‹ OEuvres de Alfred de MussetChapitre 16 sur 18 · ICI · texte numérisé non relu

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L'Espérance,

'Ne vi

Revenir?

toi qu'a piqué l'abeille

Et lu

n'en saurais ni guérir

Mais

comment fais-tu donc, Pour renaître?

Cart

a vers, en dépit du tei Ont vingt ans.

npt,

Si jamais ta tête qui penche

Devient blanche,

Ce sei

a comme l'amandier, Cher Nodier :

Cequ

i le blanchit n'est pas Ni l'orage;

l'âge,

C'en

la fraîche rosée en pie Dana les fleurs

urs

Août 184).

LE SUIE ■PTVGIOVÇI.

D'abord, pour ce qui me regarde.

Je *ui>, depuis une eemainc, Dans un cachot,

El je m'aperçois avec peine Qu'il fait tret-chaud.

Je vais bouder à la fenclre,

Le aoleil commence à paraître Tout doucement. .

C'est

une belle perspecti De grand malin,

Que des gens qui font la lessive

Dans le lointain.

Pour

On aperçoit

bâille,

D'abord une longue mur

ullc,

Ceux à qui ce séjour tranquille

Ignorent l' effet d'une tuile Sur un mur nn.

Je n'aurais jamais cru moi-mime,

Ce que ce spectacle suprême A d'imprévu.

Pourtant les rayons de l'automne

Jettent encor Sur ce toit plat et monotone

Et ces cachots n'ont rien d

1) s'en faut bien ' Peintre ou poète, chaque ai

Ht ton! couverts.

Çà et là quelques Écriture* Semblent des «n.

Chacun lin une rêverie De «on bonnet :

Celui-ci, la Vierge Marie,

Là, c'eut Madeleine

Venus rit cous ia c

Plus loin, t'eut la Foi, l'Espérance, La Charité,

Grandi ernquis faits à toute outrance, Nod eaai beauté

Une Andalouse assez gaillarde,

Au cou mignon, Est dans un coin qui vous regarde

D'un air grognon.

Celui qui Et, je le présume, Ce médaillon,

Le Christ regarde Louis-Philir.

D'un air surpris; Un bonhomme fume la pipe

Sur le lambris.

S'est appliqué.

Dïrai-Je quelles odalisques

A leurs tris-grands périls et risque; Jusqu'au plafond?

Toutes ces lettres effacées

Parlent pourtant;

Elles

ont vécu, ces pensées,

Fût-ce un instant.

Que de gens, captifs pour une heure

Tristes ou non,

Ont a

cette pauvre demeure

Laisse" leur nom !

Sure

vieux lit où je rimaille

Ces vers perJu»,

Sur ce traversin où (e baille

A bras tend m,

Combien d'autres ont mie leur tête,

Combien on! mit Un pauvre corps, un cœur honnête

Ett-ce que j'aime ma maîtresse?

Non, par ma foi !

Son veuvage ne l'intéresse

Pas plus que moi.

Est-ce que je vais faire un drame?

Par tous les dieux!

Chanson pour chanson, une femme

Senti raïs -je quelque ingénue

Velléité D'aimer cette belle inconnue,

La Liberté?

e que j'aurais quelque de ne r

Mais, Dieu merci!

i> eu lieu sûr : on n'arrête

Personne i(i,

Pauvre petit,

A ton

insu ton cœur respire

ei ,ﻄa,

Quel<

; peu de sang qui l'anime

Est ton seul bien,

Quel,

du! le reste est pour la rime

El ne dit rien.

Maie

nol être ne», solitaire,

Même en pensant,

£i Di

eu n'a pas fait pour te plaire

Ce peu de sang.

Lorsque tu railles ta miaere

D'un air moqueur, Tes ami*, la sœur et ta mê-re

Sont dans tua cœur,

Cette pale et faible étincelle

Elle marche, elle eit immortelle.

Et suit «a loi.

Pour la trawmettre, il faut soi-même

@®%mmmm

ai OtCOÇ F1WR.E

Ainai, mon cher, tu t'en revient Du pays dont je me touvien»

Comme d'un rtve, De ce» beaux !ieui où l'oranger Naquit pour noua dédommager

Du péch £ d'Eve.

vu, ce ciel enchanté mire avec tant de clarté

Le grand mystère; qu'un soupir monte à Dieu ■renient qu'en aucun lieu Qui toit aur terre.

Qui fut Florence, nu yeuse que Milan moine, quatre ou cin

Cerrito danse.

