‹ OEuvres de Alfred de MussetChapitre 1 sur 18 · OEuvres de Alfred de Musset · texte numérisé non relu

OEuvres de Alfred de Musset

Et sifflaient dans l'écho la chanson du passant; Où tont était divin, jusqu'aux douleurs humaine Où le monde adorait ce qu'il tue aujourd'hui; Où quatre mille dieu n'avaient pas un athfc;

Où tout était heureux excepté Promélhée,

Frère aîné de Satan, qui tomba comme lui?

— Et quand tout fut changé, le ciel, la terre et l'homm

Quand le berceau du monde en devint le cercueil,

Quand l'ouragan du Nord sur les dit ris de Rome

De sa sombre avalanche étendit le linceul, —

Regrettez- vous le temps où d'un siècle barbare Naquit un siècle d'or, plus fertile et plus beau; Où le vieil univers fendit avec Lazare De son front rajeuni la pierre du tombeau ?

Regrettez-vous le temps où nos vieilles romances

Ouvraient le

urs ailes d'o

r vers leur monde enchanté ;

Où tous no

monument

el toutes nos croyances

Portaient le

manteau bla

ne de leur virginité ;

Où, sous la

main du Christ, tout venait de renaître;

Où le palais

du prince et

la maison du prêtre,

Portant la même croix s

ar leur front radieux,

Sortaient de

a montagn

en regardant les cieux;

Où Cologne

et Strasbourg, Notre-Dame et Sainl-Pierr

S'agenouilla

t au loin dans leurs robes de pierre,

Sur l'orgue

ni ver a cl des

peuples prosternés

Entonnaient

l'hosanna d

es siècles nouveau-nés ;

Le temps où

se faisait 1

Lit ce qu'a dit l'histoire;

Où sur les s.

ints autels

es crucifix d'ivoire

Ouvraient d

s bras sans

tache et blancs comme le lai

Où la Vie Ct

it jeune, -

où la Mort espérait?

Je ne suis pat de ceux qui vont à ion Calvaire, En se frappant le cœur, baiser tes pieds sanglants; Et je reste debout sous tes sacrés portiques, Quand ton peuple fidèle, autour des noirs arceaux, 5e courbe en murmurant bous le vent des cantiques, Comme au souffle du nord un peuple de roseaux.

D'un siècle sans espoir naît an siècle sans crainte ;

Les comètes du nôtre ont dépeuplé les deux.

Maintenant le hasard promène au sein des ombres

De leurs illusions les mondes réveillés ;

L'esprit des temps passés, errant sur leurs décombres,

Jette au gouffre éternel tes anges mutiles.

Les clous du Golgotha te soutiennent à peine;

Sous (on divin tombeau le sol s'est dérobé :

Ta gloire est morte, 8 Christ! et sur nos croix d'ébène

Ton cadavre céleste en poussière est tombé !

Eh bien !

qu

'ils

oit permis d'en 1

>aiser la nous

Au moim

«du

le enfant de ce si

ècle sans foi,

Et de pie

r, 6 Christ! sur cell

e froide terre

Qui vivai Oh! maii

!tel

eta

r.s'Dta'ï

■urra sans loi

Du plus [ Jésus, ce

qui

de

fis, qui jamais li

;is rajeunie ,

Nous, vie

■ilk

irds

nés d'hier, qui i

tous rajeunira

Nous attendons autant, n<

Plus livide El plus froid, dans son cercueil immense Pour la seconde foi) Lazare eet étendu. Où donc est le Sauveur pour eu tr'ouvrir noi lombes? Où donc le vieux saiut Paul haranguant les Romains, Suspendant tout un peuple à set baillons divins? Où donc est le Cénacle? où donc les Catacombes? Avec qui marche donc l'auréole de feu ?

Sur quels pieds tombez-vous, parfuma de Madeleine? Où donc vibre dans l'air une voit plus qu'humaine? Qui de nous, qui de nous va devenir un Dieu?

La Terre est aussi vieille, aussi dégénérée, Elle branle nne tête aussi désespérée Que lorsque Jean parut sur le sable des mers, Et que la moribonde, k sa parole sainte, Tressaillant tout à coup comme une femme enceinte, Sentit bondir en elle un nouvel univers.

Les jours sont revenus de Claude el de Tibère; Tout ici, comme alors, est mort avec le temps, Et Saturne est au bout du sang de ses enfants; humaine est lasse d'être mère,

Et, le sein tout meur Elle fait son repos di

De tous les débauchés de la ville du monde Où le libertinage esta meilleur marché, De la plut vieille en vice et de la plus féconde, Je veui dire Paris, — le plus grand débauché

Était Jacqu» Rolla. — Jamais, dans les tavernet,

Sous lu rayons tremblants des blafardes lanternes,

Fini indocile enfant ne l'était accoudé

Sur une table chaude ou eur un coup de dé.

