L:N,-z..[jvGoOg[c
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. En y réfléchissant , il parait que cette nature du sot a réellement une influence sur l'activité ; il parait que dans l'état social , comme dans l'état sauvage, un pays où les moyens de subsister seront un peu difficiles, aura des habitants plus actifs, plus industrieux; que dans celui, au contraire, où la nature prodiguera tout, le peuple sera inactif, indolent ; et ceci s'accorde bien avec leS' faits généraux de l'histoire , où la plupart des peuples conquérants sont des peuples pauvres, sortis de pays stériles, ou difficiles à cultiver, pendant que .les peuples conquis sont les habitants des contrées fertiles et opulentes. 11 est même remarquable que ces peuples pauvres , établis chez les peuples ri- .cbes , perdent en peu de temps leur énergie , et passent à la mollesse : tels furent ces Perses de Cyrus, descendus de l'Élymaïde dans les prairies de l'Ëuphrate; tels les Macédoniens d'Alexandre, transportés des monts Rhodope dans les champs ' de l'Asie; teb les Tartares de Djenkiz-Kan établis dans la Chine et le Bengale ; et les Arabes de Mahomet , dans r%ypte et r£spagne. De ik l'on pourrait établir que ce n'est point comme habitants de pays chauds, mais comme habitants de pays riches, que les peuples ont du penchant à l'inertie ; et ce fait s'accorde bien encore avec ce qui se passe au sein des sociétés, où nous voyons que ce sont les classes riches qui ont ordinairement le moins d'activité; mais comme celte satiété et cette pauvreté
n'ont pas lieu pour tous les individus d'un peuple, il feul reconnaître des raisons plus généwles et plus efficaces que la nature dn sol : ce sont ces institntions sodales, que l'on appelle Goupemement et Religion. Voilà les Trais r^;ulateurs de l'activité ou de l'inertie des particuliers et des nations; ce sont eux qui, selon qu'ils étendent ou qu'ils bornent la carrière des besoins naturels ou superflus, étendent ou resserrent l'activité de tous les hommes. C'est parce que leur influence agit malgré la différence des terrains et des climats, que Tyr, Catthage , Alexandrie ont eu la même industrie que Londres, Paris, Amsterdam; que les Flibustiers et les Malais ont eu l'inquiétude et le caractère des l^ormands ; que les paysans russes et polonais ont l'apalfaie et l'insouciance des Indous et des Kègres. Cest parce que leur nature varie et change comme les passions des hommes qui les règlent, que leur influence change et varie dans des époques très-voisines : vo3à pourquoi les Romains de Scipion ne sont point ceux de Tibère; que les Grecs d'Aristide et de Thémistocle ne sont pas ceux de Constantin. Consultons dans notre propre cœur les mobiles généraux du coeur humain : n'éprouvons-nouS pas que notre activité est bien moins relative aux agents physiques , qu'aux circonstances de l'étîtt social où nous nous trouvons? Des besoins nécessaires ou super-
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fliM ainènent-ili en nous des désln ; amsitM notre cùrpi et notre esprit prennent une vie ootireUe; la pasaion nous donne une activité ardente comme nos déùrs , et soutenue comme notre espoir. Cet espoir vient-il à manquer : le désir se &ne, l'ao* Itvité languit, et le découragement nous mène à l'apathie et k l'indolence. Par-là s'expliqne pour- ' quoi notre activité varie comme nos eondi^ons , comme nos NtuatiouB dans la soà^té* comme nos âges dans la vie ; pourquoi tel homme qui hit actU dans sa jeUnesse, derieut indolent sur le retour; pounquoi il y a plus d'activité dans les capiti^ et dans led villes de commerce , que dans les viUea sans commerce et dan» les campagnes. Pour éveiller l'activité, il £uit d'abord des objets aux désirs; pour ia sontenir, il faut un espoir d'atriver à la jouissance. Si ces deux circoostances manquent, il n^ a d'activité ni dans le particulier , ni dana la nation; et tel eat le cas des Orientaux en généitl, et particulièrcaneot de ceux dont nous traitons. Qui pourrait les engager à se moutoir , si nul mouvement ne leur of&e l'espoir de jouir de la pmxe qu'il a coûtée? Comment ne seraient-ils pas indolents dans les habitudes les plus simples, si leurs mstitutioss sodales leur «n font une espèce de né> ceseité? Aussi le meilleur observatenr de l'antiquité, en faisant sur les Asiatiques de son temps la même remarque , en a allégué la même raison.
