‹ OEuvres de Alfred de MussetChapitre 11 sur 18 · FOUIE * CE · texte numérisé non relu

FOUIE * CE

te aoE.T.o» :

Qir"«i-« que

la poésie?

Chasser tout

souvenir et fixe

Sur un bel ai'

% d'or la tenir balancée,

Incertain

e, inquiète, immobil

e pourtant ;

Éternise]

peu

t-Ëtre un rêve d

'un instant;

Aimer le

vrai,

. le beau, chercher leur harmonie;

Écouter dans

son cœur l'écho

de son génie ;

i i-anttf.

rire,

plenrer, seul, t

an» but, au hasard;

D'un «ou

rire,

d'un mot, d'un

soupir, d'un regard

Faire un

.il eiquie, plein i

ie crainte et de chan

Faire ont perle d'ui

le larme :

Dupoêtl

: ici-

bas voilà la pasi

lion,

Voila soi

ibiei

1, sa vie, et Bon

ambition.

A quoi panier la nuit quand on soupe en carême ? Ainsi, le verre en main, raisonnaient deux amie. Quels entretiens choisir, honnêtes et permis, Mais gais, tels qu'un vieux vin le* conseille et les air

Parlons de nos amours; la joie et la beauté Sont mes dieux les plus chers, après la liberté. Ébauchons, en trinquant, une joyeuse idylle, Par les bois et tes prés, les bergers de Virgile Fêtaient la poésie à toute heure, en tout lieu; Ainsi chante au soleil la cigale dorée.

D'une voix plus modeste, au hasard inspirée, Nous, comme le grillon, chantons au coin du feu.

Faisons ce qui te plait. Parfois, en cette vie, Une chanson nous berce et nous aide à souffrir; Et, si nous offensons l'antique poésie, Sou ombre même est douce à qui la sait chérir,

m de la brune fillette

t hasard m'a fait maitre et seigneur.

a délice, et, quand je le répèle,

Que la fortune abonde en caprices charmant* ! Dès nos premiers regards nous devînmes amant C'était un mardi gras, dans une mascarade; Nous soupions; — ta Folie agita ses grelots, Et notre amour naissant sortit d'une rasade, Comme autrefois Vénus de l'écume de* flots.

Quels mystères profonds dans l'humaine misère ! Quand, sous les marronniers, à câté de sa mère, Je la vis, à pas lents, entrer si doucement (Son front était si pur, «on regard si tranquille ') Le ciel m'en est témoin, dès le premier moment, Je compris que l'aimer était peine inutile; Et cependant mon cœur prit un amer plaisir A sentir qu'il aimait et qu'il allait souffrir,

Depuis qu'à mon obère Elle en chatte à la fois Au bruit de nos baisers El notre lit de fleurs n"

Quand mon enchanteresse cotr'ouvre sa paupière Sombre comme la nuit, pur comme la lumière, Sur l'émail de sel yeux brille un noir diamant ,

Comme sur une fleur une goutte de pluie, Comme une pâle étoile au fond du firmament, Ainsi brille en tremblant le regard de ma mie.

as plus grand que celui de Vénus, ruban deux bandeaux retenus ornent d'une fraîche auréole ; d du lit tombent ses longs cheveux, le soir, sur ses flancs amoureux, ent la mantille espagnole.

Ce bonheur à mes yeui D'à pas été donné De voir jamais ainsi la tête bien-aimée.

Le châtie sanctuaire où «icge sa pensée D'un diadème d'or est toujours couronné.

i, le matin, qui gazouille et sautille; r est un oiseau, — sa bouche est une qu'il faut saisir celte indolente fille, la pourpre vive où le rire pétille, souffle enivrant respirer la fraîcheur.

Une fois seulement, j'étais le soir près d'elle ; Le sommeil lui venait et la rendait plus belle ; Elle pencha vers moi son front plein de langueur, Et, comme on voit s'ouvrir nue rose endormie. Dans un faible soupir, des lèvres de ma mie Je sentis s'exhaler le parfum de son cœur.

Si le profond regard de ma chère maître:

Un instant par hasard ■'arrêtait sur k lii Qu'adviendrait-il alors de cette folle ivrei Aimer est quelque choie, et le reste n'eai

Non, l'amour qui se lait n'est qu'une rêverie. . Le silence est la mort, et l'amour est la vie; El c'est un vieux mensonge à plaisir inventé, Que de croire au bonheur hors de la volupté ! Je ue puis partager ni plaindre ta souffrance. Le hasard est là-haut pour les audacieux; Et celui dont la crainte a tué l'espérance Hérite son malheur et fait injure aun dienx.

Non, quand leur Ame Immense entra dans la nature

Les dieux n'ont pas tout dit à la matière impure

Qui reçut dans ses flancs leur forme et leur beauté

C'est une vision que la réalité.

Non, des flacons brisés, quelques vaines paroles

Qu'on prononce au hasard et qu'on croit échanger,

Entre dcui froids baisers quelques rires frivoles,

Et d'un Etre inconnu le contact passager,

Non, ce n'est pas l'amour, ce n'est pas même un r£'

Et la satiété, qui succède an désir,

Amène un tel dégoût quand le cteur se soulevé,

Que je ne sais, au fond, si c'est peine ou plaisir.

Est-ce peine ou plaisir, une a)c6ve bien cioae,

£1 le punch allant, quand il fait mouvait temps ?

Est-ce peine ou plaisir, l'incarnat de la rose,

La blancheur de l'albâtre et l'odeur du printemps?

Quand la réalité ne serait qu'une image

Et le contour léger des choses d'ici-ba«,

He préserve le ciel d'en savoir davantage!

Le masque est si charmant, que j'ai peur du vïaage.

Et mÈme en carnaval je i

Une larme a son prix, c'est la sœur ( Avec deux yeux bavards parfois j'ain Mais le seul vrai langage au monde ei

11 gît dépense ta paress ecret! que nos chagrim

Prend» garde seulement que la rose endormie Ne trouve un papillon quelque beau soir i'iti.

Des premiers feui du jour j'aperçois la lumière.

Laissons notre dispute, si vidons notre verre. Nous aimons, c'est assez ; chacun a sa façon ; j'en ai connu plus d'une, et J'en sais la chanson Le droit est au plus fort en amour comme en guerre, Et la femme qu'on aime aura toujours raison

t§5gr

Dieu passe, il t'appelle et m'oublie; En te perdant, je lent que je t'aimais.

Pas de pleurs, pas de plainte vaine Je saie respecter l'avenir.

Vienne la voile qui t'emmène,

Avec orgueil tu reviendrai;

Mais Ceux qui vont souffrir de toi

Tu ne les reconnaîtras pas.

Et t'enivrer d'un plaisir dangereux; Snr ton chemin l'étoile qui ce lève Longtemps encore éblouira tes yeux,

Un jour tu «en liras peut -Être Le prix d'un cœur qui nous comprend, Le bien qu'on trouve à le connaître, Et ce qu'on souffre en le perdant.

m&mzmm&

Il fit donc vrai, vous vous plaignez ainsi,

Vous dont l'œil noir, gai comme un jour de fête,

Du monde entier pourrait chasser l'ennui.'

Combien donc pesait le «ou ci

Qui voua a fait baisser la lete? C'est, l'imagine, un aussi lourd fardeau

Que le roitelet de la fable;

Me fait souvenir du roseau; Je suis bien loin d'être le chêne

Quand nos aïeux vivaient en bons enfants, .urais nommée Iris, ou Philis, ou Climène,

Vous qui, dans ce siècle bourgeois, Osez encor me permettre parfois

De vous appeler ma marraine,

Et songiez-vous qu'il faut qu'on tous réponde?

Savez-vous que, dans votre ennui, Sans y penser, madame et chère blonde,

Je vais me remettre a l'ouvrage.

Hélas! l'oiseau revient au nid, Et quelquefois même à la cage.

Sur mes lauriers on me croit endormi !

C'est trop d'honneur pour un instant d'oubli Et dans mon lit les lauriers n'ont que faire ;

Ce ne serait pas mon affaire.

Je sommeillais seulement à demi, A colé d'un brin de verveine.

Dont le parfum vivait à peine, Et qu'en rivant j'avais cueilli.

