‹ Œuvres. Corrigées et complétées d'après plusieurs manuscrits qui n'étoient pas connus, précédées d'un mémoire, accompagnées de leçons diverses et de commentairesChapitre 29 sur 98 · DES FEMMES DE PARIS · texte numérisé non relu

DES FEMMES DE PARIS

Quoy qu'on tient belles langagières Genevoises, Véniciennes,

(i5o5) Vers que Marot dit avoir refait. J'ai cru devoir mettre sçais au lieu de sçait. — Ce qui signifie : Tarée que je connoi* l'Ecriture sainte, qui défend aux femmes d'annoncer la parole de Dieu.

(1607) Donne. J'autorise à prêcher autre chose que l'Evangile.

(1509) Pour. Pour convertir ces marchandes de fleurs.

f i5n) Mais. Pourvu qu'elle fasse ses sermons hors du cimetière.

(i5ia) Trop. Le marché aux filles est le lieu qu'il lui conviendroit le mieux de choisir.

* Ballade de sa rescription des femmes de Paris. An. gd. niv. et Bo*

(i5»3) Quoy. Quoique les femmes génoises, vénitiennes et surtout les plus vieilles d'entr'elles passent pour bonnes parleuses; assez bonnes pour être ambassadrices.

(i5i5)M.le Duchat n'a pas compris ce vers, lorsqu'il acru que mes«sagère étoit l'équivalent de messagère d'amours.

( Mi )

1 5 1 5 Assez pour estrc messaigères ,

Et mesmement les anciennes ;

Mais soient Lombardes, Rommaines,

Florentines , à mes périlz,

Pymontoises, Savoysiennes , i52o II n'est bon bec que de Paris.

De beau parler tiennent chayères,

Ce dit-on, les appolitaines.

Et que bonnes sont càcquetocres

Almanses, et Bruciennes; i5a5 Soient Grecques, Egyptiennes,

De Hongrie , ou d'autre pays,

Espaignolles, ou Castellannes,

Il n'est bon bec que de Paris, ni* Brettes , Suysscs n'ysçavcnt guères ; i53o Ne Gasconnes, et Tholouzanncs $

De Petit-pont deux harangères ,

Les concluront; et les Lorraines,

(i5i8) A mes périls. Je m'en fais garant.

(i5îo) Il n'est. Il n'y a de bonne langue qu'à Paris.

(i5ai) Tiennent chayères. Donnent des leçons.

(i5aa) Appolitaines. Napolitaines.

(i5a3) Cacquetoères. Parleuses, jaseuses.

(i5a4) Almanses. Les Allemandes et les Prussiennes.

(i5aa) Bretles.ljes Bretonnes et les femmes suisses ne «avent rien

(i53i) De petit. Deux harangères du Pelit-Pont.

(i532) Les concluront. Les mettront à bout,

An gl esches, ou Caîlaisiennes ; Ay je beaucoup de lieux compris?

i535Pi cardes, de Yalencicnncs; Il n'est bon bec que de Paris.

ENVOI

Prince aux dames Parisiennes De bien parler donnez le pris; Quoy qu'on die d'Italiennes , i54o II n'est bon bec que de Paris.

huit, cxxxv.

Regarde m'en deux , trois , assises Sur le bas du ply de leurs robes , En ces monstiers , en ces églises ; Tire t'en près, et ne t'en hobes; i545 Tu trouveras qu'oncques Macrobes Ne feil d'aussi beaulx jugemcns, Entens; quelque chose en desrobes, Ce sont tous bons enseignemens.

(1542) Vers que Marot dit avoir refait. (i545) Monstiers y etc. Eglises de couvent.

(i544) Tire t'en prés. Approche et demeure quelques instans auprès d'elles.

(1547) Entens. Ecoute-les et retiens quelque chose de leurs discours.

HUIT. CXXXVL'

Item et au mont de Montmarrc, i55o Qui est ung lieu moult ancien ; Je lui donne et adjoincts le tertre Qu'on dit de mont Valerien ; Etoultrc plus d'ung quartier d'an Du pardon qu'apportay de Rommc; i555 S'y yra maint bon paroissien

En l'abbaye où il n'entre homme.

huit, cxxxvn.

Item valetz et chamberières De bons hostelz , rien ne me nuyst, Faisans tartres, flans, etgoyères, i56o Et grant rallias à minuict ;

Riens n'y font sept pintes, ne huict Tandis que dorment maistre et dame ; Puis après , sans mener grant bruyt , Je leur ramentoy le jeu dasne.

* Ce huit., tiré du Msstc. , manque dans toutes les éditions.