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«Quant à la'mollesBe et, à l'indolence des A&iati- «qqes, dit-il dans un passagedigne-d'étre cité(i), «s'îls.sont moins belliqueux, s'ils ont des mœurs «plus douces que les Européens, saps doute la M nature de leur climat plus tempéré que .le nôtre, «y. contribue beaucoup;... mais il faut yajouter «aussi la form« deleurS'gouveraements,tousdesupotiques, et soumis à la volonté arbitraire des «ipis. Or,: les hommes: .qui ne jouissent point de «leurs droits -natiu>els, roab dont. les aâecdons « sont dirigées par- desinaitres-ices^ hommes ne «peuvent avoir la passion hardie des combats; ils t ne voient point dansla guerreune balance assez « égale de risques et d'avantages : obligés de-quit- Rter leurs amis, leur patrie, leurs JamiUes , de <t supporter de dures fatigues , et la mort même ; «quel est le salaire de tant de sacrifices? la mort « et les dangers : leurs maîtres seuls jouissent du «butin et des dépouilles qu'ils ont payés de leur tcsaug. Que s'ils -combattaient, dans' leur' propre a cause, et que le prix de la victoire leur fut p<er- «sonnel, comme la honte de ta défaite,. Os ne «manqueraient pas de courage : et la preuve en «existe.dans ceux'des Grecs. et des Barbares qui, M dans ces contrées , vivent sous leurs propres lois, « et sont libres ; car ceux-là sont plus courageux « qu'aucune iautre espèce 4'hommes. »
fi) Hippocrates de Aëre , Locis et Aquis.
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Voilà précisétneQt la déûnition des Orientaux dé nos jours; et ce que le philos(^he grec a dit des peuples particuliecs qui méconuaissaient la puissance du grand roi et de ses satrapes, convient exactement à ce que nous avons vu des Druzes , des Maronites , des K.ourdes , des Arabes de! Dâher et des Bédouins. Il faut le reconnaître ; le moral des peuples, comme celui des particuliers,' dépend surtout de l'état social dans lequel ils vivent : puisqu'il est vrai que nos actions sont dirigées par les lois civiles et religieuses, puisqiie' nos habitudes ne sont que la répétition. de ces actions, puisque notre caractère n'est que la disposition À agir de telle manière en telle circonstance ; il s'ensuit évidemment que tout dépend du gouvernement et de la religion : dans tous les faits dont j'ai voulu me rendre compte, j'ai toujours vu cette double cause revenir plus ou moins immédiate : l'analyse de quelques-uns pourra en faire la démonstration.
J'ai dit que les Orientaux en général ont l'extérieur grave et flegmatique, le maintien posé et {presque noncbalant , le visage sérieux , même triste et mélancolique. Si le cliïnat ou le sol en étaient la cause radicale» l'efifet serait le même dans.tous les sujets; et cela n'est pas : sous cette nuance générale, il est mille nuances particulières de classes et d'individus, relatives à l'action du gouvemê- 'mentj laquelle est diverse pour ces individus et
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pour ces tdassèG^ Aitui^l'on observe qite les paysans sujets àe& Turàs sont plus sombres que c^ux des pays tributaires; «|ne les habitants des campagnes sont mmas gais que ceux des villeai que ceux de la càte le sont plus que ceux ^le riotértear; <|ue dans une m^me ville la classe des gens de loi est pltis grave qne^ celle des gens dé guerre , et oelleli plus que le peuple. L'on observa màœQ qoie dans les grandes -villes le peuple a beaucoup de aet air disâipé et sans souci qu'il a cbee tious. Pour* quoi cela? a'tst que Ià« comme ici, cnidùrci à là souifranœ par rbafaâtnde , a£frandii de la réflexioâ par l'ignorance, le peuple vit dans une sorte de secunté : il n'a rien à perdre : il ne craint pas qu'on le dépouille; Le marchand , an oontnûre , vit dans les alannes perpétuelles , et de né pas acqnénr davantage, et de perdre ce qu'il a. Il trente de axer les regards d'un gonvemement rapaoe, poar qui im air de satis&ction serait Tenseigne de l'aisance , et le signal d'une avanie. La même crainte règne dans les villages , où chaque pay^san redoute d'exciter l'envie de ses égaux, et la eopidit^ de I'e^ et des gens de guerre. Dans ud tel pvfs, o* l'oD est sans cesse surveillé par une aotorité spo^ liatrice , l'on doit p<Hter nn visage s^eux , par la même raàson que l'on porte de» habits peiicâ», et 4fae l'on mange en public des olivcti et dU iromage. -Ccdte même raison , quoique moins active pour les gens de loi , n'est cependant pas sans efifpt ; iilais la
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morgue de leur éducaUon et le pédantisme de leur morale, les dispensent de toute autre.