Je l'avouerai, ce coupable silence, Ce long repos, si maltraité de vous, Paresse, amour, folie ou nonchalance, Tout ce temps perdu me fut doux.

Je dirai plus, il me fui profitable; Et li jamais mon inconstant esprit Sait revêtir de quelque fable Ce que la vérité m'apprit, Je vous paraîtrai moins coupable.

Qui dévoile plus d'un mystère; El qui veut un jour bien parler Doit d'abord apprendre à se taire.

Et quand on se tairait toujours,

Quand avez-voua compté 1< Et puisqu'il faut qae tout a'évan

Voua croyez donc voua ennuyer?

El l'hiver qui l'en vient, rallumant le foyer,

A< fait râver la châtelaine.

Un roman, ditea-voua, pourrait voue égayer.

Triste chose à vom envoyer!

Que ue demandez -voua un conte à La Fontaine ? C'est avec celui-là qu'il est bon de veiller;

Ouvrez-le »nr votre oreiller,

Molière l'a prédit, et j'en suit convaincu.

Bien dei choies auront vécu Quand noa enfanta liront encore Ce que le bonhomme a conté, Fleur de aageeae et de galté.

Maia quoi ! la mode vient, et tue un vieil usage. On n'en veut plut, du sobre et franc langage

Dont il enseignait la douceur, Le seul français, et qui vienne du cœur, Car, n'en déplaise a l'Italie, La Fontaine, sachez-le bien, En prenant tout n'imita rien; Il eat sorti du eol de la patrie,

vert laurier qui couvre eon tombeau; Comme l'antique, il est nouveau.

Ma protectrice bien-aimee, Quand votre lettre parfumée

t arrivée à votre enfant gâté,

J'étais donc seul, ses Nouvelles en main, Et de la nuit la lueur azurée,

Se jouant avec le matin, Étiucelait sur la tranche dorée

Du petit livre florentin ; Et je longeais, quoi qu'on dise ou qu'au fasse, Combien c'est vrai que les Muses sont sœurs; Qu'il eut raison, ce pinceau plein de grâce, Qui nous les montre, au sommet du Parnasse,

Comme une guirlande de fleura!

La Fontaine a ri dans Boccace, .

Où Shahspeare fondait en pleura.

Sera-ce trop que d'enhardir ma muse jusqu'à tenter de traduire à mon tour ins ce livre amoureux une histoire d'amour?

Je n'oserai», si ce n'était pour vous; Car c'est beaucoup que d'essayer ce style Tant oublié, qui fut jadis si doux, El qu'aujourd'hui l'on croit facile.

Il fut donc dans no

re cite,

Selon ce qu'on nous

a conte,

( Boccacc parle ainsi; la cite,

c'est Florence)

On gros marchand, riche

ho m roc d'importance,

Qui de sa femme eu

un enfant ;

Après quoi, presque

sur-le-champ,

Ayant mis ordre à s

s affaires,

Il passa de ce monde ailleurs,

Gens loyaux, prudents et sévères, Capables de se faire honneur En gardant les biens d'un mineur.

Le jouvenceau, courant le voisinage, Sentît d'abord douceur de cœur Pour une fille de Son âge, Qui pour père avait un tailleur; Et peu à peu, l'enfant devenant homme, Le temps changea l'habitude eu amour,

De telle sorte que Je rame Sans voir Silvia ne pouvait vivre un jour. A son voisin la fille accoutumée Aima bientôt comme elle était aimée.

De ce danger la mère s'avisa, Gronda son fils, longtemps moralisa, Sans rien gagner par force ou par adres Elle croyait que la richesse En ce monde doit tout changer, Et d'un buisson peut faire un oranger ',

Soir ni malin, il ne la quille pas.

C'est, je crois, Silvia qu'on l'appelle; Et, s'il doit voir quelque autre dau> ses br

11 se consumera pour elle.

Il faudrait donc, avec votre agrément,

L'iloigner par quelque voyage ;

11 est jeune; la fille est sage,

Elle l'oubliera sûrement ; nous le marierons à quelque honnête femme

Avait parlé fort sagement.

« Te voilà grand, dirent-ils à Jérôme,

Va- t'en passer quelques jours à Paris,

Le bel usage, et comme on vit là-has; Dans peu de temps tu reviendras »

A ce conseil, le garçon, comme on pense, Répondit qu'il n'en ferait rien, Et qu'il pouvait voir aussi bien Comment l'on vivait à Florence.

Là-dessus, la mère en fureur

On lui promet de ne le retenir Qu'un an au plus. Tant et tant on le prit Qu'il cède enfin : il quitte sa patrie; H part, tout plein de ses amours, Comptant les nuits, comptant les jo Laissant derrière lui la moitié de sa vie.

L'exil dura deux ans. Ce long terme passe, Jérôme revint a Florence, Du mal d'amour plus que jamais blessé, Croyant sans doute être récompense.

Hais c'est un grand tort que l'absen Pendant qu'au loin courait le jouvenceau.

La fille s'était mariée.

En revoyant les rives de l'An», Il n'y trouva que le tombeau De son espérance oubliée.

D'abord il n'en murmura point, Sachant que le monde, en ce point,

De l'infidèle il connaissait la porte, El tous les jours il passait sur le seuil, Espérant un signe, un coup d'œil, Un rien, comme on fait quand on ai Mais tous ses pas fnrent perdus :

Silvia ne le connaissait plus; Dont il sentit une douleur extrême.

Cependant, avant d'en mourir,

Essayer de parler lui-même.

Le mari n'était pas jaloux,

Ni la femme bien surveillée.

Un soir que (es nouveaux époux Chez un voisin étaient à la veillée, Dans la maison, au tomber de la nuit, JérOnte entra, se cacha près du lit,

Derrière une pièce de tuile;

Car l'époux était tisserand, Et fabriquait cette espèce de voile

Qu'on met sur un balcon toscan.

Bientôt après les mariés rentrèrent,

El presque aussitôt se couchèrent.

Des qu'il entend dormir l'époux, Dans l'ombre vers Silvia Jérôme s'achemine,

El, lui posant la main sur la poitrine, Il lui dit doucement : n Mon âme, dormez-vous? s La pauvre enfant, croyant voir un fantôme, Voulut crier; le jeune homme ajouta:

> Ne criez pas, je suis votre Jérôme.

— Pour l'amour de Dieu, dit Silvia,

Allez-vous-en, je voua en prie.

Il est passé, ce temps de notre vie Où notre enfance eut loisir de s'aimer

Vous voyez, je suis mariée.

Dans les devoirs auxquels je suis liée,

, Il ne me sied plus de penser

Si mon mari venait à vous surprendre, Songei que le moindre de* maux

Serait pour moi d'en perdre le repo» ;

Songez qu'il m'aime, et que |e «lis sa femme.

A ce discours, le malheureux amant Fut navré jusqu'au fond de l'imc.

Ce fut en vain qu'il peignit son tourmenlj Et sa constance, u sa misère ; Par promesse ni par prière,

Tout son chagrin ne put rien obtenir.

Alors, sentant la mort venir,

Il demanda que, pour grâce dernière, Elle le laissai se coucher Pendant un instant auprès d'elle, Sans bouger et sans la toucher, Seulement pour se réchauffer,

Avant au cœur une glace mortelle,

Et qu'il partirait aussi! ûl ,

Jérôme profita d'un moment de pitié;

Il se coucha près de Sylvie.

Considérant alors quelle longue amitié

Et quelle était aa cruauté, Et l'espérance à tout jamais perdue, Il résolut de cesser de souffrir,

Er, rassemblant dam un dernier soupir

Il serra la main de sa mie, Et rendit l'âme à son c8té.

Si| via, non sans quelque surprise.

Admirant sa tranquillité, Resta d'abord quelque temps indécise.

Dit-elle enfin, l'heure s'avance , »

Et, comme il gardait le silence,

Elle pensa qu'il s'était endormi.

Se soulevant donc à demi,

Et doucement l'appelant à voix basse,

Et le trouva froid comme glace Elle s'en étonna d'abord ; Bientôt, l'ayant touché plus fori Et voyant sa peine inutile, Son ami restant immobile, Elle comprit qui! était mort.

