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avec un caractère religieux, parce qu'elle tient à des usages de religion de la première antiquité. Tant de dévotion n'empêche pas ces pèlerins de participer au proverbe des Badjis; et les chrétiens disent aussi : Prenez garde au pèlerin de Jérusalem. L'on conçoit que le séjotlr de cette foule à Jérusalem pendant cinq à six mois, y laisse des sommes considérables : à ne compter que quinze cents personnes, à cent pist<Jes par tête, c'est un million et demi. Une partie de cet argent passe en paiement de denrées au peuple et aux marchands , qui rançonnent les étrangers de tout leur pouvoir. L'eau se payait en 1-784, jusqu'à i5 sous la voie. Une autre partie va au gouverneur et à ses employés. Enfin, la troisième reste dans les couvents. L'on se plaint de l'usage qu'en, font les schismatiques ; et Ton parle avec scandale de leur luxe, de leurs porcelaines, de leurs tapis, et même des sabres, des kandjars et bâtons qui meublent leurs cellules. Les Arméniens et les Francs SQOt beaucoup plus modestes ; c'est vertu de nécessité dans les premiers, qui sont pauvres; mais c'est vertu de prudence dans les seconds» qui ne le sont pas.
Le couvent de ces Francs, appelé Saint- Sauveur, est le chef-liên de toutes les missions de Terre-Sainte qui sont dans l'empire turk. L'on en compte dix-sept , que desservent des franciscains de toute nation , mais plus souvent des
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Français, des Italiens et des Espagnols. I/administration générale est confiée à trois individus de ces nations, de telle manière que le supérieur doit toujours être né sujet du pape ; le procureur, sujet du roi catholique , et le vicaire , sujet du roi très-chrétien. Chacun de ces administrateurs a une clef de la eusse génà^e , afin que le manie moA des fonds ne puisse se faire qu'en commun. Chacun d'eux est assisté d'un second appelé discret: la réunicm de ces six personnages et d'un disorêt portugais, forme le directoire ou cfu^itre souverain qui gouverne le couvent et l'ordre entier. G-deraot une balance combinée par les premiers législateurs, avait tellement distribué les pouvoirs de ces administrateurs , que la volonté d'un seul ne pouvait maîtriser oelle de. tous; mais comme tous les gouvranements sont sujets à révolution , il est arrivé depuis quelques années des incidents qui ont beaucoup dénaturé celui-ci. En voici' l'histoire en deux mots.
Il y a environ lo ans, que par un désordre assez familier aux grandes régies, le couvent de Terre- Sainte se trouva chargé d'une dette de 6oO bourses ( 760,000 Uv. }. Elle croissait de jour en jour , parce que la dépense ne cessait d'excéder la recette. Il eût été facile de se libérer tout à coup, attendu que le trésor du Saint-Sépulcre jpossède en diamants et en toutes sortes de pierres précieuses, en calices, en croix, en ciboires d'or et autres
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présents des princes chrétiens, ponr plus d'un million ; mais outre l'aversion qu'ont eue de toat temps les ministres des temples à toui^er aux choses sacrées, il pouvait être important dans le cas en question , de ne pas montrer aux Turks, ni même aux chrétiens , de trop grandes ressources. La position était embarrassante; elle le devenait encore davantage par les murmures du }H-ocureur espagnol , qui se plaignait haut^nent de supporter seul le ferdeau de la dette, parce qu'en effet > c'était loi qui foiimissait les fonds les plus considérables. Dans ces circonstances, 7. Rihetra, qui occupait ce poste, étant venu à mourir, le hasard lui donna pour successeur un homme qui , plus impatient encore, résolut de remédier au désordre à quelque prix que ce fôt. Il s'y porta avec d'autant plus d'activité, qu'il se promit des avantages particuliers de la réforme qu'il méditait. Il dressa son plan en conséquence ; pour l'exécuter , il s'adressa immédiatement au roi d'Esps^e, par l'entremise de son cbnfesseur, et il lui proposa :• M Que le zèle des princes chrétiens s'étant bean- - B coup refroidi depuis plusieurs années, leurs an-aciennes largesses au couvent de Terre-SairUe «avaient considérablement diminué; que le roi « très-fidèle avait retranché plus de la moitié des a 40,000 piastres fortes qu'il avait coutume de «donner; que le roi très-chrétien se tenant ac- « quitté par la protection qu'il accordait, payait à
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«peine tes tooo écus qu'il avait promis; lltatie a et l'Allemagne devenaient de jour en jour moins « libérales , et que sa majesté catholique était la <i seule qui continuât les bienfaits de ses prédé- « cesseurs. Il rrytrésenta que d'autre part, les dé- «penses de l'établissement n'ayant pas subi -la «même diminution, il en résultait un vide qui «forçait chaque année de recourir à un emprunt; a que de cette manière il s'était formé une dette «qui s'accroissait de jour en jour, et qui mena- « çait de conduire à une ruine finalp ; que parmi «les causes de cette dette, l'on devait siutout <x compter le pèlerinage des moines qui venaient «vi»ter les saints lieux; qu'il fallait leur payer « leurs voyages , leurs nolis , leurs péages , letû'penssion au couvent pendant deux et trots ans, etc.; «que par un' cas singulier, la majeure partie de aces moines était fourme par ces mêmes états «qui avaient retiré leurs largesses, c'est-i-dîre, a par le Portugal , rAUemagne et l'Italie ; qu'il sem- « blait étrange que le roi d'Espagne défrayât des a gens qui n'étaient point ses sujets ; et qu'il était «abusif que le maniement même de ses fonds fût «confié à un chapitre presque tout composé d'éatraogers. Le suppliant insistant sur ce dernier «article, priait sa majesté catholique d'intervenir «à la réforme dfô abus, et d'établir un ordre nou- «veau et plus équitable, dont il insinua le des-
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Ces représeDtati«is eurent tout l'effet qa'îl pou- Tait désirer. Le roi d'Espagne y faisant droit , se dédara d'abord protecteur spécial de tordre de Terre-StunCe en Levant, et en prit en ceUe qualitÉ la directàoii; puis il RCHnina le requérant, J. Juan Riheiroy son procureur rayai, fui donna à ce titre un cachet aux armes d'Espagne^' et lui confia à Im seul-la gestion de ses dons,sxm «n être comptable qu'à sa personne. De ce moment , J. Juan Bibeira, devenu plémpoténtiaire , a signifié au discrétoire- que désormais il aurait une '<»isse particulièrev séparée de la caisse commune; que cette dernière resterait comme ci-devant , chaînée des dépenses générales, et qn'en conséquence toutes les contributions des nations y seraient versées; mais qu'attendu que celle d'Espagne était hors depropcHtion avec les autres, il n'en serait désormais distrait qu'une partie relative au contingent de diacune, et que l'excédant serait versé dans sa caisse particulière; que les pèlerinages seraient désormais aux frais des nations respectives, à l'exceptidn des sujets de France, dont il voulait bien se charger: De là, il est arrivé'quë le& pèlerinages et la i^upart des dépenses générales' resserrées, ont repiis' un équilibre avec la recette', et l'on a pa codtraencer d'acquitter la dette dont on était .chargé; mais les religienï' n'ont pas vu sans humeur' le procureur devenir une puissaince indépendante- : ilS' ne lui pardonnent pias d'être à lui