A r^aM de la nonchalance, il n'est pas étonnant que le peuple des TiUes et de$ campagnes, fatigué de son tt^vail , ait du penchant; au reppp. Mais il eatriKinarqiiBble que lorsque ce peuple 9e met en action» il s'y porid avec une vivacité et une passion presque inoonnues dans nos climats. Cette observation a lieu surtout dans |es ports et les villes de coomierâe. Un Européen ne [peut s'enpécfaier d'admirer avec quelle lictivité les matelots, bras éc jadibes nus, manient les rames, tendent lea voiles , et font toute la manoeuvre ; avec quelle andeur les poite&ix déchargent uu bateau, «t transportent les cot^et (1) I«6 plus peisantes. Toujours tJtantant, et répondlmt par v^^ets à l'un d'elix qtii cooiioandé) ils exécutent tous leurs mduvnnents en cadence, et dpnbleat l^urs forces en les réunissant par la mesur«. L'on A dit i ce sujet que les peuple des pays chaude avaient un penchant taaturel à la musiqui^ ; mais ei) quoi consiste cette analogie du climat au châut? I7e seraitil pas plus ^M>na«t>le de (lirfr que les pays chauds ' que nous connaissons, ayant été pi^ép 1 wg-temps avant nos froids diwats, le peuple y a couservé quelques souvenirs aie» beaux arts qui y (wt jadis régné? NoB négociante reprochent scHivent à ce
(i) Saei de paitic tnâs^ités en Asie.
3o3' ÉTAT POLITIQDE
peuple, et surtout k celui des campagnes, de ne pas traTailler ausà souvent, ni aussi long-temps qu'3 le pouirait. Hais pourquoi traraillerait-jl au delà de ses besoins, puisque le superflu de stm traTail neini rendrait aucun surcroît de jouissances? A bien dçs ^ards, l'homme du peuple ressemble au sauvage; quand il a dépensé ses forces i acquérir sa subsistance , il se repose : ce n^est qu'en lui rendai^t cette subsistance moins pàiible, et en l'excitant par l'appât de jouissances présentes, que l'on parvient à lui donner une activité soutenue; et nous arons vu que Fesprit du gouvernement turk est l'inverse de cet es[Mit. Quant à la vie sédentaire, quel motif aurait-on de s'agiter ' dans un pays où la police n'a jamais songé à établir ni promenades ni plantations; on il n'y a ni sûreté hors des villes, ni agrément dans leur enceinte; où tout enfin invite à se renfermer chez soi? Est-il étcmnant qu'un pareil ordre de choses ait produit des habitudes sédentaires ? et ces halùtudes ne doivent-elles pas k leur tour devenir des causes d'inaction ?
La comparaison de notre état civil et domestique, k celui des Orientaux, présente encore plusieurs raisons de ce flegme, ipii est leur caractère général Chez nous, l'une des sources de la gaieté, est k table et l'usage du vin; chez les Orientaux, ce double plabir est presque inccninui La bonne chère attirerait une avanie , et le vin une punition
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DE LA STRIK. 3o3
corpore^, vu le zèle de la police à Caire exécuter les préceptes du Qôran. Ce n'est pas inêmé sans peine que les musulmans tolèrent dans les chrétiens l'usage d'une liqueur qu'ils leur envient; aussi cet usage n'est-il habituel et familier que dans le K.esraouân et le pays des Druzes'; et là les repas ont une gaieté que l'eau-de-vie ne procure point dans les villes mêmes d'Alep et de Damas. Une seconde soiirce de gaieté, parmi nous, est la communication liln-e des deux'sexes,'qui a lieu surtout en France. L'efïet en est que, par un espoir plus ou moins vagne, les hoïnmcs, recherchant la bienveillance des femmes, prennent les formes qui peuvent la procurer. Or, tel est l'esprit ou telle est l'éducation des femmes, qu'à leurs yeux le premier mérite est de les amuser; et certainement-, de tous les moyens d'y réussir, le premier . est l'enjouement et la gaieté. C'est ainsi que nous avons contracté une habitude de badinage, de complaisance et de frivolité, qui est devenue le caractère distinctîf de notre' nation en Europe. Dans l'Asie, au contraire, les femmes sont rigoureusement séquestrées de la société des hommes. Toujours renfermées dans leur maison, elles ne communiquent qu'avec leur mari, leur père, leur frère, et tout au plus leur cou^n germain; soigneusement voilées dans les rues , à peine osentelles parler à un homme, même pour affaires.
