VINGT-QUATRIÈME MERCURIALE
d'écritures qui coûtent beaucoup aux parties, sans instruire les juges. L'on ne peut même désavouer que les frais immenses des décrets , des ordres et des désertions dont l'excès monstrueux engloutit presque le prix entier des plus grandes terres, n'augmentent et ne se multiplient tous les jours; d'où il arrive, qu'après une poursuite de quinze ou vingt années, le débiteur se trouve ruiné sans ressource, etla plupart des créanciers perdent entièrement leur dette. Et, sans prétendre nous alarmer par de funestes présages, peut-on croire qu'un abus si nuisible et qui excite tant de murmures', de plaintes et de clameurs dedans et dehors le palais, ne sera jamais réprimé par l'autorité , la prévoyance des lois et des magistrats!^ On ne sauroit sans doute avoir trop d'estime et de considération pour ceux qui joignent à la suffisance , la probité et la modestie ; mais il s'en rencontre d'autres qui gardent si peu de règles et de mesure dans leur conduite que, quelque remontrance qu'on leur fasse, on n'espère pas qu'ils renoncent à leurs mauvaises habitudes. Aussi ne doivent-ils pas s'attendre qu'on les traite avec indulgence lorsqu'ils tomberont en des fautes notables.
Louange a Dieu.