LAYS
Au retour de dure prison , Ou j'ay laisse presque la vie , 1775 Se fortune à sur moy envie , Jugiez s 'elle fait mesprison 11 me semble que, par raison, Elle deust bien estre assouvie.
Au retour.
1780 Cecy plaîn est de desraison, Qui vueille que de tout desvie,
(1769) Lcsquelz. Et qui dans l'intérêt de l'état.
(i77i)Les Frères Prêcheurs j ordre institué par S. Dominique, étoient chargés de l'inquisition en France.
*Ce rondeau est imprimé pour la première fois , de même que le huitain suivant. Nous l'avons pris dans le Mss. C.
(1775) Se fortune. Si la fortune est jalouse de mon bonheur.
(1776) Jugiez. Jugez si ce n'est pas par erreur.
(1777) Par raison. Raisonnablement elle devroit être satisfaite. (1780) Cecy. Vouloir que je meurs à tout, c'est déraisonnable.
( s34 ) Plaise à Dieu que lame ravye En soit, Lassus en sa maison, Au retour.
1785 Item, donne à maistre Lomer, Comme extraict que je suis de fée, Qu'il soit bien amé, mais d'amer Fille en chief, ou femme coëffée .
Jà n'en ayt la teste eschauffée.
1 790 Ce qui ne ly couste une noix,
faire ung soir peut, sorz la faffée, En despit d'Augcr le Danois.
Item rien à Jaques Cardon, Car je n'ay rien pour luy honneste.
1795 Non pas qu'il gette à l'abandon
(1782) Plaise. Plaise à Dieu, qu'en retour de mes souffrances, mon âme soil placée là haut dans le ciel.
(1786) Comme. Comme fils de fée , en ma qualité de magicien.
(1788) Fille en chief. Fille coëffée en cheveux , ou femme portant bonnets.
(1789) Jà. Qu'il n'ait jamais.
(1790) Ce qui. Ce qui ne lui coûtera rien.
(i792)£n, etc. Ogier ou Auguier-le-Danois , chevalier d'une bravoure sans égale , qui repoussa les Sarrasins, vengea l'honneur des dames, fit un voyage en paradis , où il trouva la fontaine de Jouvence , et vint mourir à St-Faron de Meaux, dit la chronique.
(i795)GeMeà l'abandon. Dépense follement. ( V. P. T. h. 17.)
( *55 ) Pour la belle bergeronnette ; S'elle eust le chant rnarionetie Faict por Marion la Peau-tarde , Ou, donnez çostre huys Guillemelfe, 1800 Elle allast bien à la moustardc.
Item donne aux amans enfermes , Sans le lay maistre Alain Chartier, A leurs chevetz de pleurs et lermes Trestout fin plain ung benoistier, i8o5 Et ung petit brin d'esglantier
En tout temps verd, pour gouppillon ; Pourveu qu'ilz diront ung Psaultier, Pour lame du pouvre Villon.
Item à maistre Jaques James, 1810 Qui se tue damasser biens ,
(1797) S'elle eust. Si elle savoit la chanson Marionette , qui a été composée pour la vieille Marion, ou bien celle, Donnez votre huys Guillemctle, elle feroit une bonne fille publique.
(1801) Enfermes. Malades languissans d'amour.
(1802) Sans. Outre. Alain Chartier a composé plusieurs pièces galantes , et une pièce entre autres intitulée l'Hospital d'amours. Je pense que c'est de celle là et non du lay de Plaisance, comme le dit M. Le Duchat, que Villon veut parler.
(180:4) Trestout. Un bénitier entièrement plein. {1807) Psauttier. Office canonial.
Donne fiancer tant de femmes Qu'il vouldra, mais d'espouser, riens.
Pour qui amasse-il ? pour les siens.
Il ne plainct fors que ses morceaulx ; 1S1S Ce qui fut aux truyes, je tiens
Qu'il doit de droit estre aux pourceaulx.
HUIT. CLVII
Item sera le Seneschal , Qui une fois paya mes debtes, En recompense, mareschal ; 1820 Pour ferrer oës et canettes.
Je luy envoyé ces sornettes^ Pour soy desennuyer ; combien, Si veult, face en des alumettes :
De bien chanter s'ennuye on bien.
HUIT. CLYIII.
1 825 Item au Chevalier du Guet
Je donne deux beaulx petitz pages ;
Philippot, et le gros Marquet ;
Qui ont servy, dont sont plus sages,
(181 1) Donne fiancer. Je l'autorise à fiancer, et non à épouser,etc. (i8i4) Il ne plainct fors. Il ne regrette que ce qu'il mange. (i8i5) Ce. Ce qu'on a gagné dans la débauche doit être dépensé dans la débauche.
(1820) Oes. Les oies et les canards.
(1821) Combien. Qu'il en fasse s'il veut.
(1824) De. Tout ennuie, même le chant le plus beau.
(1825) Chevalier* Capitaine du guet. (V. P. T. h. 32.)