Tous doivent leur être étrangers : il serait indé-
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cent de les fixer, et l'on doU les laisser j>as&er k l'écart, çomam » elles f^taieat une chose contagieuse. C'est presque l'idéç d«& Orientaux , qui ont un sentiment g^nér;il de mépris pour ce sexe. Quelle «a e»t la cause, pouira-t-on demander? celle de tout, la légistatioa et le gouvernement. Kn effet, ce Mahomet, si passionné pour les femmes, ne Leur a cependant pas fait l'honneur de les traiter dws son Qôran comme une portion de l'espèce humaine ; il ne fait mention d'elles ni pour les pnuiqueis de la religion, ni pour tes récompenses de l'autre vie; et c'est une e^ce de problème chez le$ musulmans , ù les femmes ont une ame. Le gouTeroement hit plus encore contre rflesi car il les prive de toute propriété foncière, et il les déppuUle tellement de toute liberté personnelle, qu'elles dépendent toutç leur vie ou d'un mari, on d'un père, on d'un parentj dans cet e»clav4ge« tnç pouvant disposer de rien , l'un conçoit qu'il est assev inutile de solliciter leur bienv«i|lance, et par conséquent d'avoir ce ton de gaieté qui k» captive. Ce gouvernement, cette lé^lidion par^isse^t;. «uit-mémes la cwse de U séquestration des femmes » et peutnêtre, sans la facilité du divorce, ^ns la crainte de se voir enlever sa fille ou sa femme par un homme puissant, serait-on moins jaloux d'en dérober la vue à tous les regards.
Cet état des femmes , chez tes Orientaux , cause
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lUns leur$ mœurs divers contrastes avec les nôtres. r^eur délicqtçsse sur CQt article est telle que janiais ils n'eu parlent, et qu'il serait très-indécent de Içur deinânder des nouvelles des feranies de leur maison. Il f^ut être avancé dans leur familiarité, pour traiter avec eux de cette matière; et alors ce qu'ils entendent de nos usages les confond d'é^ tonneflient. Us ne peuvent concevoir comment chez nous les femmes vont le visage découvert, «u}[ pour qui qp voile levé est l'enseigne d'une prostituée, ou le signal d'une bonne fortune; ils n'imaginent pas coinmçpt on peut les voir, leur pdrlQr, les toucher, sans émotion, et être en têteà-téte sftn» 6e porter aux demiè;^ extréqiités. Cet étonoement upus indiqiie l'opinion qu'i|s ont des Leuts; et l'on en peut d'abord conclure qu'ils Minorent absolument ïamour, tel que pous l'entendonS : le be^in qui en tait la base, est chez eUz dépQHÏUé d0s accessoires qui en font le <^a)fmâ; 1^ privation y est sans sacrifice, I9 victoire sans coml>ati la joui^^ance sans délicatesse; il passent «ans iptervalle, du tourment à la satiété. Lès anuBts y sont des prisoimiers toujours d'aocottl pew( trompft^r leurs gardes , toujours prompts à sabir l'ficQasion, p^^oe qu'elle est rapide et rare: ' disoEets comme des conjufés, ils cachent leur bmihfur tiomme uti crime, parce qu'il en a les conaéqptenees. Le {loignard, le poison, le pistolet «ont totijoura k côté de ri|iâis<xétion ; son extrèmç
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importance pour les femmes les rend elles-mêmes ardentes à la punir; et souvent pour se venger elles deviennent plus cruelles que leurs maris et leurs frères. Cette sévérité entretient des mœurs assez chastes dans les campagnes; mais dans les grandes villes , où l'intrigue a plus de ressources, il ne règne pas moins de débauche que parmi nous, avec cette différence qu'elle est plus obscure. Alep, Damas et surtout le Kaire, ne le cèdent point en ce genre à nos capitales de province. Les jeunes filles y sont retenues comme partout, parce qu'tm accident découvert leur coûterait la vie; mais les femmes mariées y prennent d'autant plus de liberté, qu'elles ont été pins long-temps contraintes, et qu'elles ont souvent de justes raisons de se venger de leurs maîtres. En effet, à raison de la polygamie, permise par le Qôran, la plupart desTurks s'énervent de bonne heure, et rien n'est plus commun que d'entendre des hommes de 3o ans se plaindre d'impuissance; c'est la maladie pour laquelle ils consultent davantage les Européens, en leur demandant du mhdjoun, c'est-kdire , des pilules aphrodisiaques. Le chagrin qu'elle leur cause est d'autant plus amer, que la stérilité est un opprobre chez les Orientaux : ils ont encore, pour la fécondité, toute l'estime des temps anciens ; et le plus heureux souhait que l'on piiisse faire à une jeune 611e, c'est qu'elle ait promptement un époux, et qu'elle lui donne beaucoup
