DU FRANC ARCHIER DE BAIGNOLLET
AVliC SON ÉP1TAPIIK.
i C'est à meshuy, j'ay beau corner ; Or ça, il s'en fauU retourner, Maulgré ses dentz , en sa maison.
Si ne vis-je pieça saison , 5 Ou j'eusse si hardy couraige ,
Que j'ay. Par la mor bieu, j'enraige Que je n'ay à qui me combattre...' Y-a-il homme ? Qui à quatre , Dy-je ? y-a-il quatre qui veullcnt 10 Combatre à moy ? se tost recueillent Mon gantelet ; vêla pour gaige.
Par le sang bieu, je ne crains paige , S il n'a point plus de quatorze ans.
(1) C'est à meshuy. C'est inutilement que j'appelle des combattan». (8) Qui a quatre d'y-je ? Que dis-je , veut-on venir avec quatre.
J'ay autresfoys tenu les rencz , 1 5 Dieu mercy, et gaigné le pris
Contre cinq Àngloys que je pris ,
Povres prisonniers desnuez ,
Si tost que je les eu ruez.
Ce fut au siège d'Alençon.
20 Les troys se misrent à rançon,
Et le quatriesmc s'enfuit.
Incontinent que l'autre ouyt
Ce bruit , il me print à la gorge.
Se je n'eusse crié sairict George, 25 Combien que je suys bon Françoys ,
Sang bieu il m'eust tué , ançoys
Que personne m'eust secouru.
Et quant je me senty féru,
D'une bouteille qu'il cassa 3o Sur ma teste , venez va ça ,
Dis je lors , que chascun s'appaise ,
Je ne quiers point faire de noise ,
Ventre bieu , et beuvohs ensemble.
Posé soit ores que je tremble , 35 Sang bieu ! je ne vous crains pas maille
(26) Ancoys. Avant que , etc.
(34) Posé soit. Quoique en ce moment je tremble de peur.
(55Ï Pas maille. Pas le moins du monde.
Cy dit ung quidem par derrière les gens , Coquericoq.
Q'uesse cy ? j'ay oiiy poullaillq
Chanter chez quelque bonne vielle ;
11 convient que je la resveille.
Poullaille font icy leurs nitlz !
4o C'est du demourant d'Ancenys ,
Par ma foy, ou de Champ-toursé.
Hélas ! que je me vis coursé ,
De la mort d'ung de mes ncpveux !
J'euz d'ung canon par les cheveux, 45 Qui me vint cheoir tout droit en barbe ;
Mais je m'escriay saincte Barbe ,
Vueille moy ayder, à ce coup,
Et je t'ayderay l'autre coup.
Adonc le canon m'esbransla ; 5o Et vint ceste fortune là
Quant nous eusmes le fort conquis.
Le Baronnet et le Marquis ,
(4o) C'est. C'est quelqu'un qui a survécu à la bataille d'Ancenis , ou , elc.
(4a) Hdas. Hélas I que je fus ce jour-là aftligé.
(44) J'euz. Je reçus dans les cheveux une balle,,
(45) Qui. Laquelle vint tomber devant moi.
( fa )
Cran , Curso , l'Aigle et Bressoyère , Acoururent pour veoir l'histoire ,
55 La Rochcfouquault, l'Amiral, Aussi Benil son atirail , Pontièvre , tous les capitaines Y deschaussèrent leurs mitaines De fer, de peur de m'affoler;
60 Et si me vindrent acoler
A terre, ou j'estoye meshaignc.
De peur de dire il n'a daigné , Combien que je fusse malade Je mis la main à la salade ,
65 Car eF m'estouffoit le visai ge , Ha ! dist le Marquis , ton outraige Te fera une foys mourir ; Car il m'avoit bien veu courir Oullre Fost, devant le chasteau.
