X. DE MAISTRE
Une faiseuse de romans, comme il n'en manquait pas au début du XIXe siècle, Mme Olympe Cottu, estimant sans doute que le dramatique ne saurait être rendu avec tant de simplicité, entreprit, avec la complicité paraît-il de M. de la Mennais, d'orner et d'amplifier le Lépreux de la Cité d'Aoste, Cette tentative, heureusement, n'eut aucun succès, et la version antérieure de Xavier de Maistre a seule survécu.
Par contraste, il est curieux de noter que le sujet de la Jeune Sibérienne, traité d'abord dans la forme romanesque avec les amplifications et les ornements d'usage, par une autre faiseuse de romans, Mme Cottin, fut ramené ensuite par Xavier de Maistre, dans le récit qu'il en fit, à son ton véritable et à ses proportions exactes. Le succès de la tentative cette fois fut parfait, et ici encore la version qui a survécu est celle — postérieure cette fois — de notre auteur.
En dehors des œuvres principales, devenues classiques, que nous venons d'énumérer et qui ont fourni la matière du présent volume, Xavier de Maistre a écrit un assez grand nombre de vers, qu'il n'a d'ailleurs pas publiés ; on a de lui encore, car il s'était adonné aux sciences dans sa jeunesse, le Résultat de ses expériences sur la formation des trombes en mer, qui parut dans le Journal de Genève, et deux mémoires : l'un sur Y Oxydation de Veau par le frottement, l'autre sur le Procédé pour composer avec V oxyde d'or une couleur pourpre qui peut être employée dans la peinture à l'huile, qui figurent l'un et l'autre dans le recueil de l'Académie des sciences de Turin, dont Xavier de Maistre était membre. Il s'occupa de peinture non seulement comme chimiste, mais aussi comme peintre, et il a surtout excellé dans le paysage.
Indiquons enfin qu'en 1877 M. Eugène Réaume a publié deux volumes sous le titre de : Œuvres inédites de Xavier de Maistre, ses premiers essais, des fragments et sa correspondance.