Ce n'était pas Rolla qui gouvernait ta vie,

Celaient set passion* ; — il les laissait aller

Comme un pâtre assoupi regarde l'eau couler.

Elles vivaient ; — son corps était l'hôtellerie

Où s'étaient attablés ces pâles voyageurs :

TantOt pour y briser les lits et les murailles,

Four s'y chercher dans l'ombre, et s'ouvrir les entrailles,

Comme des cerfs en rut et des gladiateurs ;

Tantôt pour y chanter, en «'enivrant ensemble,

Comme de gais oiseaux qu'un coup de vent rassemble,

Et qui, pour vingt amours, n'ont qu'un arbuste en fleurs

Le père de Rolla, gentillilrc imbécile,

L'avait fait élever comme un riche héritier,

Sans songer que lui-même, à sa petite ville,

Il avait de son bien mangé plus de moitié.

En sorte que Rolla, par an beau soir d'automne,

Se vit à dix-neuf ans maître de sa personne, —

Et n'ayant dans la main ni talent ni métier.

Il eût trouvé d'ailleurs tout travail impossible;

Un gagne-pain quelconque, un métier de valet,

Soulevait sur sa lèvre un rire inextinguible.

Ainsi, mordant à mime an peu qu'il possédait,

Il resta grand seigneur tel que Dieu l'avait fait.

Hercule, fatigué de sa tâche éternelle,

S'assit un jour, dit-on, entre un double chemin.

'il la Volupté qui lu! tendait la main :

suivi! la Vertu, qui lui sembla plus belle.

Ce iont dea abattoirs, des mure, des ci

C'est ainsi qn'en entrant dans la société

On trouve ses égouts. — La virginité sainte

S'y cache à tous les yeux sous une triple enceinte ;

On voile la pudeur, mais la corruption

Y baise en plein soleil la prostitution.

Les hommes dam leur sein n'accueillent leur semblable

Que lorsqu'il a Irempé dans le fleuve fangeux

L'acier chaste et brûlant du glaive redoutable

Qu'il a reçu du ciel pour se défendre d'eux.

Jacque était grand, loyal, intrépide et superbe. L'habitude, qui fait de la vie un proverbe, Lui donnait la nausée. — Heureux ou malheureux. Il ne fit rien comme elle, et garda pour ses dieux L'audace et la fierté, qui sont ses sœurs aînées.

Il prit trois bourses d'or, et, durant trois années,

Et jamais fils d'Adam, bous la sainte lumière,

et des roi».

Seul il marchait loue nu dans celte mascarade Qu'on appelle la vie, en y parlant tout haut. Te! que la robe d'or du jeune Alcibiade, Son orgueil indolent, du palais au ruiiseau, Traînait derrière lui comme un royal manteau.

Ce n'était pour personne un objet de mystère

Qu'il eût trois ans à vivre et qu'il mangeât ion bien.

Le monde souriait en le regardant faire,

Et lui, qui le faisait, disait à l'ordinaire

Qu'il »e ferait sauter quand il n'aurait plut rien.

C'était un noble cœur, naïf comme l'enfance, Bon comme la pitié, grand comme l'espérance.

11 ne voulut jamais croire à sa pauvreté.

L'armure qu'il portait n'allait pas à sa taille ; Elle était bonne au plus pour un jour de bataille, Et ce jour-là fut court comme une nuit d'été.

Lorsque dans le désert la cavale sauvage,

Après trois jours de marche, attend un jour d'orage

Pour boire l'eau du ciel sur ses palmiers poudreux,

Le soleil est de plomb, les palmiers en silence

Sous leur ciel embrasé penchent leurs longs cheveux;

Elle cherche sou puits dans le désert Immense,

Le soleil l'a séché; sur le rocher brûlant,

Les lions hérissés dorment en grommelant.

Elle se sent fléchir; ses narines qni saignent S'enfoncent dans le sable, et le sable altéré Vient boire avidement son sang décoloré .

Alors elle se couche, et ses grands yeux s'éteignent, Et le paie désert roule sur son enfant Les flots silencieux de ion linceul mouvant

î» les platanes, Qu'elle n'avait qu'A suivre et qu'à baisser le front, Pour trouver à Bagdad de fraîches écu riea, Des râteliers dorés, des luzernes fleuries.

Et des puits dont le ciel n'a jamais vu le fond.

Si Dieu nous a tirés tous de la mime fange, Certe, il a du pétrir dans une argile étrange Et sécher aux rayons d'un solei irrité Cet être, quel qu'il soit, ou l'aigle, ou l'hirondelle,

Et qui n'a pour tout bien qu'un mot : la liberté.

Eat-ce sur de la neige, ou sur une statue, Que cette lampe d'or, dans l'ombre suspendue, Fait onduler l'azur de ce rideau tremblant?