Tu l'ai vu, cet antique port, Où, dam ion grand langage m

Le flot murmure, Où Stendhal, cet esprit charma

Tu l'as vu, ce

fan

terne allier

Qui jadis eut 1

Sou,

CÉsar dans sa

le ir poi

.on Je entier

1 empire.

trpre est lomW;

Dana un petit

ma

nteau d'abbé

Tu t'es bercé sur ce flot pur Où Naple enchâSBe dans l'uni

Sa mosaïque, Oreiller des laiiaroni

Un charme étrange, Ce peuple ami de la gaîté Qui donnerait gloire et beauté

Four une orange?

Un

ont beaux,

quand il tait beau

Cet

jeu» presc Delà

Sicile;

Lcn:

f regard tranquille est ardent,

Et bien dire en

y répondant

N'ett

pat facile.

Us sont doux surtout quand, li Fuse dam son domino noir

La top pat elle.

On peut l'aborder sans danger El dire : ■ Je suis étranger,

Vous êtes belle o

Pauvre Ischia ! bien des gens n'oi Tel jeune* filles que pied au

Dans la poussière.

On lei endimanché à prix d'or; Maïs ton pur soleil brille encor

Sur leur misère.

Quoi qu'il en soit, il est certain Que l'on ne parle pas latin

Dans les A brunes, E! que jamais un postillon N'y sera l'enfant d'Apollon

Ni des neuf Mutes.

11 est bixan-e, assurément, Que Miuturaes toit justement

Pies de Capoue.

Là tombèrent deux demi -dieux, Tout barbouillis, l'un de vin vie

Les brigand» font-ils arrêté Sur le chemin tant redouté

De Terracine ?

Les as-tu vus dans les roseaux Où le buffle aux larges naseaux

Hélas ! hélai ! (u n'as rien vu .

Oh) (comme on dit) temps dépourvu

Ce» grands chemins, sûrs nuit et jour,

Sans jalousie.

Si tu t'es un peu détourné, Tu t'es à coup sûr promené Près de Ravenne, Dans ce triste et charmant séjou Où Bj-ron noya dans l'amour

C'est un pauvre petit cocher Qui m'a mené sans accrocher

Jusqu'à Ferrare.

Je désire qu'il t'ait conduit.

Il n'eut pas peur, bien qu'il fit

Padoue eit un fort bel endroit,

Où de i vis-grands docteurs en droit

Ont fait merveille; Mais j'aime mieux la polenta Qu'on mange aux bords de la Brenta.

Vivante encore, Dieu merci !

Malgré nos arme»,

Nageant dans une goutte d'eau

Ci-gît Venise.

Là mon pauvre cœur est re

Dieu le conduise r

Ou dans ce grand palais Nani, Dont tant de soleils ont Jauni La noble pierre ?

ir les Heurs des prés,

lisÎTis empourprés

Il y doit être.

îs qui l'y cherchera,

Mais de quoi laïi-je Ici parler ?

Que feraii-je à me déioler,

Quand toi, cher frire, Ces liem où j'ai failli mourir, Tu t'en viens de Jet parcourir

Pour te distraire ?

Le retour fait aimer l'adieu ; Non* noua asscyon» prêt du feu,

Et tu noua contes Tout ce que ton «prit a vu, Plaisirs, dangers, et l'imprévu,

El le* mécomptei.

Ami, De t'en va plus si loin.

D'un peu d'aide j'ai grand besoin, Quoi qu'il m'ad vienne.

Je ne sais où va mon chemin, Mail je marche mieux quand ma m

eADlEV, SUZO&Ç1

Adieu, Suzon,

ma ron

; blonde,

Qui m'ai aimé

pcndan

thul

t jours :

La plus courts plaisirs de

Souvent font li

:» meitle

Sais- je, au moi

nent où

je t.

! quitte,

Où mientraîne

moa as

rrent?

Jem'en ïa i.p.

ourtant,

ma

petite,

Entt

-e me* bras,

chère i

mprudente,

Ton

beau front «

rient de

reposer.

Sens

•tu mon coi

ir, corn

me i! palpite?

Leî

ien, comme

il bat ta

it gaîment !

Jeu

l'eu vais pourtant, ■

na petite,

Que de tristesse et que

de charmes,

Tendre enfant, dans le

s do un adieux

Tout m'enivre, jusqu'à

tes larmes,

Lorsque ion cœur est i

dans tes yeux.

A vivre ton regard m'i

]] me consolerait mour

Je m'en vais pourtant,

ma petite,

Tout en pieu,

Que notre amour, à lu

m'oublies,

Suzon, dure encore un

moment;

Comme un bouquet de fleur» pâlies,

Cache-le dans (on sein

charmanl !

