‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 84 sur 183 · A L\ MÈRE FA VUE , SUPÉRIEURE DU MONASTÈRE DE LA VISITATION , A LYON · texte numérisé non relu

A L\ MÈRE FA VUE , SUPÉRIEURE DU MONASTÈRE DE LA VISITATION , A LYON

M. TArchevcque de Lyon ayant sollicité saint François de Sales de souffrir que sa congrégation des Filles Sainte-Marie tût érigée en titre de religion, le Saint écrit en conséquence à la Supérieure de la maison de Lyon, et l'exhorte à se soumettre au sentiment du pieux Archevêque.

Octobre 1C17.

Ma très chère Fille , Si Monseignour l'x^rchevesque vous dit ce qu'il m'a escrit, vous luy respondrés que vous avés esté laissée là pour servir

de madame la duchesse de Montmorency, qui voulut payer à madame d* Nemours 2000 livres que cette place avoit coûté; mais madame de Nemours €n fit présent aux Dames de la Visitation, au nom du duc son mari. * C'est la 411 e de la cûii<icuûn-i!lai£«j et la 9® du livre YI des tnc. édit.

à Testablissement de vostre Congrégation de tout vostre petit pouvoir; que vous tascherés de bien conduire les Seurs selon les Règles de la Congrégation ; que , s'il plait à Dieu après cela que cette Congrégation change de nom , d'estat et de con-^ dition, vous vous en rapporterés à son bon playsir, auquel toute la Congrégation est entièrement vouée ; et qu'en quelque façon que Dieu soit servy en l'assemblée en laquelle vous le serves maintenant , vous serés satisfaite.

Et en effet , ma très chère Fille , il faut avoir cet esprit là en nostre Congrégation ; car c'est l'esprit parfait et apostolique. Que si elle pouvoit estre utile à establir plusieurs autres Congrégations de bonnes servantes de Dieu , sans jamais s'establir elle-mesme, elle n'en seroit que plus aggreable à Dieu ; car elle auroit moins de sujet d'amour propre. Sur les points qu'il me propose , hors lesquels il neveut pas establir nostre pauvre Congrégation en son diocèse, je luy laisse le choix sans reserve quelconque. Il est du tout indiffèrent que le bien de la Congrégation se face de cette façon ou de cette autre, bien que j'eusse eu une spéciale suavité au titre de simple Congrégation, oii la seule charité et: crainte de l'Espoux serviroit de clausure.

J'acquiesce donq que nous facions une religion formelle : mais, ma très chère Fille, je vous parle avec la totale simplicité et confiance de mon cœur , je fay cet acquiescement avec une douceur et tranquillité, ains avec une suavité nompareille ; et non seulement ma volonté , mais mon jugement, a esté bien ayse de rendre l'hommage qu'il doit à celuy de cegrand et digne i^relat.

Car, ma Fille, que pretens-je en tout cecy , sinon que Dieu soit glorifié, et que son saint amour soit respandu plus abondamment dans le cœur de ces âmes qui sont si heureuse?que de se dédier toutes à Dieu? Croyés, ma très chère Fille», j'ayme parfaitement nostre pauvre petite Congrégation; mais* sans anxielé, sans laquelle l'amour n'a pas accoustumé dfr

vivre pour Tordinaire : mais le mien, qui n'est pas ordinaire, vit, je vous asseure, tout à fait sans cela, avec une très particulière confiance que j'ay en la grâce de riostre Seigneur. Sa main souveraine fera plus pour ce petit Institut , que lehommes ne peuvent penser, et je suis, plus que vous ne sçauriés croire , vostre.

Au reste, que diriés-vous de nos affections domesti([ues? ^e n'est pas Faymable belle-sœur de Torens que vous aviés veuë, c'est une seur tout autre que nous avons veu trespasser ces derniers jours. Car dés un an en ça elle estoit tell(Muent perfectionnée, qu'elle n'estoit plus connoissahle, mais sur tout depuis sa viduité, qu'elle s'estoit vouée à la Visitation. Aussi, mon Dieu! quelle fin a-elle faite! Certes la pins sainte , la plus suave et la plus aymable qu'il est possible de s'imaginer. Je la cberissois d'un amour infiniment plus que fraternel : mais ainsy qu'il a pieu au Seigneur , ainsi doit-il estre fait ; son saint nom soit bénit. Amen.

CLXxxr.

LETTRE'

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