XIX
Ah! ta vivrais encor saut celte âme indomptable.
Ce fut là ton seul mal, et le secret fardeau
Sous lequel ton beau corps plia comme un roseau.
Il eu soutint longtemps la lutte inexorable.
C'est le Dieu tout-puissant, c'est la Muse implacable
Qui dans ses bras en feu t'a portée au tombeau.
Que ne l'étouffais-tu, cette flamme brûlante Que ton sein palpitant ne pouvait contenir!
Tu vivrais, tu verrais te suivre et l'applaudir De ce public blasé la foule Indifférente, Qui prodigue aujourd'hui sa faveur in
Connaissais-la si peu l'ingratitude humaine?
Quel rêve as-tu donc lait de le tuer pour eu»? Quelques bouquet» de fleur» le rendaient-ils si vaine, Pour venir nom verser de vrais pleurs sur la scène, Lorsque tant d'histrions et d'artistes fameux, Couronnés mille fois, n'eu ont pas dans les yiun?
Que ne détournais-tu la tête pour sourire, Comme on en use ici quand on feint d'être émi
Quand eu chantais le Saule, au lieu de ce délire Que ne t'occupais-tu de bien porter ta lyre?
La Pasla fait ainsi : que ne l'imitais-tu ?
Ne savais-tu donc pas, comédienne imprudente, Que ces cris insensés qui le sortaient du cœur De ta joue amaigrie augmentaient la pâleur?
Ne savais-tu donc pas que sur ta lempc ardente Ta main de jour en jour se posait plus tremblante, Et que c'est tenter Dieu que d'aimer la douleur?
Ne sentais-tu donc pas que la belle jeunesse De les yeux fatigues «'écoulai! en ruisseau*, Et de ton noble cœur s'exhalait en «anglols?
Quand de ceux qui t'aimaient tu voyais la tristesse, Ne sentaïa-tu donc pas qu'une fatale ivresse
Un soir .
dans ton linceul il faudrait
te coucher.
Lorsqu'c
n te rapportait plus froide
que l'albâtr
Lorsque
le médecin, de ta veine blc
uâtre,
Regardait goutte à goutte un sang
noir s'épancl
Tu*avai
s quelle main venait de te
Oui, oui
, tu le savais, et que, dan;
Rien n'e
Jrai que de !
Chaque :
joir dans tes chants tu te s
entais pâlir.
Tu cono
lissais le monde, et la foui
e et l'envie,
Et, dans
ce corps brise concentrant
ton geni*.
Tu regardais aussi la Mallbran mo
vit.
xxvn
Meurs donc ! la mon est douce cl la lâche eit rc Ce que l'homme ici-bas appelle le génie, C'est k besoin d'aimer; hors de là loul e»I vain. Et, puisque t6l ou tard l'amour humain t'oublie. 11 est d'une grande âme et d'un heureux destin D'expirer comme toi pour un amour divin!
CHo4!^SOiJ< "DE 'BoATl'BE'IlINlE'.
Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire
Si loin d'ici?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
N'est que souci?
Beau chevalier qui parlez pour la guerre, Qu'allez- vous faire Si loin de nous ?
CHalNISOtfÇ "DE F01tJVtfCro>.
Si vous croyez que je vaii
Je ne saurais pour un em Voua 11 nommer.
Nous allons chanter à la
Si vous voulez, Que je l'adore et qu'elle i
"Du mal qu'une amour ignorée Nous fait souffrir, J'en porte l'âme déchirée
intilulée Lt OaidiUtr.
Mail j'aime trop pour que je die
Qui j'ose aimer, Et je vcuk mourir pour ma mie
Prince, les assassins consacrent ta puissance. Ut forcent Dieu lui-même à nom montrer sa mai Par droit d'élection tu régnai» sur la France; La balle cl le poignard te font un droit divin.
De ceux dont le hasard couronna la naissance, Nous en lavons plusieurs qui sont sacrés en vain. Toi, tu l'e> par le peuple et par U Providence : Souris au parricide, et poursuis ton chemin.
Mail sois prudent, Philippe, et songe à la patrie. Ta pensée est sou bien, ton coips sou bouclier; Sur toi, comme sur elle, il eu temps de veiller.
Ferme un immense abîme et conserve ta vie.
Défendons-nous ensemble, et laissons-nous le tem De vieillir, toi pour nous, et nous pour tes eafàni
ûf SatlOÇTE-'BEU'UE.
Il existe souvent une certaine Heur Qui l'en va dans la vie el s'effeuille du cœur. « Il existe, en un mol, chei les trois quarts des no Un poêle mort jeune à qui l'homme survit. »
Tu l'as bien dit, ami, mais lu l'as trop bien dil.
Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée, Que ta plume en faisait un vers harmonieux, Et que tu blasphémais dans la langue des dieux. Relis-toi, [e le rends à la M use offensée.
Et souviens-toi qu'en nous il existe souvent Un poète endormi toujours jeune et vivant.
Juin .8,;.
ai LVDIE.
Lorsque je t'avait pour amie, Quand nul jeune garçon, plus robuste que moi N'entourait de ses bras ton épaule arrondie,
Aupris de toi, blanche Lydie, j'ai vécu plui joyeux et plu» heureux qu'un roi.
Quand pour loi j'étais la plut chère, Quand Chloé palissait auprès de Lydia, Lydia, qu'on vantail dans l'Italie entière, -
Vécut plus heureuse et plus Cère Que dans les brat d'un dieu la Romaine llia.
Chloé me gouverne à présent, Chloé, savante au luth, habile en l'art du chant; Le doux son de sa voix de volupté m'enivre.
Je suis prêt à cesser de vivre Si, pour la préserver, Ici dieux voulaient mon san
D'une amoureuse ardeur que rien ne peut éteindre Pour le fils d'Ornythus, ce bel adolescent.
]e mourrais deux fois sans me plaindre Si, pour le préserver, les dieux voulaient mon sang
Eh quoi ! si dans notre pensée L'ancien amour se rallumait?
Si, la blonde Chloé de ma maison chassée, Ma porte >c rouvrait? si Vénus offensée
Calais, ma richesse unique,
Est plus beau qu'un soleil levant,
Et loi plus léger que le vent,
Plus prompt à l'irriter que l'âpre Adriatique;
Cependant, près de toi, s! c'était ton plaisir,