AU LECTEUR
Isabelle , fille de Charles Ier, duc de Bourbon, l'un des protecteurs du poète François Villon , comme on le voit par une requête ingénieuse qui lui est adressée (a), avoit été mariée, en î^o^h. Charlcs-le-Téméraire, duc de Bourgogne. De cette union naquit, le i3 février 14^7, la princesse MARIE, qui, depuis, épousa Maximilien, archiduc d'Autriche.
La grossesse d'Isabelle dut être d'autant plus agréable au duc , son époux , que , n'ayant pas eu d'enfans de son premier mariage, il pouvoit, après deux ans de stérilité , craindre avec raison de ne pas en avoir de celui-ci.
François Villon sut mettre à profit une circonstance qui pouvoit lui être favorable. Condamné à être pendu par sentence du Châtelet (L), il demanda, au nom de l'enfant , et sans doute par l'intermédiaire de la mère, que le duc employât son crédit auprès du parlement chargé de vider un appel dont le succès lui paroissoit fort douteux (c).
Il est à présumer que la haute protection dn prince détermina le parlement à user d'indulgence. La peine de mort fut commuée en celle de bannissement.
(a) OEuv. dir. , pag. 019.
(b)Mém. ir« part. , n° 12.
(C)T. Ballade, pag. 309.
Le poète reconnoissant , après avoir remercié la cour (a), et vraisemblablement le duc et la duchesse de Bourgogne , crut devoir chanter la naissance d'une princesse de qui il tenoit en quelque sorte, la vie.
Ce petit poëmeest dans \eMss. des poésies de Charles d'Orléans dont nous avons extrait la Ballade Paillon (b). Le dernier vers porte le nom de l'auteur (c), précédé d'une qualification qu'il affectionnoit (d). La confiance que nous avions cru pouvoir donner à une table faite, en apparence, avec beaucoup de soin, nous auroit empêché de le découvrir, si M. Aug. Soulié, conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal , n'avoit eu la bonté de nous l'indiquer.
Nous avons eu deux Mss. sous les yeux. On s'apercevra par nos notes que nous les avons corrigés l'un par l'autre, lorsqu'ils s'écartoient du sens naturel.
Dans l'un des Mss, cette pièce n'a pas de titre , et dans l'autre elle est, on ne sait pourquoi , précédée du mot Balade. Nous avons cru pouvoir l'intituler : Le Dit de la Naissance Marie de Bourgogne.
£") Ballade , pag. 3 12.
(b) OEuv. div. , pag. 329.
(c) V. Mém. , ire pag., n° 5.
(J) V. P. T., pag. 65 , et G. T. , pag. 240.
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