‹ Œuvres d'Omer et de Denis Talon \ (volume 2)Chapitre 83 sur 86 · DE M. DOUJAT · texte numérisé non relu

DE M. DOUJAT

ferme, qu'il fut opiniâtre ou colère; mais cela n étoit qu'une apparence momentanée de son activité, ou, pour mieux dire, la pointe de sa vertu.

Plus je monte, plus l'eau se trouve belle, car j'ai grand sujet de parler encore du zèle qu'il portoit à la religion, du soin qu'il avoit des pauvres, de sa continence, de sa frugalité en particulier. Je voudrois bien vous montrer aussi combien il a été charitable parent, officieux ami et fidèle citoyen : voire je dois , ce me semble, vous représenter avec quelle résolution, quelle patience , quel discours et quelle espérance il est mort.

Mais je crains que comme sa mort m'a plus serré le cœur et la langue , parlant aussi plus long-temps dé son mérite, je ne lâche plus de soupirs que de paroles: Suidas a écrit que les perles sont Temblême des larmes , et la mémoire précieuse de ses perfections exquises en pourroit faire sortir de mes yeux; et puis l'heure qui nous doit faire sortir est sonnée, et je crois que la plus petite des pièces de ce verre cassé que je vous ai montré, est assez grande pour vous faire à chacun un miroir tout entier.

C'est pourquoi je trancherai ce discours, et seulement vous prierai , Messieurs , de vous souvenir tous de cet exemple que je vous ai proposé; exemple d'autant plus considérable que rare , et qui nous doit être agréable, parce qu'il nous est

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