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d'enfants. Ce préjugé leur iait prématurer les mariages, au point qu'il n'est pas rare de voir unir des filles de neuf ou dix ans à des garçons de 12 ou 1 3 ; il est vrai que la crainte du libertinage et des suites fâcheuses qu'il attire de la part de la police turke, y contribue aussi. Cette prématurité doit encore être comptée parmi les causes de l'impuissance. L'ignorance des Turks se refuse à le croire , et ils sont si déraisonnables sur cet artide , qu'ils, méconnaissent les bornes de la nature, dans, les temps mêmes où leur santé est dérangée. C'est encore un des effets du Qôr^n, où le Prophète a pris la peine d'insérer un précepte sur ce genre de devoir. D'après ce fait, Montesquieu a eu raison de dire que la polygamie était une cause de d^opulation eu Turkie; mais elle n'est qu'une des moindres, attendu qu'il n'y a guère que les riches qui se permettent plusieurs femmes : le peuple, et surtout celui des campagnes, se contente d'une seule ; et l'on trouve quelque;fois dans l«s hautes clas&es des geas assez sages pour imiter son exemple, et convenir que c'est assez..
Ce que ces personnes racontent de la vie do-. mestique des maris qui ont plusieurs femmes, n'est pas.propre à &ire envier leur sort, ni à donner ime haute idée de cette partie de la législation de Mahomet. Leur maison est' le . théâtre d'une guerre civile continue. .Sans cesse ce sont des querelles de femrae-à femme, des plaintes des femmes
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au mari. Les qâatçe épooses en titije se plaigneid; qu'on leur préfère lis esclaves, et le* esclaves qu'on les livrt à la jalousie de leur* maîtFessis. Si une femme obtient uft bijou,' one edmplaisaaoe, une permission d'âllei- au b»io , toiites en venleot autant , et fort* ligue pour la *iu9c c«iDmiute. Pour établir là paii, le polygame; est obligé de commander en despoïe, et de ce momemt il ne trôuffl plùi que les sentimeftts des esclaves, l'apparcnoei de i'attkcbement et là réalité àë la haine. En vain chacune de ces femmes lai proteste qu'elle l'aimé phis que les autres; eh Vain elles s'ettjpïessent , lorsqu'il rentre, de lui présenter sa pipfr; 9es(>ai»« lOuflès, de liil préparer son i^iner, de lai sa-vic sotf café; en vain, pendant qu'il repose mollemfwt étfeAdd sur sdn tapis, elles ohasseiit tes woocfaes qui r)tap<>ttuli6nt; tous ce^ sbitis, toata« ces caresses n'ont pU*ir bat que de felre ajouter k ta sotnmë de lèfirs bijoux et de letirs meilbles^ afii^ que. S'il lès répudie, dies pi)ij»e«t tenter ab saCre époos, ou traiivéF une ressource dans cei objets qui sOnt leur aeul^ propriété : ce^ont de waieS courtisades; qui ne songent qu'il dépouilier leur amant avant qu'il les quille ; 6t eet tlmant , aie long-temps privé de désirs, obsédé de coBpplaîsaucës, accablé dé tout l'ennui de la Saiiété, ne jouit pas, comtne l'on pourrait croire; d^Ân sott digne d'envie. G'eSt de ce concoure del circMisiances que natt le mé^Hs des Turks pour les femmes,' ei
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ToB voit qu'il est Iwr jN^opte ouvrée. Conini«ut en e^et «uratent-elles cet amour «xctusif qui Eut leur Toévihti quand qh ,leur donne l'exemple du }ràrt4ge? Cofitmeut auraient-elles cette pudeur qui Sût teur vertu , quand elles Toient 'cbaqt^ jour îles scène;} outrageantes .«le d^bwiobes? Conitqtent^ «n y.^ olot, auraieitt-dHes un iporal estimable, ({uand on ne [n'end «ucun fioin de leur édiuatiou ? Les fiteiSs ont du Akhos retiré cet tivwtfige de la rel^ioD^qUe, ne ))Q«y«B4 iivoir qu'une fencope à la |fbis, Us sontjndÂas^^foignés de la paix d^nnes^ liqae, sanb fleut-èbrfe «n iowr d»vaiH^e-
