‹ OEuvres de Alfred de MussetChapitre 15 sur 18 · XXVI II · texte numérisé non relu

XXVI II

Songe Étrange ! il est mort, et tout s'est endura Comment une espérance et si juste cl si belle Peut-elle devenir inutile et cruelle ?

Il est mort l'an dernier, et son deuil est fini ; La sanglante masure est changée en chapelle.

Qui nous dira le reste, et quel âge a l'oubli ?

II n'est pas tombé se

Car la France, hier encor la maîtresse du monde, A reçu, quoi qu'on dise, une atteinte profonde; Et, comme Juliette, au fond det noir» arceaux, A demi réveillée, à demi moribonde, Trébuchant dana les plia de ta pourpre en lambeaux, Elle marche au hasard, errant lur des tombeaux.

STctSÇCES DE SU CH. D^ODIEH

Pour toi seul l'aimable Mue,

Qui t'amuse, Réserve encordes chansons

Là, penchée à Ion oreille

Qui s'éveille, Elle te berce aux concerta

De» beaux vers.

De» bergèra, El le> récits gracieux

De prolonger son «ijour Jntqu'au jour.

Quand, du haut d'un char d'opale,

L'aube pâle Chasse tes chœurs clandestins

Si l'aurore malapprise

Fui» le» grain

Fui» la loi des pédagogue»

Froids et rogues,

Qui soumettraient le» appas Au campas.

Mais reviens ù la vesprée, Peu parée,

Endormi.

■11E-PO&QSE 04 m. CH. VCOVIEII.

Connais- tu deux pestes fem

El jumelles Qu'an beau jour tira de Ter

Lucifer?

C'est U Fièvre ; :re esl l'Insomnie aux grands jeux

Non pa» cette f

Trop heureuse, Qui Mit chiffonner l'oreiller

Sa.ni bailler,

Non pu cette belle insomnie

Du génie, Cil Trilby vient, prêt à chanter,

C'est la fièvre qui t'emmaillotte

El grelotte Sont un drap sale et trois coussins

T ris-mal sains.

Voila, depui» nne «emaîne

Toute pleine, L'aimable el gai duo que j'

Héberge.

L'onbli, l'ennui, font,

Traînant, deux à deux

Nonchalants.

Mail ile Approcher de ti

Vient me délivrer a propo»

Ta muse, ami, toute française

Me rend la tœur de la tan! 4, La galte.

E^le rappelle à ma pensde

Délaissée Les beaux jours et Ici couru 1

Du bon temps,

Lorsque, rassemble» bous ton

Gais, comme l'oiseau sur la branche.

Le dimanche, Nous rendions parfois matinal

La tête coquette et fleurie

De Marie Brillait comme un Muet mi\i

Tachés déjà par l'écritoire,

Chacun de nous, fglur grand homme,

Alors, dana la grande boutique

Romantique, Chacun avait, maître ou garçon,

), brisant les pupitres >ns plume et grattoir

Hugo portait déjà dan» l'âme

Notre-Dame, Et commençait à l'occuper

D'y grimper.

De Vigny chantait «ur ta lyre Qui mourut tant mettre à l'enve

Emile ébauchait vite et tfit Un presto

Sainte-Beuve .faisait dana l'ombre

Douce et nombre, Pour un ceil noir, un blanc bonnet.

Trop indigne, Entant par hasard adopte Et gtte,

Je brochais des ballades, fane

Cher

temps, plein de mélancolie,

De folie,

Dont

il faut rendre à l'amitié

La moitié!

Pourquoi, sur cet flots où s

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