70 Hélas! g'y perd y mon manteau ; Car je cuidoye d'une poterne , Que ce fust l'huys dune taverne.
Et moy tantost de pietonner ,
(56) Aussi , etc. Benil vint aussi avec sa suite. (58) K, etc. Quittèrent leurs gantelets de fer lorsqu'ils vinrent me relever.
(5g) De peur. Crainte de nie blesser.
(66) Ton outraige. Ton courage téméraire. (69) Oultre l'ost. Hors du camp.
t7a) Que ce fust l'huys. Que ce fut la porte.
( 4*5 ) Car quant ou oyt clarons sonner,
7!) Il n'est couraige qui ne croisse. Tout aussi tost; ou esse? ou esse?
Et à brief parler , je m'y fourre Ne plus , ne moins qu'en une bourre.
Si ce n'eust este la brairie ,
78 Du costé devers la prairie ,
Qui disoit, Pier'quc faictes vous ?
De nos gens qui crioient trestous , N'assaillez pas la basse court Tout seul , je l'eusse prins tout court
85 Certes; mais s'eust esté outraigc. Et se ce n'eust esté ung paige , Qui nous vint trencher le chemin , Mon frère d'armes, Guillemin Et moy, Dieu luy pardoint pourtant;
90 Car quoy il nous en pend autant A l'œil , eussions sans nulle faille , Frappé au travers Ja bataille Des Bretons , mais nous apaisâmes Noz couraiges et recullames :
g5 Que dy-je ? non pas reculer :
Chose dont on ne doybt parler.
Ung rien jusque au lyon d'Angiers ,
(78) Ne plus, etc. Avec la même ardeur que si c'eut été la boutique d'un pâtissier. Je ne suis pas assuré que telle est la signification de bourre.
( 4*4 ) Je ne craignoyc que les dangiers
Moy , je n'avoye peur d'aultre chose ;
i oo Et quant la bataille fut close D'artillerie grosse et gresle , Yous eussez ouy peste, mesle, Tip , tap , sip , sap à la barrière Aux esles , devant et derrière.
io5 J'en eu d'ung parmy la cuirace.
Les dames qu' estoycnt en la place, Si ne craignoyent, que le coullart.
Certes j'estoye ung bon paillart :
J'en avoyc ung si portatif,
no Se je n'eusse esté si hastif
De mettre le feu en la pouldre , J'eusse destruit et mis en fouldre Tout quanque avoit de damoiselles.
11 porte deux pierres jumelles
n5 Mon coullart, jamais n'en a meins.
Et dames de joindre les mains, Quant ilz virent donner l'assault.
Les ungs si scrvoyent du courtault Si dru , si net , si sec que terre.
1 20 Et puis quoy ? parmy ce tonnerre ,
(107) Si ne, etc. Elles ne craignoient que d'être violées. (112) Je me crois dispensé d'opliquer ce vers et quelques-uns de ceux qui suivent.
(n3) Tout quanque. Tout ce qu'il y avoit.
( 4*5 ) Eussez ouy sonner trompilles,
Pour faire (lancer jeunes filles,
Au son du courtault haultcment.
Quant g* y pense, par mon serment, 12!) C'est vaine guerre qu'avec femmes ;
J'avoye tousjours pi tic des dames .
Yeu q ung courtault tresperce ung mur,
Hz auroyent le ventre bien dur
S'il ne passoit oultrc, Pensez i3o Qu'on leur eust faict du mal assez,
Se len n'eust eu noble couraige.
Mesmes ces pchons de villaige ,
J'entens pehons de plat pays ,
Ne se fussent point esbalûs i35 De leur mal faire; mais nous sommes
Tousjours , entre nous gentilz hommes ,
Au guet dessus la villenaille.
J'etoye pardeça la bataille
Tousjours la lance , ou boutaille , i4o Sur la cuisse : c'etoit merveille ;
Merveille de me regarder.
(121) Trompilles. Instrumens de musique bourgeoise.
(i23) Au son du courtault. Le courtaud étoit un instrument de musique qui servoit, dit-on, de basse aux musettes. C'etoit aussi le nom d'un instrument de guerre. Le poëte jouant sur ce mot lui donne encore une nouvelle signification.