Que faire? il n'était pas facile

Elle avisa de demander conseil

Et lui conta l'histoire de Jérôme, Comme un malheur advenu depuis peu,

Sans dire à qui ni dans quel lieu.

« En pareil cas, répondit le bonhomme, Je crois que le meilleur serait De porter le mort en secret

Et le mal est à la fortune.

t la femme. Et, prenant la main de son n

Elle lui fit toucher prés d'elle

Le corps sur son lit Étendu.

Bien que troublé par ce coup imprévu,

L'époux se lève, allume sa chandelle ,

Sachant que sa femme est fidèle, Il charge le corps sur sou dot,

A sa maison secrètement l'emporte, Le dépose devant la porte,

Et s'en revient sans avoir été vu.

Lorsqu'on trouva, le jour étant venu, Le jeune homme couché par terre, Ce fut une grande rumeur ; El le pire, dans ce malheur, Fut le désespoir de la mère

Le médecin aussitôt consulté, Et le corps partout visité, Comme on n'y vit point de blessai Chacun parlait à sa ta;on De cette sinistre aventure.

La populaire opinion Fut que l'amour de sa maîtresse

Avait jeté Jérôme en cette adversité, Et qu'il émit mort de tristesse, Comme c'était la vérité

Le corps fut donc à l'église porté,

Exhaler sa douleur amirc.

Tandis qu'on menait le cercueil,

Le tisserand, qui, dans le fond de l'âme, Ne laissait pas d'une inquiet:

u II est bon, dit-il à sa femme, Que lu prennes ton mantelet, Et t'en ailles à cette église, Où l'on enterre ce garçon Qui mourut bier à la maison.

J'ai quelque peur qu'on ne médise Sur cet inattendu trépas, Et ce aérait un mauvais pas, Tout innocents que nous en sommes Je me tiendrai parmi Ici hommes,

Et prierai Dieu, tout en les écoutant.

De ton côte, prends soin d'en faire autan A l'endroit qu'occupent les femmes.

Tu retiendras ce que ces bonnes âmes Diront de nous, et nous ferons

La pitié trop tard à Silvic Était venue, et ce discours lui plut.

Celui dont un baiser eût conservé la vie, Le voulant voir encore, elle s'en fut.

Il est étrange, il est presque incroyable Combien c'est chose inexplicable Que la puissance de l'amour.

Ce cniir, >i

chaste.

IMtfvèK,

Qui sembla!

t fermé :

uns retour

Quand la fo

rtune «1

ùl prospère,

Tout à couj

au malheur.

A peine dam l'église

entrée,

De compaaB

ion el d'

horreur

Silvia le «en

lit pénétrée;

Le front baissé, de son manteau voj Jusqu'à la bière il lui fallut aller)

Comme une sœur embrasse un frè:

Sur le cercueil elle tomba; Et, comme la douleur avait lue Jérôme,

Cette fols ce fut au jeune homme A céder la moitié du lit :

L'un près de l'autre on les ensevelit.

Ainsi ce* deux amants, séparés sur la terre, Furent unis, et la mort fit Ce que l'amour n'avait pu faire.

Décembre iS; j.

SU% LES VÉ-BUTS de mesdemoiselles

A quoi nous servent donc tant de luttes frivoles, Tant d'effort» toujours vain» et toujours renaissants? Un chaos si pompeux d'inutiles paroles,

Frappant les anciennes idole» ?

Discourons sur les arts, faisons les connaisseurs; Nous aurons beau clianger d'erreurs Comme un libertin de maltresse, Les lilas an printemps seront toujours en fleurs, Et les arts immortel» rajeuniront sans cesse.

ts chérit des dlti □it bénie,

Allei ! que le bonheur i

it pas du hasard un caprii

Qui vous fit naître au n

Obéissez sans crainte su dieu qui tous inspire. Ignorez, s'il >e peut, que nom parlons de vous Ces plaintes, ce» accorde, ces pleurs, ce doux i

Tous vos trésors, donnez-les-noui -.

Chantez, enfants, lai s a uz -no us dire.

Où va l'homme? où son cœur l'appelle L'hirondelle suit le icpliyr, Et moins légère est l'hirondelle Que l'homme qui suit son désir.

Ah ! fugitive enchanteresse, Saij-tu senLment Ion chemin?

Faut-il donc que le vieux Destin

J'ai perdu ma force et ma v Et mes amis et ma gaité; J'ai perdu jusqu'à la fierté

Et pourtant elle cal éternelle, Et ceux qui se sont paaséa d'elle ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde Le teul bien qui me reatc au monde Eat d'avoir quelquefois pleuré

@mmr&m®m

UV£E S01%ÉE TETiVVE

J'étais aeul, l'antre soir, au Théâtre-Français, Ou presque seul; l'auteur n'avait pas grand succès, Ce n'était que Molière, et nous savons de reste Que ce grand maladroit, qui fil un jour Alcesle, Ignora le bel art de chatouiller l'esprit

3Înt un dénouaient bien cuit

Gr3ce

àDieu,nosaut

urs ont changé de m

E! no

us aimons bien

nieux quelque drame

Oùl'i

trigue, enlacée

t roulée en feston,

Toaro

e comme un réb

• MUda

J'ccou

tais cependant ci

tte simpie harmonie,

J'adm

rais quel amour

pour l'âpre v 4 rite

Eutc

t homme ai fier

en sa naïveté,

Quel

rand et vrai sav

Quel!

mile gaité, si

date et si profonde

Que,

orsqu'on vient

'en rire, on devrait e

Et,c

me demandais ■

i Est-ce assez d'adm

Est-c

assez de venir,

un soir, par aventure

D'cniendrc au fond de l'âme un cri de la nature,

D'essuyer une larme, et de partir ainsi,

Quoi qu'on fasse d'ailleurs, sans en prendre souci?

Enfoncé que j'étais dans cette rêverie,

Çà et là, toutefois, lorgnant la galerie,

Je vis que, devant moi, se balançait gaiment

Sou» une tresse noire un cou svelte et charmant j

Et, voyant cet ébene enchâssé dans l'ivoire,

Un vers d'André Chénîer chanta dans ma mémoire,

Un vers presque inconnu, refrain inachevé,

Frais comme le hasard, moins écrit que rêvé

J'osai m'en souvenir, même devant Molière;

Sa grande ombre, à coup sûr, ne s'en offensa pas;

Et, tout en écoutant, je murmuraiB tout bas,

Regardant cette enfant, qui ne s'en doutait guère .

« Sous votre aimable tïte, un cou blanc, délicat,

Se plie, el de la neige effacerait l'éclat. »

Puis je songeais encore {ainsi va la pensée) Que l'antique franchise, à ce point délaissée, Avec notre finesse et notre esprit moqueur, Ferait croire, après tout, que doue manquons de cce Que c'était une triste et honteuse misère

£t qu'il est pourtant temps, comme dit la chanson,

Car â quoi comparer cette scène embourbée, Et l'effroyable honte où la muse est tombée?

La lâcheté nous bride, et les sots vont disant Que, soui ce vieuï soleil, tout est fait à présent:

Comme si les travers de la famille humaine

Ne rajeunissaient pas chaque an, chaque semaine

Notre siècle a ses mœurs, partant, sa virile;

Et l'ba

biller de ne

■ir, cet ho

mmea

ux rubans vertB,

Qui se

fâchait jad

rd'huid2!

lelquei

S'il rer.

:, la grand' vil le.

Il y tr.

cuverait mi

eux pour

émouv

oi r sa bile

Qu'an.

: méchante

femme et

qa'un

méchant sonnet ;

Nous avons autre

Onotr

e maître à

tous! si ti

-e est fermée,

Lii-sse-

moi dans t

i cendre,

un le-

tant ranimée,

Tronv,

n une «in»

:l!e, et je

vais l'i

miter 1

J'en au

rai fait a»>

■z si je pu

is le U

Apprer

.ds-moi de

quel ton,

dans t,

L bouche hardie,

Parlait

la vérité, t

a seule passion,

Et, pour me fair

entendre,

idif:

lut du e^ie,

J'en au

iigoati

Ainsi je caressais une folle chimère.

