LAY OIT PLUSTOST RONDEAU
Mort, j'appelle de ta rigueur, Qui m'as ma maistresse ravie , 980 Et n'es pas encore assouvie , Se tu ne me tiens en langueur.
Depuis n'eu force, ne vigueur;
Mais que tcnuysoit elle en vie?
Mort.
Deux estions, et n'avions q ung cueur, 985 S il est mort, force est que dévie; Voire , ou que je vive sans vie , Gomme les images par cueur.
Mort.
(9-6) Desquelles. Lesquelles amours je ne fais pas connoître. (977) Herroit. Il me détesteroit pour toujours. (982) Depuis. Depuis qu'elle est morte.
(980) Force est. Il faut que je cesse de vivre.
(987) Par cueur. Vivre par cœur, c'est vivre sans prendre de nourriture.
Item à maistre Jehan Cornu , Autres nouveaux Jays je veulx faire ,
990 Car il m'a tous jours subvenu ,
A mon grand besoing et affaire :
Pource, le jardin luy transfère Que maistre Pierre Bourguignon Me renta , en faisant refaire
995 L huys et redrecier le pignon.
Par faulte dung huys j'y perdis Ung grez , et ung manche de houe.
Alors huyt faulcons, non pas dix , N'y eussent pas prins une alloue.
1 000 L hostel est seur, mais qu'on le cloue, Pour enseigne y mis ung havet ;
(98S) Cornu. (V. P. T. h. 11.) — Vers que Marot dit avoir refait. Il est dans le Mssel et lçs anc. edit.
(900) Subvenu. Venu à mon aide, à mon secours.
(994) Me renia. Me céda moyennant une rente. — En faisant. Je le lui transfère à condition qu'il fera, etc.
(996; Par faullc. A défaut de porte.
(997) UnS Srcz' Une pierre à aiguiser.
(998)^/0™, etc. Alors je ne dis pas dix faucons; mais huit n'y eussent pas pris une alouette.
(1000) L'hostel. Le bâtiment qui fait partie de ce jardin est un lieu sûr, pourvu toutefois qu'on en cloue les portes.
(iooï) Ung havet. Un croc.
( >~8 ) Qui que l'ait prins , point ne Fen loue : Sanglante nuict , et bas chevet.
huit, lxxxvii. * Item et pource que la femme ioo5 De maistre Pierre Sainct Amant, Combien si couîpe y a. ou blasme Dieu luy pardonne doulcement, Me meist enreng de cayman t Pour le cheval blanc qui ne bouge , ioio Je luy délaisse une jument,
Et pour la mulle, ung asne rouge.
HUIT. LXXXVIII
Item donne à Sire DjTiys Hesselin, Esleu de Pari* Quatorze muys de vin d Aulnis
(1002) Qui que. Qui que ce soit qui l'ait pris, je lui déclare que je ne l'en félicite pas.
(ioo3) Sanglante. A celui là je souhaite d'être rompu et couché sur la roue.
* Ce huitain manque dans gd. niv. ver. bo. et an.
(ioo5) Saint- Amant. (V. P. T. h. 12.)
(1006) Combien , etc. Quoique je désire que Dieu lui pardonne, si en cela l'a offensé.
(1008) Me meist. Me traita comme un mendiant , un vagabond.
(1009) Pour. Au lieu du , etc. (V. P. T. h. 12.)
(ioi3) Esleu. Elu sur le fait des aides à Paris", pannetier du roi (V. Chr. Scand.) qui lui donne encore le titre de« conseiller, maistre • d'ostel du roy. •
Le roi fut parrain d'une fille qu'il eut en 1466. (Ib.)
(ioi4) D' Aulnis, De l'Aunis, qui étoit une partie delà Saintonge.
( '71)) toi 5 Prins chez Turgis, à mes pcYilz.
S'il en beuvoit, tant quq périz En fust son sens, et sa raison, Qu'on mette de leau es barrilz; Yin perd mainte bonne maison.
1020 Item donne à mon advocat, Maistre Guillaume Charruau, Quoy quïl marchande, ou ait estât, Mon branc; je me tays du fourreau.
11 aura avec ce un g Réau
io25 En change , affin que sa bourse enfle, Prins sur la chaussée et carreau De la grand closture du Temple.
(ioi5) Turgis. (V. h. 66 et 95.) A mes pèrilz Sur mon compte.