U eA remarquable qu'à rmoa de cette d^fFéredcf :dattsle'(»ilte,iil e]ïi$t« eiitrë les cbrétieps et ieb CAusulinaDS de la Sjïrie, Qt même de toute la X«rlâe, une dinëiftooe Ae earaïQtèfe aussi grande 4^ s'ils étaient d^ux peiqpiles vivant sous deux «liiaats. lies voyageuïs, et mieux encore nos né^ ^aoatois qui pratiquent bab:itHeUement Jes uns et ksnuti^s, B^oci^ent à téfnoigner ,que les chrétiens '^recs sa.Qt w ^néral fourt>es, méchants, menteur^, vils dvu lîabaisswoent, insoleo(s:daDs ^vferïdDe, «nôp d'un cfiraoii§r« I^r et tF^S7inoihHe : 4es «nuwlBQiWS ru contraire, quoique fiers jusqu'à la moitgue, ont .ceptepdjuit unç .st^e de {)onté, d'humaoUé, de iiisMce-i Ç* wjrtout une grande ietonel^ dame Ifis v^swer*, ,(-t un caractère décidé sUr let|uel on .peut compter. Ce contraste fi droit d'étooner d^osd^s homB^es q^ui vivent >i>i»s
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un même ciel; mais la différence des préjugés de leur éducation et de l'action du gouvei'nement sous lequel ils vivent, en rend une raison satisfeisante. En effet les Grecs , traités par les Turks avec la hauteur et le mépris que l'on a pour des esclaves, ont dû finir par prendre le caractère de leur position : ils ont dû devenir fourbes; pour échapper par la ruse à la violence; menteurs et vils adulateurs, parce que l'homme -faible est obligé de caresser l'homme fort; dissimulés et méchants, parce que celui qui ne peut se- venger ouvertement, concentre sa haine; lâches et traî* très, parce que celui qui ne peut attaquer de front, frappe par derrière ; enfin , insolents dans la fortune , parce que ceux qui parviennent par des bassesses, ont à rendre tous les mépris qu'ils cntt reçus. Je faisais un jour à un religieux sensé l'observation , que de tous les chrétiens qui , dans ces derniers temps, se sont trouvés aux postes élevés, pas un seul ne s'est montré digne de sa fortune. Yhrahim était bassement avare; Sâd-^l-fCouri, irrésolu et pusillanime; son fils ^ant^ur, insolent et borné; Keiq , lâche et fripon : Nos chrétiens, me répondit-il mot pour mot, n'ont pas la main
propre au gouvernement, parée qu'elle n'est exercée dans leur jeunesse qu'à battre rfu coton. Ils ressemblent à ceux qui marchent pour la première
fois sur les terrasses , leur élévation leur donne l'étOiiMissement; comme ils craignent de relourner
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DE LA SYRIE. 3ll
aux olives et au froma^ , ils se hâtent de faire leurs provisions. Les Tur/cs, au contraire^ sont accoutumés à régner; ce sont des maîtres habitués à leur fortune , et ils en usent comme n'en devant jamais changer. L'od ne doit pas d'ailleurs perdre de vue que les musulmaDs sout élevés dans le préjugé du fatalisme, et qu'ils sont fermement pei^ suadés que tout est prédestiné. De là, une sécurité qui tempère et le désir et la crainte; de là une résignation année contre le bien et contre le mal, une apathie qui ferme également accès aux re-. grets et à la prévoyance. Que le musulman essuie vue grande perte; qu'il soit dépouillé, ruiné, il dit tranquillement : C'était écrit, et avec ce mot il passe sans murmurer de l'opulence à la misère : qu'il soit au lit de la mort, rien n'altère sa sécurite; il fait son ablution, sa prière; il a confiance en Dieu et au Prophète; il dit avec calme à son fils : Tourne-moi la tête vers la Mekke, et il meurt en paix. Les Grecs, au contraire, persuadés que Dieu est exorable, que l'on change ses décrets par des vœux , des jeûnes , des pèlerinages , vivent sans cesse dans le désir d'obtenir, dans la crainte dé perdre, dans le remords d'avoir omis. Leur coeur est ouvert à toutes les passions, et ils n'en évitent l'effet qu'autant que les circonstances où ils vivent et l'exemple des musulmans affaiblisjseut les préjugés de leur enfance. Ajoutons , par une remarque commune aux deux religions , que
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3ia ÉTAT POLltlQLiE
les habitants de l'intérieui' des tetres ont ptus dé simplicité, plus de générante, en un mot, un meilleur moral que ceux des villes de la côte , sass doute parce que ces deniers, se livralït ab ccmmerce, contractent par leur genre de vie «n esprit mercantile, naturellemeiit ennemi deâ vwtUs, qui ont pout- base la modération et le déàntéres* sèment.