La plus partie do leurs aages, 18^0 Tristan Prévost des Marcschaulx.
Hélas, s'ilz sont cassez de gaigedl, Aller leur fauldra tous dcschaulx.
Item au Chappelain je laisse
Ma chappelle à simple tonsure, i855 Chargée d'une seiche messe;
Ou il ne fault pas grand' lecture.
Résigne luy eusse ma cure ,
Mais point ne veult de charge d'ames ;
De confesser, ce dit, n'a cure; 1840 Sinon chambrières et dames.
Pour ce que sçait bien mon entente , Jehan de Calays honnorable homme,
(1829) La plus partie. La plus grande partie de leur vie, ce qui les a rendus plus habiles.
(i835) Chappelain. Nom d'un des amis de Villon.
(i834) Le bénéfice à simple tonsure étoit destiné à des clercs étudians, et n'exigeoit pas grande lecture? c'est-à-dire pas beaucoup d'instruction.
(i835) La messe sèche que M. Laurière a pris pour une messe sans rétribution, étoit une messe sans consécration. (V. C. Bona de Rébus Uturgicis, liv. 1, ch. i5.) — Villon veut dire que son bénéfice n'impose pas d'autres obligations que celle de boire et de manger.
(1839) De confesser. Il ne se soucie pas, dit-il, de confesser d'autres personnes que , etc.
( 1 84- 1 ) Mon entente. Mes intentions.
Qui ne me veit des ans a trente,, Et ne sçait comment je me nomme, i845 De tout ce testament en somme, S'aucune y a difficulté, Oster jusqu'au rez d'une pomme, Je luy en donne faculté.
De le gloser et commenter; i85o De le diffinir, ou prescripre ;
Diminuer, ou augmenter ;
De le canceller, ou transcripre,
De sa main, ne sceust il escripre ;
Interpréter, et donner cens, i855 A son plaisir, meilleur, ou pire ;
De poinct en poinct je m'y consens.
Et s'aucun, dont n'ay congnoissance Estoit allé de mort à vie ;
(i843) Qui. Qui ne m'a jamais vu.
(1847) Oster. D'applanir toutes les difficultés , en sorte qu'il n'y ait pas plus à chicaner dans mon Testament , qu'il n'y a à tondre sur une pomme.
(1849) De le. Je l'autorise à l'expliquer et à le commenter.
(i85o) Diffinir. Expliquer. Prescripre. Déterminer.
(i85a) Canceller. Le barrer, y effacer.
(i856) De poinct. Je consens article par article à tout cela.
(1857) Et s'aucun. Et si quelqu'un de mes légataires, ce que j'ignore, étoit , etc.
(i858) Estoit. Ce vers renferme un gros calembourg.
( *39 ) Au dict Calais donne puissance, 1 860 Affin que Tordre soit suy vie , Et mon ordonnance assouvie , Que ccste aulmosne ailleurs transporte, Sans se l'appliquer par envie; A son ame je m'en rapporte.
i865 Item j'ordonne à saincte A voye, Et non ailleurs , ma sépulture :
Et affin que chascun me voye, Non pas en chair , mais en paincture ; Que l'on tire ma pourtraicture
1870 D'ancre, s'il ne coustoit trop cher. De tumbel? rien. Je n'en ay cure ; Car il gréveroit le plancher.
Item vueil qu'autour de ma fosse
(1861) Assouvie. Exactement accomplie.
(i863) Par envie. Par cupidité.
(1864)^ son. Je m'en rapporte à sa conscience.
(i865) Saincte Avoye. Communauté religieuse dont la chapelle étoit au premier.
(i8jo) D'ancre. Avec de l'encre , etc.
(1871) De tumbel. Quel monument funèbre ? Aucun. Je m'en passerai ; car il chargeroit trop le plancher.
Tumbel est encore un de ces mots dont M. Formey n'a donné l'explication qu'en hésitant , parce qu'il ne l'avoit pas trouvé dans les glossaires. (V. Mcm. S., p. i,n. 11.)
Ce ques'ensuyt, sans autre histoire, 1875 Soitescript, en lettre assez grosse; Et, qui n'auroit point d'escriptoire, De charbon soit, ou pierre noire Sans en rien entamer le piastre :
Au moins sera de moy mémoire, 1880 Telle qu'il est d'ung bon follastre.
Cy gist et dort en ce sollier, Qu'amour occist de son raillon, Ung pouvre petit escollier, Jadis nommé François Villon :
i885 Oncques de terre n'eut sillon.
Il donna tout, chascun le sçet, Table, tretteaulx, pain, corbillon.
Gallans, dictes en ce verset.
(1874) Sans autre histoire. Et rien de plus.
(1876) Et qui. Et si Ton n'a pas d'écritoire, qu'on le trace au charbon , etc.
(1881) Sollier. C'étoit la partie supérieure delà maison.
(1883) De son raillon. De ses dards.
(1888) Gallans. Bons vivans , dites pour lui la prière suivante.