Non, la neige est plus pâle, et le marbre est moins C'est un enfant qui dort. — Sur ses lèvres ouver

Voltige par instants un faible et doux soupir; Un soupir plus léger que ceux dei algues verte* Quand, le soir, Sur les mers voltige le zéphyr, Et que, sentant fléchir ses ailes embaumées Sous les baisers ardents de ses fleurs bien-aimées, Il boit sur ses bras nus les perles des roseaux.

C'est un enfant qui dort sous ces épais rideaux,

Un enfant de quinze ans, — presque une jeune femme.

Rien n'est encor formé dans cetëtre charmant

Le petit chérubin qui veille sur son âme

Doute s'il est son frère on s'il est son amant.

Ses longs cheveux épars la couvrent tout entière.

La croix de son collier repose dans sa main,

Comme pour témoigner qu'elle a fait sa prière,

Et qu'elle va la faire en s'é veillant demain.

Elle dort, regardez : — quel front noble et candide! Partout, comme un lait pur sur une onde limpide, Le ciel sur la beauté répandit la pudeur.

Elle dort toute nue et la main sur Bon cœur.

N'est-ce pas que la nuit la rend encor plus belle? . Que ces molles clartés palpitent autour d'elle, Comme si, malgré lui, le sombre esprit du soir Sentait sur ce beau corps frémir son manteau noir?

Les pas silencieux dn prêtre dans l'enceinte Font tressaillir le cœur d'une terreur moins sainte, O vierge! que te bruit de tes soupirs légers. Regardez cette chambre et ces frais orangers,

Cei livret, ce métier, cette branche bénits

Qui se penche en pleurant sur ce vieux crucifix;

Ne chercherait-on pas le rouet de Marguerite

Dans ce mélancolique el chaste paradis?

N'est-ce pat qu'il est pur, le sommeil de l'enfance:

Que le ciel lui donna «a beauté pour défense P

Que l'amour d'une vierge eut une piété

Comme l'amour céleste, el qu'en approchant d'elle,

Dans l'air qu'elle respire on sent frissonner l'aile

Du séraphin jaloux qui veille à son coté?

Si ce n'est pas la mère, 8 pâle jeune fille ! Quelle est donc cette femme assise à ton chevet, Qui regarde l'horloge et l'aire qui pétille,

Qu'attend-elle si tard î — Poar qui, si c'est ta mère, S'en va-t-ellc entr'ouvrir, depuis quelques instants, Ta porte et ton balcon... si ce n'est pour ton père? - Et ton père, Marie, est mort depuis longtemps. Pour qui donc cet flacons, cette table fumante, Que, de ses propres mains, elle vient de servir? Pour qui donc ces flambeaux, et qui donc va venir ?.„ Qui que ce soit, tu dors, 'lu n'es pas son amante. Les songes de tes nuits sont plus purs que le jour,

A qui donc ce manteau que cette femme essuie? Il est couvert de boue et dégouttant de pluie; C'est le tien, Maria, c'est celui d'un enfant.

Sont devenus vermeils au froid souffle du vent.

Silence ! on a parlé. Des femmes inconnues Ont entr 7 uorert la porte, — et d'autres, demi-nues, Les cheven* en désordre et se traînant aux mari, Traversaient en sueur des corridors obscurs.

Une lampe a bougé ; — les restes d'une orgie, Aux dernières lueurs de sa morne clarté, Sont apparue au fond d'un boudoir écarté Les verres se heurtaient sur la nappe rougie; La porte est retombée au bruit d'un rire affreux.

C'est «ne vision, n'est-il pas vrai, Marie ?

C'est un rfve insensé qui m'a frappé les yeux.

Tout repose, tout dort ; — cette femme est ta mère.

C'est le parfum des fleurs, c'est une huile légère

Qui baigne tes cheveux, et la chaste rougeur

Qui couvre ton beau front vient du sang de Ion cœur

Silence! quelqu'un frappe, — et, sur les dalles sombres, Un pas retentissant fait tressaillir la nuit. Une lueur tremblante approche avec deux ombres.. C'est toi, maigre Rolla? que viens-tu faire ici i

O Faust ! n'étaia-tu pas prêt à quitter la terre Dans cette nuit d'angoisse où l'archange déchu, Sous son manteau de feu, comme une ombre légère, T'emporta dans l'espace à ses pieds suspendu? N'avais-fu pas crié ion dernier anathème, Et, quand tu tressaillis au bruit des chants sacrés,

Ton front sexagénaire !

La Mort, qui t'escortait dans tes œuvres sans nom, Avait à tes cotes descendu jusqu'au fond La spirale sans fin de ton long suicide ; Et, trop vieux pour s'ouvrir, ton cœur s'était brisé, Comme un roc, en hiver par la froidure usé.

Ton heure était venue, athée à barbe grise; L'arbre de ta science était déraciné, L'ange exterminateur te vil avec surprise Faire jaillir encor, pour te vendre au Damné, Une goutte de sang de ton bras décharné, ' Oh! sur quel océan, sur quelle grotte obscure, Sur quel bois d'alocs et de frais oliviers,

Que celui qui passa sur ta tétc blanchie, Quand le ciel le donna de ressaisir la vie Au manteau virginal d'un infant de quinze ans?