Devant moi cependant, à. cfité de sa mère, L'enfant restait toujours, et le cou svelte et blanc Sons les longs cheveux noirs se berçait mollement Le spectacle fini, la charmante inconnue Se leva: Le beau cou, l'épaule à demi mie, Se voilèrent , la main glissa dans le manchon ;

S'enfuir, je m'aperçus que je l'avait suivie. Héla»! mon cher ami, c'eat là toute ma vie.

Pendant que mon esprit cherchait «a volonté, Mon corps avait la tienne et suivait la beauté; Et, quand je m'éveillai de cette rêverie, Il ne m'en restait plus que l'image chérie :

« Sous voire aimable tête, un cou blanc, délicat, 5e plie, et de la neige effacerait l'éclat »

J'aimais les romans i vingt ans

Aujourd'hui je n'ai plus le temps;

Le bien perdu rend l'homme avare.

J'y veux voir moins loin, mail plus clair:

Je me console de Werther

Avec la reine de Navarre

Et pourquoi pas? Croyeî-vous donc,

Quand on n'a qu'une page en Ute,

Qu'il en faille chercher ai long,

El que tant parler soit honnête?

Qui des deux est stérilité,

Ou l'antique sobriété

Qui n'écrit que ce qu'elle pense,

Ou la moderne intempérance

Qui croit penser dès qu'elle écrit?

Béni soit Dieu! les gens d'esprit

Ne sont pas rares cette année !

Mais des qu'il nous vient une idée

Pas plus grosse qu'un petit chien,

Nous essayons d'en faire un âne

L'idâe était fer

nme de bie

Certes, lorsque

: le Florent

Écrivait un cor

ite, un ma

Sans poser ni 1

ailler sa pi

Il aurait pu fai

re un volui

D'un seul mol

chaste ou 1

Celte belle âme

: si hardie,

Qui pleura tan.

: après Fav

Et, dam la fleu

r de ses be

Quitta la France et les an

Pour aller cons

oler son fr

Au fond des pr

isons de M

Croyez-vous qi

.'elle n'eût

Ayant

failli mourir ailleurs,

A Itebec, à Fontarabie,

AlaB

i coque, à Marîgnan ;

Car al

ors le seul vrai roman

Était 1

'amour de la patrie.

Mais i

te parlons point de ce!

Les gens d'esprit ni I

Jésus leur a promis les cieui, L'amour leur appartient sur terre.

Dans le beau paya des Toscans Vivait jadis, an bon vieux temps, La pauvre enfant d'un pauvre père Dont Simonetle fut le nom; Fille d'humble condition, Passablement jeune et jolie, Avenante cl douce en tout point, Mais de l'argent n'en ayant point.

Et donc elle gagnait sa vie De la lune qu'elle filait, Au jour le jour, pour qui voulait.

Bien qu'elle ne pût qu'à grand 'peini

Four un marchand de drap, son maître.

Pascal, c'est le nom du garçon,

Laiiiti ion amitié païaîtrc; Et, «lit faute de s'y connaîtra, Sait qu'elle n'y vit point de mal,

Menait Simone à la fenêtre.

La, lui répondant de son mieux, Sans en souhaiter davantage, En le voyant jeune et joyeux, Elle montrait sur son visage Le plaisir que prenaient ses yeux; Puis, travaillant en son absence,

De jour en jour un nouveau zèle Pour sa laine, et ne trouvait rien {J'ai dit que Simone était belle)

Qu'un fuseau dévidé par elle.

La saison des fleurs s'en mêlant, Enfin, comme il n'est en ce monde Si petite herbe sous le pié Qu'un jour de printemps ne féconde,

Dont il ne germe une amourette, Un jour advint que le fuseau

Près des barrières de ta ville Et ail al on un beau jardin,

Le rêveur avec ta paresse, L'amoureux avec sa maîtres Entraient là comme en para (Car la liberté fut jadis Un des trésors de l'Italie, Comme la musique et l'a mu Le bon Pascal voulut un joi

Non pour lire ni pour rêvei

Où «e dire, sans trop de mots,

Se racontent sous la feuillée.

Sitôt formé, sitôt conclu, Ce projet n'avait point déplu A la brunette filandière, Et, le dimanche étant venu, Après avoir dit à son père Qu'elle avait dessein d'aller faire Ses dévotions à Saint-Gai, Au lieu marqué, brave et lêeere.

Elle eoural trouver Pascal.

Avant île ae mettre en campagne Il faut savoir qu'elle avait pris, Selon l'usage du paya, Une voisine pour compagne; Ce n'est pas là comme à Paris :

Causa plut de mal que de bien.

Belle ou laide, je n'en saie rien, Boccace la nomme Lagine.

Le jeune homme, de son côté, Vint pareillement escorlé D'un voisin surnommé le Strambe, Ce qui veut dire propremen!

Que, sans boiter précisément, Il louchait un peu d'une jambe.

Mais n'importe. Entrés au jardin, No» couples se prirent la main,

Et chacun suivit son chemin, tendant que le Strambe et Lagine Au soleil allaient faire un tour, Cherchant à coudre un brin d'amoui Au fond des bois sous la ramée, Pascal, menant sa bien-aimée, Trouva bien lût ce qu'il cherchait, One touffe d'herbe entassée, Et le bonheur qui l'attendait.

Comme cette heure fut passée,

La vie, héla»! c'est ce qui fail Qu'elle est si cruelle et si douce.

Le hasard voulut que ce lieu Fût au penchant d'une prairie, Çà et là, comme il plaît à Dieu, L'herbe courait fraîche et fleurie,

Nos amoureux, assis par tel Commencèrent à deviser, Entre le rire et le baiser, D'un bon dîner qu'ils voulaii En ce lieu même, à leur lois) La place leur devenait chère, Il leur fallait y revenir. ■

Qt

elle fleur? Le

pauvre

garçon

:n savait rien

, et je l'i

y pouvant cre

.ire aucu

n danger

Il la porta, sans

y songe

A sa lèvre brùbnte enco

De

ces baisers si

désires,

Et si lentement savourés.

Fuis, revenant à la pensée Qu'ils avaient tous deux carénée, Il parla d'abord quelque tempi, Tenant celle herbe entre ses dents; Mail il ne continua guère Que le visage lui changea.

Pâle et mourant sur la bruyère Tout à coup il se souleva, Appelant Simone, et déjà Entoure de l'ombre éternelle ; Il étendit ies bras vers elle, Perdit Ja parole et tomba.

Bien que ce fût choie trop claire

Ne put croire à

ié d'abord tant de misère

Que d'avoir perd Et le voir l'en al

1er ainsi '

Sans adieu, plain Tremblante elle [

:ourut à lui,

Croyant qu'il a'é Dans quelque do El le serra tout .

uleur passager

défailli,

Qu'eût-clle fait?

Habitués à la soi

tut, mais en fi im-ancc,

Leur unique bien, l'espérance; Hait la mort vient, qui le leur

Les beaux jeux, les lèvres chéries.

Se couvraient d'un masque de san ( Marqué du fouet des Furies,

Si beau naguère et tant aimé, Fut un tel objet d'épouvante, Que le regard de son amante Avec horreur s'en détourna.

Aux cri» que Simone jeta, Strambc accourut avec Lagiue, Et par malheur vinrent aussi Les gens d'une maison voisine.

Quand le peuple s'assemble ainsi, C'est toujours sur quelque ruine.

Ceux qui firent les premiers pas Trouvèrent Simone étendue Auprès du corps de son amant,

Que, par une cause inconnue,

Eut été douce et bienvenue.

Mais Simone rouvrit les yeux r [[ Malheureuse, dit le boiteux, Voyant son compagnon sans vie,

C'en toi qui l'a> assassiné ! a A ce mol, le peuple étonné S'approche en foule ; on «e récrie ; Un médecin est amené.

Il voit un mort, il s'en empare, Obierve, consulte, et déclare Que Pascal eat empoisonné.

A tout ces discours, Simonelte,

Ne comprenant que soi

i chagrin

Restait, la tête dans sa

main,

Plus immobile et plus i

Qu'une pierre sur un tombeau.