D'après ce que j'ai exposé des habitudes des Orientaux, l'on ne sera plus étonné que leur caractère se ressente de la monotonie de lènr vie privée et de leur état avil. Dans les vîlles même les plus actives, telles qu'AIqp, Dïtmâs et le Kak«, tous les amusements se réduisent à aller au bain ou à se rassembler dans dès cafés qui n'<Mit que ie nom des nôtres : là , dans une grande pièce on^ fiimée , assis sur desinattes ëh tâtubeaui , ïes gens aisés passent des journées entières à Annèr la pipe, causant d'affaites pair phrases rares et courtes, et souvent ne disant rien. Quelquefois, pour ^ani^ler cette assemblée silencieuse, il se présente un cèumteur ou des danseuses, ou un de ces contetHS d'histoires, que l'on appelle Nachid, qui, pour obtenir quelques paras, récite un conte, ou déclame des vers de quelque ancien poète. Rien vt.é* gale l'attention avec laquelleon écoute cet orateur; grands et petits, tous ont une paàsibn extrême pour les narrations ; le peuple même s'y livre dans son loisir : un voyageur qui arrive d'IJurope n'est
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pas naédiooreM^ surpris 4e voir les matelols se rassembler. pendaid le calnle sur le tillac, et passer deux ou trois heureâ à entendre l'un d'eux déclamer un récit que l'oreille la moins exercée lecooBait pour la poésie au mètre tnèunarqué , à ta ' rime suivie ou mêlée des distiques. Ce n'est pas le seul article Sur lequel le peuple .d'Or;ieat l'emporte eu délicatesse sur le nôtre. Ia populace même des villes , quoique criailleuse , n'est -janiais aiûsi brutale qae chez iious ; et «Me a le grand mécite d'être • absolument exenq>te de cette crapule d'ivrognerie, qui infecte jusqu'à ^os campagnes; ic'est peutê4re le -seul avùxtage céel qu'ait produit la légishtion de IVbhomet : jotgnons-y néanmoins la profa^tîon des jeux de hasard pour lesquels les (^^taux, |)àr cette rabon, n'oùt aucun goût; Celui des ^bec est le setil dont ils dissent cas, et H n'est pas rarie d'y trouver des joueuns habiles.
De tous leis gieures de spectacle, le Aeul qu'ils Cii»nHaiB^nt,. mais qui ^n'etf famiher qu'au Kaire, est celui des bahRtios qui foot des tours de force j comiùe nos danseurs de corde, et des tours d'adresse, comme nos escamoteurs. L'on en voit qui nagent des cailloux, soufBent des.flàm'mes, se peiicent te 'bras ou Je nez sans se iatre de mal, et (pu «dévorent des serpents. Le.peuple, à qui ils cachent soigneusement teqrs procédés seiÂtets, a une sorte de vénération poqr eux, et il f^ppelle d'un nf»n quLsigpifie tout ce qui étonne, comnm
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monstre, prodige et miracle, ces tours de gibe> cière dont l'usage paraît très-ancien dans ces coutrées. Ce peachaat à l'admiratioii, cette facilité de croire aux &its et aux récits les plus extraordinaires, est un attribut remarquable de l'esprit des Orientaux. Ils admettent sans répugner , sans dou- ' ter, tout ce que l'on veut leur conter de plus surprenant. A les entendre, il se passe encore aujourd'hui dans le monde autant de prodiges •qu'au temps des gémes et àes afrittes; la raison en est que, ne connaissant point le cours ordinaire des faits moraux et physiques, ils ne savent où assigner les bornes du probable et de l'impossible. D'ailleurs leur jugement, plié dès le bas âge à croire les contes extravagants du Qôran, se trouve dénué des balances de l'analogie pour peser les vraisemblances. Ainsi leur crédulité tient à leur ignorance, au vice de leur éducation, et se reporte encore au gouvernement. Us ont pu devoir à cette crédulité une partie de l'imagination gigantesque que Ton vante dans leurs romans; mais il serait à désirer que cette source fiùt tarie : il leur resterait encore assez de moyens de briller. En générai, les Orientaux ont la conception facile, l'élocution aisée , tes passions ardentes et soutenues, le sens droit dans les choses qu'ils connaissent. Ils ont un goût particulier pour la morale, et leurs proverbes prouvent qu'ils savent réunir la finesse de l'observation et la profondeur de la
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pensée, au piquant de l'expression. Leur cotnmerce a quelque chose de froid au premier abord; mais par l'habitude il devient doux et attachant : telle est l'idée qu'ils laissent d'eux, qae la plupart des voyageurs et des négociants, qui les ont fréquentés , s'accordent à trouver à leur peuple un caractère plus humain, plus généreux, une simplicité plus noble, plus polie, et quelque chose de plus fin et de plus ouvert dans l'esprit et les manières, qu'au, peuple même de notre pays; comnie si, ayant été policés long -temps avant nous, les Asiatiques conservaient encore les traces de leur première éducation.