(1549) H y avoit à Montmartre une abbaye de filles, fondée par Louis VI en n54, qui, du temps de Villon , étoit obérée de dettes et pouvoit bien aussi être un peu relâchée.

(i552) Il y avoit des religieux au mont Valéricn.

(i553) Et ouitre plus. En outre je leur donne trois mois des indulgences, etc.

(i55j) Item valets , etc. A valets et à servantes de bonne maison , qui font (ce qui me chagrine fort peu) des tartes, des flans, des goyères, et de bons repas à minuit. Je puis leur donner, tandis que les maîtres dorment, sept pintes de vin ou huit.

( 3*& ) HUIT. CXXXVIIIi l

1 365 Item et à filles de bien ,

Qui ont pères, mères, et antes, Par m'a me, je ne donne rien , Car j'ay tout donné aux servantes; Se fussent-ilz de pou contentes ;

1 5^0 Grant bien leur feissent maintz lopins f Aux povres filles advenantes , Qui se perdent aux Jacopins.

huit, cxxxix.

Aux Célestins et aux Chartreux,

Quoy que vie meinent estroicte, 1375 Si ont ilz largement entre eulx,

Dont povres filles Ont disette ;

Tesmoing Jaqueline, et Perrette

Et Isabeau qui dit , enné.

Puis qu'ilz en ont telle souffrete, i58o A peine en seroit on damné.

Item à la grosse Margot ,

(i566) Antes. Tantes.

(1569) De pou. De peu.

(1 570) Grant. Elles seroient bien soulagées, si elles avoient ce qui se perd aux Jacobins.

(1571) Advenant es. En âge d'être mariées; bien disposées. (i5j8) Ennê.( Enné est un juron de filles. Marot.)

(1579) Puisqu'il. Puisqu'elles sont forcées d'endurer ces privations. Il est difficile qu'elles se damnent. (Les filles advenantes-.)

( 219 ) Très doulce face et pourtraicturc.

Foy que doy ,B relare Bigod; Assez dévote créature.

i585 Je l'ayme de propre nature, Et elle moy, la doulce sade.

Qui la trouvera d'adventurc , Qu'on luy lise ceste ballade.

BALLADE XIII

Se j'ayme et sers la belle de bon haict, i5go M'en devez vous tenir à vil ne sot? Elle a en soy des biens à fin souhaict. Pour son araour ceings, bouclier et passot. Quant viennent gens , je vous happe le pot,

(i582) Très. Je lui donne.

(i583) Brelart bigod. (En ang'oys, Dieu et Nostre-Dame.Marot.) M. le Duchat voudroit lire frelare , bigod, mots qu'il dit être allemands. Je pense que bigod vient de l'anglois by et god.

(1 584) Assez dévote. Elle est assez bonne, assez aimante créature.

(i585) De propre nature» Par inclination.

(i586) La doulce sade» La charmante beauté.

(1589) De bon haict. De bon cœur, avec plaisir.

(1591) A fin souhaict. Qui peuvent satisfaire tous les désirs.

(1593) Pour. Pour elle je prends mon bouclier et ma lance.

Au vin m'envoys; sans démener grand bruyt.

1595 Je leur tendz eau, frommage , pain, et fruict; S'il payent bien, je leur dy que bien stat, Retournez cy, quant vous serez en ruyt; En ce bourdel, où tenons nostre estât.

iï.

Mais tost après il y a grant deshait , 1600 Quant sans argent s'en vîentcoucher Margot; Veoir ne la puis , mon cueur à mort la

hait.

Sarobeprens, demyceinct, etsurcot, Si luy promet qu'ilz tiendront pour Tescot. Par les costez si se prend, F Antéchrist, 1 6o5 Crie , et jure par la mort Jésuchrist

Que non fera. Lors j'enpongne ung esclat,

(i5g4) Démener. Faire.

(1595) Je leur tendz. Je leur sers, etc. (1696) Que bien stat. Cela va bien ; s'est bien passé. (1597) Ruyt. Rut.

(1599) Grant deshait. Il y a grand déplaisir.

(1602) 5a robe. Je m'empare de sa robe, de son corset et de son manteau.

(i6o4) Par les costez. Elle met ses mains sur ses côtés.

(1606) Que non sera. Que cela n'aura pas lieu. J'ai mis sera au lieu de fera qu'on trouve partout. — J'empognc , etc. Je m'empare d'une buebe.

(1607) Dessus t etc. Je lui en donne sur le nez.

Dessus le nez luy en fais ung escript,

En ce l)Ourdcl où tenons nostre estât.

Puis paix se faict , et me lasche ung gros pet , i6io Plus enflée qu'ung venimeux scarbot. Riant m'assiet le poing sur le sommet, Gogo me dit , et me fiert le jambot.