Quinze ans! — 6 Roméo! l'âge de Juliette!

Berçait vos longs baisers et vos adieux sans tin ! Quinze ans! — l'âge céleste où l'arbre de la vie, Sous la tiède oasis du désert embaumé, Baigne ses fruits dorés de myrrhe et d'ambroisie, El, pour féconder l'air comme un palmier d'Asie,

N'a qu'à jeter au vent son voile parfu

Sortit des mains de Dieu si blanche à' Si riche de beauté, que Bon père imm De ses phalange» d'or en lit l'âge éter

Oh! la fleur de l'Éden, pourquoi l'at- Insouciante enfant, belle Eve aui blot Tout trahir et tout perdre était ta des

Pour mourir sur son cœur, et pour l'en consoler!

Rolla considérait d'un œil mélancolique

La belle Marion dormant dans son grand lit;

Je ne sais qnoi d'horrible et presque diabolique

Le faisait jusqu'aux os frissonner malgré lui.

Marion coûtait cher. — Four lui payer sa nuit,

Il avait dépensé sa dernière pistole,

Ses amis le savaient. Lui-même, en arrivant,

II s'était pris la main et donné sa parole

Que personne, au grand jour, ne le verrait vivant.

Trois ans, — tes trois plus beani de la belle jeunesse, -

Trois ans de volupté, de délire et d'ivresse,

Allaient s'évanouir comme un songe léger,

Comme le chant lointain d'un oiseau passager.

Et cette triste nuit, — nuit de mort, — la dernière, ■

Celle où l'agonisant fait encor ta prière

Quand sa livre eat muette

, — où, pour le condamné,

Tout est si pris de Dieu q

je tout est pardonné, —

Il tenait la passer chez an

e fille infâme,

Lai, chrétien, homme, fils d

'un homme ! Et celte femme,

Cet être misérable, un brii

1 d'herbe, un enfant,

Sur Bon cercueil ouvert do

rma.it en l'attendant.

O chaoi éternel ! prostituer l'enfance !

Ne valait-il pas mieux, sur ce lit sans défense, Balafrer ce beau Corps au tranchant d'une faux, Prendre ce cou de neige et lui tordre les os ? Ne valait-il pas mieux lui poser sur la face Un masque de chaux vive avec un gant de fer, Que d'en faire un ruisseau limpide à la surface, Réfléchissant les fleurs et l'étoile qui passe, Et d'en salir le fond des poisons de l'enfer?

Oh ! qu'elle est belle encor ! que] trésor, 6 nature Oh! quel premier baiser l'Amour se préparait! Quels doux fruits eût portés, quand sa fleur sera Cette beauté céleste, et quelle flamme pnre Sur cette chaste lampe un jour s'éveillerait !

Pauvreté! Pauvreté! c'est toi la courtisane.

C'est toi qui dans ce lit as poussé cet enfant Que la Grèce eût jeté sur l'autel de Diane!

Prié! — qui donc, grand Dieu! C'est toi qu'en ce I! faut qu'à deux genoux elle conjure et prie; C'est toi qui, chuchotant dans le souffle du veut,

Au milieu des sanglots d'une insomnie amire,

El venue un beau soir murmurer à sa mère :

■ Ta fille est belle et vierge, et tout cela M vend I •

Pour aller au sabbat, c'est toi qui l'as lavée,

Comme on lave le* morte pour lei mettre an tombeau;

C'est loi qui, cette unit, quand elle est arrivée,

Aux lueurs des éclairs, courais sous son manteau !

Hélas! qui peut savoir pour quelle destinée, En lui donnant du pain, peut-être elle était née? D'un être sans pudeur ce n'est pas là le front. Rien d'impur ne germait sous cette fraîche aurore. Pauvre Elle! à quinze ans ses sens dormaient encore, Son nom était Marie, et non pat Manon.

Ce qui t'a dégradée, hélai! c'est la misère, Et non l'amour et l'or. — Telle que la voilà Sous les rideaux honteux de ce hideux repaire, Dans cet infâme lit, elle donne à sa mire, En rentrant au logis, ce qu'elle a gagné là.

Vous ne la plaignez pas, vous, femmes de ce monde! Vous qui vivez galment dans une horreur profonde De tout ce qui n'est pas riche et gai comme vous! Vous ne la plaignez pas, vous, mères de familles, Qui pousse: les verrous aux portes de vos filles, El cachez un amant soua le lit de l'époux !

Vous en parlez, du moins, — vous n'êtes pas publiques. Vous n'avez jamais vu le spectre de la Faim Soulever en chantant les draps de votre couche,

Et, de sa livre blême effleurant voire bouche, Demander un baiser pour un morceau de pain.