(1016) S'il en beuvoit, etc. S'il en buvoit jusqu'à perdre la raison.
(1018) Qu'on mette, etc. J'ordonne en ce cas que l'on mette de l'eau dans les tonneaux, afin qu'il ne le boive pas pur.
(1022) Quoique. Quoiqu'il soit marchand de profession.
(i025) Je me tays. Je ne lui donne pas le fourreau.
(1024)// aura, etc. S'il veut l'échanger pour de l'argent, les changeurs lui donneront un réau. Le réau ou royal étoit. une monnoie du temps.
(1026) Prins, etc. A prendre; à lever sur, etc.
Les rois de France, depuis Philippe-le-Bel , donnoient des pensions sur les produits de la clôture du Temple. Villon dit qu'eu échange de son bran, on donnera un réau à prendre sur le produit du chemin qui conduit à la clôture du Temple. M. le Duchat n'a rien compris à ces deux vers ; voici sa note : 0 Le point étoit que, «supposé que quelqu'un y eût laissé tomber un réau d'or, un autre »ne l'eût pas déjà amassé./»
HUIT. XG.
Item mon Procureur Fournier, Aura pour toutes ses corvées,
io3o Simple seroit de Fespargner , En ma bourse quatre havées , Car maintes causes m'a saulvées, Justes ainsi , Jésus-Christ m'ayde , Comme elles ont été trouvées ;
io35 Mais bon droit à bon mestier d'aydc.
HUIT. XCI
Item je donne à maistre Jaques Ptaguier , le grant godet de grève , Pourveu qu'il payra quatre plaques ; Deust il vendre , quoy qu'il luy griefve , iùl\o Ce dont on ceuvre mol et grève :
(io3o) Simple. Il y auroit de la simplicité à économiser mes fonds. Réflexion du poète.
(io5i) Quatre havées. Quatre poignées. MM. Laurière et le Duchat disent que la havée étoit un droit 6ur les blés et les fruits. Leur note n'explique rien. Havée ici signifie quantité renfermée dans la main ; en termes communs poignée.
(io35) Bon mestier. Bon besoin.
(1007) Codeti Vase à mesurer le vin. De grève. En grez.
(io38) Plaque. Monnoie fabriquée sous Charles VII, à l'imitation des Pays-Bas. Elle étoit communément d'argent fin. Mais M. le Blanc (Tr. des monn.) dit en avoir trouvé quelques-unes en billon , qui pouvoient valoir au-dessous de 5 deniers de loi ; celles de Flandres avoient cours pour i5 deniers.
(1039) Quoy qu'il. Quoiqu'il puisse en souffrir ensuite.
(io4o) Ce dont. L'habit qui couvre mol le mollet , et grève et le devant de la jambe.
Aller , nues jambes, en ehappin , Tous les matins quant il selieve, Au trou de la pomme de pin.
huit. xcn.
Item quant est de Maircbeuf ,
io45 Et de Nicolas de Louvicrs , Vache ne leur donne ne beuf , Car vachers ne sont, ne bouviers , Mais gens à porter espreviers ; Ne cuidez pas que je vous jolie ,
io5o Et pour prendre perdriz , pluviers Sans faillir , ches la Mascheci oiïc.
HUIT.XCIII
Item vienne Robert Turgis A moy , je luy payray son vin.
Mais quoy ? s'il trouve mon logis
(io4 1) Aller. Et aller ainsi, jambes nues et les pieds chaussés de mauvais souliers.
(io43) Au trou. Au cabaret qui a pour enseigne la pomme du pin.
(io44) (V.P. et Test. /*. 54.)
( io4$) Mais gens. Une des prérogatives de la noblesse, étoit le droit d'aller chasser avec l'épervier sur le point.
(loig) Ne cuidez. N'allez pas croire que je plaisante-
(io5o) Et pour. Ils sont bons pour prendre.
(io5i) Sans. Sans manquer leur coup. — Mâchecroue ou mâche-crue, étoit vraisemblablement le nom d'une rôtisseuse : peut-être d'une femme qui donnoit à manger.
(1062) Turgis. Il est appelé Robin Turgis (/». 66.)
(io55j Je luy. Je lui paierai le vin que j'ai fait prendre chez lui. (V. h. 88.)
( i8» ) io55 Plus fort sera que le devin.
