‹ ŒuvresChapitre 8 sur 62 · L:N,-z.= [jvGoOg[c · texte numérisé non relu

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ail pacha de Tripoli de rétablir le puct k leurs frais, s'il voulait leur accorder une franchise de tbus droits pendant dix ans. Pour l'y engager , leur envoyé fit beaucoup valoir l'avantage qui en résulterait pour tout le pays par la suite du temps : Hé que m'importe la suite du temps? répondit le paeha. J'étais hier à Marack, je serai peut'élre demain à Djeddâ; pourquoi me priverais-je du présent qui est certain^ pour un avenir sans espérance? l! a donc fallu que les facteur» francs restaaseut à Skandaroun. Ib sont au nombre de trois; sitvoir, deux pour les Français , et un pour les Anglais et les Vénitiens. T>a seule airiosité dont ils puissent régaler les éti;angers , consiste en six ou sept mausolées de marbre venus d'Angleterre, où on lit : Ici repose un tel, enlevé à lafUur de. son âge par les effets funestes d'un air contagieux. Ce spectacle est d'autant plus afftigeaot, que l'air languissant, le teint jaune, les yeux cernés et le ventre hydropique de ceux qui le montrent, font craindfe pour eux le même sort. Il est vrai qu'ils ont la ressource du village de BaUan, dont l'air pur et les eaux vives rétablissent les malades. Ce village, sittié dans les montagnes à trois lieues d'Alexandrette , sur la route d'Alep, a l'aspect le plus pittoresque. Il ast assis parmi des précipices, dans une vallée étroite et profonde, d'où l'on voit le golfe comme par un tuyau. Les maisons appuyées sur les pentes rapides des deux montagnes,

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sont disposées de manière que la terrasse des unes sert de rue et de cour aux autres. En hiver, il se' forme de tous côtés des cascades, dont le bruit étourdit, et dont la violence arrache quelquefois des roches et précipite des maisons: Cette saison y est Irès-froide; mais l'été y est charmant. Les habitants, qui ne parlent que le turk, vivent du produit de leurs chèvres, de leurs buffles, et de quelques jardins qu'ils cultivent. L'aga, depuis quelques années, s'est emparé de la douane d'Alexandrette, et vit presque indépendant dupachad'Alep : l'empire est plein de semblables rebelles, qui souvent meurent tranquilles possesseurs de leurs usurpations.

Sur la route d'Alexandrette it Alep, à la dernière couchée avant cette vdle, est levillage de Martaouân, célèbre chez les -Turks et les Francs, par l'usage où sont les habitants de prêter leurs femmes et leurs filles pour quelques pièces d'argent. Cette prostitution, abhorrée chez tous les peuples arabes, me parait venir primitivement de quelque pratique religieuse, soit qu'elle remonte à l'ancien culte de Vénus , soit qu'elle dérive de la communauté des femmes admise par les Jnsârié, dont les gens de Martaouân font partie. Nos Francs prétendent que leurs femmes sont jolies. Mais il est probable que l'abstinence de la mer et la vanité d'une bonne fortune font tout leur mérite ; car leur extérieur n'annonce que la dégoûtante malpropreté de la misère.

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DE LA STRIE. h"]

Dans les montagne» qui terminent le pacbalic A'j^iep au nord, on fait mention de Klés et d'^èntSb comme de deux villages considérables. Ils sont habités par des chrétiens arméniens, des K-ourdes et dés Musulmans , qui , malgré la différence des cultes, vivent en bonne intelligence. Ils en retirent l'avantage de résister aux pachas qu'ils ont souvent bravés, et de vivre assez tranquillement dû produit de leurs troupeaux, de leurs abeilles et de quelques cultures de grains et de tabacs.

A deux journées au nord-est d'Alep, est le bourg de Mambedj, jadis célèbre sous le nom de Bambyce et d'ffiérapolis (i). Il n'y reste pas de trace du temple de cette graitde déesse, dont Lucien nous fait connaître le culte. Le seul monument remarquable est un canal souterrain qui amène l'eau des montagnes du nord dans un espace de quatre lieues. Toute cette contrée était jadis remplie de pareils aqueducs; lesÂs^^ens, les Mèdes et les Perses s'étaient fait un devoir religieux de conduire des eaux dans le désert, pour y multiplier, selon les préceptes de Zoroastre, les principes de la vie et de l'aboTidance ; aussi rencontre-t-on à chaque pas de grandes traces d'une ancienne population. Sur toute la route d'j^lep à Hama , ce ne sont que raines d'anciens

(i) Le nom d'Hierapolis subsiste aussi dans v lâge appelé Yérabolos, sur l'EUphrate.

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viltages, que citernes enfoncées, que débris de forteresses et même de temples. J'ai surtout remarqué une foule de monticules ovales el ronds, que l«ir terre rapportée et leur saillie brusque sur cette plaine rase, prouvait avoir été faits de main d'homme. L'on pourra prendre une idée du travail qu'ils ont dû coûter, par la mesure de celui de KâiifCfuUkoun , auquel j'ai trouvé sept cent vingt pas, c'est-à-dire, quat{»^e cents pieds de toiu, sur près de cent pieds d'élévation. Ces monticules, parsemés presque de lieue en liçue, portent tous des ruines qui furent des citadelles, et sans doute aussi des lieux d'adoration, selon l'ancienne pratique si connue d'adorer sur les hauts lieux. Aussi la tradition «les habitants attribuet-elle tons ces ouvrages atix infidèles. Maintenant, an lieu des cultures que suppose un pareil état. Ton ne rencontre que des terres en &iche et abandonnées; le sol néanmoins est de bonne qualité; et le peu de grains, de coton et de sésame que l'on y sème, réussit à souhait. Mais toute cette frontièie du désert est privée de sources et d'eaux cousantes. L^ puits n'en ont que de saumâtre ; et les plaies d'hirer, sur lesquelles se fonde toute l'espérancs, manquent quelquefois. Par cette raison, rien de si triste qne <xs cunpagnes brûlées et poudreuses, sans arbres et sans verdure; rien de si misérable que l'aspect de ces huttes de terre et de paille qui composent lés villages; rien de si

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ptuvce que leurs paysaas, exposés avt double inconvéuîent des vexatk»is des Tur^s et des pillages des BedouÏBs. Les tribus qiâ campent dans ces caotaBs se nommeBt les Maoaélis; ce sont les plus puissants, et tes plus ricbes des Arabes , parce qu'ils font qnel^ues. cultuires et qu'ils participent avec Les Arabes JV^d aus irmsports des caravanes qui vont d'Alep, soit à Ba«ra, soit à Damas, soit à Tripoli par Hania.

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