MESME PROPOS , EN VIEIL LANGAGE FRANÇOIS
385 Car ou soit Ly Sainctz Apostoles, D'aulbes vestuz, d'amys coeffez 3 Qui ne ceinct fors sainctes Estolles , Dont par le col prent ly mauffez
(38i)Du Guesclin , connétable de France, sous les rois Jean et Charles V, chevalier d'une rare vaillance. Le bon breton. Le vaillant breton.
(38a)Ce comte, dauphin d'Auvergne, est, probablement , un de ceux qui ont porté le nom de Béraud, et qui ont joui de ce comté depuis i35i jusqu'en i4oo environ.
(383) Jean Ier du nom, duc d'AIençon , tué à la bataille d'Azincourt en i4i5.
(585) Car ou, etc. Que ce soit, si l'on veut, le Saint-Père; le pape.
(386) D'aulbes. Le corps vêtu d'une aube, et la tête couverte d'un amict.
-. (^7) Qui , etc. Qui n'est jamais ceint que de saintes étoiles.
(388) Dont par, etc. Dont il se sert pour conjurer le, démon. — Les auteurs du Diction.de Trévoux , art. Amict, attribuent à Clopinel quatre vers qui me paroissent être une corruption de ceux-ci.
( i3«) De mal talent tout eschauffez:
390 Aussi bien meurt filz , que sei vans. De cesle vie cy brassez , Autant en emporte ly vens.
Voire ou soit de Gonstantinobles L'emperier , aux poings dorez ;
3g5 Ou de France ly Roy tresnobles, Sur tousautres Roys décorez, Qui pour ly grand Dieux adorez , Bastist Eglises et Couvens ; S'en son temps il fut honnorez ,
/joo Autant en emporte ly vens.
Ou sont de Vienne et de Grenobles ,
(089) De mat. Tout brûlant de mal faire.
(jgo) Aussi bien , etc. La mort frappe l'homme libre comme l'esclave, le maître comme le valet.
(3j)i) Deceste. Et une fois enlevé de cette vie.
(393) Foire ou, etc. Ou bien que ce soit, etc.
(3g4) L'empérier. L'empereur qui répand l'or à plaines mains. — Voy. ce que le moine Glaber raconte de l'empereur Basile. (An 1024» liv. 4» ch, 1.)
(395) Ly roy. Le roi.
(396) Sur tous, etc. Le plus honoré des souverains. Il parle , je crois, de Saint-Louis.
(397) Qui, etc. Qui fît bâtir des églises et des couvents'pour^honorer son Dieu.
(4oi) Le dauphin du Viennois résidoit à Grenoble .
( iW )
Ly Daulphin , ly preux , ly Scncz ?
Ou de Dijon , Sallins , et Dolles Ly Sires, et ly filz aisnez?
4o5 Ou autant de leurs gens privez :
Héraulx, Trompettes, poursuyvans ?
Ont ilz bien bouté soubz le nez ?
Autant en emporte ly vens.
ENVOI
Princes à mort sont destinez, 4io Comme les plus pauvres vivans ; S'il en sont coursez, outennez, Autant en emporte ly vens.
HUIT. XLII
Puys que Papes, Roys, filz de Roys, Et conceuz en ventres de Roynes , 4 » 5 Sont enseveîiz mortz et froidz ;
(402) Ly preux. Les chevaliers , les vaillans capitaines que cette contrée a fournis. — Ly seriez. Les vieillards , les conseillers.
(403) Ou , etc. Où sont les sires , etc.
(4o5) Ou autant. Où est cette quantité de personnes attachées à leur service ; comme, etc.
(J^o-j)Ont Hz , etc. Ont-ils fait bonne chère, mis beaucoup de choses dans leur bouche qui est sous le nez.
(4n) Coursez on lenncz. Si cela les afflige, ou les tracasse, ou leur cause des ennuis.
(4i3) Ce vers, un de ceux que Marot dit avoir refait, est dans le Msg. C. et dans toutes les éditions.
(4 14) Et conceuz , etc. Et légitimes héritiers de la couronne.
( i54 ) En aultruy mains passent les Règnes ; Moy y pauvre mercerot de Renés , Mourray je pas? Ouy se Dieu plaist; Mais que j'aye faict mes estrenes , 420 Honncste mort ne me desplaist.
HUIT. XLIII
Ce monde n'est perpétuel , Quoy que pense riche pillait :
Tous sommes soubz coutel mortel.
Ce confort prens pauvre vieillart ; 425 Lequel d'estre plaisant raillait
Eut le bruyt, lorsque jeune estoit ;
(4*6) En aultruy. Et que l'autorité passe en d'autres mains.