Le droit luy donne deschevin Que j'ay comme enfant de Paris; Se je parle ungpeu poictevin , Ice deux dames mont appris.
huit, xciv.*
1060 Filles sont très belles et gentes , Demeurantes àsainct Genou Près sainct Julian des voventes, Marches de Bretaigne ou Poictou ; Mais je ne dy proprement où ;
io65 Or y pensez trestous les jours ; Car je ne suis mie si fou, Je pense celer mes amours.
huit. xcv.
Item à Jehan Raguier je donne Qui est sergent, voire des douze, 1070 Tant qu'il vivra, ainsi l'ordonne,
(io55) Plus fort. Il sera plus habile que le devin.
(1059) ice. Deux dames me l'ont appris.
* Ce huitain se lie par le sens avec les deux derniers vers du précédent.
(1060) Marches. Limites, confins de, etc.
(1064) Mais je. Je ne dirai pas positivement où elles sont. (io65) Or. Si vous voulez le deviner pensez-y tous les jours.
(1069) Foire des douze. Même des douze. Douze sergens étoient particulièrement attachés au prévôt de Paris, et lui tenoient lieu de garde. Lobineau. (Hist. de P., t. I» p. 43/0 ^e n'a* r'en comPris * la note de Laurière.
(1070) Tant qu'il. On lui donnera aussi long-temps qu'il
Tous les jours une talemouzc.
Pour bouter et fourrer sa mouse
Prinse à la lablc de Bailly,
A Maubuay sa gorge arrouse , 1075 Car à manger n'a pas failly.
huit. xcvi.
Item donne au prince des sotz ,
Pour ung bon sot, Michault du Four ,
Qui à la.fois dit de bons motz ,
Et chante bien, ma doulce amour :
1080 Avec ce , il aura le bon jour.
Brief , mais qu'il fust ung peu en poinct
Il est ung droit sot de séjour,
Et est plaisant , ou ne Test point.
(1071) Talemouse. Pour talmouse. C'étoit une pâtisserie faite avec des œufs, du beurre et du fromage.
(1072) Pour. Pour passer la bonne mine qu'il a prise à la table, etc. (1074)^ Maubuay. Qu'il aille boire à la fontaine de Maubay. Cette
fontaine étoit rue Saint-Denis.
(1075) Car. Car il a su manger copieusement.
(1076) Prince des sotz. Au cbef de la bande des comédiens.
(1077) Pour. Pour un bon bouffon.
Qui à la fois. Qui a le double mérite de dire de bons mots et de bien chanter ma douce amour.
(1080) Avec ce. En outre de ce il aura un bonjour de ma part.
(1081) Briefma'iS) etc. En un mot si Michault du four étoit un peu exercé.
(1082) II est. Il seroit bon à remplir auprès de quelqu'un la place de fou. M. le Duchat : « Bouflon à charge à lui-même et aux autres.»
(1 o83) Et est. Et il seroit amusant ou ne le seroit point , c'est-à-dire, ou bien il seroit insupportable.
HUIT. XCVII
Item aux unze vinglz Sergens;
io85 Donne, car leur faict est honneste, Et sont bonnes et doulces gens , Denis Richier /et Jehan Vallette ; A chascun une grand cornette Pour pendre à leurs chappeaulx de feautres;
1090 J'entendz à ceulx de piedhohecte ! Car je n'ay que faire des autres.
HUIT. XGIII.
De rechef, donne à Périnet , J'entendz le bastard de la Barre , Pour ce qu'il est beau fds et net, 1095 En son escu, en lieu de barre,
Trois detz plombez , de bonne carre, Ou ung beau joly jeu de cartes.
(1088)^ chascun. Je leur donne encore une cornette à chacun pour
attacher , etc.
(1090) J'entends. C'est aux sergens à pieds, entendez-vous? que je fais ce dernier legs.
(1091) Car je n'ay. Car je m'intéresse fort peu aux autres.
(109I) Beau fdz et net. Honnête garçon et sans reproche. (V. h. 83 et 67 et P. T. h. a3.)
(1095) En son escu. Sur son écusson,au lieu d'une barre, comme portent les bâtards.
(1096) Trois. Trois dez pipés de belle grandeur.
( i85 ) Mais quoy? s'ori loyt vcssir ne poirre, En oultre aura les fièvres quartes.
huit. xcix. 1 100 Item ne vueil plus que Chollet Dolle , trenchc , douve , ne boyse , Relye brocq, ne tonncllet; Mais tous ses outilz changer voysc A une espée lyonnoise , 1 1 o5 Et retienne le hutinet :
Combien qu'il n'ayme bruyt, ne noyse, Si luy plaist il ung tantinet.
huit. c.