O mon siècle ! est-il vrai que ce qu'on te voit faire Se soit vu de tout tempe? O fleuve impétueui! Tu portes à la mer des cadavres hidem; lis flottent en silence, — et cette vieille terre, Qui voit l'humanité vivre et mourir ainsi, Autour de son soleil tournant dans son orbite, Vers son père immortel n'en monte pas plus vite, Pour tâcher de l'atteindre et de s'en plaindre à lui.

Eh bien, leve-toi donc, puisqu'il en est ainsi, Léve j toi, les seins nus, belle prostituée.

Le vin coule et pétille, et la brise du soir Berce tes rideaux blancs dans ton joyeux miroir. C'est une belle nuit, — c'est moi qui l'ai payée. Le Christ i son souper Sentit moins de terreur Que je ne sens au mien de gatté dans le cœur. Allons! vive l'amour que l'ivresse accompagne! Qne tes baisers brûlants sentent le vin d'Espagne ! Que l'esprit du vertige et des bruyants repas A l'ange du plaisir nous porte dans ses bras! Allons! chantons Bacchus, l'amour el la folie! Buvons au temps qui passe, à la mort, à la vie ! Oublions et buvons; — vive la Liberté !

Chantons l'or et la nuit, la vigne et la beauté !

Dora-tu cornent, Voltaire, et ton hideux sourire Voltige-t-il encor sur tes ob décharnés?

Ton siècle était, dit-oo, trop jeune pour te lire; Le nfllre doit te plaire, et tes hommes sont néa, lt est tombé sur nous, cet édifice immense Que de tes larges mains, m sapais nuit et jour. La Mort devait l'attendre avec impalience, Pendant quatre-vingtB ans que lu lui fis ta cour - Vous devez vous aimer d'un infernal amour.

Ne quittes-tu jamais la couche nuptiale

Pour t'en aller tout seul promener ton front pâle Dana un cloître désert ou dans un vieux château ? Que te disent alors tous ces granda corpa sans vie, Ces mura silencieux, ces autels déBolés, Que pour l'éternité ton souffle a dépeuplés?

Que te disent les croix? que te dit le Messie ? Oh! saigne-t-îl encor, quand, pour le déclouer, Sur eon arbre tremblant, comme une fleur flétrie, Ton spectre dans la nuit revient le aecouer?

Crois-tu ta mission dignement accomplie, Et comme l'Éternel, à la création,

, Au festin de mon bflte alors je te convie.

Tu n'a* qu'à te lever; — quelqu'un soupe ce soir Chez qui le Commandeur peut frapper et s'asseoir ,

Entends-tu

soupirer ce

enfants qui

s'embraas

nt?

Ou dirait,

dam l' et rein

e où leurs b

as nus s'e

lacent,

Par une double vie un

Ml corps an

une,

De. sanglo

> inouïs, de

plaintes op

ressées,

Ouvrent en

frissonnant

eur> lèvres

nsensées.

En les baie

mt au front

e Plaisir s'est pâmé.

Ils sont je

nés et beaux

et, rien qu

a les ente

dre,

Comme un

pavillon d'o

le ciel devr

ait descen

rc.

Regarde !

- lia n'aime

ut pas, ils a

ont jamai

aimé.

Où les ont-ils appris, ces mots ai pleins de charmes,

Que la volupté seule, au milieu de ses larmes,

A le droit de répandre et de balbutier?

O femme I étrange objet de joie et de supplice !

Mystérieux autel où, dans le sacrifice,

On entend tour à tour blasphémer et prier !

Dis-moi, dans quel écho, dans quel air vivent-elles,

Ces paroles sans nom, et pourtant éternelles,

Qui ne sont qu'un délire, et depuis cinq mille ans

Se suspendent encore aux lèvres des amants?

O profanation ! point d'amour, et deux anges!

Deux cœurs purs comme l'or, que les saintes phalanges

Porteraient à leur père en voyant leur beauté !

Point d'amour ! et des pleurs ! et la nuit qui murmure,

Et le vent qui frémit, et toute la nature

Qui pâlit de plaisir, qui boit la volupté !

Et des parfums fumants, et des flacons à terre,

Et des baisera sans nombre, et peutî-tre, misère !

Cloîtres silencieux, voûtes des monastères,

C'esl vous, sombres caveaux, vous qui savez aimer \

Ce sont vos froides nefs, vos pavés et vos pierres,

A Ces deux enfants-là qui cherchent le plaisir Sur un lit qui n'est bon qu'à dormir ou mourir; Frappez-leur donc le cœur sur vos saintes murailles; Que la baire sanglante ; fasse entrer ses clous Trempez-leur donc le front dans les eaux baptismales Dites-leur donc un peu ce qu'avec leurs genoux Il leur faudrait user de pierres sépulcrales Avant de soupçonner qu'on aime comme vous!