Qui devait parier? Ces

t Lu fii ne

Venant d'une âme fémi

Un tel courage eût été

Ce qu'elle lit, on le dev

ine:

Elle se tut, faute de ces

ur,

Et, voyant tomber l'infamie

Sur sa compagne et sot

i unie,

Compassion, elle en eut peur.

Moyennant quoi l'infortunée, Seule et sans aide contre tous, Devant le juge fut traînée,

De ses larmes toute baignée,

oupçonnant quelque mystère.

Ne se pouvant imaginer.

Nique la fille fût coupable, Voyant qu'elle pleurait si fort, Ni que le jeune homme fût mort Sam une cause vraisemblable, 11 prit Simone par la main, Et, s'acheminant sans mol dire,

Liii-mSine il voulut la conduire

Devant le corps du trépasse,

Afin qu'elle pût se J'frudre

En ta présence, et faire entendre

Comment le fait s' è tait passé.

Alors, dans sa triste mémoire

Rappelant son fidèle amour,

Du premier Jusqu'au dernier jour,

Simone conta son histoire

Comme je l'ai dite 1 peu près, —

Bien mieux, car les pleurs seuls sont i

Mais personne n'y voulut croire.

Quand elle en fut à raconter

Par quelle disgrâce inouïe

Pascal avait perdu la vie,

Voyant tout le monde en douter

Et le juge même sourire,

Pour mieux prouver son simple dire,

lequel le froid

Donnait pale et mcconnainablc; Puis, cueillant une fleur semblable

Sa pauvre âme cul une pensée, Qui fui de faire comme lui.

Fut-ce douleur, crainte, ignorance?

Qu'importe? Pascal l'attendait, Ouvrant «es bras qu'il lui tendait, Dans un asile où l'espérance N'a plus à craindre le malheur.

Sitôt qu'elle eut touché la Heur,

A qui Dieu lit celte faveur

De partir encore amoureuses,

De vous rejoindre sur le seuil,

L'un joyeux, l'autre à peine en deuil,

Et de finir votre misère

En vous embrassant sur la terre,

Pour aller aussitôt après

Là-haut vous aimer à jamais!

Dans sa simpletse accoutumée, Fui une sauge envenimée

Par un .

;rapaud ;

mais, Dieu merci!

Nouseï

i savons

trop aujourd'hui

Pour cr.

:iire aux

erreurs de nos pères.

Ce ser.il

t un cen

1 de vipère., .

Qu'un e

nrant leu

r rirait au nez.

Quand

les gens

■ont empoisonnés,

Dans ni

lire sied

e de lumière,

On n'y

croît pas

■i prompremenl

A qui, selon toute apparence, Dans les faubourgs de la cite Ce conte avait été conté, Qui l'aurait voulu croire en France?

Braves gens qui riez déjà, L'histoire n'en est pas moins vraie.

Cherchez la plante, et trouvez-la.

Demain peut-être on la verra

La Faculté l'appellera Pavol, ciguë, ou belladone.

Ici-bas tout peul se prouver.

Le plu» difficile à trouver N'est pas la plante, c'est Simone.

J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir En osant le revoir, place à jamais sacrée, la plui chère tombe et la plus ignorée Où dorme un souvenir!

Que redoutiei-vous donc de cette solitude,

Alors qu'une si douce et si vieille habitude Me montrait ce chemin?

Les voilà, ces coteaux, ces bruyères chéries, Et ces pas argentins sur le sable muet,

Les voilà, ces sapins à la sombre verdure, Cette gorge profonde aux nonchalants détours, Ces sauvage* amis, dont l'antique murmure A bercé mes beaux jours.

Les

voilà, t

»ons où

toute ma jeunesse,

Comme un

main

i d'oiseai

is, chante au bruit de mer

Lieu

i charmants,

beau disert où passa ma maître!

ne,

Ni

m'attend

Ah]

laissez

■les co

«1er, elle

s me sont bien chères,

Ces larmes

que so

ulève un

cceur encor bleBsé !

Ne!

les es su

vez pa

s, laissez

sur mes paupières

Ce

voile du

Je n

e viens

point

jeter on

regret inutile

Dan

s riche

■ de ces bois te

nains de mou bonheur.

Fier

e est ce

ne foi

■et dans

sa beauté tranquille,

Et fier aussi

mon cœur.

Que celui-là se livre à des plaintes amères, Qui s'agenouille et prie au tombeau d'un ami. Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetières

Voyez ! la lune monte à travers ccb ombrages. Ton regard tremble encor, belle reine des nuits; Mais du sombre horizon déjà tu te dégages, Et tu t'épanouis.

Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie? Tout ce qui m'a fait vieux est bien loin maintenant ; Et, rien qu'en regardant cette vallée amie, Je redeviens enfant.

puissance du temps ! 6 légère» année» !

Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regret* -, Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanées Vous ne marchez jamais.

Tout mon cœur te bénît, bonté consolatrice!

Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir D'une telle blessure, et que ta cicatrice

Des vulgaires douleurs linceul accoutumé

Que viennent étaler sur leurs amours pas

Ceux qui n'ont point aimé!

Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire m

Qu'un souvenir heureux dans les jours d<

Quel chagrin l'a dicté cette parole amere

Celte offense au malheur?

Ses regarda éblouis;

Dans ce passé perdu quand ton âme se noie, Sur ce miroir brisé lorsqu'il rêve en pleurant, Tu lui dis qu'il se trompe, et que sa faible joie N'est qu'un affreux tourment!

Et c'est à la Françoise, à ton ange de gloire,

Que tu pouvais donner ces mots à prononcer,

Elle qui s'interrompt, pour conter son histoire,

D'un éternel baiser!

Qu'est

-ce donc, juste Dieu, que la pensée humaine,

pourra jamais aimer la vérité,

st joie ou douleur si juste et si certaine

Dont quelqu'un n'ail douté?

Coran,

eut vivez-vous donc, étranges créatures?

Vousr

ici, vous chantez, vous marchez à grands pas;

Le ciel

et sa beauté, le monde et ses souillures

Ne vous dérangent pas;

Mail, lorsque par hasard le destin voua ramène Vers quelque monument d'un amour oublie, Ce caillou vous arrête, et cela vous fait peine Qu'il vous heurte le pié.

Et vous criez alors que la vie est un songe ;

Vous vous tordez le» bras comme en vous réveillant,

Et vous trouvez fâcheux qu'un si joyeux mensonge

Malheureux A secoue les Ce fugitif in

Ne le regrette

votre âme engourdie

pas!

Regrettez la torpeur qui vou

Vos agitations dans la fange

Vos nuits sans espérance et

C'est là qu'es

> cloue à la terre,

os jours sans lumière ; le néant !

Mais que vo Que voulait

ni au ciel ces regrets inconstants A chaque pas du Temps?

Oui, sans don Et le peu de

Sonheur qui no pas plus tût c

;e monde est un grand rêve s vient en chemin,

Oui, le» premiers baisers, oui, Ici pr Que deuï être» mortels échan B érent s Ce fui au pied d'un arbre effeuillé par

II» prirent à témoin de leur joie éphémère Un ciel toujours voilé qui change à tout moi El des astres sans nom que leur propre lumi

Tout mourait autour d'eux, l'oiseau dans le feuillage, La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs pies, La source desséchée où vacillait l'image De leurs traits oubliés;

Et sur tous ces débris joignant leurs mains d'argile. Étourdis des éclairs d'un instant de plaisir, Ils croyaient échapper à cet Etre immobile Qui regarde mourir I

Mes yeux ont contemplé des objets plu» funèbres Que Juliette morte au fond de son tombeau, Plus affreux que le toast à l'ange dee ténèbres Port* par Roméo.

J'ai vu ma seule- amie, à jamais la plus chère, Devenue elle-même un sépulcre blanchi, Une tombe vivante où flottait la pouasière

De notre pauvre amour, que, dans la nuit profonde, Nous avions sur nos cœurs si doucement berce ! C'était plus qu'une vie, hélas ! c'était un inonde Qui s'était effacé !