Item je donne à Jehan le Lou, Homme de bien et bon marchant , 1 1 10 Pour ce qu'il est linget et flou
(109S) S'on Poyt. Si onTentend, comme à son ordinaire, vesser ou péter, je veux qu'on lui donne en outre les fièvres quartes. — Poirret prononcez poare. Marot.
(1101) Do/le. S'occupe à aplanir le bois, à le couper, à faire des douves , des boisseaux , etc.
(no5) Changer voyse. Aille échanger.
(1 io4) A. Contre ; pour.
(no5) Hutinet. Vieux mot que n'expliquent ni Nicot , ni Ménage. Borel le note bien , mais se contente de renvoyer à tantinet (Note de M.Formey). C'est la troisième ou la quatrième fois que je rencontre des notes ainsi conçues : — Hutinet. Brouillerie , désordre.
(1106) Combien que. Quoiqu'il n'aime ni le bruit , ni les querelles, il ne laisse pas cependant que d'être un peu brouillon. (V.P. T.h.a4.)
(1109) B°n marchant. Honnête marchand. (V.P. T. h. 25.)
(nio) Linget et flou. Mince et fluet.
( 1*6 ) Et que Chollet est mal cherchant ,.
Par les rues plustost qu'au champt, Quine lairra poulaille en voye , Le long tabart , et bien cachant 1 1 iS Pour les musser, qu'on ne les voye.
huit. ci.
Item à l'orfèvre du Boys ; Donne cent clouz , queues et testes , De gingembre sarazinoys, Non pas pour acouppler ses boytes :
1 120 Mais pour conjoindre culz, en cœttes , Et couldre jambons et andoilles , Tant que le laict en monte aux tettes , Et le sang en devalle aux coilles.
huit. en.
Au cappitaine Jehan Riou , 1 125 Tant pour luy que pour ses Archiers , Je donne six hures de lou , Qui n'est pas viande à porchiers,
(in3) Qui. Lequel Chollet fera main-basse sur toute la volaille. (in4) Le long. Je donne audit le Lou une robe traînante qui lui servira à cacher sa volaille.
(1119) Non pas. Non pour servira clouer ses boîtes.
(1120) En cœttes. Sur les couchettes.
(1127) Viande à porchiers. Viande bonne seulement pour, etc.
(1128) Prinsà, etc. Pris avec des chiens de bouchers.
(1x29) Tincttcz. Assaisonnées avec du vin fin, tel que les bourgeois en ont dans leur buffet. M. le Duchat dit en cet endroit : « Vin, • buffeté mêlé d'eau. » —Ce huitain est allégorique.
( i87 ) Prins à gros mastins de bouchiers, Tinettez en vin de buffet.
1 i3o Pour manger de ces morceaulx chiers On feroit bien ung mauvais faict.
huit. cm.
C'est viande ung peu plus pesante Que n'est duvet, plume, ne liège.
Elle est bonne à porter en tente, 1 1 35 Ou pour user en quelque siège.
Mais s'ilz estoient prins à un piège Les mastins, qu'ils ne sceussent courre, J'ordonne moy qui suis bon miège , Que des peaulx sur lhyver s'en fourre.
tiuit. civ.
i i4o Item à Robin Troussecaille , Qui s'est en service bien faict ; A pied ne va comme une caille , Mais surroën gros et reffaict;
(n32) C'est viande. La viande que je lui donne.
(î i34) Elle est bonne. Elle peut suivie l'armée et servir dans un siège.
(ii?>6) Mais s'ilz. Mais si les chiens étoient tellement empêchés qu'ils ne pussent pas courir sur ces loups.
(n38) Bon miège. Bon médecin.
(i i3o) Que. Que pour conserver sa santé , il s'habille durant l'hiver de ces peaux de loup. Les loups dont parle Villon ne sont autres que les bandits ses confrères.
(n43) Surroen. Sur un cheval de Rouen.» Mot inconnu à nos dic- » tions de vieux termes. »(Not. de M.Formey.)
( 188 ) Je luy donne , de mon buffet , 1 145 Une jatte qu'emprunter n'ose ; Si aura mesnage parfait ; Plus ne luy failloit autre chose.
huit. cv.
