‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 84 sur 86 · ELOGE DE M. DOUJAT · texte numérisé non relu

ELOGE DE M. DOUJAT

familier. Pline assure que les singes rencontrant un miroir en leur chemin, s'y arrêtent. Je ne penserai jamais qu'il y ait ici personne si farouche, que ce même objet ne puisse retenir. Mais il y a bien davantage , car j'ose vous promettre que comme le miroir du grand Cosme , dont l'histoire de Florence fait mention , représentoit à ceux qui s'y regardoient , le grand Cosme même , aussi ceux qui se mireront dans la vertu du défunt , demeureront vertueux comme lui.

Ouvrons donc les yeux , je vous prie , et par manière de parler, les attachons à cette glace, afin que, considérant de plus près, combien le défunt étoit modeste en son procédé, en ses habitudes, en ses actions et en ses paroles; actif au bureau et attentif en sa place , et surtout vénérable par sa grande intégrité avec laquelle il jugeoit des biens et des têtes des hommes, nous nous rendions, à son exemple, modestes et retenus en tout , actifs et attentifs ici, et qu'on nous reconnoisse partout pour bons juges et incorruptibles. Je prie Dieu, Messieurs, qu'il vous en fasse la grâce , et à moi aussi.

Page 1