Oui, jeune et belle encor, plus belle, cuait-on dire,

Se* lèvres s'entr'ouv raient, et c'était un sourire, Et c'était une voix;

Mais non plus cette volx, non plus ce doux langage, Ces regards adorés dans les mïeiii confondus; Mon ctEur, encor plein d'elle, errait sur son visage,

Et pourtant j'aurais pu marcher alors vers elle, Entourer de mes bras ce sein vide et glacé, Et j'aurais pu crier : • Qu'as-tu fait, infidèle,

Mail non : il me semblait qu'une femme in

connue

Avait pris par hasard cette voix et ces ycu

it

El je laissai passer cette froide statue

En regardant les deux.

Eh bien! ce fui sans doute une horrible m

Que ce riant adieu d'un être inanimé.

Eh bien ! qu'importe encore ? nature ! ô

ma mère!

Eu ai-je moins aimé?

La Foudre maintenant peut tomber sur ma

tête;

Jamais ce souvenir ne peut m'étre arraché !

Comme le matelot brisé par la tempête,

Je m'y tiens attaché.

Je ne veux rien savoir, ni si les champs flei

irissent,

Ni ce qu'il adviendra du simulacre humain,

Ni si ces vastes cicui éclaireront demain

Ce qu'ils ensevelissent.

Je me dis seulement : u A cette heure, en c

! lieu,

Un jour, jt fus aimé, j'aimais, elle était be

J'enfouis ce trésor dans mon âme immorte

Ile,

Et je l'emporte à Dieu ! »

LE TIHIVÇ u4LLEat&iV£'D>, PAR BECKER

Aussi longtemps que Ici rocs enlèveront au de son courant ; aussi longtemps que les haute* drales se refléteront dans son miroir.

LE ^H/ÎV vtLLE&fatrfCD.

1ÉP0SSI A LA CK ASSOIS SE ItCK

Un couplet qu'on «'en va chantant Efface-t-il la trace altierc Du pied de nos chevaux marqué dans voire sang?

Noua l'avons eu, votre Rhin allemand Son sein porte une plaie ouverte, Du jour où Coudé triomphant

Où le père a passé, passera bien l'enfant.

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Que faisaient vos vertus germaines, Quand notre César tout-puissant De son ombre couvrait vos plaines?

Où donc eit-il tombé, ce dernier onemeat?

Nous l'avons eu, votre Rhin allemand.

Vos jeunes filles, su-

-ement,

Ont mieux gardé no

tre mémoire;

Elles nous ont versé votre petit vin blanc.

S'il

esta vous, votre Rhi

n allemand,

Lavez-y donc votre 1

ivrée,

Mais parlez-en moir

i* fièrement.

Combien, au jour de

î la curée,

Ériez-vt

lus de corbeaux contr

» l'aigle ezpimnt?

Ql

l'il coule en paix, voir

e Rhin allemand;

Que vos cathédrales

gothiques

S'y reflitent modeste

mtentl

Mais craignez que ■,

os ai rs bachiques

Nerévi

:illenl les morts de leu

r repos sanglant.

m&mzmmm

SUTl Loi 'Pa47iESSE.

• Oui, j'écris rarement et me plais de le faire : Non pas que la paresse en moi soit ordinaire; Mais, sitôt que je prends la plume à ce dessein, Je crois prendre en galère une rame à la main, n

Qui croyez-vous, mon cher, qui parle de la sorte ? C'est Alfred, direz-vous, ou le diable m'emporle ! Non, ami. Plût à Dieu que j'eusse dît si bien Et si net et si court pourquoi je ne dis rien ! L'esprit mâle et hautain dont la sobre pensée Fut dans ces rudes vers librement cadencée, (Ole voue chapeau) c'est Matlturia Régnier, De l'immortel Molière immortel devancier; Qui ploya notre langue, et dans sa cire molle Sut pJtrir et dresser la romaine hyperbole; Premier maître jadis sous lequel j'écrivis, Alors que du voisin je pienais les avis, Et qui me fui montré, dans l'âge où tout s'ignore,

Far de plus fiers que mol, qui l'imitent encore;

Mail la «II

.se était

bonne, et, quel qu'en -

loit l'effet,

i fait.

Or je me d

: mandai

s hier dans la solitude

Ce cœur sa

os peur,

uns gBne et sans inqi

n'élude,

Qui vécut ,

il m ou ri

it dans un )i brave enn

ai,

S'il M laisa

it jadis i

ju'eût-il fait aujourd'hi

il?

Alors à mo

1 «prit

se présentaient en hâte

Dont il aurai! su faire un plat de son métier

A nous desopïltr pendant un siècle entier :

D'abord le grand fléau qui nous rend tous malades,

Le seigneur Journalisme et ses pan talonnades;

Ce droit quotidien qu'un sot a de berner

Trois ou quatre milliers de sots, k déjeuner;

Le règne du papier, l'abus de l'écriture,

Qui d'un plat feuilleton fait une dictature,

Tonneau d'encre bourbeux par Freron défoncé,

Dont, jusque sur le trône, on est éclaboussé ;

En second lieu, nos mœurs, qui se croient plus sévères,

Parce que nous cachons et nous rinçons nos verres,

Quand nous avons commis dans quelque coin honteux

Ces éternels péchés dont pouffaient nos aïeux;

Fuis nos discours pompeux, nos fleurs de bavardage,

L'esprit européen de nos coqs de village,

Ce bel art si choisi d'offenser poliment,

Et de se souffleter parlementairement ,

Fuis, nos livres mort-nés, nos poussives chimères,

Pâture des portiers ; et ces pauvres commères,

Font du moins leur besogne en pondant leur* écrits ;

Ensuite, un mal profond, la croyance envolée,

La prière inquiète, errante ei désolée,

El, pour qui joint lei main», pour qui lève les yeux,

Une crois en pouteîére et le désert aux cieui.

Ensuite, un mal honteux, le bruit de la monnaie,

La jouissance brute, et qui croit être vraie,

La mangeaills, le vin, l'égoïsmc hébété,

Qui te berce en ronflant dans sa brutalité ;

Puis un tyran moderne, une peste nouvelle,

La médiocrité qui ne comprend rien qu'elle,

Qui, pour chauffer la cuve où son fer fume et bout,

Y jetterait le bronze où César est debout,

Instinct de la basoche, odeur d'épicerie,

Qui fait lever le cœur à la mère patrie,

Capable, avec le temps, de la déshonorer,

Si ta fierté native en pouvait s'altérer;

Ensuite, un tort léger, tant il est ridicule,

Et qui ne vaut pat même un revert de fémle,

Le* lamentation! des chercheurs d'avenir,

Ceux qui disent : s Ha teeur, ne vois-tu rien venir ? ■

Puis, un mal dangereux, qui touche à tous les crime*,

La lourde ambition de ces tristes maximet

Qui ne tont mime pat de vieilles vérités,

Et qu'on vient nous donner comme des nouveauté*,

Vieux galons de Rousseau, défroque de Voltaire,

Carmagnole en baillons volée à Robespierre,

Charmante garde-robe où sont emmaillotté»

Du peuple souverain les courtisant crotté*,

Fui* enfin, tout au bat, la dernière de toute*,

La (lèvre de ces fous qui l'en vont par tes routna Arracher la charrue aux mains du laboureur, Dans l'atelier désert corrompre le malheur, Au nom d'un Dieu de paix qui nous prescrit l'aumâ Traîner au carrefour le pauvre qui frissonne, D'un fer rouille de sang armer «a maigre main, El se sauver dans l'ombre en poussant l'assassin.

Qu'aurait dit à cela ce grand tralnenr d'épée, Ce flâneur s qui prenait les vers à la pipée ? » Si dans ce gouffre obscur son regard eût plongé, Sons quel étrange aspect l'eût-il envisagé?

Quelle affreuse tristesse ou quel rire homérique Eût ouvert ou serré ce cœur mélancolique ?

Se fût-il contenté de nous prendre eu pitié, De consoler sa vie avec quelque amitié, Et de laisser la foule étourdir ses oreilles, Comme un berger qui dort au milieu des abeilles? Ou bien, le cœur ému d'un mépris généreux, Aurait-il là-dessus versé, comme un vin vieux, Ses hardis hiatus, Sot jailli tiu Parnasse, Où Despréaux mêla sa tisane à la glace?

Certes, s'il eût parlé, ses robustes groB mots Auraient de pied en cap ébouriffé les sots.