Item , et à Perrot Girard , Barbier juré du Bourg-la-Royne, 1 i5o Deux bassins, et ung coquemard , Puis qu'a gaigner mect telle peine. Des ans y a demy douzaine , Qu'en son hostel, de cochons gras M'apastela une sepmaine ; 11 55 Tesmoing Tabesse de Pourras.
huit. cvi. * Item aux Frères mendians , Aux dévotes , et aux Béguines ,
(n45) Une jatte. Une écuelle de bois.
(1 147) Plus ne. Il ne lui manque pas autre chose pour avoir un ménage assorti.
(iï54) M'apastela. Me nourrit.
(n55) Tesmoing, Cette abbesse de Pourras étoit, je pense, une coquine, qui, sous ce titre , vint avec "Villon duper le pauvre barbier de Bourg-la-Reine, qni y tenoit aussi une hôtellerie.
* Il y a , dans la farce de Pathelin , une sortie contre les religieux qui a beaucoup de rapport avec celle-ci.
(1157) Les dévotes sont, je crois, ce qu'on appeloit aussi les Filles- Dieu, communauté qu'établit , dans le commencement du xme siècle, Guillaume de Seignelay, évêque de Paris , pour y retirer plusieurs filles de mauvaise vie que ses prédications avoient converties. (V.P. T. h. 3a.)
( i«9 ) Tant de Paris, que d'Orléans , Tant Turpclins que Turpclines ; 1 1 60 De grasses souppes jacobines Et flans, leurs fais oblation ; Et puis après, soubz les courtines , Parler de contemplation.
huit. cvn.
Si ne suis je pas qui leur donne ; 1 165 Mais du tout en font ce , les mères.
Et puis Dieu ainsi les guerdonne,
Pour qui souffrent peines amères.
Il fault qu'ilz vivent les beaulx pères.
Et mesmement ceulx de Paris.
1 170 Silz font plaisir à noz commères ,
Hz ayment ainsi les maris.
(1159) Turpelins , etc. M. le Duchat pense, et je suis de son avis, qu'il faudroit lire Trupelin et Trupetines , ce qui signifieroit les frères et sœurs du tiers-ordre de saint François , appelés Trupelins, comme on diroit Tiercelin.
(1160) De grasses. Je leur donne des soupes faites avec du bon bouillon , ainsi qu'on les fait aux Jacobins avec des œufs au lait et au sucre.
(n63) Et puis. Je les autorise ensuite à, etc.
(1 164) Si ne suis. Ce n'est certainement pas moi qui leur donne.
(n65) Mais du tout. Ce sont les mères ; les femmes qui fournissent si bien leur couvent.
J'ai mis le vers du Mss c. en mettant font à la place de son qui est une faute de copiste.
(n66) Les guerdonne. Les récompense.
(^171) J/z ayment ainsi. C'est par attachement pour les maris.
HUIT. CVI1I
Quoy que maistre Jehan de Pontlieu En voulsist dire : et reliqua :
Contrainct et, en publique lieu , 1175 Honteusement s1en revocqua.
Maistre Jehan de Mehun se moqua De leur façon ; si feit Mathieu. Mais on doit honorer ce qu'a Honnoré l'église de Dieu.
huit. cix.
11 80 Si me submectzleur serviteur,
En tout ce que puis faire et dire,
A les honorer de bon cueur
Et servir , sans y contredire.
L'homme bien fol est d'en mesdire, 1 185 Car soit à part ou en près cher ,
(1172) Jehan de Pontlieu, écrivain du moyen-âge, dont les productions ne nous sont pas connues.
(1176) Jean de Mehun, continuateur du roman de la Rose, et au* teur d'un testament qui peut-être a donné à Villon l'idée du sien.
(1177) De leur façon. De leurs mœurs; de leur vie, etc. Mathieu. Matheolus , un des poètes du moyen-âge qui ont chanté
les perfidies de l'amour. Il est parlé de lui. J. pi. f. 126. M. le Duchat a cru que Villon vouloit parler de .Mathieu, bénédictin anglais, historien du xme siècle. Ce qui n'est pas vraisemblable.
(1 180) Si me submetz. Je veux , moi , qui suis leur serviteur, les honorer dans mes discours et dans toutes mes actions.
(1184) L'homme. Celui qui dit du mal de ces bons pères est bien fou.
(n85) Soit à part. Soit dans les conversations particulières, soit dans leurs sermons , soit ailleurs. Ils savent user de représailles.
