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AVIS DE L'ÉDITEUR

JLiMtsQDK récrit tliivant fut publié , la France se trouvait dans des àrconstances délicates. Au dehors, l'invasion de la Hollande par la Prusse venait de blesser son honneur et son pouvoir. L'Angleterre, par cet accroissement d'influence, faisait pencher en sa faveur la balance maritime de l'Ëuropet La Russie et l'Autriche, par leur ligue contre l'empire turk , changeaient l'ancien équilibre continental : tandis qu'au dedans, l'épuisement des. finances, les symptômes d'une révolution, l'indécision entre dqux alliés, tenant le gouvernement eu échec,. paralysaient tout mouvement de guerre sans dissiper les dangers de la paix.

Dans cet état compliqué et nouveau, l'auteur, par une conséquence directe de ses opinions sur les Turks, pensa que la prudence ne permettait plus à la France' de partager le sort d'un ancien allié , de tout temps équivoque , antipathique , et conduit désormais par le destin de sa folie à une ruine inévitable ; il crut que le moment était vf*nu, en anticipant de quelques années le cours des

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choses , dç hii subsitiier un allié nouveau qui , avec plus dp sympathie et d'activité , remplît les pnémes objets politiques ; et la Russie lui parut d'autant mieux destinée à ce rôle, qu'alors son gouveroement montrait de la philosophie ; que par une nécessité géographique , Constantinople tombée en ses maips ne pouvait rester vassale de Saint-Pétersbourg ; et qu'un nouvel empire russogrec , prenant un esprit local, devenait à Vinstant même le rival de tous les états qm Tersent leurs eaut dans le Danube dont le Bosphore tient les plefe.

Le Succès de ce système nonveaiï répondit mal aux intentions de l'auteur; car, d'une part, le public français accueillit avec dé&veur de^ vues contraires à ses habitudes et k ses préjugea ; de l'autre , le ministère choqué <fune liberté d'opinions qui n'avait pas même vouin subir sa censure (i), délibéra de l'envoyer À la Bastille ; tandis que l'objet final et brillant de son hypothèse échouait par les hnlea tnconceyables d« Joseph II.

Aujourd'hui qu'mi cours inouï d'événements change la fortune des états de l'Europe ; que par la bizarrerie du sort, une même baiimère de fr»ternité rassemble le Busse avec le Turk ; te pape

(i) L'ouvrage lut publié sans approbation, se posée de Londres , selon fusàge en pareil cas.

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avec le mufti; le grand luattre de Malle (i) avec le grand-seigneup et le dey d'Alger ; l'Anglais hérétique avec le catholique romain et le mtisuliuan, il semblerait que les comhinaisous antérieures dussent être désoniiais gans objet et sans intérêt; mais parce que cette fermentation momentanée ne produira que des résultats conformes à ses éléments ; parce que les habitudes et les intérêts finiront par reprendre leur véritable cours et leur ascendant; uoiiE avons cru devoir copserver un écrit qui par son caractère singulier^ par ses rapports avec le sujet précédent et avec les affaires' du temps, par sa rareté en typographie , par le mérite du s^le, par l'exactitude de plusieurs faits, et par l'étendue de ses vues, est déjà le monument curieux d'un état passé. Quant ^ ses vues politique^, il paraît que les Anglais n'en ont pas jugé si défavorablement, puisque aujourd'hui leur système d'alliance avec la Russie n'en est que l'application à eux-mêmes. L'on peut, à ce sujet, consulter l'ouvrage récent du major Eaton , traduit sous le titre de Tableau historique apolitique et moderne de l'empire ottoman (a) , lequel , avec une violente opposition de principes politiques , a néanmoins ime analogie frappante avec l'écri-

(i) Paul I et même Hompesch.

(a) Traduit par te cit. Lefebvre. A Paris, chcKTavernier, 'ibraire, rue du Bac, n'' 937.

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vaitl français dans la manière de juger les Turlis^ et le S(»t probable qui les attend.

En réimprimant sans altération les considéra^ Uons sur la ^erre des Turks en 1788, si quelf qu^in se voulait prévaloir du temps présent pour censurer le ton de l'auteur vis-à-vis de Josepb et de Catherine II, nous lui rappellerons que l'art d'inspirer des sentiments généreux aux hommes puissants est souvent de les leur supposer; et personne ne regardera comme &de courtisan celui qui, en décembre 1791, écrivit à l'agent de l'impératrice des Russies une lettre où il se permit les remontrances les plus sévères et les plus courageuses. F(^z le Moniteur du 5 décembre 179I1 et la Notice sur la vie et les écrits de Volney, tome I*' des Œuvres complètes.

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