(102) Ces pehons. Ces vilains, cesmanans.
(137) Au guet. Surveillant cette canaille de paysans.
• i?>ç)) Boutaille. Espèce d'arme offensive.
( 4^6 ) Il vint ung Breton cstrader Qui fais oit rag(
5e d'une lance :
e jeune enfance
i45 Les rains rompus, c'estoit dommaige, Il vint tout seul , par son oultrage , Estrader par mont et par val , Pour bien pourbondir ung cheval II faisoit feu, et voire flambe.
i5o Mais je luy tranchy une jambe
D'ung revers , jusques à la hanche.
Et fis ce coup là au Dimenche.
Que dy-je? unglundy matin.
Il ne servoit que ie satin ,
i55 Tant craignoit à grever ses reyns.
Voulentiers frappoit aux chamfrains D ung cheval , quant venoit en jouste Ou droit à la queue, sansdoubte.
Point il ne frappoit son roussin ,
ï6o Pource qu'il avoit le farcin ,
Que d'ung baston court et noaillcux , Dessus sa teste et cheveulx ,
(142) Estrader. Courir, galopper devant nous. (i46) Oultrage. Courage téméraire.
(i48) Pourbondir. Faire caracoller.
(149) Ed. mod. Foire et fiambe.
(i54) // ne servoit. Il ne s'annoit , ne se vêtoît que de satin. (i55) A grever. De fatiguer ses reins qui étoienl rompus. (i56) Voulentiers. Lorsqu'il joutoit il portoit ses coups de lance assez ordinairement de travers.
( 4*7 ) De peur de le faire clocher.
Aussi de peur de tresbucher , i65 llalloitson beau pas trie, trac ,
Et ung grant panon de bissac
Voulentiers portoit sur sa teste.
D'ung tel homme fault faire feste ,
Autant que d'ung million d'or.
170 Gens darme , c'est ung grant trésor ;
S'il vault riens il ne fault pas dire.
J'ay fait raige avec la Hire.
Je l'ay servy , trestout mon aage.
Je fus gros vallet , et'puis page , 175 Archier, et puis je pris la lance:
Et la vous portoye sur la pense ,
Tousjours trousse comme une coche.
Et puis monseigneur de la Roche
Qui Dieu pardoint, me printpour paige.
180 J'estoye gent et beau de visaige ,
Je chantoye et brouilloye des flustes ;
(166) Panon de bissac. Sa tète étoit couverte d'un quartier de toile.
(168) D'ung tel. Quand on rencontre un chevalier k'x fort et si bien armé , il faut se réjouir.
(172) Ed. mod. J'ay fait raige. — La Hire, vaillant capitaine , sous Charles VII.
(177) Tousjours troussé. Toujours appliquée, disposée comme si c'eût été une coche. La coche étoit une baguette de bois applatie , dont les femmes se servoient alors en guise de buse et de corset pour faire leur taille.
( 4^8 ) Et si tiroye entre deux butes :
A brief parler , j'estoye ainsi Mignon comme cest enfant s'y ; i85 Je n'avoys pas gramment plus d'aage. Or ça, ça , par ou assauldray-je Ce coc que jay ouy chanter ?
A petit parler , bien vanter ; Il fault assaillir cest hostel.
s mi.
Adonc apperçoit le franc archier ung espoventail de cheneviere faict en façon dung gendarme , croix blanche devant , et croix noire derrière , en sa main tenant une a? baies te.
( À part.)
190 Ha ! le sacrement de l'autel , Je suis affoibli, qu'esse c'y !
(A l'épouventail. )
— Ha! monseigneur, pour Dieu, mercy !
Hault le trait! qu'aye la vie franche!
Je voy bien , à vostre croix blanche ,
(182) Et si. Et je savois tirer aux butes sans les atteindre.
(i85)Ed. mod. Je n' avois gramment , etc.
