‹ Œuvres de Alex. Dumas, 7Chapitre 102 sur 212 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

COMTOIS , puis LE DUC, ensuite ROGER.

COMTOIS

Diable! madame est bien iristc!... Il paraît que ce n'est décidément pas un mariage d'inclination. ( Ouvrant la porte.) M. le comte peul entrer. LB duc, entrant.

Et Sainl-IIerem?

COMTOIS

Je vais le prévenir que monsieur le comlc attend.

Personne n'entrera sans ôire annoncé?

COMTOIS

Monsieur le comte peul élre tranquille. ( Roger parait. )

LE DUC

Ah! te voilà... (Roger s'incline. Comtois sort.)

ROCEIl.

De ma fcnélrc j'ai vu le carrosse de Votre Alicsse, et je suis accouru.

LE DUC

Très-bien... El ces lettres?

ROGER

Les voilà , monseigneur.

LE DUC

Merci; et la clef?

ROGER

Ah ! oui , la clef... la voici.

LE DUC

Tu n'en as plus besoin, je présume... car j'ai appris de tes nouvelles par M"" de Mainlenon. Ma foi , mon ami , je t'en fais mon compliment ; c'est très-beau de la part , loi qui as une grande fortune, épouser une jeune personne qui ne possède rien.

nocm.

Oui , monseigneur , voilà comme je suis, moi.

LE lilC.

Tu l'aimais donc beaucoup?

ROGER

Mai» , oui , monseigneur , j'en étais fou , c'est le mol.

le nue.

Comment ! je te vois hier , et lu ne me dis pas que tli vas le marier?

IIOCF.R.

Je ne savais pas que cela se ferait si vite, que Votre Altesse me pardonne.

lk on:.

Kl elle est jolie?...

ROGER

LE WC.

Heureux coquin ! je comprend» maintenant pourquoi m ne veux pas venir en Espagne.

ROGER

Eh bien ! monseigneur m'y fait penser... au contraire... et si Son Altesse est toujours dans les mêmes dispositions bienveillantes à mon égard...

• Comment ! mais après le service que lu m'as rendu aujourd'hui encore...

ROGER

Je lui demanderai la permission de l'accompagner.

LE DUC

M'accomnagner, c'est impossible; lu connais les hiis de l'étiquette, tonte» les personne» qui font partie du corlége sont désignées par le roi. Mai» tiens me rejoindre.

ROCER.

Je serai à Madrid aussitôt que Votre Altesse. LE Duc.

A merveille !

liOGER.

Mais Votre Altesse peintura -t elle que je fasse oe voyage accompagné...

" le nue.

De ta femme?... Très- bien !

ROCCB.

Non, monseigneur, M*0 de Sainl-IIerem csi

1RS demoiskm.es de saint-cyr.

d une santé délicate , elle restera à Paris; accompagné d'un de mes amis.

le Rte.

C'est bien ; lu me le présenteras.

C'est que je dois prévenir Votre Allesse qu'il m de noblesse incertaine.

LE DUC

Cela regarde d'Harcourt : ainsi c'est dil , tu viens1

ItOGER.

Je viens , monseigneur.

LE DUC

Ah ! je respire, j'aurai donc quelqu'un à qui parler de ma pauvre France !

ROGER

El un pelii peu de ces pauvres Françaises : n'est-ce pas , monseigneur ?

LE DUC

Vois-tu , Roger , c'est qu'il n'y a encore qu'elles au monde ! Ah !...

ROGER

Monseigneur , voilà un soupir dont je connais l'adresse.

LE DUC

Eh bien ! c'est ce qui te trompe, il n'est pas pourMroede Monlbazon...

ROGER

Ah bah ! et pour qui donc ?

LE DUC

C'est... mais à quoi bon le dire?... je quille b France !... A Madrid, Roger !

A Madrid , sire !

le inc.

A Madrid ! ( // tort. Roger l accompagne ju.>qu<i la porte. Tandis qu'on voit Roger qui salue uni dernière fois le duc dans le vestibule, iJuhnuhy passe sa tétc par la porte de gauche.)

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