SCÈNE V
personne... mais, malheureusement , elle est sans cesse accompagnée d'une amie...
DUBOULOY.
Je comprends... il faudrait opérer une diversion... éloigner ou occuper l'obstacle.
ROGER
C'est cela même.
Mon ami, comment veux-tu, moi qui vais me marier dans deux heures...
ROGER
Baison de plus , mon cher , tu seras à la hauteur de la situation , et quand tu reviendras près de ta femme, tu auras du feu, du génie !... tu seras sui blime , et elle croira que tu es amoureux fou d'elle !
DUBOULOY.
Tiens, c'est une idée cela !
ROGER
Sans compter , dis-moi donc , mon cher , qu'il y aura peu de jeunes seigneurs à la mode à qui pareille aventure sera arrivée... Comment ! tu pourras dire qu'une heure avant ton mariage , lu étais à Saint-Cyr , où le roi et les princes du sang entrent seuls , comprends-tu ? tu pourras dire que tu étais à Saint-Cyr , mauvais sujet, faisant la cour à une des brebis de MBe de Maintenon...
DUBOULOY.
Le fait est que c'est drôle.
ROGER
Mon cher, c'est du Lauzun tout pur.
DUBOULOY.
Mais si ma femme sait cela, que dira-t-ellc ?
ROGER
Elle dira que lu es un infâme roué, el elle t'adorera !
Tu crois?
ROGER
Elle t'adorera... Parbleu! elle serait bien difficile !
DUBOULOY.
Eh bien! ça ne fera pas mal; car elle n'a pas l'air de m'adorcr infiniment.
ROGER
Ta femme ?
LES DEMOISELLES DE SAINT-CYR
DOaOOLOT.
Oh! quand je dis cela, je ne fais que préjuger. Voyons, au moins, celle à qui il faut que je fasse la cour. L'obstacle, tu sais, l'obstacle est-il joli ?
Rocr.a.
Elle est charmante !
DCBOULOY.
Petite, ou grande ?
Petiie.
ROGER
DCBOULOY.
Tiens ! je l'aurais mieux aimée grande... J'aime
ROGER
On vient.
MMULÔI.
Ce sont elles ! j'en suis sûr... mon cœur bai!. .
roger , désignant la droite.
Non... c'est de ce côté, ce ne peut élre que le dur d'Anjou...
blbouloy, te dirigeant à droite.
Je me sauve alors.
ROGER
Pas par là!... il ne faut pas qu'il le voie... burolloï, indiquant la gauehe.
noirs?
Châtains.
les grandes femmes, moi... Cheveux blonds ou | A,or8« Par ici-
ROGER
Malheureux ! tu vas dans les dortoirs.
DCBOULOY.
ROGER
DCBOULOY.
Châtains... une nuance que je ne peux pas souffrir. Et elle s'appelle ?
ROGER
Je n'en sais rien.
DCBOULOY.
Comment ! tu n'en sais rien ? Alors...
ROGER
Qu'importe , mon cher ! On devient amoureux d'un coupd'œil, d'un regard... La sympathie...
DUROILOY.
Allons ! va pour la sympathie...
ROGER
Tu consens ?
DUBOULOT.
Est-ce que je puis le refuser quelque chose? Ce cher Roger !
ROGER
Merci !
DCBOULOY.
Mais tu comprends... Je n'ai plus qu'une heure dix minutes à le donner.
C'est plus de temps qu'il ne nous en faut, el tu seras libre avant. (Écoutant.) Allends donc !
DCBOULOY.
Qu'est-ce?
Mais où me cacher? pas une armoire , pas on lable...
ROGER
Ah ! celle fenêtre !
DCBOULOY.
Eh bien?
ROGER
Saute.
DCBOULOY, effraye.
Sauter, par exemple!
ROGER
Huit ou dix pieds, voilà tout.
DCBOULOY.
Et si l'on me voit , s'il y a des pièges à loups?
Sois tranquille, il n'y a rien de tout cela.
dubouloy, montant sur la fenêtre.
Ah ! Roger, tu peux te vanter...
ROGER , le poussant.
Va donc ! Voilà le prince... Saute. — Il toi) temps !