast la charge des âmes, ayde par les autres. Car cela estant, ie n'auray plus a faire que d'obtenir ie consentement de S. A., qui ie masseure laccordera volontier. Jattendray donq de vos nouvelles pour ce regard, et vous conjurant de me recommander souvent a la miséricorde de Dieu, je demeureray a jamais de toute v^'' congO" en gênerai et de vous en particulier ,

Monsieur,

très humble confrère et très affectionné serviteur,

Franc., E. de Genève.

XI aoùst 1617, Annessi.

do sceau de l'évèché de Genève et des armes de S. François de Sales, appartient maintenant à M. Sauhinet, de Reims, qui a bien voulu nous ie coralaïuiiquer.

LliTTRE^

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