C i$i ) Ou ailleurs , il ne fault par dire Si gens sont pour eux revencher.
huit. ex.
Item je donne à frère Baulde , Demourant à 1 hostel des Carmes,
1 190 Portant chère hardie et baulde, Une sallade et deux guysarmes ; Que Dccosta et ses gens d'armes Ne luy riblent sa Caige vert*, Yieil est : s'il ne quitte les armes,
11 g5 C'est bien le diable de Yauvcrt.
Item pour ce que le Seelleur , Maint estront de mousche a masché , Donne , car homme est de valleur ,
(1190) Portant. Ayant l'air d'un libertin effronté.
(1191) La salade étoit une espèce de casque ; et la guisarme, une pique à double armure.
(1192) Que de costa. Pour empêcher que , etc.
(1193) Ne luy. Ne lui enlèvent sa jeune amie. — Peut-être caige vert étoit-il un nom donné aux filles publiques.
(1195) L'opinion commune étoit que les diables habitoient Vauvert. C'est pour cette raison que l'on appeloit rue d'Enfer celle qui conduisoit en ce lieu.
(11 gj) Estront de mouche. C'est le nom que le poëte donne à la cire sur laquelle le sceau étoit imprimé.
(1198) Homme du valleur. Homme de mérite.
( »9» ) Son seau davantage craché ; 1 200 Et qu'il ait le pouce escaché ,
Pour tout comprendre à une voye ; J'entendz celluy de 1 ev esche, Car des autres , Dieu les pourvoye.
huit. cxn.
Quant de messieurs les Auditeux , 1 2o5 Leur chambre auront lembroysée , Et ceulx qui ont les culz rongneux, Chascun une chaise persée ; Mais qu'à la petite Macée D'Orléans , qui eut ma ceincture , 12 10 L'amende soit bien hault taxée , Car elle est très mauvaise ordure.
HUIT. CXIII
Item donne à maistre Françoys Promoteur de la vacquerie ;
(1199) Davantage craché. Broyé de nouveau dans la bouche, c'està-dire, brisé, détruit.
(1200) Escaché. Foulé , défait.
(1201) Pour tout. Pour comprendre tous mes souhaits dans un seul.
(1202) De l'èvêchè. De l'évêché d'Orléans , dont le juge l'a voit condamné à mort.
(1204) Qaant. Pour ce qui est de.
(i2o5) Leur. Leur salle d'audience sera lambrissée à mes dépens.
(1206) Et ceulx. Et ceux d'entr'eux qui sont galeux auront, etc.
(1208) Mais que. A condition que.
(1211) Mauvaise ordure. Mauvais garnement.
( Ï95 ) Ung hault gorgery d'escossoys ; l a \ 5 Toutesfois sans orfaverie ; Car quant receuL chevalerie, 11 maugréa Dieu et saint George.
Parler iicn oyt, qu'il ne s'en rie, Comme enragé , à pleine gorge.
huit. exiv.
1220 Item à maistre Jehan Laurens , Qui a les povres yeulx si rouges , Par le péché de ses païens , Qui beurent en barilz et courges ; Je donne l'envers de mes bouges
1225 Pour chaseun matin les torcher; S'il fust Archevesque de Bourges Du cendal cust , mais il est cher.
huit. cxv.
Item à maistre Jehan Cotard ,
(1214) Gorgery. Gorgerin , armure destinée à défendre la gorge du chevalier.
(i2\5)Toutesfoys. Cependant sans embellissemens d'or et d'argent.
(1217) II Maugréa. Il blasphéma.
(l 'i 18) Parler n'en oyt. On ne lui en parle jamais.
(1222) Par le pèche. A cause, sans doute, des excèd.
(1220) Qui. Qui burent au barillet et aux gourdes, c'est-à-dire de toutes le-? manières.
(1224) L'envers. Le revers de mes culottes, ou plutôt de mes poches.
(1227) Cendal. Étoffe de soie dont on se servoit pour l'aire des bannières; ce qui aunonce que ce n'éloit ni du velours, comme l'a pensé Laurièrc, ni un taffetas fort mir.ee, comme le dit M. le Dnchat.
( >94 ) Mon procureur en court d'église 9
1280 Auquel doy encore ung patard , À ceste heure je m'en advise , Quant chicanner me feit Denise Disant, que Favoyc mauldite ; Pour son ame , qu'es cieulx soit mise ,
1235 Geste oraison cy jay escripte.
BALLADE VIII