‹ Œuvres de Alphonse DaudetChapitre 34 sur 57 · LE DANGER · texte numérisé non relu

LE DANGER

mer blanche d’écume, les côtes de Sardaigne, le détroit flottant dans la grande lumière. Nous entendions le bruit des lames avec la surprise de n’en plus sentir la secousse ; et le vent passait sur nos têtes, toujours furieux et déchaîné, tandis que nous nous appuyions bien tranquilles à la plateforme... Je n’oublierai jamais cette après-midi de dimanche, ni le ravissement singulier que j'éprouvai à écouter les litanies qu'une confrérie de vieilles Bonifaciennes, enveloppées de mantes sombres, récitaient en faisant le tour de l’église, noires comme des hirondelles sur cet horizon bleu. Après le tumulte et l’émoi de la tempête, l’éclaboussement des coups de mer, ce calme, ces chants, ce chaud soleil! J’éprouvais comme un tropplein de joie, de vie, un élargissement de Fhorizon, de tout mon être, l’adorable sensation du danger passé.

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