Ouï, c'est un vaste amour qu'au fond de vos calices Vous baviez à pleins cœurs, moines mystérieux! La tête du Sauveur errait sur vos ciliées Lorsque le doux sommeil avait fermé vos yeux; Et, quand l'orgue chantait aux rayons de 1 aurore, Dans vos vitraux dores vous la cherchiez encore. Vous aimiez ardemment ! oh ! vous étiez heureux !

Vois-tu, vieil Arouet? cet homme plein de rie, Qui de baisers ardents couvre ce sein si beau, Sera couché demain dans un étroit tombeau.

Jette raie- tu sur lui quelques regards d'envie? Sols tranquille, il t'a lu. Bien ne peut lui donner

Ni consolation ni lueur d'espérance.

Si l'incrédulité devient une science, On parlera de Jacque, el, sans la pro Dans la tombe, ce soir, tu poutTai 1

Penses-tu cependant que si quelque croyance,

Si le plus léger £1 le retenait encor,

11 viendrait sur ce lit prostituer sa mon?

Sa mort! — Ah! Jaisse-lui la plus faible pensée

Qu'elle n'est qu'un passage à quelque lien d'horreur,

Au plus affreux, qu'importe? i. n'en aura- pat peur;

Il la relèvera, la Jeune fiancée,

11 la regardera, dans l'espace élancée,

Porter au Dieu vivant la clef d'or de son cœur!

Voila pourtant ton œuvre, Arouet, voilà l'homme Tel que tu l'as voulu, — C'est dans ce eiécle-ci,

Quand Brutus s'écria sur les débris de Rome :

■ Vertu, tu n'es qu'un nom ■ il ne blasphéma pas.

Il avait tout perdu, sa gloire et sa patrie,

Son beau rive adoré, sa liberté chérie,

Sa Portla, sou Cassîus, son sang et ses soldats;

Il ne voulait plus croire aux chose de la terre.

Mais, quand il se vit seul, assis sur une pierre,

En songeant à la mort, il regarda les cieux.

Il n'avait rien perdu dans cet espace immense;

Son cœur / respirai! un air plein d'espérance;

Il lui restait encor sou épée et ses dieux.

Et que nom reate-t-il, i nom, le» déicides ?

Four qui travail liez-vous, démolisseur- stupides,

Lorsque vous disséquiez le Christ su- ton autel?

Qae voaliez-vous semer sur sa céleste tombe,

Quand vous jetiez au vent la sanglante colombe

Qui tombe en tournoyant dans l'abîme étemel?

Vous vouliez pétrir l'homme à votre fantaisie;

Vous vouliez faire un monde. — Eh bien, voaa l'ave* fait;

Votre monde est superbe, et voire homme est parfait !

Les monts sont nivelés, la plaine est éclaircie;

Vous avez sagement taillé l'arbre de vie ;

Tout est bien balayé sur vos chemins de fer;

Tout est grand, tout est beau, mais on meurt dans votre air.

Vous y faites vibrer de sublimes paroles ;

Elles flottent au loin dans les vents empestés.

Elles ont ébranlé de terribles idoles;

Mais les oiseaui du ciel en sont épouvantés.

L'hypocrisie est morte, on ne croit plus aux prêtres ;

Hais la vertu se meurt, on ne croit plus à Dieu,

Le noble n'est plus fier du sang de ses ancêtres ;

Mais il le prostitue au fond d'un mauvais lieu

On ne mutile plus la pensée et la scène,

On a mis au plein vent l'intelligence humaine;

Mais le peuple voudra des combats de taureau.

Quand on est pauvre et fier,quand on est richeet triste.

On n'est plus assez foa pour se faire trappiste;

Mail on fait comme Escouaae, on allume un réchaud

Quand Rolla sur les toits vit le soleil paraître,

II alla s'appuyer au bord de la fenêtre.

De pesants chariots commençaient a rouler.

Il courba ton front pâle, et resta sans parler.

En longs ruisseaux de sang se déchiraient les nues.

Tel, quand Jésus cria, des mains du ciel venues

Fendirent en lambeaux le voile aux plis sanglants.

Un groupe délaissé de chanteurs ambulants

Murmurait sur la place une ancienne romance.

Ah! comme les vieux airs qu'on chantait à douze ans

Frappent droit dans le cœur aux heures de souffrance I

Comme ils dévorent tout! comme on se sent loin d'eux!

Comme on baisse la tête en les trouvant si vieux !

Sont-cc là tes soupire, noir esprit des ruines?

Ange des souvenir», sont-ce là tes sanglots?

Ah ! comme ils voltigeaient, frais et légers oiseaux,

Sur le palais doré des amours enfantines!

Comme ils savent rouvrir les fleurs des temps passés,

Quand le soleil se lève aux beaux jours de l'automne, Les neiges sous ses pas paraissent s'embraser.

Les épaule» d'argent de la nui! qui frissonne

Se couvrent de rougeur «oui «ou premier baiser.

Tel frissonne le corps d'une chaste pucelle,

Quand dans les soirs d'été le sang lui porte au cœur.