(417) Moy, etc. Aussi pauvre et misérable qu'un de ces petits marchands venus de la ville de Rennes. G'étoient des colporteurs. M. le Duchat met dans une note :« Il étoitde ces petits mercerots dont la » ville de Rennes abonde. » Conçoit-on une erreur pareille ?
(4 18) Ouy se, etc. Oui je mourrai, s'il plaît à Dieu.
(4*9) Mais que. Au reste, pourvu que je jouisse encore quelques momens de la vie, qu'on vient de me sauver. — M. Formey explique faict mes estrennes par fais mes legs. C'est un contre-sens. Un mar chand dit qu'il a fait ses étrennes, quand il a vendu la première pièce de ses marchandises.
(4ao) Honestt mort. Je ne me refuse pas à mourir de mort naturelle.
(4ai) Ce monde. Ce monde ne durera pas toujours.
(4î3) Coutel mortel. La faux de la mort.
(4î4) Ce confort. Prends cette consolation, pauvre viellard. Il s'adresse à lui-même ce que n'a pas compris Marot, dont voici la note : « Icy, dit Villon que l'homme vieil et pauvre se conforte en sa En.»
(4^5) Plaisant raillart. Ricaneur, agréable.
(\2&)Eut le bruyt. Eut la réputation»
( '35 ) Con ticndroit a fol et p ai 11 art Vieil, se à railler se meltoit.
HUIT. XLIV
Or luy convient il mendier :
43o Car à ce, force le contrainct 5 Requiert huy sa mort, et hyer :
Tristesse son cueur si estrainct, Souvent, si n'estoit Dieu qu'il crainct, Il feroit un g horrible faict.
435 Si advient qu'en ce Dieu enfrainct Et que luy mesmes sedeffaict.
HUIT. XLV
Car s'en jeunesse il fut plaisant , Orez plus rien ne dit qui plaise.
Tousjours vieil Synge est dcsplaisant.
(427) Con tiendroit. Et que l'on prendroit, à présent, pour un fou et un libertin.
(428) Vieil se, etc. Si dans sa vieillesse prématurée, il continuoit à folatier.
(429) Or> etc. Il est forcé de mendier, Villon, ce pauvre viellard.
(430) Car à et , etc. Ca* le besoin le contraint à cela.
( ^"5 1) Requiert. Il demande journellement à mourir, aujourd'hui comme hier,
(43a) Tristesse. La tristesse oppresse tellement son cœur.
(433) Souvent. Que souvent si la crainte de Dieu ne le retenoit.
(434) // feroit. Il feroit un acte de désespoir.
(435) Or, etc. Il mépriseroit les ordres de Dieu et se donneroit la mort à lui-même.
(437) Plaisant. Jovial, aimable dans ses discours.
(438) Orez , etc. A présent.
( i36 ) 44o Moue ne faictqui ne desplaise.
S'il se taist , affin qu'il complaise , 11 est tenu pour fol recreu , S'il parle, on luy dit qu'il se taise Et qu'en son prunier n'a pas creu, huit. xlvi.
445 Aussi ces pauvres femmelettes Qui vieilles sont, et n'ont de quoy, Quand ils voyent ces pucelletes En admenez et en requoy, Ils demandent à Dieu y pour quoy
45o Si tost nasquirent, na quel droit.
Nostre Seigneur s'en taist tout coy :
Car au tanser , il le perdroit,
(44°) Mouene,etc. Il ne fait aucune grimace qui ne déplaise. — Bernier avoit lu ce vers tel que nous l'avons pris dans le Mss. C.\ car il prétend que ces paroles de Rabelais: (Pant. liv. 3e prol.)« Oncqucx • vieil singe ne fist belle moue», sont empruntées a Villon.
(44 1) S'il se, etc. Si pour plaire il garde le silence.
(442) H est' Il passe pour un fou refusé, c'est-à-dire fou sans esprit. Il falloit être heureux d'esprit pour amuser les grands à titre de fou.
(445) Aussi. lien est de même de, etc. Elles subissent le même sort que moi.
(446) jE* n'ont du quoy. Et n'ont plus de quoi plaire.
(447) Quant ils. Lorsqu'elles voient.
(448) En admenez, etc. Prenant leur plaisir à l'écart avec des jeunes garçons.
(449) Hz. Elles.
(450) Ne à quel, etc. Pour quelle raison et à quel titre elles sont venues au monde plutôt que ces jeunes filles.
(45 1) Nostre , etc. Dieu garde un silence absolu, et il fait bien.
(452) Car aiiy etc. Car, s'il vouloit entrer en discussion avec elles,