(188) A petit parler. Parlons peu , et vantons , etc.
(190) Le sacrement de Vaatel. Serinent. Jésus-Christ dans l'hostie.
(191) Jesuis. Mes forces m'abandonnent.
(193) Hault le trait. Cesser de viser sur moi.
( 4*9 ) icp Que nous sommes tout d'uug parly.
— Dont tous lez diables csl il sorly Tout seulet , ainsi effroyé.
(A l'épouventail.)
— Comment estes vous desvoyé?
Mettez jus , je gage l'amende.
200 Et pour Dieu, mon amy , desbende , Au hault ou au loing ton baston.
§ iv.
Adonc il advise sa croix noire.
Par le sang bieu , c'est ung Breton , Et je dy que je suis Françoys !
Il est fait de toy ceste foys.
(A l'épouventail.)
2o5 — C'est Pernet , du party contraire. Hcn ! Dieu, et ou voulez vous traire?
Vous ne sçavez pas que vous faictes ,
(195) Que nous. Nous sommes l'un et l'autre soldats du même prince.
(197) Ainsi effroyé. Effarouché avec cet air menaçant.
(1 98) Desvoyé. Comment se fait - il que vous ayez quitté votre bannière.
(198) Mettez. Déposez vos armes , c'est moi qui payerai l'amende.
(201) Ton baston. Ton arme.
(îo3) Et je dy. Et moi je suis français.
(ao5) C'est Pernet. Je suis Pernet comme vous du parti ennemi.
(206) Ben ! Hola ! Et sur qui voulez-vous tirer.
Dca je suis Breton , si vous Testes ,
Vive sainct Denis , ou sainct Yve , 210 Ne m'en chault qui , mais que je vive.
Par ma foy monseigneur, mon maistre ,
Se vous voulez sçavoir mon estre ,
Ma mère fut née d'Anjou ,
Et mon père je ne sçay d'où , 2 1 5 Sinon que j'ouy reveller ,
Qu'il fut natif de Montpelier.
Comment sçauray-ge vostre nom ?
Monseigneur Rollant , ou Yvon ?
Mort seray quant il vous plaira .
(A part.)
220 — Et comment! il ne cessera Meshuy de me persécuter, Et si ne me veult escouter.
(A l'épouventail.)
— En l'honneur de la passion De Dieu , que j'aye confession ;
225 Car je me sens ja fort malade.
Or tenez 1 vêla ma salade -, Qui n'est froissée ne couppée , Je la vous rens et mon espée , Et faictes prier Dieu pour moy.
s3o Je vous laisse , sur vostre foy ,
(212) Mon estre. Qui je suis , ce que je suis. (226) Ma salade. Mon casque.
(23o) Je vous. Si vous me tuez je laisse sur votre conscience l'acquit d'un vœu que , etc.
Ung vcu que je doibs à sainct Jacques. Pour le faire prendrez mon Jacques , Ma ceinture et mon cornet.
(A part.)
— Tu meurs bien maulgré toy , Pcrnet , 235 Voire maulgré toy et à force,
Puis qu'endurer faull cestc force.
(Au public.)
— Priez pour l'âme s'il vous plaist Du franc archicr de Raignolet, Et m'escripvez, à ung paraphe, i?4o Sur moy ce petit épitaphe.
Cygist Perriet le franc archîer ,
Qui c'y mourut sans des marcher ,
Car défaire n'eut onc espace.
Lequel Dieu , par sa saincte grâce , 245 Mette es cieulx açecques les ornes
Des francs archiers , et des gens d'armes
Arrière des arb aie s trier •s.
Je les hay tous , ce sont meurdriers ,
Je les congnois bien de pieça , 25o Et mourut Van qu'il trespassa.
(235) Voire maulgré toy. Oui vraiment malgré toi.
(î36) Ceste force. Cette violence.
(339) A ung paraphe. Avec une paraphe.
(a40 Ed. mod. Cy gist Pentct, le franc archier.
(342) Sans desmarchfir. Sans reculer.