Mais il est temps de terminer ces réflexions; je n'en ajoute plus qu'une qui m'est personnelle. Après avoir vécu pendant près de trois ans dans l'Egypte et ta Syrie, après ra'ètre habitué au spectacle de la dévastation et de la barbarie , lorsque ■je suis rentré en France, la vue de mon pays a presque produit sur moi l'effet d'une terre étrangère : je n'ai pu me défendre d'un sentiment de surprise, quand, traversant nos provinces de la Méditerranée à l'Océan , au lieu de ces campagnes ravagées et des vastes déserts auxquels j'étais- accoutumé, je me suis vu transporté comme dans un immense jardin, où les champs cultivés, les villes peuplées, les maisons de plaisance ne cessent de se succéder pendant une route de vingt jouritées. En comparant nos constructions riches et
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BoUdes aux oasures de briqii«is et de ture que je quittais; l'aspect opulebt et «çi^é de 1109 villes, à ]'«s|fiect de riiinË «t d'ab9i}dQD des viHes turkes; l'état d'abondance, de paix, et tout l'appareil de puissance de notre «npire, à l'état de trouble, de xaisc^e «t de faibles» de l'empire tur^ , je me suis senti coâduit de l'adj^^isrationà l'altendrissaneot, etderattendrissen]entàlainéditatiDn.«PourqucH,» me suis^je dit, « «ntK des ttfraiqs semblables de usi grands coàtruiites? Pourquoi tant de vie et ■ d'activité tkà^ et U tant d'inertie, çt d'abandon? « Pourquoi tant de dUféreoce entre des hommes « de la même espèce ? >> Puis , réfléchissant que les contrées que j'ai vues si déyasté^ , si barbares, oàit été jadis iflonssA^tes et peuplées , j'^i passé , ïxxnnie ;malgi!é iaai , à un.« seconde comparaison. « Si Jadis, x> mè suis-je dit,« lesétats de l'Asiejouirent nde cette splendeur, qui pourra g^raiitir que c^ux K de l'Europe ne subissent un j our le même revers i*» Oette réflexion m'a ^yaru afiUgeairiç ; mais elle est -peut-être eiKore plus uHte. En .effet, sapposons qu'an tenps où l'^^ypte .et la Syrie subsistaient dans leur gloire, l'oneiU tracé aqx peuples et anx gouvernements le tableau de le^r situation présente ; supposons qu'os leur eût dit : <■ Voilà l'hu- «niiKàtbn où les conséquence^ de tçlles lois, de kttA régime, abaisseront votre fortune; » n'est-il ^aspi^obable que ces gouyeriiements eussent pris toin d'éviter les routes qui devaient les conduire
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à une chute si funeste? Ce qu'ils n'ont pas fait, nous te pouvons faire : leur exemple peut nous servir de leçon. Te) est le mérite de l'histoire, que par le souvenir des faits passés elle anticipe aux temps présents les fruits coûteux de l'expérience. Les voyages en ce sens atteignent au but de l'histoire , et ils y marchent avec plus d'avantage \ car traitknt d'oKjets présents, l'observateur peut piieUx quç l'écr^vaip postfiltnte saisir {'ensemble des faits , démêler leurs rapports, se rendre compte des causes, en un mot, analyser le jeu compliqué de toute la machine politique. En exposant , avec tétât du pays , les circonstances d'admîfiislr'atioii qliî ràccoiii'p^gnent , le récit du voyageur dévient une ' indicatloQ deb mobiles de grandeur QU de d^cad^nce i un int^^f n d'apprécier le terme actuel de tout empire- Sous ce point de vue la Turkie est un pays très-instructif : ce que j'en ai exposé démontre assez combien l'abus de l'autorité, en provoquant ta misère des particuliers, devient ruineux à la puissance d'un état ; et ce que l'on en peut prévoir ne tardera pas de prouver que la ruine d'une nation rejaillit tôt ou tard sur ceux qui ta causent , et que l'imprudence ou te crime de ceux qui gouvernent tire son châtiment du malheur même de ceux qui sont gouvemés-