Qu'il se fût abattu sur une telle proie, L'ombre de Juvénal en eût frémi de joie, Et sur ce noir torrent qui mine tout à rien Quelques mots flotteraient, dits pour les gens de t>|. Franchise du viens temps, muse de la patrie, Où sont ta verte allure et ta sauvagerie?

Comme ili tressai! liraient, les paternel! tombeaux, Si la voix douce et rude en frappait les échos ! Comme elles tomberaient, nos gloires mendiées, De patois étrangers nos museï barbouillées,

Dans ta beauté féconde et dans ta liberté!

Arec quelle rougeur el quel piteux visage Noire bégueulerie entendrait ion langage, Toi qu'un juron gaulois n'a jamais fait bouder, Et qui, ne craignant rien, ne sais rien marchander ! Quel régiment de fous, que de marionnettes, Quel troupeau de mulets dandinant leurs sonnettes, Quelle procession de pantins désolés, Passeraient devant nous, par ta voix appelés! Et quel plaisir de voir, sans masque ni lisières, A travers le chaos de nos folks misères, Courir en souriant tes beaux vers ingénus, Tantôt légers, tantSt boiteux, toujours piedl nus ! Gaîté, génie heureux, qui fut jadis le nôtre,

Esprit de nos

aïeux, qu

i te réjoui.

<tais

Dans l'éternel

bon sens

, lequel est né français,

Fleurs de notr

t pays, qi

u'êtes-voui

i devenues?

L'aigle s'est-il

lassé de planer dam

i les nues,

Et de tenir to

ujouri soi

i regard a

Sur l'astre tou

t- puissant

d'où j'aill

it la clarté?

Voilà donc, l'i

mire soir

, quelle était ma pensée

Et plus je m'y

lenais la

cervelle ei

rioncee,

Moins je m'imaginais qi

te le vieux

Malhurin

EUt montré, de ce temps, ni gatté ni chagrin,

o EU quoi I me direz-voua, il noua eut laissés faire,

Lui qu'un mauvais dîner pouvait mettre en colère!

Lui qui s'effarouchait, grand enfant sans raison,

D'une femme infidèle et d'une trahison!

Lui qui se redressait, comme un serpent dans l'herbe,

Pour une balourdise échappée à Malherbe,

Et qui poussa l'oubli de tout respect humain

Jusqu'à daigner rosser Berthelot de sa main! •

Oui, mon cher, ce même homme, et par la raison même

Que son cœur débordant poussait tout à l'extrême.

Et qu'au moindre sujet qui venait l'animer,

Sachant si bien haïr, il savait tant aimer.

Il eût trouvé ce siècle indigne de satire.

Trop vain pour en pleurer, trop triste pour en rire,

Et, quel qu'en fût son rêve, il l'eut voulu garder,

H n'est que trop facile, à qui sait regarder,

De comprendre pourquoi tout est malade en France;

Le mal des gens d'esprit, c'est leur indifférence,

Celui des gens de cœur, leur inutilité.

Mais à quoi bon venir prêcher la vérité,

Et devant les badauds étaler sa faconde,

Pour répéter en vers ce que dit tout le monde?

Sur notre état présent qui s'abuse aujourd'hui ?

Comme dit Figaro . o Qui trompe-t-on ici? n

D'ailleurs, est-ce un plaisir d'exprimer sa pensée?

L'hirondelle s'envole, un goujat l'a blessée ;

Elle tombe, palpite et meurt, et le passant

Aperçoit par hasard son pied taché de sang.

Hélasl pensée écrite, hirondelle envolée!

Dieu toit par quel chemin elle t'en est alite !

Et quelle main la lue au aortir de ton nid!

Non, j'en au» convaincu, Mathuriu n'eût rien dit.

Ce n'est paa, en parlant, qu'il en eût craint la laite ;

Sa tele allait bon train, ion cœur encor plui vite,

Et de lui dire non a ce qu'il avait vu

Un journaliste même eût été mal venu.

Il n'eût paa craint non plus que aa faveur trahie

Eût fait au cardinal rayer son abbaye ;

Dca complimenta de cour et dea canonicate,

Si ce n'est pour l'argent, il n'en lit paa grand cas.

Encor moins eût-il craint qu'on fût venu lui dire :

o Et vous, d'où venez-vous pour faire une satire ?

De quel droit parlez-vous, n'ayant jamais rien fait

Que d'aller chez Margot, sortant du cabaret ?»

Car il eût répondu : • N'en soyez point en peine;

Plus que voire bon sens ma déraison est saine;

Chancelant que je suis de ce jus du caveau,

Plus honnête est mou cceur, et plus franc mon cerveau

Que vos grands aira chantés d'un ton de Jérémie >

Et qui l'eût abordé n'aurait eu pour tout prix Que beaucoup de silence, et qu'un peu de méprit.

Ami, vous qui voyez vivre et qui savez comme, Voua dont l'habileté fut d'être un honnête homme, A vona s'en vont cei vers, au hasard ébauchés, Qui vaudraient encor moins s'ils étaient plus cherchés. Hais voua me reprochez sans cesse mon silence ;

C'eil vrai : l'ennui m'a pria de penser en cadence, Et c'cat pourquoi, liianl ces ver» d'un fainéant, Qui n'a fait que trois pas, mais trois pal de géant, De vous Jet envoyer il m'a pria fantaisie, Afin que voua lâchiez comment la poésie A vécu de tout temps, et que les paresseux Ont été quelquefois des gens aimés des dieux. Apréa cela, mon cher, je désire et j'espère (Pour finir à peu prés par un vers de Molière) Que voua vous guérirez du soin que voua prenez De me venir toujours jeter ma lyre au nez.

Die cabre 1S4I.

Au premier «ou

Be du léphyr

Elle sourit avec

mytWre.

Et ta tige fraîche et légère,

Sentant son cali

« l'ouvrir,

J utqne dan» le ■

in de la terre

Frémit de joie e

de dètir.

Ainsi, quand ma

douce Marie

Entr'ouvre «a le

re chérie,

Et levé en chantant tes yem b

Dana l'harmoni

et la lumière

Sou âme semble

tout entière

Monter en tremblant vert let

•HQ4TTELLE-T0I.

(FEgGISS MEIN 1TICRT.)

Ouvre au Soleil son palais enchanté ; Rappelle-loi, lorsque la naît pensive Passe en rivant sous son voile argenté ; A l'appel du plaisir lorsque ton «cin palpite, Au* doui songes du soir lorsque l'ombre l'invite,

' Rappelle-toi, lorsque les destinées M'auront de toi pour jamais séparé, Quand te chagrin, l'eiil et les années Auront flétri ce cœur désespéré ; Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême!

Rappelle-loi, quand août la froide te

Rappelle-toi, quand la fleur solitaire Sur mon tombeau doucement a'ouvr

Reviendra prêt de toi comme une eoeur f Ecoute, dans la nuit, Une voix qui gémit — Rappelle- toi.

■Gjto

Fut-il jamais douceur de «sur pareille

A voir Manon dans mes bras sommeiller?

Son front coquet parfume l'oreiller;

Dan» «on beau sein j'entends son crçnr qui veille.

Un longe passe, et »'en vient l'égayer.

Ainsi l'endort une fleur d'églantier, Dans son calice enfermant une abeille.

Moi, je la berce; un plus charmant métier Fut-il jamais?

Mais le jour vient, et l'Aurore vermeille Effeuille au vent son bouquet printanier.

Le peigne en main et la perle à l'oreille, A son miroir Manon court in'oublier.

Hélas ! l'amour sans lendemain ni veille Fut-il jamais?

al {MaiTHAtME G"

C'est mon avis qu'en route on s'eipow à la pi Au venl, à la pousiiere, et qu'on peut, le mat S'éveiller chiffonnée avec un maniais teint, Et qu'à la longue, en po»te, un têle-à-lête ent

C'est mon avis qu'au monde il n'est pire folie Que d'embarquer l'amour pour un paya loi nu.