Tel le moindre désir qui l'effleure de l'aile

Met un voile de pourpre à ta sainte pudeur.

Roi du monde, S soleil! la terre est ta maîtresse;

Ta sœur dani ses bras nus l'endort à ton coté;

Tu n'as voulu pour toi l'étemelle jeunesse

Qu'afin de lui verser l'étemelle beauté !

Vous qui volei là-bas, légères hirondelles, Dîtes-moi, dites-moi, pourquoi vais- je mourir ? Oh ! l'affreux suicide ! oh ! si j'avais des ailes, Par ce beau ciel si pur je voudrais les ouvrir! Dites-moi, terre et cieux, qu'est-ce donc que l'aurore? Qu'importe un jour de plus à ce vieil univers? Dites-mot, verts gazons, dites-moi, sombres mers, Quand des feux du matin l'horizon se colore, Si vous n'éprouvez rien, qu'avez-vous donc en vous Qui fait bondir le cœur el fléchir les genoux? O terre! à ton soleil qui donc t'a fiancée?

Que chantent tes oiseaux? que pleure ta rosée? Pourquoi de tes amours viens-tu m'entretenir? Que me voulez-vous tous, à moi qui vais mourir?

Et pourquoi donc aimer? Pourquoi ce mot terrible Revenait-il sans cesse à l'esprit de Rolla?

Quels étranges accords, quelle voix invisible

quand la mort était là ?

A lui, qui, débauche jusque» à la folie El dans les cabarets vivant au jour le Aussi facilement qu'il méprisait la vie Faisait gloire et métier de mépriser l'a

Où n'avait pas germé la plus chétive fleur I A loi, qui n'avait eu ni logis ni maîtresse, Qui vivait en plein air, en défiant son sort, Et qui laissait le vent secouer sa jeunesse, Comme une feuille sèche au pied d'un arbre mort !

Et maintenant que l'homme avait vidé son verre, Qu'il venait dans un bouge, à son heure dernière, Chercher un lit de mort où l'on pût blasphémer; Quand tout était fini, quand la nuit étemelle Attendait de ses jours la dernière étincelle, Qui donc au moribond osait parler d'aimer?

Lorsque le jeune aiglon, voyant partir «a mère,

En la suivant des yeux s'avance au bord du nid,

Qui donc lui dit alors qu'il peut quitter la terre,

Et sauter dans le ciel déployé devant lui?

Qui donc lui parle bas, l'encourage et l'appelle?

Il n'a jamais ouvert sa serre ni son aile;

Il sait qu'il est aiglon ; — le vent passe, il le suit.

Il naît sous le soleil des âmes dégradées.

Comme il naît des chacals, des chiens et des serpents,

Le ventre to

ut gonflé de leurs œufs malfaisants.

La nature a

bis-

oin d

e leurs sale? lignées,

Pour engrai

ser

la t

rre autour de ses tombeaux,

Chercher se

i, et nourrir ses corbeaux.

Mais, quand el

epet

rit ses nobles créatures,

Elle qui voi

là

haut

comme on vit ici-bas,

Elle tait de:

rets

[ui les font assez pures

Pour que le

mo

ode

ntier ne les lui souille pas.

Le moule e

ain, si l'espèce en est rare.

Elle peut le

Pi

nge

dans ses plus noirs marais;

Elle sait ce

que

vau

son marbre de Carrare,

Et que le.

du

el ne l'entament jamais.

11 peut s'assim

era

débauché vulgaire,

Celui que le

A taille dan

le

flan

es de ses plus purs granits;

Il peut pendan

ans étouffer sa pensée.

Dans la nui

de

son

cceur la vipère glacée

Déroule toi

ou

tard

ses anneaux infinis.

Nègres de Saint-Domingue, aptes combien d'année: De farouche silence et de stupidité, Vos peuplades sans nombre, au soleil enchaînées, Se sont-elles de terre enfin déracinées

C'est ainsi qu'aujourd'hui s'éveillent tes pensées, O Rolla ! c'est ainsi que bondissent tes fers, Et que devant tes yeux des torches insensées Courent à l'infini, traversant les déserts.

Écrase maintenant les débris de ta vie ;

Ht POÉSIES.

Écorche les pieds nui aur tas Bacons brisés;

Et dans le dernier toaat de la dernière orgie,

Etouffe le néant dans tes bras épuisés.

Le néant 1 le néant ! vois-tu son ombre iranien

Qui ronge le soleil aur son axe enflammé?

L'ombre gagne ! i! a'éteint, — l'éternité

Tu n'aimerai jamais, toi qui n'a« point aimé.

Rolla, pâle et tremblant, referma la croisée. Il brisa sur sa tige un pauvre dahlia.