Adieu 1 le bonheur rest

e an gtu,

<®mm&m&5tm

CONSEILS of U$CE ■PotllISIEVÇQÇE.

Oui, si j'étais femme, aimable et jolie,

Je voudrais, Julie,

Faire comme vous; Sans peur ni pitié, «ans choix ni mystère,

Faire le* jeux doux

Je vaudrait n'avoir de bouc» au monde

Que ma taille ronde,

Mes chiffons chéris, Et de pied en cap être la poupée

La mieux équipée

De Rome à Paris.

Joindre, comme vous, à l'i Qui ne pense à ri

Je voudrais pour moi qu'il fût toujours fêle, Et tourner la lete

Etre en même temps de glace et de flamme,

Je détesterais, avant toute chose, Cet viens teints de rose

Je rayonnerais, sous ma tresse brune, Comme un clair de lune En capuchon noir.

Car c'est si charmant et c'est si commode,

Ce masque à la mode,

Cet air de langueur!

Ah! que la pâleur est d'un bel usage ]

Jamais le visage

N'est trop loin du cceur.

Je voudrais encore avoir vo» caprices, Vos regards savants.

Il est un «cul point, je voua le confesse, OÙ votre sagesse

Vous n'oseï pas être assez inhuma Votre orgueil vous gSne ; Pourtant il en faut.

Je ne voudrais pas, i la contredanse, Sans quelque prudence

Puis, au cotillon, laisser ma main blanche Traîner sur la manche Du premier venu.

Jusqu'au bout des doigts )a Bcrais duchesse; Comme ma richesse, J'aurais ma René.

Vojez-vouB, ma chère, au siècle où noue somm

La plupart des hommes

Sont très-inconstants Sur deu» amoureui pleins d'un zèle eilrtm=,

La moitié vous aime

Pour passer le temps,

Quand on est coquette, il faut être sage:

Briser une fleur.

fMI&fl VI?i SO^.

Mimi Pinson eal une blonde, Une blonde que l'on connaît.

Elle n'a qu'une robe au monde,

Landerirette !

Et qu'un bonnet.

Le Grand Turc en a davantage.

Dieu voulut de cette façon

La rendre «âge.

Ou ne peut pat la mettre en gage, La robe de Mimi Pinson.

Mimi Pinson port g une rose,

Une rose blanche au côté.

Celte Heur dans ion cœur «close,

C'est la gaiM.

Quand un bon souper la réveille, Elle fait sortir la chanson

De la bouteille.

Parfois il penche sur l'oreille, Le bonnet de Mimi Pinson.

Qu'à la Sorbonne.

1] ne

faut pas qu'on la chiffonne,

La r

be de Mimi Pinson.

Mim

Pinson peut relier fille,

Si D

u le veul, c'est dans son droit.

Elle aura toujours sou aiguille,

Landerirette !

Au bout du doigt.

Four

entreprendre sa conquête,

Cen

si pas tout qu'un beau garçon

Faut 3tre honnête;

Cari

n'est pas loin de sa t(te,

Le bonnet de Mimi Pinson

D'un

;ros bouquet de fleurs d'orange

Si l'amour veut la couronner,

Elles

quelque chose en échange,

Landerirette!

A lui donner.

Cen

fit pas, on te l'imagine,

Un manteau aur un tension Fourré d'hermine:

C'en l'étui d'une perle fine, La robe de Mimi Pinson.

in cœur ett républicain ; ils jours elle a fait la guci Landerirelte i

On l'a vue avec son poinçon

Monter la garde .

Heureux qui mettra la cocarde Au bonnet de Mimi Pinson !

TaA1{ U?Ç £MotUVc4IS TEMPS.

Elle a mis, depuii que je l'aime (Bien longtemps, peut-être toujours),

Palmire a dû compter les jo

Mais quand vous

êtes

evtnue,

Votre bras léger

urle

mien,

11 faisait, dans ce

teav

Un froid de loup

un temps de chien.

Vous m'aimiez un

peu,

mon bel ange,

Et, tandis que vous bavardiez.

Dans cette pluie et cetl

nulge

Se mouillaient vo

cher

petits pieds.

Songeait-elle, ta jambe fine, Quand tu parlais de nos amours, Qu'elle allait porter sous l'hermine Le satin, l'or et le velours?

Si jamais mon cœur désavoue

Puisse à mon front Hanter la boue Où tu marchais si bravement!

ai afoVDQt&tE C<*

SU% T^O/S MvfKfiHES

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