Quoi qu'en dise Héloise ou madame Cottin, Dans un miroir d'auberge on n'est jamais jolie

C'est mon aïi

qu'en tomme

un ba

blanc

bien tiré

Sur une robe

lanche un bea

uruba

d moir

Et des onglet

bien net., .ou

le bo

nheur

upreme

Que diles-vou

, madame, à

xraii

onnem

llî

Un point, àc

sujet m'étou

ne scu

emeill

C'eit qu'on n'a pas !e temps

d'y penser quand on ai

04 muATivAQiE G* 1 '

Dans dix ;

ins d'ici i

feulement,

Vous sera

! un peu

moins cruelle

C'est long

, à parler

franchement.

■obablement

Donner à

l'horloge

un coup d'ail

Voire bui

ensorcelle,

Pr«ncz-y garde cependant :

On apprend plus a"

une nouvelle

En dix

ans.

Quand ce

temps vi.

:ndra, d'un an

Je serai le

parfait n

Trop bêle

pour êtr

: inconstant,

El trop la

id pour ê

ire infidèle.

Mais vous

serez en.

:or trop belle

Dansdi

xans.

SUTi. CVÇE MOUJE.

Elle était belle, si la Nuit Qui dort dans la sombre chapelle Où Michel-Ange a bit ton lit, Immobile, peut être belle.

Elle était bonne, s'il suffit Qu'en passant la main t'ouvre et d Sans que Dieu n'ait rien vu, rien d Si l'or sans pitié fait l'aumône.

Peut faire croire à la pensée.

Elle priait, si deux beaux veux, Tantôt n'attachant à la terre, Tantôt se levant vers les deux, Peuvent l'appeler la prière.

Elle aurai! souri, si la fleur Qui ne s'est point épanouie Pouvait l'ouvrir à la fraîcheur Du vent qui passe et qui l'oublie.

Elis aurai! aimé, li l'otguei Pareil à la lampe inutile

N'eût veillé sur son cœur s

Elit a

a poici i

Elle faisait semblant de vi De sd mains esl l Dana lequel elle iï

atVH.ES UVÇE LECTURE.

Ton livre est ferme et franc, brave homme ! il fait aimer.

Au milieu de> bavards qui te font imprimer,

Dca grands noms inconnus dont la France est lassée,

Et de ce bruit honteux qui salit la pensée,

[| est doux de river avant de le fermer,

Ton livre, et de sentir tout son cœur s'animer.

L'avez-vous jamais lu, marquise? et toi, Lisette? Car ce n'est que pour vous, grande dame ou griselte, Sexe adorable, absurde, exécrable et charmant, Que ce pauvre badaud qu'on appelle un pot; le Far tous les temps qu'il fait s'en va le nez au vent, Toujours fier et trompé, toujours humble et rêvant.

vou* prie, et que pourraient noi iiiicurs, de qui la grande affaire soler en arrangeant des mots, .a sifflets, les cris ou les bravos

i roman, vive la page ht

Oh! oh! dira quelqu'un, la choie en un peu rude N'est-ce: rien de rimer avec exactitude ?

Et pourquoi mettrait-on ion Gis en pension, Si, pour unique juge, après quinze ans d'étude, Ou n'a qu'une cornette au bout d'un cotillon? J'en mit bleu désolé, c'est mon opinion.

Les femmes, j'en conviens, sont assez ignorantes.

On ne dit pas tout haut ce qui les rend conti

Et comme, en général, un peu de fausseté

Est leur plus grand plailir. après la vanité,

On en peut, par hasard, trouver qui sont méchanti

Mais qu'y voulez-vous faire? elles ont la beauté.

Or, la beauté, c'est tout. Platon l'a dît lui-mî-me : La beauté, sur la (erre, est la chose suprême. C'est pour nous la montrer qu'est faîte la clarté. Rien n'est beau que le vrai, dit un vers respecté ; Et moi, je lui réponds, sans crainte d'un blasphèm

Dans ce rayon divin s'élança le génie; Voilà pourquoi je dis que Margot s'y connaît.

El

'en dirais bien pi

s si je me laissais faire

Ma

poétique, un jou

, si je puis la donner,

Sera bien autrement

a van te et salutaire.

Ce

st trop peu que J

imer, c'est trop peu que

Le

iour où l'Hélicon

m'entendra sermonner,

Mon premier point a

ra qu'il faul déraisonne

Celui qui ne sait pas, quand la brise étouffée Soupire au fond des bois son tendre et long chagrtr Sortir seul au hasard, chantant quelque refrain, Plue fou qu'Ophélia de romarin coiffée, Plus étourdi qu'un page amoureux d'une fée, Sur son chapeau cassé jouant du tambourin ;

Celui qui ne voit pat, dans l'aurore empourprée, Flotter, le* bras ouverts, une ombre idolâtrée ; Celui qui De sent pas, quand tout est endormi, Quelque chose qui l'aime errer autour de lui; Celui qui n'entend pas une voix éplorée Murmurer dans la source et l'appeler açi ;

Celui qui n'a pas

âme à tout jamais ai

Qui n'a pat pour

oui bien, pour unique

De venir lentemen

Sur un front jeune

et frais, à la tresse ck

Et de sentir ainsi

l'un tête charmante

(,a vie et la béait,

descendre dans son

Celui qui ne sai

pas, durant les

nuits brûlantes

Qui font pâlir

'amour l'étoile d

e Vénus,

Se lever en sur

aut, sans raison,

es pieds nus,

Marcher, prier

pleurer des la™

es ruisselantes,

Et devant l'infi

i joindre des m

ns tremblantes

Le cœur plein

s pitié pour des

maux inconnus

Que celui-là rature et barbouille à ton aise

Ravauder l'oripeau qu'on appelle antithès< Et s'en aller ainsi jusqu'au Porc-Lac haï se, Traînant à ses talons tous les sot» d'ici-ba Grand homme, si l'on veut; mais poète, .

Cer«

.■ieille e

■laine famille

Que,

:elle des frel.

)qs et ;

les

imitateur « ;

Allumeurs de quinquets,

qu :

i voudraient être

Aristi

jpbanc en ri

t, Hora

les «trille.

Mais

ce n'est rien

auprès

de.

i versificateurs.

Le dernier des hui

nains e

xlui qui cheville.

Est-il, je le demande, un plus triste s:

Et qui ne la dit pas, faute d'écrire en

Lorsque je les ai faits, je les voulais ai Et de Wailty ni floiste, au moins, n'et

Non, je ne connais pal de métier plus honteux, Plus tôt, plus dégradant pour la pensée humaine, Que de te mettre ainsi la cervelle à la gène, Pour écrire trois mon quand i! n'en but que deux, Traiter »on propre cœur comme ua chien qu'on enchaîne. Et fausser jusqu'aux pleurs que l'on a dans les yeux.

O toi qu'appelle encor ta patrie abaissée, Dans ta tombe précoce à peine refroidi, Sombre amant de la Mort, pauvre Leopardi 1, Si, pour faire une phrase un peu mieux cadencée, il t'«ît fallu jamais mucher 1 la pensée,

ir simple et hardi?

Telle fut la vigueur de Ion sobre génie, Tel fui ton chaste amour pour l'âpre vérité, Qu'au milieu des langueurs du parler d'Auson Tu dédaignas la rime et sa molle harmonie,

Que l'accent du malheur et de la liberté.

Et pourtant il s'y mêle une douceur divine ; Hélas! c'en ton amour, c'est la voix de Nérine. Nérine aux yeux brillants qui te faisaient pâlir, Celle que tu nommais Ion a Éternel soupir, n Hélas! sa maison peinte au pied de la colline Resta déserte un jour, et tu la vis mourir ;

Et tu mourut aussi. Seul, l'âme désolée, Mais toujours calme et bon, sans te plaindre di Tu marchais en chantant dans ta route isolée. L'heure dernière vint, tant de fois appelée.

Tu la vis arriver sans crainte et sans remord, Et tu goûtas enfin le charme de la mort

wr

al ÏMiJ'D&tfME W

Non, quand bien même une arriére souffrance Dam ce coeur mort pourrait te ranimer ; Non, quand bien même une fleur d'espérance Sur mon chemin pourrait encor germer ;

Quand la pudeur, la grâce

Viendraient en toi me plaindre et me charmer,

Non, chère enfant, ei belle d'ignorance,

wurtant il faudra qu'il suprême ou l'univers n

Page 1