( 432 ) Yela tout , les motz sont très beaux.
Or vous me lairrez mes hoseaulx ; Car se j'alloye en paradis A cheval , comme fist jadis 255 Sainct Martin , et aussi sainct George , J'en seroye bien plus prest. Or je Yous laisse gantelet et dague ; Car au surplus je n'ay plus bague De quoy je me puisse deffendrc.
(A l'épouventail.)
260 — Attendez , me voulez vous prendre En desaroy , je me confesse A Dieu , tandis qu'il n'y a presse , A la vierge et à tous sainetz.
(A part.)
— Or meurs-je les membres tous sains , 265 Et tout en bon point , ce me semble.
Je n'ay mal , sinon que je tramble
De peur , et de malle froidure,
Et de mes cinq cens de nature.
Cinq cens , ou prins qui ne les emble ; 270 Je n'en veiz onques cinq cens ensemble
(255) J'en seroye. Si je devois aller en paradis à cheval , je serois mieux équipé pour le voyage ayant mes bottes.
(261) En dêsaroy. Avant que j'aie mis ordre à mes affaires.
(267) Malle froidure. Glacé par la peur.
(269) Cinq cens. Il joue sur le mot de cent , qui dans le vers précédent signifie sens , et dans celui-ci signifie : cinq fois cent. — Ou prins. Où les prend-on quand on ne les vole pas.
Par ma loy , n'en or n'en monnove .
Pour néant m'en coiifcsscroyc ;
Oncqucs ensemble n'en veiz deux.
Et de mes sept péchez inorteux , 275 II fault bien que m'en supportez ,
Sur moy je les ay trop portez ;
Je les metz jus, avec mon Jacques.
J'eusse attendu jusques à pasques,
Mais vecy ung avancement.
280 Et du premier commendement
De la loy , qui dit : qu'on doibt croire ,
Non pas l'estoc , quant on va boire ,
Cela s'entend, en ung seul Dieu.
Jamais ne me trouvay en lieu 7 285 Ou g' y creusse mieulx , qu'a cestc heure ;
Mais qu'a ce besoing me secueure.
(A l'épouventail.)
Ne desbendez je ne me fuys.
(A part.)
Hélas ! je suis mort où je suis.
Je suis aussi simple , aussi coy 290 Comme une pucelle; car quoy Dit le second commendement Qu'on ne jure Dieu vainement.
(2j5) Il fault. Il faut bien que vous me donniez letemps de m'en confesser.
(282) Non pas l'estoc. Non à la vigne quand on va boire du vin , mais en Dieu , cela s'entend.
(289) Je suis. Je suis aussi innocent , aussi tranquille.
Nonay-je en vain, mais très ferme T Ainsi que fait ung bon genderme ;
2o,5 Car il n'est rien craint s'il ne jure. Le tiers nous enjoingt et procure , Et advertist et admonneste, Que on doit bien garder la feste ; Tant en hyver que en esté
3oo J'ay tousjours faict voulentiers feste , De ce ne mentiray-je point.
Et le quati iesme nous enjoingt !
Qu'on doit honnorer père et mère : J'ay tousjours honnoré mon père,
3o5 En moy congnoissant gentilhomme De son costé, combien qu'en somme Sois villain , et de villenaille.
(A l'épouventail.)
— Et pour Dieu, mon amy , que j'aille Jusques amen ; miséricorde !
3io Relevez ung peu, vostre corde , Ferez que le traict ne me blesse.
(A part.)
— Item morbieu , je me confesse Du cinquiesme , sequentement :
Deffend-il pas expressément 3i5 Que nul si ne soit point meurtrier ?
f A l'épouventail.)
— Las! mon seigneur l'arbalestrier ,
(3i 1) Ferez. Tirez de manière à ce que la flèche ne blesse pas»
( 455 ) Gardes bien ce commencement ; Quant à moy , par mon sacrement , Meurdrc ne fis onc qu'en poulaille.
(A part.)
