‹ Œuvres. Corrigées et complétées d'après plusieurs manuscrits qui n'étoient pas connus, précédées d'un mémoire, accompagnées de leçons diverses et de commentairesChapitre 98 sur 98 · DOUBLE BALLADE · texte numérisé non relu

DOUBLE BALLADE

Combien que j'ay lcu en ung dit , 5o Inimicum putes , y a,

Qui te présentera laudabit , Toutesfois , non obstant cela , Oncqucs vray homme ne cela En son courage , aucun grant bien , 55 Qui ne le monstra çà et là ; On doit dire du bien, le bien.

Saint Jehan-Baptiste ainsi le fist , Quant l'aignel de Dieu descela. En ce faisant pas ne meffist :

60 Dont sa voix es tourbes vola, De quoy saint André Dieu loua,

(49) Combien. Quoique j'aie lu dans un écrit, où il est dit , vous tiendrez pour ennemi celui qui fera votre éloge en votre présence.

(53) Oncqucs. Jamais homme véridique ne s'abstint de rendre justice au mérite dont il avoit connoissance. — Courage. Cœur.

(5j) Saint. Telle fut la conduite de saint Jean-Baptiste.

(58) Descela. Fit connoître le Fils de Dieu.

(60) Es tourbes. Parmi le peuple.

(61) De yuoy. Ce qui convertit et attacha au service de Dieu saint André , qui ne le connoissoit pas.

( 47G ) Qui de lui cy ne scavoit rien ,

Et au Fils de Dieu s'aloua :

On doit dire du bien , le bien.

65 Envoyée de Jhésucrist , Rappelles, sa jus, par deçà Les povres que rigueur proscript Et que fortune bétourna.

Cy sçay bien comment y m'en va.

70 De Dieu , de vous vie je tien.

Benoist celle qui vous porta ; On doit dire du bien, le bien.

Gy devant Dieu fais congnoissance Que créature feusse morte ,

75 Ne feust vostre doulce naissance En charité puissant et forte , Qui ressuscite et reconforte Ce que mort avoit prins pour sien.

Yostre présence me conforte ;

80 On doit dire du bien , le bien.

(66) Rappelles , etc. Sur la terre où tu parois, ramène de son exil celui qu'une sentence trop rigoureuse proscrit , et dont la fortune a renversé l'existence.

(69) Cy. Je sais fort bien comment je suis dans mon exil.

(-3)Cy. Je reconnois ici, en présence de Dieu, que moi, créature.

(79) Me conforte. Me console et rend à la Tie.

Cy vous rcns toute obéissance , Ad ce l'aire raison me porte, De toute ma povre puissance ; Plus n'est deul qui me desconforte , 85 N'autre ennuy de quelconque sorte.

Vostre je suis et non plus mien ; A. ce, droit et devoir nTenhorte :

On doit dire du bien , le bien.

O grâce et pitié très-immense , 90 L'entrée de paix et la porte , Some et bénigne clémence , Qui noz faultes toust et supporte, Cy de vous louer me déporte , Ingrat suis, et je le maintien :

95 Dont en ce refrain me transporte; On doit dire du bien, le bien.

ENVOI

Princesse , ce loz je vous porte Que sans vous je ne feusse rien.

(82) Me porte. Un Mss. M'exorte.

(84) Deul. Il n'y a plus de chagrin qui abatte mon âme.

(91) Some tt. Il ne faut pas élider \'e final de some. — Clémence auguste et bénigne qui te charge, et porte , etc. — Dans l'un des Mss, il y â source et bénigne.

(9^) ty Si je cesse de vous louer, je serai un ingrat. Un M»s. Louez.

( 4;8 ) A vous , et à vous m'en raporte ;

100 On doit dire du bien , le bien.

Euvre de Dieu digne , louée , Autant que nulle créature , De tous biens et verluz douée Tant d'esperit que de nature , io5 Que de ceulx qu'on dit d'aventure ; Plus que rubis noble 7 ou balais ; Selon de Caton l'escripture , Patrem insequitur proies.

Port assuré , maintien rassiz i jo Plus que ne peut nature humaine ,

Et eussiez des ans trente siz.

Enfance en rien ne vous demaine :

Que jour ne le die et sepmaine

Je ne sçay qui le me deffant.

1 15 Ad ce propos ung dit ramaine :

De saige mère, saige enfant.

(101) Digne. Aussi parfait et digne d'éloges.

(io5) Biens d'aventure. Qualités accidentelles.

(106) Plus. Plus noble, plus distinguée que le rubis et le balais.

(108) Patrem , etc. L'enfant doit ressembler au père.

(109) Port asseurè.Vousavezleetc, autant que si vous aviez 56 ans. (ïi4) Enfance. Il n'y en a vous rien de l'enfant. Jc'ne sais ce qui

m'empêche de le répéter continuellement. Un Mss. Je n'estay. (11 5) Vng dit. Un proverbe.

( 479 ) Dont résume ce que j'ay dit.

Nova progenies celo, Car c'est du po'ete le dit , 120 Jamjàm demiiliiu7, alto.

Saige Cassandre, bel Écho, Digne Judith, caste Lucresse Je vous congnois , noble Dido , A ma seule dame et maistresse.

i25 En priant Dieu, digne pucelle,

Qui vous doint longue et bonne vie ;

Qui vous ayme mademoiselle,

Jà ne coure sur luy envie.

Entière dame et assouvie , i3o J'cspoir de vous servir ainçoys ,

Certes , se Dieu plaist, que dévie.

Yostre povre escolier Françoys.

(121) Saige Cassandre. Enfant qui avez la sagesse de Cassandre , la beauté de la nymphe Echo , le courage héroïque de Judith, la chasteté de Lucrèce et la noblesse de Didon, je vous prends , dès ce jour, pour ma seule , etc.

(128) Jà ne coure. Mais qu'il n'ait jamais le dessein de vous rappeler à lui.

(129) Entière. Dame parfaite et accomplie. J'espère, s'il plaît k Dieu , de vivre assez pour vous servir.

(i3o) Povre escolier françoys. ( V. Mém., ire part., n° 5 , et OEuv. * p. 65 , 240 , 3o5 , 5o6.)

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