I.e roi vient de me le prendre en passant
DUBOULOY.
Tiens , c'est comme à moi.
ROGER
Mais j'ai rendez-vous avec lui dans ce salon.
DUBOULOY.
Et moi , j'y allcnds le mien.
ROGER
Eh bien ! qu'en dis- tu ?
DUBOULOY.
De quoi ? de mon domino ?
8CÊNE XI. Mi
ROGER
Ou^
DUBOULOY.
Mon cher, une femme adorable... uuo grande femme, enfin !... l'cspril le plus vif, le caractère le plus gai , la conversation la plus pétillante I... Et le tien ?
ROGER
Tout le contraire ; une petite femme naïve , sentimentale!... une véritable pensionnaire sortant de son couvent.
Oh ! ne me parle pas des pensionnaires qui sortent de leur couvent. Rien que d'y penser... M,te Louise Mauclair en sortait de son couvenl!... Mais passons à autre chose. La crois-tu jolie ?
ROGER
Dame! oui... autant du moins qu'on en peut juger sous le masque. Un bas de figure ravissanl, des dents d'émail, el à travers son loup deux yeux comme deux étoiles. El la tienne?
DUBOULOY.
Une peau éclatante, une main à rendre fou un statuaire, un coude cygne; puis, pour le visage, nous verrons bien, j'ai sa parole qu'elle ne quittera pas le bal sans se démasquer.
ROGER
El moi aussi !
DUBOULOY.
Oh ! c'est charmant !... Toi qui as beaucoup vu le monde , as-iu quelque idée de ce qu'elles peuvent Cire?
ROGER
Non, foi de gentilhomme; j'ai rappelé tous mes souvenirs de Paris, de Compiègnc, de Fontainebleau, de Versailles, de Marly, el cela ne correspond à rien de ce que je connais.
DUBOULOY.
Silence! ce sont elles.
(Charlotte et Louise paraissent à la porte du fond.)