3ao — L'aultre commendement nous baille Qu'on n'emble rien : ce ne fis oneque , Car en lieu , n'en place quelquoncques Je n'euz loysir de rien embler.
J'ay assez à qui resembler:
325 En ce point je n'ay point meffait ; Car se l'en m'eust pris sur le fait, Dieu sçet comme il me fust mescheu.
Cy laisse tomber à terre l espov entai l celluy
qui le tient
(A l'épouventaiL)
Las monseigneur ! vous estes cheu !
Jésus ! et qui vous a bouté?
33o Dictes, se n'ay-je pas esté
Vrayement , ou diable ne m'emporte.
Au cas , dictes : je m'en raporte , A tous ceulz qui sont c'y , beau sire , Affin que ne vueillez pas dire ,
(52i) Qu'on n'cmblc rien. Qu'on ne vole rien. (Sag) Et qui. Et qui est-ce qui vous a poussé. (33o) Dictes. Dites : ce n'est pas moi, je vous l'assure. (33a) Au cas. Au reste , si vous en doutez , parlez.
( 436 ) 335 Que c'est demain , ou pour demain. Au fort baillez moy vostre main , Je vous ayderay à lever.
Mais ne me vueillez pas grever , J'ay pitié de vostre fortune
S vi.
Cy apperçoyt le franc archier , de Vespov entait que ce ri est pas ung homme.
34o Par le corps bieu ! j'en ay pour une ; Il n'a pie , ne main , il ne hobe, Par le corps bieu î c'est une robe Plaine , de quoy ? charbieu ! de paille. Qu'esse c'y morbieu , on se raille ,
345 Se cuiday-je , des gens de guerre ; Que la lièvre quartaine serre Celluy qui vous a mis icy.
Je le feray le plus marry Parla vertu bieu , qu'il fut oneques.
35o Se mocque-on de moy quelconques.
(535) J'ai mis c'est au lieu de se. — Que c'est. Que c'est résistance de ma part , ou que je cherche à vous résister ? (336) Au fort. Au reste, donnez-moi.
(34i) 11 ne hobe. Il ne bouge.
(343) Charbieu. Chair de Dieu. Jurement. (348) Le plus marry. Le plus triste.
(35o) Quelconques. Est-il quelqu'un qui, etc.
( 4*T ) Et ce n'est, j'advoue sainct Pierre ,
Qu'espovcntail de chenevière
Que le vent a c'y abatu.
La mort bicu , vous serez batu 355 Tout au travers de ceste espée.
Quant la robbe seroit couppée ,
Ce seroit ung très grant dommaige.
Je vous emporteray pour gaige ,
Toutesfoys après tout hutin.
36o Au fort ce sera mon butin ,
Que je rapporte de la guerre.
On s'est bien raillé de toy , Pierre ,
La charbieu saincte et béniste ,
Yous eussiez eu l'assault bien yiste 365 Se j'eusse sçeu vostre prouesse :
Vous eussiez tost eu la renverse ,
Voire quelque paour que j'en eusse.
Or pleust à Jésus que je fusse
A tout cecy en ma maison.
370 Qu'il poise ! mengié à foison
De paille , elles chiet par derrière.
C'est paine pour la chamberière
De la porter hors de ce lieu.
(35 1) J'advoue saint Pierre. Comme il est vrai que je reconnois la primauté de saint Pierre.
(059) Touslesfoys. Pourvu cependant qu'on ne vienne pas vous retirer.
(36p) A tout. Avec tout .ceci.
(Au public.)
— Seigneurs , je vous comment à Dieu, 375 Et se l'on vous vient demander, Qu'est devenu le franc archier ; Dictes qu'il n'est pas mort encor , Et qu'il emporte dague et cor Et reviendra par c'y de brief.
38o A dieu ; je m'en vois au relief.
(38o) Je m'en vois. Je vais au.
FIN DU MONOLOGUE DU FHANC ARCHIKR DE BA1GNOLLET.
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