■ J'aime, lui dît la Heur, et je meurs embrasée Des baisers du léphyr, qui me relèvera, l'ai jeté loin de mol, quand ]e me suis parée, Les éléments impurs qui souillaient ma fraîcheur. 11 m'a baisée au front dans ma robe dorée ; Tu peux m'épanouir, et me briser le cœur, n

J'aime ! — voilà le mot que la nature entière Crie au vent qui l'emporte, à l'oiseau qui le suit ! Sombre et dernier soupir que pouasera la terre Quand elle tombera dans l'éternelle nuit !

Ob ! vous le murmurez dans vos sphères sacrées, Étoiles du malin, ce mot triste et charmant ! La plut faible de vous, quand Dieu vous a créées, A voulu traverser les plaines éthérées, Pour chercher le soleil, son immortel amant.

Elle s'est élancée au sein des nuits profondes. Hais une autre t'aimait elle-même; — et les mondes Se sont mît en voyage autour du firmament

Jacquc fiait immobile, et regardait Marie.

Je ne tait ce qu'avait cette femme endormie D'étrange dans le» traits, de grand, de déjà vu. Il se sentait frémir d'un frisson inconnu.

N'était-ce pu ta sœur, cette prostituée?

Les murs de cette chambre obscure et délabrée N'étaient -ils pat aussi faits pour l'ensevelir? Ne la tentait-il pas souffrir de sa torture, Et saigner des douleurs dont il allait mourir?

• Oui, dans cette chéiive et douce créature,

La Résignation marche à pas languissants.

Sa souffrance est ma sœur; — oui, voilà la statue

Que je devais trouver surina tombe étendue,

Dormant d'un doux sommeil tandis que j'y descends

Oh ! ne t'éveille pu ! ta vie est à la terre,

Mais ton sommeil est par, — ton sommeil est k Dieu !

Laisse-mot le baiser sur ta longue paupière;

C'est a lui, pauvre enfant, que je veux dire adieu ;

Lui qui n'a pas vendu sa robe d'innocence ;

Lui que je puis aimer, et n'ai point acheté;

Lui qui se croît encore aux jours de ton enfance;

Lui qui rêve ! — et qui n'a de toi que ta beauté.

■ O mon Dieu! n'ett-ce pas une forme angélique Qui Botte mollement sous ce rideau léger?

S'il est vrai que l'amour, ce cygne passager, N'ait besoin, pour dorer son chant mélancolique,

Et de ce qui voltige autour de la beauté;

S'il est vrai qu'ici-bas on le trompe tans cesse, El que lui qui le sait, de peur de se guérir, Doive éternelle m em ne prendre à sa maîtresse Que les illusions qu'il lui faut pour souffrir; Qu'ai-jeà chercher ailleurs? la jeunesse et la vie Ne sont-elles pas là dans toute leur fraîcheur ? Amour! tu peux venir. Que t'importe Marie?

<t épanouie,

t, doucement, à cfité de Marie, Les yeuK sur ses yeux bleus, leur fraîche haleine unie, Rolla s'Était couché : sou regard assoupi Flottait, puis remontait, puis mourait malgré lui. Marie en soupirant entr'ouvrit sa paupière, i Je faisais, lui dit-elle, un rBve singulier : J'étais là, dans ce lit, je croyais m'éveiller; La chambre me semblait comme un grand cimetière

Trois hommes dans la neige apportaient une bière ; [ls ia posèrent là pour faire leur prière;

Un gros flot de sang noir vous coulait sur la face.

Vous vous (tes levé pour venir il mon lit ;

Vous m'avci pris la main, et puis vous avez dit :

« Qu'est-ce que tu fais là? pourquoi prends-tu ma place? ■

Alors j'ai regardé, j'étais sur un tombeau.

u — Vraiment ? répondit Jacquc ; eh bien, ma chère amie, Ton rêve est asseï vrai, du moins, s'il n'est pas beau.

Marie en souriant regarda so Mais clic y vit Rolla si plie c Qu'elle en resta muette et pli

C'est pour te dire adieu que je venais te voir; Tout le monde le sait, il but que je me tue.

— Vous avez donc joué? — Non, je suis ruin

— Ruiné? » dit Marie. Et, comme une statu:

Elle fixait à terre un grand ceil étonné.

a Ruiné? ruiné? vous n'avei pas de mire?

Pas d'amis? de parents? personne sur la terri Vous voulez vous tuer? pourquoi vous tuez-'

Elle se retourna sur le bord de sa couche.

JamaiB son doui regard n'avait été si doux.

Deux ou trois questions Bottèrent sur sa bouche; Mais, n'osant pas les faire, elle s'en vint poser Sa tête sur la sienne et lui prit un baiser.

« Je voudrais pourtant bien te faire une demande, Murmura-.t-elle enfin : moi, je n'ai pas d'argent, Et, sitflt que j'en ai, ma mère me le prend.

Mais j'ai mon collier d'or, veui-tu que je le vende? Tu prendras ce qu'il vaut, et tu Tiras jouer, n

Rolla lui répondît par un léger sourire.

11 prit un flacon noir qu'il vida sans rien dire;

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