Tous deux yvres, dormons comme ung

sabot; Et au resveil quand le ventre luy bruyt, i6i5 Monte sur moy , quel' ne gaste son fruyt. Soubz elle geins, plus qu'ung aiz me faict * plat, De paillarder tout elle me destruict ; En ce bourdel où tenons nostre estât.

ENVOI

Vente, gresle, gelle > jay mon pain cuict. 1620 Je suis paillard , la paillarde me duit.

(i6n)Riant. Elle me met en riant le poing sur la tête, comme pour me menacer.

(1612) Godo. Elle me plaisante et me frappe sur le jambot. M. Formey veut qu'on mette gogo au lieu de godo , et fait au lieu de fiert. Il ne paroît pas avoir compris le sens de ce vers.

(i6i4) Bruyre. Brûler.

(i6i5) Quel ne gaste. Crainte de blesser l'enfant qu'elle porte.

(1616) Geins. Suis gisant. Aiz. Planche.

(i§2o)Me duit. Me plaît.

L'ung vault l'autre, c'est à mau-chat

mau-rat.

Ordure amons, ordure nous affuyt.

Nous deffuyons honneur , il nous deffuyt ; En cebourdel où tenons nostre estât.

1625 Item à Marion TYdolle,

Et la grand Jehan ne deBretaigne; Donne tenir publique escolle , Où l'escolier le maistre enseigne.

Lieu n'est où ce marché ne tienne ,

i63o Si non en la grille de Mehun;

De quoy je dy, fy de l'enseigne, Puis que l'ouvrage est si commun.

HUIT, CXLII

Item à Noë le Jolys , Autre chose je ne luy donne , i635 Fors plein poing d'osiers frez cueilliz.

(1621) Amau chat. Achat rusé , rat rusé.

(1622) Nous affuyt. Vient , accourt chez nous.

(1623) Nous deffuyons. Nous fuyons l'honneur et il nous fuit.

(1627) Publique escole. Maison publique.

(1629) Lieu n'est. Il n'y a pas de lieu où elle ne fasse son commerce.

(i63o) Sinon. Excepté dans la prison de Meun.

(i655) Fors. Excepté une poignée d'osiers, fraîchement cueillis, pour le corriger.

Kii mon jardin je l'abandonne.

Chastoy est une belle aulmosne; Ame n'en doit estre marry.

Unze vingtz coups Juy en ordonne, •1640 Par les mains de maistre Henry.

HUIT. CXLIII

Item ne sçay qu'à l'Hostel Dieu Donner , n'aux povres hospitaulx ; Bourdes n'ont icy temps , ne lieu , Car povres gens ont assez maulx.

i645 Chascun leur envoyé leurs os.

Les mandians ont eu mon bye, Au fort ilz en auront les os ; A povres gens menue monnoye,

HUIT. CXLIV

Item je donne à mon barbier , i£5o Qui se nomme Colin Galerne,

(i636) En mon jardin. Je le laisse dans mon jardin, c'est-àdire en prison.

(1637) Chaêtoy. La correction est une bonne œuvre.

(i638) Ame. Personne ne doit être fâché de la recevoir.

(1639) Urne* Je veux qu'il lui soit distribué 220 coups de verges.

(164.0) Par. Par Henri Cousin, bourreau de Paris.

(l643) Bourdes. Ce n'est ni le moment, ni le lieu sur lequel il convient de plaisanter.

(i644) Ont assez maulx. Sont asse? malheureux.

(i6^j)Au fort. Hé bien! ils sont assurés d'en avoir, etc.

(1648) A povres. Après tout il n'est pas nécessaire de donner beau coup aux pauvres gens.

Prés voysin d'Angelot l'herbier ; Ung gros glasson, prins où ? en Marne ; Affîn qu'a son ayse , s'yverne , De Festomach le tienne près.

i655 Se l'yver ainsi se gouverne,

Trop n'aura chault l'esté' d'après.

Item rien aux enfans trouvez ; Mais les perduz fault que console , Qui doivent estre retrouvez, 1660 Par droict, chez Marion lTdolle.

Une leçon de mon escole Leur liray , qui ne dure guière.

Teste n'ayent dure , ne folle , Mais escoutent , c'est la dernière.

(i653) Se yverne. S'il fait froid.

(i655) Se gouverne. S'il se traite ainsi durant l'hiver.

(1657) Item. Je ne donne rien à ceux de mes amis que la justice tient entre ses mains.

(i658) Mais les. Mais il convient que je donne aux autres quelques conseils.

(1659) Qui. Ils doivent être revenus naturellement, etc.

(1661) Une leçon. Un chapitre fort court dé ma morale.

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